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“1, 2, 3… Couleur !” 
L’autochrome exposée

au Jeu de Paume – Château de Tours, Tours

du 2 décembre 2022 au 28 mai 2023

Jeu de Paume


Interview de Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume et co-commissaire de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Tours, le 1er décembre 2022, durée 14’28. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 1er décembre 2022, durée 14’28. © FranceFineArt.


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©Anne-Fréderique Fer, voyage et présentation presse, le 1er décembre 2022.

Extrait du communiqué de presse :


Paul CASTELNAU, Les héros de Drie Grachten : deux fusiliers marins, 1917. © Ministère de la Culture - Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Distr. RMN-Grand Palais.
Paul CASTELNAU, Les hĂ©ros de Drie Grachten : deux fusiliers marins, 1917. © Ministère de la Culture – MĂ©diathèque du patrimoine et de la photographie, Distr. RMN-Grand Palais.
Jean PARIS, Moulin de Saint-Jean, La Ciotat, s.d. © Collection AN.
Jean PARIS, Moulin de Saint-Jean, La Ciotat, s.d. © Collection AN.
Heinrich KÜHN, Mary Warner sur le versant de la colline. Tutzing, Bavière, 1907.
Heinrich KÜHN, Mary Warner sur le versant de la colline. Tutzing, Bavière, 1907.
ANONYME, Dans le champ de coquelicots, s. d. © Collection AN.
ANONYME, Dans le champ de coquelicots, s. d. © Collection AN.

Commissaires :

Soizic Audouard, Élizabeth Nora pour la Collection AN

Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume




Exposition conçue et organisée par le Jeu de Paume, en collaboration avec la Collection AN, la Médiathèque du patrimoine et de la photographie et la Ville de Tours.



Introduction

Au cours de son histoire de près de deux siècles, la photographie n’a cessé de se réinventer au gré des mutations techniques. L’Autochrome, commercialisée à partir de 1907 et emblématique de l’arrivée de la couleur en photographie, constitue l’une de ces révolutions. Le grand photographe américain Edward Steichen (1879-1973) écrivait à son propos qu’il s’agissait du « plus beau procédé que la photographie nous ait jamais donné pour traduire la nature ». L’engouement pour la nouvelle technique fut en effet à la fois intense et relativement bref : il dura un peu plus de deux décennies, le procédé tombant progressivement en désuétude dans les années 1920 et 1930. L’autochrome traversa par la suite une longue période d’oubli. Trop fragile, trop difficile à exposer, non reproductible, elle fut pendant longtemps l’un des grands délaissés de la photographie, telle une branche morte qui semblait n’avoir donné que de trop rares fruits.

De cet abandon, l’autochrome a été tirée depuis deux décennies par quelques historiens et collectionneurs qui, à contre-courant, ont su en apprécier la finesse, la sensualité, l’étrangeté.

L’exposition 1,2,3… Couleur ! L’autochrome exposĂ©e rassemble 176 oeuvres issues de deux collections, dont une quarantaine de plaques originales. La diversitĂ© des autochromes prĂ©sentĂ©es illustre la très large utilisation de ce support au sein de la sociĂ©tĂ©, des photographes anonymes ou de renom au service photographique des armĂ©es.

Accompagnant l’exposition présentée au château de Tours, l’album qui sera édité est une contribution à ce renouveau d’intérêt illustré par les deux collections. D’une part, la collection AN réunie depuis 2006 par Soizic Audouard et Élizabeth Nora, qui par sa très grande qualité et sa diversité constitue une merveilleuse introduction à l’esthétique très singulière de l’autochrome. De l’autre, le fascinant fonds d’autochromes de la Première Guerre mondiale conservé à la Médiathèque du patrimoine et de la photographie. Cette sélection, si riche soit-elle, n’a pas vocation à relater une histoire du procédé mais se veut davantage une introduction.

Nous espérons qu’elle sensibilisera le public à cette poésie si particulière de l’autochrome et donnera à voir comment la photographie a pu se réinventer, plus d’un demi-siècle après sa conception.


Quentin Bajac
, directeur du Jeu de Paume

L’AUTOCHROME – L’HISTOIRE

Léon GIMPEL (attribué à) L’autochromiste, vers 1920. © Collection AN
Léon GIMPEL (attribué à), L’autochromiste, vers 1920. © Collection AN
ANONYME, Rocking chair sous le porche, États-Unis, s. d. © Collection AN.
ANONYME, Rocking chair sous le porche, États-Unis, s. d. © Collection AN.
ANONYME, Nature morte d’automne, s. d. © Collection AN.
ANONYME, Nature morte d’automne, s. d. © Collection AN.

En juin 1907, la Société Lumière commercialise le premier procédé industriel de photographie couleur : l’Autochrome. Attendu depuis l’invention de la photographie en 1839, ce progrès provoque une révolution. Si quelques professionnels vont pratiquer l’Autochrome Lumière, ce sont essentiellement les amateurs, membres de sociétés photographiques, qui s’en emparent. C’est un luxe, car ces plaques coûtent presque trois fois plus cher que celles en noir et blanc. En outre, ils se confrontent à une limite technique majeure : l’instantané est impossible alors qu’il est accessible pour la photographie noir et blanc depuis une quinzaine d’années. De plus, l’image est une diapositive sur verre unique et fragile. Mais le plaisir de la couleur fait vite oublier ces contraintes, et les photographes développent une esthétique propre, marquée par le choix de sujets garantissant l’immobilité, comme les paysages, les architectures, les natures mortes et les portraits posés. Face à des sujets en mouvement, ils assument la présence de flous de bougé.


Inspirés par la peinture, ils composent leurs photographies selon les lois des couleurs complémentaires ou opposées. Celles-ci interviennent comme ponctuation ou comme forme et dialoguent avec les lignes qui structurent l’image. La lumière (naturelle ou électrique) qui traverse la plaque magnifie la vibration et la subtilité des nuances des couleurs.


Le format 9 x 12 cm – le plus répandu – est adapté à la projection à la lanterne qui renforce l’effet spectaculaire, tandis que les formats supérieurs (13 x 18 cm, 18 x 24 cm) placés sous cadre ou dans des visionneuses invitent à un rapport plus intimiste.


Dans un contexte dominé par le pictorialisme revendiquant la reconnaissance de la photographie en tant qu’art, l’autochrome provoque une scission entre ceux qui prônent l’interprétation et ceux qui travaillent avec les qualités intrinsèques du médium pour donner naissance à une expression artistique à part entière.


Ainsi, la couleur oblige la photographie Ă  se redĂ©finir tandis qu’Alfred Stieglitz s’exclame dès 1907 : « BientĂ´t, le monde entier sera fou de couleurs, et Lumière en sera responsable. » 



Nathalie Boulouch

L’AUTOCHROME – LA TECHNIQUE

ANONYME, La robe verte, vers 1910. © Collection AN.
ANONYME, La robe verte, vers 1910. © Collection AN.
ANONYME, Le tricot, s. d. © Collection AN
ANONYME, Le tricot, s. d. © Collection AN
ANONYME, Sublime altération, s. d. © Collection AN.
ANONYME, Sublime altération, s. d. © Collection AN.

Une autochrome est une diapositive en couleur sur plaque de verre, obtenue selon un principe formulé par Louis Ducos du Hauron dès 1869 et qui consiste à recréer les couleurs par l’intermédiaire d’une trame microscopique constituée de microfiltres colorés.


Aujourd’hui encore, cette technique est largement mise en oeuvre dans les écrans de télévision ou d’ordinateur.


En 1904, Louis Lumière présente la plaque autochrome composée d’une mosaïque de petits grains de fécule de pomme de terre teintés en rouge orangé, bleu-violet ou vert, et recouverts d’une pellicule photosensible en noir et blanc. La finesse des grains de fécule sélectionnés et leur distribution aléatoire sur la plaque produit un rendu agréable au goût de l’époque, très influencé par le pointillisme et l’impressionnisme.


Lors de la prise de vue, la plaque doit être introduite dans l’appareil de sorte que la lumière soit filtrée par le réseau coloré avant d’atteindre la couche photosensible. Chaque rayon interagit en fonction de sa teinte : ainsi, un rayon rouge traverse uniquement la fécule rouge et impressionne la zone de pellicule en regard de ce grain, alors qu’il est réfléchi par les grains verts ou bleus. Après développement et inversion, une image en noir et blanc se forme sur la couche photosensible : c’est elle qui va occulter ou laisser passer la lumière lorsque la plaque est regardée par transparence. Si le sujet photographié est rouge, seuls les grains de fécule verts et bleus sont rendus opaques et la plaque apparaît rouge. Toutes les colorations du sujet photographié peuvent être ainsi restituées par mélange optique des trois couleurs dans la rétine de l’observateur ; le jaune est, par exemple, recréé par l’assemblage des lumières rouges et vertes. Les années 1930 voient l’émergence d’autres procédés dits « soustractifs », à l’instar des diapositives Kodachrome, qui annonceront la fin des autochromes.




Bertrand Lavédrine

L’exposition 

LA COLLECTION AN

« Notre collection est celle d’un double regard, de deux visions individuelles qui se mêlent, se confrontent et se confortent.

Une saisie d’images sur une période précise de la pratique de l’autochrome, de 1903 à 1932, sur l’erre d’une fin de siècle et à la naissance d’un autre, avec des images parfois imprégnées du pictorialisme finissant ou, au contraire, annonçant déjà la modernité. Au-delà des prouesses techniques des autochromistes, nous avons vécu l’émerveillement en découvrant ces plaques colorées, leur magie, leur pouvoir de distiller la satisfaction renouvelée de l’opérateur à sublimer la réalité par la couleur. Collectionner à deux : le plaisir d’isoler l’image forte, souvent d’un même élan. L’évidence immédiate du choix partagé, la connivence, ainsi qu’une ouverture au regard singulier de l’autre.

Il y a quelque chose de délicieusement ludique à reconnaître la photographie qui complétera l’histoire en devenir de la collection.

Notre ligne de force, c’est notre liberté. Mais cette liberté a pour partenaire obligé la quête de l’excellence.

Une collection libre, sans thème, sans sujet précis, si ce n’est rassembler des images qui vibrent d’une présence séduisante, parfois dérangeante, voire perturbante, toujours empreinte d’inconnu, d’émotion, et souvent d’un certain mystère.

Notre collection rassemble autant d’oeuvres d’amateurs anonymes que de grands noms de la photographie du monde entier, tels Heinrich Kühn, Alfred Stieglitz, Paul Burty Haviland ou encore Léon Gimpel… »

Soizic Audouard et Élizabeth Nora




LA GRANDE GUERRE EN COULEURS

Quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale est créée la Section photographique de l’armée (SPA) ; cette dernière centralise et assure la diffusion des images envoyées par des militaires ou prises par des opérateurs spécifiquement mandatés pour l’occasion. Dès juillet 1915, la SPA a recours pour certains de ses reportages à la technique de l’autochrome.

L’ensemble présenté ici, provenant de la collection de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, est dû principalement à deux opérateurs, Paul Castelnau (1880-1944) et Fernand Cuville (1887-1927), devenus les autochromistes attitrés de la SPA à partir de 1917. Tout au long de l’année, dans le cadre d’une vaste mission cofinancée par l’armée et le banquier et mécène Albert Kahn, ils se déplacent en Champagne, dans les Ardennes, en Alsace, dans le Nord, en Belgique et en Picardie. Se tenant le plus souvent éloignés de la ligne de front et contraints par les limites techniques de l’autochrome, qui rendent impossible toute vue instantanée, ils réalisent avec un talent rare un grand nombre de clichés de ruines, ainsi que des portraits soigneusement posés, voire composés, de civils et bien évidemment de militaires. Ces autochromes, peu diffusés à l’époque, seront répartis dans plusieurs institutions, la SPA, les Archives de la Planète – vaste projet documentaire lancé et financé par Albert Kahn –, et le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-arts (ce fonds est aujourd’hui entré dans les collections de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie).