ArchivesPodcasts

🔊 “Victor Brauner” au MusĂ©e d’Art moderne de Paris, du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021

Partage


“Victor Brauner” 

au MusĂ©e d’Art moderne de Paris

du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021

MusĂ©e d’Art moderne de Paris

PODCAST - Interview de Camille Morando, docteure en histoire de l'art, responsable de la documentation des Ɠuvres au musĂ©e national d'art moderne - Centre Pompidou et co-commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 17 septembre 2020, durĂ©e 16’47. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Camille Morando, docteure en histoire de l’art, responsable de la documentation des Ɠuvres au musĂ©e national d’art moderne – Centre Pompidou et co-commissaire de l’exposition,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 17 septembre 2020, durĂ©e 16’47, © FranceFineArt.


previous arrow
Victor Brauner
next arrow
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
Victor Brauner
previous arrow
next arrow

© Anne-Frédérique Fer, vernissage presse, le 17 septembre.

Victor Brauner, Jacqueline au grand voyage, 1946. Huile sur toile (46 x 38 cm). CrĂ©dit photographique : Paris MusĂ©es / MusĂ©e d’ Art Moderne de Paris. © Adagp, Paris, 2020.
Victor Brauner, Jacqueline au grand voyage, 1946. Huile sur toile (46 x 38 cm). CrĂ©dit photographique : Paris MusĂ©es / MusĂ©e d’ Art Moderne de Paris. © Adagp, Paris, 2020.
Victor Brauner, Le Surréaliste, janvier 1947. Huile sur toile (60 x 45 cm). Crédit photographique : The Solomon R. Guggenheim Foundation, Peggy Guggenheim Collection, Venice, 1976. © Adagp, Paris, 2020.
Victor Brauner, Le Surréaliste, janvier 1947. Huile sur toile (60 x 45 cm). Crédit photographique : The Solomon R. Guggenheim Foundation, Peggy Guggenheim Collection, Venice, 1976. © Adagp, Paris, 2020.

Extrait du communiquĂ© de presse :

Commissaire : Sophie Krebs AssistĂ©e de Nadia Chalbi

Commissaires invitĂ©es : Jeanne Brun et Camille Morando



Le MusĂ©e d’Art Moderne de Paris consacre Ă  Victor Brauner (1903-1966), figure singuliĂšre du surrĂ©alisme, une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’oeuvres, peintures et dessins, dont certaines montrĂ©es en France pour la premiĂšre fois depuis la derniĂšre rĂ©trospective Ă  Paris au musĂ©e national d’art moderne en 1972.

Le parcours chronologique de l’exposition permet de redĂ©couvrir l’univers braunerien, complexe par la richesse de ses sources et de l’intrication constante de sa biographie avec ses oeuvres. Il se dĂ©compose ainsi : une jeunesse roumaine (192 0-1925) ; Paris, la rencontre avec l’univers surrĂ©aliste (1925-1932) ; L’aventure surrĂ©aliste (1933-1939) ; « Les frontiĂšres noires » de la guerre (1939- 1945) ; Autour du ConglomĂ©ros (1941-1945) ; AprĂšs la guerre (1946- 1948) ; Au-delĂ  du surrĂ©alisme (1949-1966).

NĂ© en Roumanie, Victor Brauner participe Ă  l’effervescence artistique de Bucarest dans les annĂ©es 1920, avant d’intĂ©grer le mouvement surrĂ©aliste Ă  Paris en 1933 et jusqu’en 1948, date de son exclusion du groupe. Il est un familier des avant-gardes (expressionnisme, constructivisme et dada), dont la radicalitĂ© correspond Ă  son caractĂšre indĂ©pendant, jusqu’au glissement progressif vers une peinture surrĂ©aliste lors de ses sĂ©jours Ă  Paris entre 1925 et 1938, date de son installation dĂ©finitive en France. DĂšs son adhĂ©sion au surrĂ©alisme en 1933, il participe aux manifestations du groupe autour d’AndrĂ© Breton.

La perte de son oeil en 1938 fait de son Autoportrait, peint sept ans auparavant, une oeuvre prĂ©monitoire : illustration des thĂ©ories surrĂ©alistes, sa peinture revĂȘt alors un caractĂšre magique. La guerre va le contraindre, de par son statut de juif, sa situation irrĂ©guliĂšre et son opposition Ă  toute forme d’oppression fasciste et totalitaire, Ă  entrer dans la clandestinitĂ© dans le sud de la France, ne pouvant Ă©migrer aux États-Unis. Brauner invoque alors les doctrines les plus secrĂštes (tarot, alchimie, spiritisme, kabbale) pour se protĂ©ger de la France occupĂ©e en se rĂ©fugiant dans ce monde de rĂȘve oĂč la rĂ©alitĂ© n’a pas cours donnant Ă  ses oeuvres une dimension mystĂ©rieuse. Paradoxalement, cette pĂ©riode de frayeur et de dĂ©nuement matĂ©riel est d’une grande richesse d’invention techniques (l’usage de la cire et de matĂ©riaux de rĂ©cupĂ©ration) et de formes.

L’aprĂšs-guerre est marquĂ©e par une traversĂ©e de styles due Ă  sa libertĂ© recouvrĂ©e, sans attĂ©nuer les angoisses et les tourments des Ă©vĂšnements qui l’entourent. D’autres influences se font sentir de la psychanalyse Ă  la pensĂ©e sauvage Ă  travers des cycles, comme les Victor de la sĂ©rie Onomatomanie, les RĂ©tractĂ©s, puis Mythologies et La FĂȘte des mĂšres. Il crĂ©e un langage nouveau pour donner Ă  voir non pas le rĂ©el, mais les ressorts invisibles du monde.

Le catalogue prĂ©sente de nouvelles analyses sur l’artiste avec des contributions d’historiens d’art tels Georges Sebbag, Fabrice Flahutez, Radu Stern, Sophie Krebs, Camille Morando et Jeanne Brun et de nombreuses notices d’oeuvres.

Parcours de l’exposition


Introduction

« Je suis le rĂȘve. Je suis l’inspiration. »

Ces mots, telle une incantation, employĂ©s par Victor Brauner dans une lettre adressĂ©e Ă  AndrĂ© Breton en 1940, rĂ©vĂšlent l’importance du rĂȘve et de la crĂ©ation chez l’artiste et le placent au coeur de la poĂ©tique surrĂ©aliste. Mais cette oeuvre protĂ©iforme et plurielle ne se laisse pourtant pas enfermer dans ce seul mouvement. NĂ© en Roumanie, Brauner participe dans les annĂ©es 1920 Ă  l’effervescence artistique de Bucarest, avant de rejoindre Paris en 1925. En 1933, il devient membre du surrĂ©alisme jusqu’à son exclusion du groupe en 1948.

Il est ainsi un familier des avant-gardes, dont la radicalitĂ© correspond Ă  ses aspirations tant personnelles qu’esthĂ©tiques. Pour autant, il dĂ©veloppe trĂšs tĂŽt une oeuvre constituĂ©e d’inventions et d’inspirations, de choix conscients et inconscients, qui en font tout le mystĂšre.

FascinĂ© depuis l’enfance par le spiritisme et la magie, le peintre se passionne pour les univers Ă©sotĂ©riques, au point de s’identifier Ă  un ĂȘtre douĂ© de pensĂ©es prĂ©monitoires. La perte accidentelle de son Ɠil gauche en 1938, puis la Seconde Guerre mondiale, confirment la vocation visionnaire de son oeuvre. Il se sait l’inventeur et l’interprĂšte d’un langage primordial qui donne Ă  voir, non pas le monde, mais ses ressorts invisibles.

Cette rĂ©trospective au MusĂ©e d’Art moderne de Paris, la premiĂšre depuis celle du musĂ©e national d’Art moderne en 1972, rend hommage Ă  un artiste rare, dont la vie et l’oeuvre composent un rĂ©cit autobiographique et universel, traversĂ© par les noirceurs de l’Histoire et les fulgurances d’une crĂ©ation en perpĂ©tuel renouvellement.


Une jeunesse roumaine (1920-1925)

AprĂšs quelques premiers tableaux peints en autodidacte, Victor Brauner entre Ă  l’École des Beaux-Arts de Bucarest en 1919 pour trois ans, mais sa conduite contre l’acadĂ©misme et sa peinture nonconformiste le font renvoyer. Dans la lignĂ©e de la modernitĂ© roumaine, Brauner s’essaie Ă  la peinture sur le motif et compose des tableaux influencĂ©s par CĂ©zanne. En 1923, le peintre se lie d’amitiĂ© avec le poĂšte Ilarie Voronca qui l’introduit dans les milieux de l’avant-garde dont il devient l’un des principaux reprĂ©sentants. Dans ses tableaux, la stylisation des figures, issue de l’imagerie populaire, se mĂȘle Ă  une simplification des formes allant du cubisme, Ă  l’expressionnisme et au constructivisme. Avant son premier sĂ©jour Ă  Paris Ă  la fin de l’annĂ©e 1925, Brauner fait partie des artistes importants de la scĂšne roumaine, ce qui lui vaut sa premiĂšre exposition personnelle Ă  Bucarest en 1924.


Paris, la rencontre avec l’univers surrĂ©aliste (1925-1932)

La « conversion » de Brauner au surrĂ©alisme, se fait progressivement, entre le premier (1925) et le second sĂ©jour du peintre Ă  Paris (1930). Entre ces deux dates, l’influence des textes et idĂ©es du groupe surrĂ©aliste progresse en Roumanie (la revue Unu, fondĂ©e en 1928, Ă  laquelle Brauner collabore activement, en est un relais important). Brauner se tourne dans ses recherches vers un univers plus onirique et poĂ©tique, dĂ©tachĂ© de l’esthĂ©tique constructiviste de ses premiĂšres oeuvres. Une sĂ©rie de dessins de 1927, au premier rang desquels figure Le monde paisible, est ainsi la manifestation de cette Ă©volution. Ces premiers jalons sont rapidement suivis de toiles majeures, rĂ©alisĂ©es avant ou aprĂšs son dĂ©part pour Paris. Les oeuvres produites entre 1930 et 1932 oscillent entre paysages crĂ©pusculaires, plus ou moins fantastiques, et sombres visions prophĂ©tiques (comme la troublante prĂ©monition que constitue l’énuclĂ©ation de l’artiste dans son fameux Autoportrait de 1931) ou politiques (L’Orateur ou La Porte, 1932).


Les dessins de Victor Brauner

Des milliers de dessins de Victor Brauner ont Ă©tĂ© conservĂ©s et nous permettent de saisir d’une part la qualitĂ© de son travail graphique – Brauner est un excellent dessinateur, comme en attestent aussi bien la fluiditĂ© et la concision du trait que la virtuositĂ© des lavis par exemple ; et d’autre part l’importance que ce travail revĂȘt dans l’élaboration de son oeuvre – tant du point de vue des motifs que du point de vue technique. Il n’est pas surprenant Ă  cet Ă©gard que ce soit dans cet exercice constant de la main, dans une dĂ©marche propice Ă  l’automatisme, que Victor Brauner se lance d’abord dans la voie surrĂ©aliste. Il invente ainsi un monde nouveau qui se joue des Ă©chelles, hybride les corps, fait naĂźtre des crĂ©atures chimĂ©riques.


L’aventure surrĂ©aliste (1933-1939)

En 1930, Brauner s’installe prĂšs des ateliers d’Alberto Giacometti et Yves Tanguy. Ce n’est qu’à l’automne 1933 qu’il rencontre AndrĂ© Breton. Il frĂ©quente alors les rĂ©unions du groupe. L’annĂ©e suivante a lieu sa premiĂšre exposition personnelle Ă  Paris, dont le catalogue est prĂ©facĂ© par Breton. En 1935, faute d’argent il est obligĂ© de retourner en Roumanie. Proche du parti communiste clandestin, il s’en dĂ©tourne en 1937 aprĂšs les procĂšs de Moscou. MenacĂ© par le fascisme et l’antisĂ©mitisme ambiant, il quitte clandestinement et dĂ©finitivement la Roumanie en 1938. L’influence de De Chirico et de DalĂ­ se fait sentir dans ses oeuvres surrĂ©alistes des annĂ©es 1930, notamment dans la maniĂšre de traiter l’espace oĂč se meuvent des crĂ©atures inquiĂ©tantes. En 1934, il peint Monsieur K. alias Ubu, figure grotesque et monstrueuse du pĂšre et du dictateur. Il peint aussi de tous petits tableaux pleins d’invention qu’il peut transporter dans une valise, oĂč la question de l’oeil se manifeste. Lors d’une rixe entre Óscar DomĂ­nguez et Esteban FrancĂ©s en 1938, Brauner perd son oeil, il devient alors pour les surrĂ©alistes le peintre «voyant». Il illustre « le hasard objectif » de Breton, prĂ©monition de cette Ă©nuclĂ©ation peinte sept ans auparavant dans son autoportrait de 1931.


Les frontiĂšres noires de la guerre (1939-1945)

Fuyant Paris en juin 1940, Brauner gagne le Sud de la France, Perpignan et Marseille oĂč il retrouve les surrĂ©alistes en attente, comme lui, d’un visa pour l’AmĂ©rique que lui-mĂȘme n’obtiendra jamais. MenacĂ© en tant que juif et Ă©tranger, l’artiste se rĂ©fugie en avril 1942 dans les Hautes-Alpes et entre dans la clandestinitĂ© pendant trois ans. MalgrĂ© les privations et son isolement, Brauner crĂ©e Ă©normĂ©ment et renouvelle son art en inventant le « dessin Ă  la bougie » utilisant de la cire. Il puise dans des ressources les plus diverses (ses origines roumaines, la littĂ©rature romantique allemande, l’alchimie, la Kabbale, les arts primitifs,
). Il exĂ©cute de trĂšs nombreux dessins, oĂč se multiplient les mĂ©tamorphoses des figures chimĂ©riques, le motif de l’oeil qui devient une sorte de signature, le thĂšme du double, la figure de Novalis, etc.


Autour du Conglom
éros (1941-1945)

Le ConglomĂ©ros dont Victor Brauner rĂ©alise une sĂ©rie de cinquante dessins, est nĂ© dans la nuit du 23 au 24 juillet 1941 Ă  Saint-FĂ©liud’Amont, dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, oĂč l’artiste a trouvĂ© refuge pendant la guerre. ConglomĂ©ros est la contraction de « conglomĂ©rat » et de « Éros ». C’est, selon l’artiste, un corps central de femme et deux corps cĂ©phaliques d’hommes. Les associations peuvent aussi ĂȘtre la rĂ©union d’une femme et d’un vĂ©gĂ©tal, d’une femme et d’un animal, toutes les combinaisons sont possibles. Dans la sculpture en plĂątre, le corps de la femme qui possĂšde quatre bras et deux jambes est enlacĂ© par les jambes et les bras des deux corps mĂąles comme en un jeu Ă©rotique. Leurs mains semblent cacher les yeux globuleux de cette tĂȘte Ă©norme qui rĂ©unit les trois corps. Ce systĂšme d’hybridation, d’amalgame, voire de mĂ©tamorphose d’ĂȘtres animaux et humains est dĂ©jĂ  Ă  l’oeuvre dans la sĂ©rie des « ChimĂšres » en 1939.


AprĂšs la guerre (1946-1948)

DĂšs 1945, Brauner s’installe Ă  Paris dans l’ancien atelier du Douanier Rousseau, ce qui lui inspire le tableau La Rencontre du 2 bis, rue Perrel. ÉpuisĂ© par la clandestinitĂ© et le dĂ©nuement qui perdurent mais riche de toutes les nouvelles techniques comme la peinture Ă  la cire, crĂ©atures et talismans issus de son expĂ©rience de la guerre, il donne vie Ă  une Ɠuvre renouvelĂ©e. Peu Ă  peu, il retrouve, au rythme de leur retour d’exil, les surrĂ©alistes Philippe Soupault, Benjamin PĂ©ret et AndrĂ© Breton, et participe aux expositions collectives, notamment celle Ă  la galerie Maeght de 1947 oĂč il prĂ©sente le ConglomĂ©ros. L’annĂ©e 1948 est pourtant dĂ©jĂ  celle de la rupture : prenant la dĂ©fense de son ami Roberto Matta, il est exclu comme lui du groupe. L’oeuvre de Brauner poursuit sa trajectoire marquĂ©e par l’ésotĂ©risme, et explore de nouvelles voies en quĂȘte d’un langage primitif, tantĂŽt influencĂ© par l’art brut tantĂŽt plus intime, symbolique et magique.


Au-delà du surréalisme (1949-1966)

Les oeuvres de la derniĂšre section prĂ©sentent diffĂ©rentes recherches de l’artiste. De mars Ă  juillet 1949, il peint trente-sept oeuvres, formant une sĂ©rie homogĂšne, la seule de cette ampleur dans sa production. Cette sĂ©rie intitulĂ©e « Onomatomanie » dĂ©ploie un Ă©rotisme affranchi et joue sur le double psychanalytique de Brauner. En 1951-1952, l’artiste tĂ©moigne de la terreur solitaire du peintre dans une suite d’oeuvres dites des « RĂ©tractĂ©s ». Stylistiquement trĂšs diffĂ©rents de tout ce qu’il avait effectuĂ© jusqu’alors, ces tableaux et dessins donnent Ă  voir la plongĂ©e de l’ĂȘtre humain dans une conscience vertigineuse de soi. Au dĂ©but des annĂ©es 1960, la peinture de Brauner tend Ă  une simplification et Ă  une planĂ©itĂ© des formes, Ă  la maniĂšre des papiers dĂ©coupĂ©s, assortie d’une Ă©conomie de couleur. Enfin, le peintre poursuit ses explorations mĂ©taphoriques et alchimiques dans ses tableaux du cycle des « Mythologies » et de « La FĂȘte des MĂšres » (1965), enchĂąssĂ©s dans un cadre peint et dĂ©coupĂ©s selon les formes d’un bestiaire inventĂ©, dotĂ© de couleurs vives et contrastĂ©es.