Partage

“Une histoire de la photographie à travers les collections du Musée Nicéphore Niépce” 

 

aux éditions textuel avec le musée Nicéphore Niépce

Ă©ditions textuel


PODCAST - Interview de Sylvain Besson, directeur des collections du musée Nicéphore Niépce, et auteur du livre Une histoire de la photographie à travers les collections du Musée Nicéphore Niépce aux éditions textuel, par Anne-Frédérique Fer, à Chalon-sur-Saône, le 8 décembre 2022, durée 6’02. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Sylvain Besson, directeur des collections du musĂ©e NicĂ©phore NiĂ©pce, et auteur du livre Une histoire de la photographie Ă  travers les collections du MusĂ©e NicĂ©phore NiĂ©pce aux Ă©ditions textuel,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 8 décembre 2022, durée 45’14. © FranceFineArt.


Couverture d’Une histoire de la photographie à travers les collections du Musée Nicéphore Niépce aux éditions textuel avec le musée Nicéphore Niépce. Couverture © Magdi Senadji / Danielle Robert-Guédon.
Couverture d’Une histoire de la photographie à travers les collections du Musée Nicéphore Niépce aux éditions textuel avec le musée Nicéphore Niépce. Couverture © Magdi Senadji / Danielle Robert-Guédon.
Jean-Louis Swiners, Tournage du film Le Mépris par Jean-Luc Godard Planche-contact, 1963. © Succession Jean-Louis Swiners.
Jean-Louis Swiners, Tournage du film Le Mépris, par Jean-Luc Godard Planche-contact, 1963. © Succession Jean-Louis Swiners.
Anonyme, Extrait de l’album de vacances « Dinard ». Tirages argentiques, carton, crayon de couleur, 1933. © Musée Nicéphore Niépce.
Anonyme, Extrait de l’album de vacances « Dinard ». Tirages argentiques, carton, crayon de couleur, 1933. © Musée Nicéphore Niépce.
Germain Éble, Portrait de studio. D’après négatif argentique sur verre, 25 juin 1929. © Musée Nicéphore Niépce.
Germain Éble, Portrait de studio. D’après négatif argentique sur verre, 25 juin 1929. © Musée Nicéphore Niépce.
Anonyme, Radiographie d’une main. Tirage argentique, années 1950. © Musée Nicéphore Niépce.
Anonyme, Radiographie d’une main. Tirage argentique, années 1950. © Musée Nicéphore Niépce.
Agence Sartony, Décor en trompe-l’œil. Film couleur, années 1970. © Musée Nicéphore Niépce.
Agence Sartony, Décor en trompe-l’œil. Film couleur, années 1970. © Musée Nicéphore Niépce.
Louis Ducos du Hauron, Reproduction collographique de feuilles et de pétales de fleurs. Collographie vernie, 1870. © Musée Nicéphore Niépce.
Louis Ducos du Hauron, Reproduction collographique de feuilles et de pétales de fleurs. Collographie vernie, 1870. © Musée Nicéphore Niépce.

Extrait du communiqué de presse :


Un livre publié à l’occasion des 50 ans du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône, lieu de naissance de l’inventeur de la photographie, sous la direction de Sylvain Besson avec la préface de Michel Frizot



Des origines de la photographie aux dernières avancées numériques, un passionnant inventaire.


Cet ouvrage parcourt l’histoire de la photographie, depuis son invention en 1827 jusqu’à ses usages contemporains Ă  travers les collections du musĂ©e NicĂ©phore NiĂ©pce, riches de 4 millions de photographies, 8 000 appareils et 30 000 revues et livres techniques ou illustrĂ©s. Hors des sentiers battus, c’est une “autre histoire” de la photographie que propose ici Sylvain Besson en s’attachant Ă  la richesse du medium dans sa diversitĂ© de techniques, de courants artistiques, de modes de diffusion. Il rĂ©pertorie les dimensions sociales, documentaires et commerciales de la photographie depuis ses origines. Volontairement hĂ©tĂ©roclite, ce livre tĂ©moigne des diffĂ©rentes voies empruntĂ©es par la photographie : la publicitĂ©, la mode, l’illustration, le judiciaire, etc. Il dresse un inventaire encore jamais rĂ©aliseĂ© aussi singulier qu’instructif. Parmi les 300 documents visuels, sont notamment prĂ©sentĂ©s la toute première photographie de NiĂ©pce (Le Point de vue du Gras), de magnifiques daguerrĂ©otypes, calotypes ou autochromes, et des photographies de Germaine Krull, Maurice Tabard, Robert Doisneau, Denis Brihat, Mario Giacomelli, John Batho, Denis Roche, Roger Ballen, Madeleine de SinĂ©ty, Kate Barry, Bertrand Meunier, Charles FrĂ©ger…


Directeur des collections du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône depuis 2008, Sylvain Besson est commissaire de nombreuses expositions tant des collections patrimoniales que des fonds nouvellement acquis ou de photographes contemporains. Michel Frizot est historien et théoricien de la photographie. Il a notamment publié chez Hazan L’Homme photographique (2018) et Toute photographie fait énigme (2014).




Extrait du texte Tant de lendemains de Sylvain Besson

[…] Nicéphore Niépce avait eu l’intuition de lendemains possibles dès le 24 mai 1827 : « Je suis comme Colomb lorsqu’il pressentit la découverte tardive, mais certaine d’un nouveau monde*. » S’il est peu probable qu’il ait imaginé la société numérique dans laquelle nous évoluons, le geste technique de Niépce qui aboutit à la première des photographies, Le Point de vue du Gras, a résolument bouleversé nos rapports avec le monde et la technique. De nos jours, nous photographions comme nous respirons, nos photographies se propagent sur les réseaux sociaux, la photographie est partout et nous ne la voyons plus. Le temps du musée est en contradiction avec cette circulation incontrôlée et toujours plus accélérée des images photographiques : il est celui de l’analyse et du doute. C’est la complexité du phénomène photographique en constante évolution que les collections tentent de traduire.

Depuis sa création, le musée a imposé l’idée que toute la photographie mérite d’être conservée, et c’est une gageure. Les premiers donateurs avaient composé des ensembles exhaustifs, couvrant tous les champs du photographique : photographies anonymes et d’auteurs, matériel technique et revues illustrées, objets publicitaires et objets du quotidien, souvenirs touristiques et clichés judiciaires, photographies en relief et microphotographies… Le musée porte en lui cet encyclopédisme. Ce sont l’analyse et l’étude de ces vastes ensembles qui l’autorisent à se questionner sur le phénomène photographique et à restituer ses propositions dans son parcours permanent et ses expositions temporaires.

À chaque nouvelle acquisition, le musée Nicéphore Niépce est lui-même « comme Colomb ». À chaque objet photographique intégrant les collections, de nouveaux lendemains s’offrent à lui. Une photographie est le fruit d’une combinaison qui se renouvelle lors de toute prise de vue : la quadrature « photographe / appareil / sujet / devenir de la photographie réalisée». La photographie ne saurait se résumer à un objet unique et isolé. Le contexte de création d’une photographie dévoile les intentions de l’opérateur et les moyens dont il dispose tout en révélant les conditions de son éventuelle diffusion. De même, la collection ne saurait se réduire à un agglomérat de beaux tirages isolés, même tirés avec soin. Cela reviendrait à exclure la notion de série pour un auteur-photographe, l’album de photographies pour la pratique amateur, la revue illustrée pour l’agence de presse, à négliger l’essence même du photographique envisagé par Nicéphore Niépce : celle du multiple.

La collection peut donner l’illusion d’une masse en apparence infinie. Le principe de reproductibilité posé par Niépce, sans cesse amélioré par ses successeurs et qui trouve son aboutissement avec la photographie numérique, génère des volumes croissant de façon exponentielle. L’accroissement est un phénomène photographique en soi, dont la collection du musée rend et doit rendre compte. Chaque année, entre 150 000 et 400 000 phototypes [négatifs, planches-contacts, tirages, justificatifs de publication] intègrent les collections. Il en résulte que la collection est envisageable sous de nombreux angles. Cet ouvrage se veut le reflet des tensions entre différentes approches : technique, esthétique, ethnologique, archivistique. Il est le fruit de cinquante années d’acquisitions n’excluant aucun champ de la photographie.

Plutôt que de choisir entre amateurs et professionnels, entre artisans et artistes, entre technique et esthétique, le musée a choisi de ne pas choisir, car analyser le phénomène photographique ne saurait être fait en excluant l’une ou l’autre de ses composantes. […]


* Correspondance avec son cousin Alexandre Anne Bénigne Dubard de Curley, Bibliothèque nationale de France.

Archives – article FranceFineArt

“Sylvain Besson” les métiers du patrimoine, épisode n°8
directeur des collections photographiques du musée Nicéphore Niépce
http://www.revue.francefineart.com/index.php/portraits/18-paroles-d-artistes/interviews1/2606-040-artistes-sylvain-besson


“Exposition au musée Nicéphore Niépce”

Penser / Classer : 50 ans du musée, volet 2

du 22 octobre 2022 au 22 janvier 2023

[premier volet] Penser / Classer : 50 ans du musée / hommage à Georges Perec
du 2 juillet au 25 septembre 2022

Musée Nicéphore Niépce

PODCAST - Interview de Émilie Bernard, bibliothécaire au musée Nicéphore Niépce et commissaire de l’exposition Penser / Classer : 50 ans du musée, par Anne-Frédérique Fer, à Chalon-sur-Saône, le 8 décembre 2022, durée 6’02. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Émilie Bernard, bibliothĂ©caire au musĂ©e NicĂ©phore NiĂ©pce et commissaire de l’exposition Penser / Classer : 50 ans du musĂ©e,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 8 décembre 2022, durée 6’02. © FranceFineArt.


Communiqué de presse



Commissariat : Émilie Bernard, musée Nicéphore Niépce

À l’occasion de ses cinquante ans, le musée Nicéphore Niépce [1972] propose de lever le voile sur une dimension soustraite au regard du public : dans les réserves, la richesse de ses collections. Tout montrer est impossible, une sélection représentative ne l’est pas d’avantage. Un prochain catalogue en retracera l’histoire et les politiques d’acquisition. Alors, pour en rendre sensible à la fois la diversité et le nombre, éviter les redites avec le parcours permanent, c’est à une approche amusée et poétique de ces espaces, à la manière de Georges Perec, que le public est invité.

Adepte des classements, des listes, des inventaires, surnommé le « taxinomiste fou », Perec [1936-1982] interroge et ironise dans son essai « Penser / Classer », cette manie anthropologique de vouloir mettre de l’ordre dans l’univers. L’être humain doit classer le monde pour le comprendre, pour le penser. Chaque chose à sa place, une place pour chaque chose. Cette grande « manie » est au coeur même des activités des musées. Quel que soit son champ de connaissance, un musée acquiert, inventorie, classe, conserve, transmet, expose.

Depuis cinquante ans, le musée Nicéphore Niépce s’acquitte de ces missions. Avec une particularité toutefois : son sujet, la photographie.

Une mise en abyme.

Car la photographie, fille du XIXe siècle et de ses révolutions, porte en son sein, dès son apparition, une idée fixe, une utopie. Croire que l’on peut, grâce à elle, tout montrer, et apporter le monde entier dans les musées. Croire que l’on peut faire le relevé universel et exact des choses, en conserver l’image vivante. Croire que l’on peut vaincre le temps qui passe, l’oubli et les destructions. Croire aussi que l’on peut mieux connaître et comprendre le monde, en le détaillant, en le décortiquant, en l’auscultant dans tous ses plis et replis, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. La photographie n’a pas failli [?] et les réserves du musée Nicéphore Niépce en sont la preuve. Depuis deux siècles, la photographie sert indubitablement nos obsessions taxinomiques, individuelles ou collectives, qu’elles soient scientifiques ou documentaires, amateures ou artistiques. La nature des collections du musée et leur organisation conduisent parfois au bord d’un vertige perecquien. Le vocabulaire listé par l’écrivain s’égrène aussi bien à l’endroit de la photographie : « cataloguer, classer, classifier, découper, énumérer, grouper, hiérarchiser, lister, numéroter, ordonnancer, ordonner, ranger, regrouper, répartir ». Puis « subdiviser, distribuer, discriminer, caractériser, marquer, définir, distinguer, opposer, etc ». Mais contrairement à ce qu’elles induisent, aucune de ces opérations ne peut être objective.

La neutralité et l’exhaustivité n’existent pas. Il y a toujours la grille d’un regard, des choix préalables et un hors champ.

Heureusement, Perec nous rappelle avec humour et humilité, que notre quête d’omniscience est vouée à l’échec. Nos tentatives d’organisation du savoir sont souvent caduques à peine terminées, et peut être « à peine plus efficaces que l’anarchie initiale »…

Anne-Frédérique Fer, Vues de l’exposition Penser / Classer : 50 ans du musée [volet 2] – au musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône, le 8 décembre 2022. © Anne-Frédérique Fer / FranceFineArt.com
Anne-Frédérique Fer, Vues de l’exposition Penser / Classer : 50 ans du musée [volet 2] – au musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône, le 8 décembre 2022. © Anne-Frédérique Fer / FranceFineArt.com

Anne-Frédérique Fer, Vues de l’exposition Penser / Classer : 50 ans du musée [volet 2] – au musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône, le 8 décembre 2022. © Anne-Frédérique Fer / FranceFineArt.com