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“La Photographie Ă  l’épreuve de l’abstraction” 

au Centre Photographique d’Île-de-France, Pontault-Combault
au Frac Normandie Rouen, Sotteville-lès-Rouen
et Micro Onde, Centre d’art de l’Onde, Vélizy-Villacoublay

du 26 septembre au 13 décembre 2020

Centre Photographique d’ĂŽle-de-France
Frac Normandie Rouen
Micro Onde

PODCAST - Interview de Nathalie Giraudeau, directrice du CPIF, Audrey Illouz, responsable de Micro Onde, et Véronique Souben, directrice du Frac Normandie Rouen, par Anne-Frédérique Fer, à Rouen, le 25 septembre 2020, durée 17’09. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Nathalie Giraudeau, directrice du CPIF, Audrey Illouz, responsable de Micro Onde, et VĂ©ronique Souben, directrice du Frac Normandie Rouen,

par Anne-Frédérique Fer, à Rouen, le 25 septembre 2020, durée 17’09, © FranceFineArt.


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© Anne-Frédérique Fer, voyage et présentation presse, Centre Photographique d’Île-de-France, Micro Onde et Frac Normandie Rouen, le 25 septembre 2020.

Mustapha Azeroual, Monade, 2020. 76 x 56 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Binome, Paris.
Mustapha Azeroual, Monade, 2020. 76 x 56 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Binome, Paris.
Nicolas Floc’h, Paysages productifs, Couleur de l’eau, Shimoda, - 30 m, 2019. 40 x 55 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Maubert, Paris
Nicolas Floc’h, Paysages productifs, Couleur de l’eau, Shimoda, – 30 m, 2019. 40 x 55 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Maubert, Paris
Barbara Kasten, Collision 4T, 2016. Impression numérique Fujiflex /160 x 121,9 cm. Courtesy the artist, Bortolami, New York and Thomas Dane Gallery. © Barbara Kasten.
Barbara Kasten, Collision 4T, 2016. Impression numérique Fujiflex /160 x 121,9 cm. Courtesy the artist, Bortolami, New York and Thomas Dane Gallery. © Barbara Kasten.
Paul Graham, Kodak Ektar 25, Empty Heaven, 1991 de  la série Films, 2011. Impression pigmentaire montée sur dibond, 85,9 x 66,5 x 4,5 cm. Courtesy Anthony Reynolds Gallery, London. © Paul Graham.
Paul Graham, Kodak Ektar 25, Empty Heaven, 1991 de la série Films, 2011. Impression pigmentaire montée sur dibond, 85,9 x 66,5 x 4,5 cm. Courtesy Anthony Reynolds Gallery, London. © Paul Graham.
Laure Tiberghien, Ciba #16, 2019. 127 x 100 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste.
Laure Tiberghien, Ciba #16, 2019. 127 x 100 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste.
Walead Beshty, Six-Sided Picture (CMYRGB), December 21, 2006, Los Angeles, California, Kodak Supra, 2010. Papier photographique couleur / 182 x 121 cm. Collection Frac Grand Large – Hauts-de-France. © Walead Beshty.
Walead Beshty, Six-Sided Picture (CMYRGB), December 21, 2006, Los Angeles, California, Kodak Supra, 2010. Papier photographique couleur / 182 x 121 cm. Collection Frac Grand Large – Hauts-de-France. © Walead Beshty.
Pierre-Olivier Arnaud, Sans Titre (Cheerleader II) ) , 2014. Polaroïds encadrés, 33 × 27 × 4 cm. Collection Frac Normandie Rouen, © Adagp, Paris, © Pierre-Olivier Arnaud.
Pierre-Olivier Arnaud, Sans Titre (Cheerleader II) ) , 2014. Polaroïds encadrés, 33 × 27 × 4 cm. Collection Frac Normandie Rouen, © Adagp, Paris, © Pierre-Olivier Arnaud.
Philippe Durand, Dedans 02, 2019. 129 x 106 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Laurent Godin, Paris.
Philippe Durand, Dedans 02, 2019. 129 x 106 cm, © Adagp, Paris, 2020, courtesy de l’artiste et de la Galerie Laurent Godin, Paris.

Extrait du communiquĂ© de presse :


Commissariat : 

Nathalie Giraudeau Directrice du CPIF 

Audrey Illouz Responsable de Micro Onde – Centre d’art de l’Onde 

VĂ©ronique Souben Directrice du Frac Normandie Rouen



Une exposition trois lieux

Frac Normandie Rouen : 12 sept / 06 dĂ©c

Micro Onde – centre d’art de l’onde : 19 sept / 21 nov

Centre photographique d’Ile-de-France : 26 sept /13 dĂ©c




RĂ©alisĂ©e conjointement par le Centre Photographique d’Île-de-France, le Frac Normandie Rouen et Micro Onde – Centre d’art de l’Onde, l’exposition La Photographie Ă  l’épreuve de l’abstraction dresse un panorama des relations entre photographie et abstraction dans la crĂ©ation contemporaine. Elle est conçue en trois volets simultanĂ©s dans chacun des trois lieux. 

Cet enjeu majeur et actuel dans le domaine de la photographie n’avait jusqu’à présent bénéficié d’aucune exposition d’importance en France. Liée à l’évolution du statut de l’image comme à l’essor des nouvelles technologies depuis les années 1980, une véritable tendance à l’abstraction parcourt aujourd’hui une pluralité de démarches évoquées en quatre volets au sein de trois expositions complémentaires. Ce projet d’envergure constitue une opportunité de s’interroger sur la possibilité d’une photographie contemporaine abstraite.

C’est une approche formaliste qui est proposée au CPIF et fait entrer le spectateur dans l’exposition par la couleur. Ainsi, l’accrochage prend notamment comme matrice la décomposition chromatique du spectre lumineux, qui aura animé les chantres de l’Abstraction picturale au début du XXe siècle, pour aborder les stratégies formelles des artistes qui, fascinés par la lumière, renouvellent le rapport au visible. Les artistes mobilisent tout autant les techniques issues de l’ère numérique que les manipulations argentiques plus anciennes. Des piezographies de David Coste aux gommes bichromatées de Mustapha Azeroual (Monades), des photogrammes de James Welling aux expérimentations chromogéniques de Philippe Durand et Laure Tiberghien, des empreintes cyanotypes de Megahnn Riepenhoff aux impressions sur latex d’images issues d’Internet d’Anouk Kruithof, les artistes rivalisent d’inventivité protocolaire pour développer un nouveau vocabulaire.

Bien que certaines images renvoient encore au documentaire avec Karim Kal (Entourage 1) ou Broomberg & Chanarin (NBC, CBS, UPN, ABC, FOX, HBO, sĂ©rie American Landscapes), et restent descriptives avec Isabelle Le Minh (sĂ©rie DigitomĂ©trie) et JesĂşs Alberto BenĂ­tez (3280), surfaces, volumes, espaces et couleurs captĂ©s deviennent les sujets, souvent ambigus, de compositions aux rendus abstraits. D’autres oeuvres, restituent le seul jeu de la lumière, de la chimie et de la matière du support, et prennent des formes sculpturales ou installatives comme avec Anne-Camille Allueva et SĂ©bastien ReuzĂ©. 

Si dès l’origine de la photographie, le motif non figuratif, l’objet mĂ©connaissable, les espaces dĂ©pourvus de tout repère sont prĂ©sents dans la production d’image, les propositions artistiques actuelles manifestent un regain d’intĂ©rĂŞt pour ces esthĂ©tiques abstraites, mais ambivalentes, ouvrant des perspectives susceptibles de renouveler le genre. Ă€ travers tout un vocabulaire de formes, mis ici en valeur par une prĂ©sentation reprenant le ruban chromatique, les artistes dĂ©veloppent une rĂ©flexion autant sur la notion de rĂ©el que sur les mĂ©canismes de production d’image, voire sur sa potentielle « sortie Â».

Au Frac Normandie Rouen, deux axes bien distincts sont privilégiés. Un premier temps amorce l’apparition d’une sorte d’archéologie de la photographie, d’une quête de l’image originelle, de ses épreuves scientifiques jusqu’à l’apparition d’une iconographie propre à la photographie argentique que ce soit à travers les First Successfull Permanent Photographs de Pauline Beaudemont ou les plaques Daguerréotypes réutilisées par Hanako Murakami. Cette recherche se prolonge au travers de développements purement formels (les papiers froissés de Walead Beshty, les plaques translucides de Barbara Kasten) qui trouvent leur pleine expression dans les espaces du CPIF.

Par opposition, un deuxième mouvement rassemble – toujours au Frac – des artistes dont la quĂŞte d’abstraction passe par des approches avant tout liĂ©es aux procĂ©dĂ©s technologiques. Si, dans la lignĂ©e du photographe amĂ©ricain Alfred Stieglitz et des peintres impressionnistes, une rĂ©fĂ©rence Ă  la nature et au paysage abstrait se fait encore sentir chez Shannon Guerrico et Taysir Batniji, une nouvelle esthĂ©tique voit le jour davantage motivĂ©e par les plus rĂ©centes possibilitĂ©s technologiques que donnent Ă  voir les pixels d’Adrian Sauer (Schwarze Quadrate) ou les diagrammes algorithmiques de Thomas Ruff (Zycles). 

Les techniques liées à l’impression chez Wade Guyton, Evariste Richer et Pierre-Olivier Arnaud comme la création de programmes informatiques des plus performants et détournés pour Stan Douglas et Xavier Antin permettent aux photographes de développer un nouveau langage, sans plus de référent apparent au monde matériel. La photographie semble alors avoir acté son basculement définitif dans le « purement abstrait ».

Enfin Ă  Micro Onde – Centre d’art de l’Onde, l’axe dĂ©veloppĂ© relève d’une approche rĂ©solument expĂ©rimentale et matĂ©riologique de la photographie. L’exposition prend pour ancrage l’activitĂ© photographique du cĂ©lèbre dramaturge suĂ©dois August Strindberg – qui s’est livrĂ© dès la fin du XIXe siècle Ă  l’étude de cristaux et de ciels nocturnes donnant lieu Ă  ses cĂ©lèbres Cristallographies et Celestographies ou photogrammes de cristaux et de ciels. Il s’agit, Ă  l’appui de ces premières expĂ©riences historiques, de sonder des pratiques artistiques contemporaines qui investiguent la matĂ©rialitĂ© de l’image, l’imagerie scientifique tout autant qu’un autre rapport au paysage.

Plus les artistes scrutent le monde physique, plus la représentation s’efface et cède la place à l’abstraction: des photographies de stalagmites de Dove Allouche (Pétrographies) aux photographies sous-marines de Nicolas Floc’h (Paysages Productifs) en passant par la recréation de phénomènes physiques en laboratoire de Marina Gadonneix (Phénomènes) ou optiques de Sarah Ritter (L’Ombre de la Terre). À l’inverse, plus les artistes scrutent les propriétés physiques de l’image, plus des formes abstraites mais connotées renvoient au paysage : peinture sur diapositive dans l’installation sérigraphique de Francisco Tropa (Puit), photographie produite uniquement par le jeu de la lumière et de la chimie alors que l’on croirait un fluide chez Wolfgang Tillmans (Urgency VI).

Une dernière image clôt l’exposition à Micro Onde : la vidéo Film Proyección d’Ignasi Aballí. Elle renvoie à l’expérience sensorielle et visuelle de l’éblouissement, dans le sillage des expérimentations sensorielles particulièrement fécondes pour dépasser la vision classique du monde aux origines de l’abstraction picturale. Ce motif, quasi « fondamental », se retrouve d’ailleurs dans les Sun photographs de Zoe Leonard exposées au Frac ainsi que dans le Soleil#04-28-F08 de Sébastien Reuzé présenté au CPIF, tel un trait d’union entre les trois expositions.

Exposition collective avec les oeuvres de : Anne-Camille Allueva, Driss Aroussi, Mustapha Azeroual, Eric Baudart, Camille Benarab-Lopez, Jesús Alberto Benítez, Walead Beshty, Juliana Borinski, Broomberg & Chanarin, Michel Campeau, David Coste, Philippe Durand, Nicolas Floc’h, Marina Gadonneix, Jean-Louis Garnell, Isabelle Giovacchini, Lukas Hoffmann, Karim Kal, Anouk Kruithof, Isabelle Le Minh, Chris McCaw, Constance Nouvel, Aurélie Pétrel, Diogo Pimentão, Sébastien Reuzé, Evariste Richer, Meghann Riepenhoff, Alison Rossiter, Doriane Souilhol, Thu-Van Tran, Laure Tiberghien, Wolfgang Tillmans et James Welling.




Un ouvrage bilingue français/anglais aux éditions Hatje Cantz prolongera cette exposition et réunira réflexions et essais originaux de spécialistes.



CATALOGUE « La photographie Ă  l’épreuve de l’abstraction » – Sortie prĂ©vue en novembre 2020.

En corrĂ©lation avec les trois expositions et en partenariat avec le festival Normandie Impressionniste, le Frac Normandie Rouen, Micro Onde – Centre d’art de l’Onde et le Centre Photographique d’Île-de-France publient un catalogue.

Cet ouvrage d’envergure est l’un des premiers entièrement consacré à la question de l’abstraction dans la photographie contemporaine avec des perspectives originales sur l’émergence de nouvelles esthétiques liées à l’apparition des nouvelles technologies.




Avec les textes de : 

Nathalie Giraudeau, Directrice du Centre Photographique d’Île-de-France

Audrey Illouz, Responsable de Micro Onde – Centre d’art de l’Onde

Kathrin Schönegg, historienne de la photographie

VĂ©ronique Souben,  Directrice du Frac Normandie Rouen

Érik Verhagen, professeur en histoire de l’art contemporain, critique d’art et commissaire d’exposition