Agenda CulturelIncontournablesPodcasts

🔊 “Plumes du paradis” Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-GuinĂ©e, au musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, du 12 mai au 8 novembre 2026

Partage

 


“Plumes du paradis” 
Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-GuinĂ©e

au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris

du 12 mai au 8 novembre 2026

MusĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac


Entretien avec Magali Mélandri, Responsable de l’unité patrimoniale Océanie – Insulinde du musée du quai Branly – Jacques Chirac, et co-commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 11 mai 2026, durée 21’50, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Magali Mélandri
,
Responsable de l’unitĂ© patrimoniale OcĂ©anie – Insulinde du musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac,
et
co-commissaire de l’exposition,



par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 11 mai 2026, durĂ©e 21’50,
© FranceFineArt.


previous arrow
Plumes du paradis.
next arrow
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
Plumes du paradis.
previous arrow
next arrow
©Anne-Frédérique Fer, présentation presse, le 11 mai 2026.


Extrait du communiqué de presse :


Gaston PARIS (1903-1964), Joséphine BAKER, 1926. Joséphine BAKER (1906-1975), photographie. © Gaston Paris / Roger-Viollet.

Gaston PARIS (1903-1964), Joséphine BAKER, 1926. Joséphine BAKER (1906-1975), photographie. © Gaston Paris / Roger-Viollet.

Marie-Christine de Bourbon, reine d’Espagne, de Vicente Lopez Portaña (1772-1850), 1830. Huile sur toile. © Museo Nacional del Prado, Dist. GrandPalaisRmn / image du Prado.

Vicente Lopez Portaña (1772-1850), Marie-Christine de Bourbon, reine d’Espagne, 1830. Huile sur toile. © Museo Nacional del Prado, Dist. GrandPalaisRmn / image du Prado.

Jacques Barraband (1768-1809). Le Nébuleux étalant ses parures, Gravure publiée par François Levaillant dans Histoire naturelle des Oiseaux de paradis et des Rolliers, t. 1. Source gallica.bnf.fr – BnF.

Jacques Barraband (1768-1809). Le Nébuleux étalant ses parures, Gravure publiée par François Levaillant dans Histoire naturelle des Oiseaux de paradis et des Rolliers, t. 1. Source gallica.bnf.fr – BnF.

Yamada MASAMI (né en 1938, Tokyo), Affiche publicitaire Air Niugini (compagnie aérienne créée en 1973), 1976. Affiche imprimée en couleurs sur papier d’après une peinture originale nihonga. Collection particulière, Paris. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Pauline Guyon. © Air Niugini.

Yamada MASAMI (nĂ© en 1938, Tokyo), Affiche publicitaire Air Niugini (compagnie aĂ©rienne créée en 1973), 1976. Affiche imprimĂ©e en couleurs sur papier d’après une peinture originale nihonga. Collection particulière, Paris. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Pauline Guyon. © Air Niugini.

Ornement de plumes Kelarga, fin du 20e siècle. N° inventaire 72.1993.1.60. Ornement de tête ou fixé sur une coiffe. Paradisier séché monté sur une baguette de bois, 44 x 25 x 1 cm, 32 g. Océanie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Highlands Mélanésie. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Pauline Guyon.

Ornement de plumes Kelarga, fin du 20e siècle. N° inventaire 72.1993.1.60. Ornement de tĂŞte ou fixĂ© sur une coiffe. Paradisier sĂ©chĂ© montĂ© sur une baguette de bois, 44 x 25 x 1 cm, 32 g. OcĂ©anie, Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e, Highlands MĂ©lanĂ©sie. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Pauline Guyon.

Ornement de tête, Seconde moitié du 19e siècle. N° inventaire 71.1878.27.26. Parure, coiffe en plumes. Plumes rouges, vertes, jaunes et brunes, fibres végétales. 10 x 40 x 27 cm, 25 g. Asie, Indonésie, Manokwari (kapupaten) Papouasie Dorei Irian Jaya Barat (province), Aire Korwar. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Pauline Guyon.

Ornement de tĂŞte, Seconde moitiĂ© du 19e siècle. N° inventaire 71.1878.27.26. Parure, coiffe en plumes. Plumes rouges, vertes, jaunes et brunes, fibres vĂ©gĂ©tales. 10 x 40 x 27 cm, 25 g. Asie, IndonĂ©sie, Manokwari (kapupaten) Papouasie Dorei Irian Jaya Barat (province), Aire Korwar. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Pauline Guyon.

Commissaires :
Magali Mélandri, Responsable de l’unité patrimoniale Océanie – Insulinde du musée du quai Branly – Jacques Chirac
Stéphanie Xatart, Historienne de l’art, commissaire indépendante





Maître dans l’art de la parade, l’oiseau de paradis (1), par l’éclat de ses plumages et l’extraordinaire inventivité de ses chorégraphies, fascine depuis les premiers siècles de notre ère, bien au-delà des forêts de Nouvelle-Guinée, son principal territoire d’origine.

En explorant le pouvoir d’émerveillement des oiseaux de paradis et les imaginaires qu’ils ont nourris, l’exposition retrace l’histoire de leur circulation et de leurs représentations dans les arts, de l’Océanie à l’Asie et à l’Occident, ainsi que dans les sciences naturelles occidentales.

Réunissant près de 210 oeuvres — parures de plumes, peintures, spécimens naturalisés, pièces et accessoires de mode, objets d’art et ouvrages illustrés — le parcours croise les regards de l’histoire naturelle, de l’art, de la mode, de l’ethnologie et de l’écologie. Il met en lumière la manière dont ces oiseaux ont été mobilisés, admirés, représentés, étudiés au fil du temps.

Conçue en collaboration avec des scientifiques et des artistes de Nouvelle-Guinée, l’exposition présente également des créations contemporaines ancrées dans les savoirs et les réalités locaux et invite à repenser nos liens avec le vivant.

Prélude – Des oiseaux-artistes
Principalement présents en Nouvelle-Guinée et sur certaines îles voisines, avec quelques espèces dans les Moluques et le nord-est de l’Australie, les paradisiers (Paradisaeidae) évoluent dans un vaste foyer de biodiversité, riche en ressources nourricières et préservé de grands prédateurs, à l’exception des humains. Au fil de milliers d’années, ils ont développé un art du vivant fondé sur la couleur, le mouvement et la métamorphose, qui les place au sommet de l’histoire évolutive des oiseaux. En préambule du parcours, une immersion visuelle et sonore propose une première rencontre avec cet « oiseau-artiste » chorégraphe sans pareil au plumage chatoyant. Les 45 espèces que compte la famille des Paradisaeidae témoignent d’une remarquable diversité biologique et esthétique.

Nouvelle-Guinée : faire alliances
La première Ă©tape du parcours mène Ă  la rencontre du paradisier dans sa terre d’origine, en Nouvelle-GuinĂ©e. La prĂ©sentation de diffĂ©rentes parures corporelles tĂ©moigne des liens tissĂ©s entre oiseaux, sociĂ©tĂ©s papoues et leurs territoires, notamment Ă  travers les rĂ©seaux d’échanges, les performances dansĂ©es et chantĂ©es, et les systèmes de valeurs associĂ©s aux plumes. La diffusion audiovisuelle de ces performances dansĂ©es et des immersions sonores contextualise ces relations entre communautĂ©s humaines et non-humaines. Les rĂ©cits locaux mettent notamment en avant l’identitĂ© singulière de l’oiseau de paradis, masculin et fĂ©minin Ă  la fois, et son lien Ă  d’autres espèces emblĂ©matiques comme le casoar.

Makassar – Agra – Katmandu : les routes du paradis
Depuis plus de deux mille ans, les ressources naturelles de la Nouvelle-Guinée et des îles voisines suscitent l’intérêt de marchés lointains. Les premières routes commerciales, initiées dès le 5e siècle, relient l’ouest de la Nouvelle-Guinée et l’archipel des Moluques (les « îles aux épices »), à Java, Bali, la Malaisie, la Chine, puis à l’Inde, l’Asie occidentale et la Méditerranée. Au coeur de ces circulations figurent les oiseaux de paradis. Devenus « oiseaux du monde », ils font parfois l’objet de confusions dans les imaginaires locaux en s’intégrant à des récits mythiques préexistants. Peaux, plumes, récits et images voyagent, se transforment, et participent à des usages multiples : marchandises précieuses, présents diplomatiques, insignes de souveraineté, curiosités savantes.

SĂ©ville – Amsterdam – Prague : de Magellan Ă  Wallace
C’est au dĂ©but du 16e siècle que les premières peaux d’oiseaux de paradis parviennent en Europe, sans que la science ne puisse encore en expliquer la forme ni l’origine. Elles sont considĂ©rĂ©es comme des oeuvres de Dieu, ou comme des naturalia ou des exotica de cabinet de curiositĂ©s. Leurs noms, descriptions et premières reprĂ©sentations rĂ©vèlent l’aura de mystère qui les entoure et dĂ©terminent durablement les premières classifications de ces espèces. Les grands peintres des 16e et 17e siècles, comme Brueghel l’Ancien, Rubens ou Rembrandt, s’emparent du motif dans des allĂ©gories oĂą se lit progressivement un glissement de l’imaginaire au rĂ©el, du fantasme Ă  la science. Les sciences naturelles, par le biais des observations in situ qui se dĂ©ploient en Nouvelle-GuinĂ©e et en Asie du Sud-Est insulaire (notamment en IndonĂ©sie actuelle) Ă  la fin du 18e siècle et au 19e siècle, structurent, grâce aux acteurs locaux et leurs savoirs experts, la connaissance, identifient les variĂ©tĂ©s des espèces et inspirent les arts dĂ©coratifs comme les Beaux-Arts.

Paris – Londres – New York : Au bonheur des dames
Ă€ la fin du 19e siècle, l’activitĂ© de plumasserie devient une vĂ©ritable industrie de la mode fĂ©minine. Le goĂ»t pour les plumes d’espèces exotiques, qui s’inscrit dans la mouvance naturaliste de ce siècle d’exploration scientifique, se fait mode, Ă  la fois irrĂ©sistible et insoutenable par son ampleur et ses extravagances. Le succès est immense, Ă  l’excès, et provoque en retour la naissance, en Europe comme aux Etats-Unis, des premiers mouvements activistes, souvent fĂ©ministes, de protection des espèces animales.
L’exposition éclaire ainsi la tension historique entre fascination pour les plumes, logique marchande et naissance d’une conscience protectrice à l’égard du vivant.

Nouvelle-Guinée : un oiseau emblème
De retour en Nouvelle-GuinĂ©e, l’exposition dĂ©ploie la figure emblĂ©matique du paradisier – source d’inspiration pour nombre d’artistes jusqu’Ă  aujourd’hui – Ă  travers plusieurs oeuvres et voix papoues contemporaines. Le mouvement d’indĂ©pendance qui anime le Pacifique sud dans les annĂ©es 1970 s’illustre notamment par la crĂ©ation d’emblèmes propres Ă  chaque pays : le paradisier s’affiche ainsi sur le drapeau national du nouvel Ă©tat de Papouasie-Nouvelle-GuinĂ©e créé en 1975. L’oiseau de paradis y est un emblème vivant : symbole national, motif artistique, marqueur d’identitĂ© et sujet d’engagement. OEuvres contemporaines, objets du quotidien, archives visuelles et tĂ©moignages filmĂ©s donnent la parole aux artistes, chercheurs et communautĂ©s papoues et ancrent l’exposition dans une approche situĂ©e, collaborative et rĂ©solument actuelle.

Et aujourd’hui
Aujourd’hui, les oiseaux de paradis n’ont pas disparu. Protégés, ils restent pourtant menacés. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, leur chasse demeure autorisée, à l’aide d’armes traditionnelles, pour des usages culturels et de subsistance. Dans les régions où ils vivent naturellement, leur avenir dépend surtout de la préservation de leur habitat, aujourd’hui fragilisé par des pressions globales — déforestation, activités minières, développement des infrastructures, changement climatique —, mais aussi du travail conduit avec les communautés locales, dépositaires de savoirs essentiels à leur protection.