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🔊 “TrĂ©sors en noir & blanc” au Petit Palais, Paris, du 12 septembre 2023 au 14 janvier 2024

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“TrĂ©sors en noir & blanc”
DĂŒrer, Rembrandt, Goya, Toulouse-Lautrec …

au Petit Palais, Paris

du 12 septembre 2023 au 14 janvier 2024

Petit Palais


Interview de Clara Roca, conservatrice du patrimoine, chargĂ©e des collections d’arts graphiques aprĂšs 1800 et de photographies, et co-commissaire de l'exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 11 septembre 2023, durĂ©e 16’02. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Clara Roca, conservatrice du patrimoine, chargĂ©e des collections d’arts graphiques aprĂšs 1800 et de photographies, et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 11 septembre 2023, durĂ©e 16’02,
© FranceFineArt.


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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse, le 11 septembre 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Francisco de Goya y Lucientes, ManiÚre de voler, série Les Disparates, planche 13, 1816-1823. Eau-forte et aquatinte sur vélin, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Francisco de Goya y Lucientes, ManiÚre de voler, série Les Disparates, planche 13, 1816-1823. Eau-forte et aquatinte sur vélin, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Rembrandt (Rembrandt Harmensz van Rijn, dit), Le Coquillage, 1650. Eau-forte, pointe sÚche et burin sur papier filigrané, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Rembrandt (Rembrandt Harmensz van Rijn, dit), Le Coquillage, 1650. Eau-forte, pointe sÚche et burin sur papier filigrané, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Jacques Callot, Les Deux Pantalons, vers 1616-1617. Eau-forte, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Jacques Callot, Les Deux Pantalons, vers 1616-1617. Eau-forte, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris Musées / Petit Palais.

Antonio Pollaiuolo, Les Gladiateurs. Combat d’hommes nus, vers 1460-1475. Burin, Petit Palais, musĂ©e des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris MusĂ©es / Petit Palais.

Antonio Pollaiuolo, Les Gladiateurs. Combat d’hommes nus, vers 1460-1475. Burin, Petit Palais, musĂ©e des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris MusĂ©es / Petit Palais.

Albrecht DĂŒrer, Les Armoiries de la Mort, 1503. Burin, Petit Palais, musĂ©e des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris MusĂ©es / Petit Palais.

Albrecht DĂŒrer, Les Armoiries de la Mort, 1503. Burin, Petit Palais, musĂ©e des Beaux-arts de la Ville de Paris © Paris MusĂ©es / Petit Palais.

Edgar Chahine, Le Tombereau, 1905. Eau forte, vernis mou, pointe sÚche et aquatinte sur papier japon, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. © Paris Musées / Petit Palais.

Edgar Chahine, Le Tombereau, 1905. Eau forte, vernis mou, pointe sÚche et aquatinte sur papier japon, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. © Paris Musées / Petit Palais.

Commissariat :


Annick Lemoine, directrice du petit Palais et commissaire générale

Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine, chargĂ©e des collections d’arts graphiques avant 1800 et des sculptures.

Clara Roca, conservatrice du patrimoine, chargĂ©e des collections d’arts graphiques aprĂšs 1800 et de photographies.

Joëlle Raineau-Lehuédé, collaboratrice scientifique au département des arts graphiques.





Le Petit Palais met Ă  l’honneur son riche cabinet d’arts graphiques Ă  travers une sĂ©lection de prĂšs de 200 feuilles de grands maĂźtres de l’estampe comme DĂŒrer, Rembrandt, Callot, Goya, Toulouse-Lautrec, entre autres… L’estampe tient une place prĂ©pondĂ©rante dans la collection du Petit Palais. Elle est le reflet du goĂ»t de ses illustres donateurs, les frĂšres Auguste et EugĂšne Dutuit, et du conservateur Henry Lapauze, Ă  l’origine du musĂ©e de l’Estampe moderne, crĂ©Ă© en 1908 au sein mĂȘme du Petit Palais. En suivant le fil de l’histoire des collections et en dĂ©couvrant leurs trĂ©sors, l’exposition propose un panorama inĂ©dit de l’estampe du XV
e au XXe siĂšcle.


La premiĂšre partie de l’exposition prĂ©sente une sĂ©lection des plus belles feuilles de la collection Dutuit qui en comprend 12 000, toutes dues aux plus grands peintres-graveurs de leur temps. Ces oeuvres, rassemblĂ©es sous l’impulsion d’EugĂšne Dutuit, se caractĂ©risent par leur qualitĂ©, leur raretĂ© et leur pedigree. En tĂ©moigne
La PiĂšce aux cent Florins de Rembrandt, exceptionnelle de par sa taille (prĂšs de 50 centimĂštres de large) et de par son histoire puisqu’elle appartint Ă  Dominique-Vivant Denon, premier directeur du Louvre. Parmi les 45 artistes prĂ©sents dans cette exposition, quatre d’entre eux, aux univers extrĂȘmement puissants, ont donc Ă©tĂ© choisis pour illustrer ce « goĂ»t Dutuit » : DĂŒrer, Rembrandt, Callot et Goya.

Le Petit Palais possĂšde 264 estampes originales d’Albrecht DĂŒrer (1471-1528). La sĂ©lection prĂ©sentĂ©e permet de retracer l’ensemble de sa carriĂšre, Ă  la fois sa production religieuse comme Adam et Ève et L’Apocalypse mais Ă©galement des sujets profanes comme Melencolia et La Grande Fortune ou plus singuliers comme Le RhinocĂ©ros. En parallĂšle, deux gravures exceptionnelles sont prĂ©sentĂ©es, l’une d’Antonio Pollaiolo, la plus grande gravure du Quattrocento, qui nourrit plusieurs oeuvres de DĂŒrer, l’autre de Marcantonio Raimondi dont la figure principale reprend directement le motif de La SorciĂšre de l’artiste allemand.


Le parcours s’arrĂȘte ensuite sur Jacques Callot (1592-1635), cĂ©lĂšbre maĂźtre nancĂ©en de l’eau-forte dont le musĂ©e dĂ©tient plus de 700 estampes. Les oeuvres exposĂ©es montrent Ă  quel point cet artiste brilla par son imagination dĂ©bridĂ©e et son caractĂšre fantasque mais Ă©galement par sa capacitĂ© Ă  crĂ©er dans ses minuscules estampes un vĂ©ritable microcosme fourmillant d’une multitude de dĂ©tails et de personnages.

L’exposition se poursuit avec Rembrandt (1606-1669), sans doute l’artiste qui fascina le plus EugĂšne Dutuit. Ce dernier collecta un fonds exceptionnel de 375 estampes du maĂźtre pendant plus de cinquante ans. La collection comprend des piĂšces majeures et rares qui permettent d’embrasser toute la carriĂšre du peintre-graveur hollandais et de retracer son Ă©volution stylistique, iconographique et technique.


Enfin, le parcours prĂ©sente un ensemble exceptionnel d’estampes de Goya (1746-1828) dont des Ă©preuves d’état de la
Tauromachie et un remarquable album des Caprices.

GrĂące aux frĂšres Dutuit, la place de l’estampe au sein des collections du Petit Palais est assurĂ©e dĂšs 1902, mais elle doit encore s’ouvrir Ă  la crĂ©ation contemporaine. Henry Lapauze en est la cheville ouvriĂšre. En 1908, son travail est consacrĂ© par l’inauguration du musĂ©e de l’Estampe moderne au sein du Petit Palais. Pour le constituer, Lapauze sollicite de nombreux dons de marchands et collectionneurs comme Henri BĂ©raldi qui offre au musĂ©e 100 portraits d’hommes d’État, de savants ou d’artistes dont plusieurs sont prĂ©sentĂ©s dans l’exposition.

Il obtient Ă©galement des dons d’artistes et de familles d’artistes qui saisissent cette opportunitĂ© rare et neuve de faire entrer l’estampe contemporaine dans un musĂ©e. Les noms Ă©grainĂ©s indiquent bien le succĂšs de cette collecte : Buhot, Bracquemond, ChĂ©ret, Steinlen, Toulouse-Lautrec
 Tous ont marquĂ© l’histoire de l’estampe et dessinent le visage de la gravure contemporaine, essentiellement parisienne, des premiĂšres annĂ©es du XXe siĂšcle. Les oeuvres rassemblĂ©es offrent un panorama d’un Paris 1900 aussi spectaculaire, effervescent que socialement inĂ©galitaire.

Henri Lapauze accueille Ă©galement les estampes commandĂ©es et Ă©ditĂ©es par la Ville de Paris dont l’exposition prĂ©sente un trĂšs bel exemple, Le Triomphe de l’Art d’aprĂšs Bonnat, accompagnĂ© de son dessin prĂ©paratoire et de sa matrice gravĂ©e.

En contrepoint de ce parcours en noir et blanc, l’estampe en couleurs vient clore l’exposition, bien reprĂ©sentĂ©e notamment par un bel ensemble de paysages acquis grĂące au soutien du marchand d’art et Ă©diteur Georges Petit. Enfin, une sĂ©lection des derniĂšres acquisitions, dont des estampes d’Auguste Renoir, Anders Zorn et Odilon Redon, montre le dynamisme de la politique d’acquisition du Petit Palais.

Tout au long du parcours, plusieurs dispositifs de mĂ©diation permettent de se familiariser avec les diffĂ©rentes techniques de l’estampe : la gravure sur bois, l’eau-forte et l’eau-forte en couleurs, le burin et la lithographie. En fin d’exposition, aprĂšs avoir visionnĂ© une dĂ©monstration filmĂ©e de rĂ©alisation d’une eau-forte, le visiteur expĂ©rimente lui-mĂȘme ce processus crĂ©atif grĂące Ă  une table numĂ©rique ludique afin de crĂ©er une oeuvre qu’il peut recevoir par e-mail et partager sur les rĂ©seaux sociaux.





#Catalogue
– TrĂ©sors en noir et blanc. Estampes du Petit Palais, de DĂŒrer Ă  Toulouse-Lautrec. Textes d’Anne-Charlotte Cathelineau, JoĂ«lle Raineau-LehuĂ©dĂ© et Clara Roca. Éditions Paris MusĂ©es.


Parcours de l’exposition

Le parcours de l’exposition se divise en 7 sections thĂ©matiques oĂč les planches d’artistes rĂ©cents dialoguent avec des chefs-d’oeuvre de la collection consacrĂ©s par l’Histoire. Le regard propose donc non pas une chronologie, mais une approche libre et sensible qui tend Ă  favoriser les affinitĂ©s entre maĂźtres anciens et crĂ©ateurs contemporains, ceci pour rappeler que les interrogations formelles et les ambitions techniques se rĂ©pondent depuis toujours d’oeuvre en oeuvre et transcendent le temps.




L’ESTAMPE AU SERVICE DU LIVRE. LA BIBLE
Depuis son apparition comme moyen de multiplication des images, l’estampe est Ă©troitement liĂ©e Ă  l’édition de livres. Les vignettes gravĂ©es et insĂ©rĂ©es dans les premiers ouvrages imprimĂ©s remplacent, dĂšs le milieu du XVe siĂšcle, les dĂ©licates enluminures des manuscrits mĂ©diĂ©vaux. De cette maniĂšre, la parole, et notamment la parole religieuse, est relayĂ©e par l’image et peut ĂȘtre diffusĂ©e auprĂšs d’un public illettrĂ©. DĂŒrer a rĂ©alisĂ© dans ce contexte de nombreuses compositions en relation avec les textes sacrĂ©s : Vie de la Vierge, Passion de JĂ©sus-Christ, reprĂ©sentations de scĂšnes de l’Ancien Testament et de l’Apocalypse qui accompagnent des Ă©ditions en petit ou en grand format. Un siĂšcle et demi plus tard, Rembrandt interprĂ©tera Ă  son tour, mais Ă  l’eau-forte, les passages les plus significatifs du Nouveau Testament. On peut aisĂ©ment comprendre pourquoi le pasteur William Cuendet a collectionnĂ© toute sa vie ces images qui viennent illustrer sa mĂ©ditation d’homme de foi.


LE VÉDUTISME. ROME ET VENISE
DĂšs le XVIe siĂšcle, la gravure a largement contribuĂ© Ă  l’élargissement des connaissances scientifiques et de la gĂ©ographie. TrĂšs vite d’imposants atlas et cosmographies contiennent de nombreuses vues de ville, des ca



SECTION 1 – LE GOÛT DUTUIT
EugĂšne Dutuit, cĂ©lĂšbre collectionneur d’estampes du XIXe siĂšcle, a achetĂ© ses premiĂšres gravures dĂšs les annĂ©es 1830. Cet autodidacte a su construire son savoir en nouant des liens de confiance avec diffĂ©rents marchands et experts. GrĂące Ă  sa persĂ©vĂ©rance, l’amateur a rĂ©uni l’intĂ©gralitĂ© de l’oeuvre gravĂ© des plus grands artistes, dont Albrecht DĂŒrer et Jacques Callot. Sa passion pour Rembrandt l’a amenĂ© Ă  rassembler plus de 350 eaux-fortes du maĂźtre d’une qualitĂ© exceptionnelle. Le collectionneur a toujours souhaitĂ© rendre ses collections accessibles au plus grand nombre. En 1845, il fait ainsi don d’un ensemble remarquable de plusieurs centaines de gravures Ă  la bibliothĂšque municipale de Rouen. En 1869, il organise une exposition de grande envergure en collaboration avec l’Union centrale des beaux-arts appliquĂ©s Ă  l’industrie, afin de partager avec le public l’aboutissement de plusieurs annĂ©es de collecte acharnĂ©e aux quatre coins de l’Europe. Au-delĂ  de sa passion pour l’estampe et de sa volontĂ© de dĂ©mocratisation, EugĂšne Dutuit poursuivait une visĂ©e pĂ©dagogique. À travers sa collection, il souhaitait rĂ©unir la matiĂšre nĂ©cessaire pour Ă©crire une histoire de la gravure et de ses principaux reprĂ©sentants. Il est devenu un spĂ©cialiste reconnu de la gravure grĂące Ă  deux publications majeures, le Manuel de l’amateur d’estampes (1881-1888) et L’OEuvre complet de Rembrandt (1883), auxquelles il a travaillĂ© durant les vingt derniĂšres annĂ©es de sa vie.

Albrecht DĂŒrer, « le grand maĂźtre de l’école allemande »

EugĂšne Dutuit se passionne trĂšs tĂŽt pour les estampes d’Albrecht DĂŒrer (1471-1528), qu’il acquiert Ă  partir des annĂ©es 1830, majoritairement dans les grandes ventes publiques. Il parvient ainsi Ă  rassembler la quasi-totalitĂ© de l’oeuvre gravĂ© de l’artiste allemand, en se focalisant sur des Ă©preuves de trĂšs bonne qualitĂ© et d’origine prestigieuse, comme le cĂ©lĂšbre RhinocĂ©ros, La Grande Fortune ou encore les sĂ©ries de L’Apocalypse et des Entrelacs, issues de la collection du comte Harrach. Collectionneur Ă©rudit, Dutuit Ă©tait trĂšs au fait des derniĂšres recherches sur DĂŒrer, qui fit l’objet de plusieurs publications au cours des annĂ©es 1860 et 1870. Le critique d’art et amateur Émile Galichon publie notamment, en 1860, dans la Gazette des beaux-arts, une sĂ©rie d’articles dans laquelle il explique que les gravures de l’artiste ne sont pas extrĂȘmement rares, mais qu’il est difficile de trouver de belles Ă©preuves. On mesure ainsi l’intĂ©rĂȘt de la collection Dutuit, dont tous les tirages se caractĂ©risent par leur excellence. EugĂšne possĂ©dait d’ailleurs quelques feuilles ayant appartenu Ă  Galichon, dont le fameux Le Chevalier, la Mort et le Diable (1513).

Jacques Callot, « le poĂšte des fĂȘtes populaires »

À l’époque d’EugĂšne Dutuit, le graveur lorrain Jacques Callot (1592-1635) occupait une place de choix dans les cabinets des collectionneurs, aux cĂŽtĂ©s de Rembrandt et de DĂŒrer, dont il Ă©tait considĂ©rĂ© comme le successeur et le prĂ©dĂ©cesseur direct. Homme de son temps, EugĂšne Dutuit ne pouvait qu’ĂȘtre sĂ©duit par les estampes de Callot, qui partageait une communautĂ© d’inspiration avec son graveur fĂ©tiche, Rembrandt. L’ensemble rĂ©uni par EugĂšne Ă  partir des annĂ©es 1830 est proche de l’exhaustivitĂ© : Ă  l’exception des Bossus, on y trouve les suites et planches emblĂ©matiques de Callot : Gueux, BohĂ©miens, Balli di Sfessania
 Toutes les Ă©preuves se caractĂ©risent par leur pedigree, leur qualitĂ© et leur raretĂ©, permettant d’apprĂ©cier la virtuositĂ© de l’aquafortiste, qui perfectionna la technique de l’eau-forte par le recours au vernis dur. Dutuit s’enorgueillit, dans son manuscrit du Manuel de l’amateur d’estampes, de dĂ©tenir les deux sĂ©ries des fameux Caprices, l’une gravĂ©e Ă  Florence, la seconde Ă  Nancy. Il possĂ©dait en outre de trĂšs rares Ă©preuves du premier Ă©tat des Grandes MisĂšres de la guerre, ainsi que de La Tentation de saint Antoine, de La Foire de Gondreville et de La Foire d’Impruneta.

Rembrandt, « la magie du clair-obscur »

EugĂšne Dutuit considĂ©rait l’oeuvre de Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669) comme le joyau de sa collection. Avec des oeuvres de qualitĂ© exceptionnelle rassemblĂ©es au fil des ans, la collection de plus de 350 estampes de l’artiste Ă©tait rĂ©putĂ©e comme l’une des plus remarquables de son temps. Dutuit dĂ©couvre les eaux-fortes de Rembrandt lors d’un voyage en Hollande Ă  l’ñge de 19 ans et depuis lors, achĂšte de nombreuses estampes aux enchĂšres et chez des marchands d’estampes renommĂ©s. Ses achats spectaculaires, parmi lesquels le huitiĂšme et dernier exemplaire existant sur le marchĂ© de La PiĂšce aux cent florins, Ă©taient connus de tout le milieu des amateurs. Sa collection Ă©tait souvent mentionnĂ©e dans les journaux de l’époque. Collectionneur passionnĂ©, EugĂšne Dutuit a grandement contribuĂ© Ă  la connaissance de l’artiste en France. Lors de l’exposition de sa collection, en 1869 au palais de l’Industrie, il prĂ©sente cinquante oeuvres de Rembrandt sur 467 estampes exposĂ©es. Son nom est restĂ© associĂ© Ă  l’étude de l’oeuvre de l’artiste. En 1883, Ă  l’ñge de 76 ans, l’amateur publie un catalogue de l’oeuvre gravĂ© de Rembrandt en deux volumes illustrĂ©s d’hĂ©liogravures, considĂ©rĂ© comme une rĂ©fĂ©rence pour les Ă©tudes sur l’artiste.

Goya, des rĂȘves obscurs

EugĂšne Dutuit Ă©tait fascinĂ© par les techniques de gravure Ă  l’eau-forte et Ă  l’aquatinte utilisĂ©es par Francisco de Goya (1746-1828). C’est pourquoi la sĂ©rie sur la tauromachie, qui rĂ©unit ces deux techniques, constitue l’essentiel de son fonds. Sur les soixante-quatre estampes qu’il possĂ©dait, soixante et une appartenaient Ă  cette suite. Dutuit Ă©tait fier de possĂ©der des tirages faits par Goya lui-mĂȘme, ainsi que des Ă©preuves d’essai qui diffĂ©raient par la coloration de l’aquatinte. Elles lui permettaient de suivre les essais de Goya pour obtenir l’effet souhaitĂ© et pĂ©nĂ©trer le processus crĂ©atif de l’artiste. Dans son Manuel de l’amateur d’estampes, Dutuit dĂ©crit trente-trois estampes de la sĂ©rie, dont de trĂšs rares Ă©preuves d’eau-forte pure, des Ă©preuves d’essai, des variantes et huit piĂšces inĂ©dites. Le collectionneur n’a pas cherchĂ© Ă  rĂ©unir l’ensemble de l’oeuvre gravĂ© de Goya, mais il possĂ©dait des estampes rares, comme Les MĂ©nines d’aprĂšs VĂ©lasquez et des piĂšces uniquement tirĂ©es par Goya lui-mĂȘme, tel que l’album des Caprices.



SECTION 2 – LE MUSÉE DE L’ESTAMPE MODERNE
Les frĂšres Dutuit ont assurĂ© la place de l’estampe ancienne au Petit Palais dĂšs 1902, mais pas celle de la crĂ©ation contemporaine. C’est Henry Lapauze (1867-1925), conservateur puis directeur du Petit Palais, qui s’en fait le champion. Le 27 juin 1908, il inaugure le « musĂ©e de l’Estampe moderne ». Ce nouvel espace est amĂ©nagĂ© au rez-de-chaussĂ©e du Petit Palais, le long de l’avenue des Champs-ÉlysĂ©es, face Ă  la galerie du Cours-la-Reine qui accueille les estampes de la collection Dutuit. Que cette entreprise soit initiĂ©e par un musĂ©e rĂ©vĂšle un fort regain d’intĂ©rĂȘt pour l’estampe contemporaine Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Quelques jours aprĂšs l’ouverture, plusieurs revues annoncent que sur les 3 000 estampes modernes rĂ©unies, pas moins de 1 500 sont exposĂ©es. La constitution en un temps record d’un tel ensemble est un vĂ©ritable tour de force. C’est une collecte qui en est Ă  l’origine. Lapauze sollicite en effet les artistes eux-mĂȘmes, leurs familles et amis, les collectionneurs ainsi que les marchands et Ă©diteurs d’estampes. La dĂ©marche est une rĂ©ussite. GrĂące Ă  la force de conviction de Lapauze et Ă  la bonne volontĂ© de tous, une somme considĂ©rable d’estampes variĂ©es, d’artistes cĂ©lĂšbres ou depuis oubliĂ©s, est rĂ©unie. Ce fonds s’enrichit d’un lot d’estampes Ă©ditĂ©es par la Ville de Paris, puis par des libĂ©ralitĂ©s et des achats ultĂ©rieurs. Il constitue encore aujourd’hui le noyau des collections d’estampes modernes du Petit Palais.

Don de collectionneur. La galerie des portraits d’Henri BĂ©raldi

Henri BĂ©raldi (1849-1931) est le premier donateur du musĂ©e de l’Estampe moderne auquel Henry Lapauze rend hommage. Il est en effet une personnalitĂ© Ă  mettre en avant : historien de la gravure, auteur notamment de l’ouvrage de rĂ©fĂ©rence qu’est Les Graveurs du XIXe siĂšcle. Guide de l’amateur d’estampes modernes (1885-1892). Il est aussi l’un des plus grands collectionneurs d’estampes et bibliophiles de son temps. BĂ©raldi offre cent portraits de grands noms du XIXe siĂšcle pour le musĂ©e de l’Estampe moderne. Cet ensemble considĂ©rable est mis en avant au centre de la grande salle, alors rĂ©servĂ©e au musĂ©e de l’Estampe moderne. Il y constitue une petite galerie de personnalitĂ©s, particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e des visiteurs qui se plaisent Ă  y reconnaĂźtre d’illustres visages. Les oeuvres ainsi rĂ©unies sont pour l’essentiel des estampes d’interprĂ©tation comprenant quelques gravures d’aprĂšs de trĂšs cĂ©lĂšbres portraits peints par des grands noms de l’histoire de l’art, tels Maurice-Quentin de La Tour et Jean-Auguste-Dominique Ingres. S’y ajoutent de nombreuses gravures d’aprĂšs des portraits de grands artistes du XIXe siĂšcle, essentiellement français, qui offrent un panorama artistique partiel de cette pĂ©riode.

Dons d’artistes. Paris 1900

La majoritĂ© des dons pour le musĂ©e de l’Estampe moderne consiste en de petits lots, voire en des feuilles isolĂ©es. Ces « dons personnels », comme les appelle Henry Lapauze, Ă©manent souvent d’artistes, d’amis d’artistes, de veuves ou autres ayants droit. Ils tĂ©moignent de l’intĂ©rĂȘt de ceux-ci pour un musĂ©e qui consacre l’estampe contemporaine en lui accordant un espace d’exposition consĂ©quent. Y placer une ou plusieurs oeuvres est donc un moyen de se faire connaĂźtre et de construire sa postĂ©ritĂ©.DĂ©pendants de la bonne volontĂ© des participants, ces dons dessinent un visage nĂ©cessairement incomplet de l’estampe contemporaine. Pour autant, de nombreux noms importants y figurent : Edgar Chahine, Jules ChĂ©ret, AndrĂ© Devambez et ThĂ©ophile Steinlen donnent eux-mĂȘmes, FĂ©lix Buhot entre dans les collections grĂące Ă  sa veuve Henrietta Johnston, Henri de Toulouse-Lautrec est prĂ©sentĂ© grĂące au don de son ami, le peintre et graveur Adolphe Albert. Ces artistes sont chacun Ă  leur maniĂšre les chroniqueurs d’un Paris en pleine mĂ©tamorphose, aussi effervescent et fantasmatique qu’inĂ©galitaire. La capitale, qui regorge de lieux de divertissement, devient elle-mĂȘme un spectacle Ă  part entiĂšre, oĂč Parisiennes et Parisiens – vedettes, trotteuses, terrassiers, chiffonniĂšres et laissĂ©s-pour-compte – tiennent les premiers rĂŽles.

Les commandes de la Ville de Paris. Le processus créatif

Les estampes Ă©ditĂ©es par la Ville de Paris avaient pour objectif d’encourager et de soutenir les graveurs contemporains. Elles interprĂštent des oeuvres appartenant Ă  la Ville, par exemple des dĂ©cors peints de l’HĂŽtel de Ville ou des mairies d’arrondissement. En 1912, soit quatre ans aprĂšs l’inauguration du musĂ©e de l’Estampe moderne, le Petit Palais reçoit en dĂ©pĂŽt le stock de ces estampes. Il conserve Ă©galement les matrices correspondantes afin de les faire retirer si besoin. DĂšs lors, c’est par son intermĂ©diaire que ces estampes sont donnĂ©es ou vendues au profit de la direction des Beaux-Arts et des MusĂ©es de la Ville de Paris. Elles sont surtout rĂ©servĂ©es Ă  des cadeaux et Ă  des opĂ©rations caritatives. Le Petit Palais intĂšgre certaines de ces oeuvres Ă  la prĂ©sentation du musĂ©e de l’Estampe moderne. Si les matrices elles-mĂȘmes ne sont pas montrĂ©es Ă  cĂŽtĂ© des gravures correspondantes, Henry Lapauze accorde une grande attention Ă  la dĂ©monstration du complexe processus crĂ©atif de l’estampe. Des tirages d’état ont ainsi Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s dĂšs les dĂ©buts de ce musĂ©e, dans une dĂ©marche pĂ©dagogique. Aujourd’hui, les matrices aussi peuvent ĂȘtre montrĂ©es afin de retracer les Ă©tapes de la rĂ©alisation de l’estampe, du dessin prĂ©paratoire que le musĂ©e conserve parfois, jusqu’au tirage dĂ©finitif.

Don de marchand et Ă©diteur. Georges Petit et l’estampe en couleurs

Henri Lapauze s’engage d’emblĂ©e Ă  valoriser l’estampe en couleurs au sein du musĂ©e de l’Estampe moderne. Il dĂ©fend ainsi l’intĂ©rĂȘt d’oeuvres que l’on associait encore facilement Ă  une production commerciale et non artistique. Il est soutenu en cela par un autre profil de donateur, en la personne du marchand et Ă©diteur Georges Petit (1856-1920). Ce dernier dĂ©veloppe dans ses catalogues d’éditions un vĂ©ritable plaidoyer pour la couleur. Il y reprend l’argumentaire dĂ©fendant l’estampe originale, conçue et exĂ©cutĂ©e par le mĂȘme artiste, imprimĂ©e en un nombre de tirage limitĂ©, signĂ©e, parfois rehaussĂ©e Ă  la main : autant d’élĂ©ments qui lui confĂšrent une raretĂ© et qui l’affirment comme oeuvre d’art Ă  part entiĂšre.Les paysages sont trĂšs bien reprĂ©sentĂ©s dans le don des Galeries Georges Petit pour le musĂ©e de l’Estampe moderne. Ils occupent une place importante dans le catalogue de cet Ă©diteur, prĂ©sentant un intĂ©rĂȘt autant artistique que commercial. Ces sujets au fort potentiel dĂ©coratif sont immĂ©diatement sĂ©duisants et dĂ©montrent merveilleusement la virtuositĂ© des artistes. En une forme d’imitation sinon d’émulation, ces eaux-fortes et aquatintes prennent des allures d’huiles Ă©clatantes, d’aquarelles en fin lavis ou de pastels pulvĂ©rulents.



SECTION 3 – NOUVELLES ACQUISITIONS
Si le noyau des collections d’estampes du Petit Palais s’est formĂ© dans les sept ans suivant l’ouverture du musĂ©e, autour du legs de la collection des frĂšres Auguste et EugĂšne Dutuit puis de la collecte instiguĂ©e pour la crĂ©ation du musĂ©e de l’Estampe moderne, il s’est continuellement enrichi depuis. Le fonds s’accroĂźt en effet rĂ©guliĂšrement, grĂące Ă  de nouvelles gĂ©nĂ©reuses libĂ©ralitĂ©s et par des achats qui visent Ă  le complĂ©ter. Entre 2013 et 2023, ce sont 1 289 estampes qui ont rejoint le Petit Palais – dont 1 136 issues du fonds d’atelier de Pierre Roche (1855-1922), offert par la petite-fille par alliance et l’arriĂšre-petite-fille de l’artiste en 2015. La diversitĂ© des oeuvres ainsi acquises accompagne celle du fonds dĂ©jĂ  existant : techniques variĂ©es, artistes reconnus ou redĂ©couvertes
 Voici un infime aperçu de ces centaines de belles feuilles, par ailleurs consultables en ligne sur le portail des collections de Paris MusĂ©es et accessibles aux chercheurs sur rendez-vous.

rtes et plans topographiques. Au XVIIIe siĂšcle, se dĂ©veloppe en Italie la mode du vĂ©dutisme qui encourage la restitution par l’image gravĂ©e, des monuments historiques et des joyaux ornant les villes visitĂ©es par les premiers touristes. Ce sont lĂ  des images libres ou reliĂ©es en volumes que les voyageurs fortunĂ©s peuvent acquĂ©rir et emporter aisĂ©ment avec eux au moment de leur retour au pays. Canaletto Ă  Venise, puis PiranĂšse Ă  Rome, se rĂ©vĂšlent vite les maĂźtres incontestĂ©s de ce genre qui satisfait par moments aux exigences de la vĂ©ritĂ© topographique et Ă  d’autres rĂ©pond davantage aux aspirations de la rĂȘverie.

CLASSICISME FRANÇAIS
GrĂące Ă  l’apport de plusieurs collectionneurs, la Fondation Cuendet s’est enrichie au cours de ces derniĂšres annĂ©es d’un ensemble exceptionnel d’estampes de maĂźtres français du XVIIe siĂšcle. D’une part, une sĂ©rie de paysages de Claude Lorrain, gravĂ©s Ă  l’eau-forte, dans lesquels les effets de la lumiĂšre apparaissent d’une dĂ©licatesse et d’une richesse infinies en dĂ©pit de la sobriĂ©tĂ© du langage employĂ©. À cĂŽtĂ© de cet ensemble, la collection rĂ©unit quelques portraits majeurs des personnages illustres de la cour de France dus aux burinistes Claude Mellan et Robert Nanteuil. Dans ces images emblĂ©matiques du classicisme français, la technique Ă  la fois simple et virtuose permet de restituer Ă  l’aide des seuls jeux du noir et blanc toutes les nuances des tissus, les subtils reflets dans les chevelures et sur les visages.


INTIMITÉS
Quand elle ne sert pas Ă  faire circuler Ă  travers l’Europe des interprĂ©tations de peintures, sculptures et autres oeuvres d’art ; quand elle ne reproduit pas l’effigie des grands de ce monde ; et quand elle n’est pas destinĂ©e Ă  l’édition commerciale diffusant un peu partout en Europe l’image des monuments cĂ©lĂšbres, la pratique de l’estampe peut rejoindre les prĂ©occupations plus intimes et personnelles des artistes. La Fondation Cuendet contient ainsi de nombreux portraits qui tĂ©moignent de l’attrait des artistes et des collectionneurs pour l’introspection psychologique. Plusieurs planches, remontant principalement Ă  la fin du XIXe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle, tĂ©moignent Ă©galement d’une passion trĂšs prononcĂ©e pour les scĂšnes de genre, les intĂ©rieurs et les dialogues intimes avec la musique ou la poĂ©sie.


LA PASSION DU PAYSAGE
La dĂ©couverte de la peinture de paysage et la relation de celui-ci avec la subjectivitĂ© revĂȘt une importance nouvelle Ă  la suite de Jean-Jacques Rousseau, Ă  partir du romantisme. La plupart des artistes travaillant autour de l’Atelier de Saint-Prex sont des peintres qui se sont vivement intĂ©ressĂ©s dans leur oeuvre personnelle pour le genre en question. Il n’est donc pas Ă©tonnant de retrouver dans la collection dont ils ont le souci divers paysages rĂ©alisĂ©s par un grand nombre de maĂźtres appartenant Ă  tous les siĂšcles. À ce titre, l’ensemble des clichĂ©s-verres de Camille Corot ou des lithographies de Rodolphe Bresdin est exemplaire. Leur modĂšle ne fournit pas seulement le tĂ©moignage d’une extraordinaire libertĂ© dans le maniement de l’outil mais il constitue du mĂȘme coup pour certains un formidable stimulant pour renouveler leur technique et dĂ©velopper de nouveaux thĂšmes.


PROUESSES TECHNIQUES
Dans tous les ateliers de gravure, les artistes discutent volontiers des secrets de la technique et des prouesses de mĂ©tier rĂ©alisĂ©es par les Anciens. Des images emblĂ©matiques sont commentĂ©es, soit en raison du mystĂšre qui entoure encore leur fabrication, soit en raison de l’admiration gĂ©nĂ©rale qu’on porte Ă  leur beautĂ©. L’Atelier de Saint-Prex, actif aujourd’hui, interroge ainsi en permanence les grands modĂšles du passĂ© pour essayer non seulement de les comprendre mais de les dĂ©passer. Les exemples de la Sainte Face de Claude Mellan, rĂ©alisĂ©e d’un seul trait sans jamais lever l’outil de cuivre, ou celui de l’Ange anatomique de Jacques-Fabien Gautier-Dagoty qui figure parmi les premiĂšres estampes en couleurs, sont des oeuvres de rĂ©fĂ©rence qui ont stimulĂ© bien des rĂ©flexions chez les graveurs travaillant Ă  l’atelier.


L’ATELIER
Un atelier est par dĂ©finition un lieu oĂč se rencontrent de nombreuses personnalitĂ©s diffĂ©rentes et des expressions contradictoires. Et l’Atelier de Saint-Prex n’a jamais dĂ©rogĂ© Ă  cette rĂšgle. NĂ©anmoins, une certaine cohĂ©rence peut se dĂ©celer dans la rĂ©union de ces diffĂ©rences : c’est d’abord un souci du beau mĂ©tier, puis une connaissance Ă©tendue de l’histoire du genre, enfin un respect inconditionnel Ă  l’égard de l’art de l’estampe et de ses procĂ©dĂ©s. Et si les discussions vont bon train, elles servent Ă  enrichir les trĂšs nombreux angles de vue (historique, scientifique, sociologique, technique, polĂ©mique, esthĂ©tique) sous lesquelles la pratique de l’estampe peut ĂȘtre envisagĂ©e.


L’HÉLIOGRAVURE À GRAINS
La photographie, on l’ignore parfois encore, est nĂ©e des rĂ©flexions et des expĂ©riences des graveurs autant que de celles des chimistes. Dans l’esprit des pionniers, l’idĂ©e de fixer et de multiplier l’image sensible passe trĂšs vite par la recherche d’un support capable d’affronter les grands tirages. Le procĂ©dĂ© de l’hĂ©liogravure, qui permet d’imprimer durablement sur papier les plus fines nuances de la gamme du noir au blanc, s’impose alors comme la technique la plus fiable et, surtout, comme l’une des plus satisfaisantes sur le plan esthĂ©tique. En effet, en raison du grain d’aquatinte qui ajoute un lĂ©ger relief Ă  l’image, le procĂ©dĂ© permet Ă  l’oeil de percevoir la troisiĂšme dimension de la lumiĂšre. Et mĂȘme si cette pratique complexe et exigeante fut trĂšs tĂŽt supplantĂ©e par des solutions plus Ă©conomiques, elle eut toujours la prĂ©fĂ©rence des photographes soucieux de donner Ă  leurs clichĂ©s un rendu fouillĂ© et vibrant.