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🔊 “Jacobus Vrel” à la Fondation Custodia, Paris, du 17 juin au 17 septembre 2023

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“Jacobus Vrel” 
énigmatique précurseur de Vermeer

Ă  la Fondation Custodia, Paris

du 17 juin au 17 septembre 2023

Fondation Custodia


Interview de Cécile Tainturier, conservatrice, Fondation Custodia, et co-commissaire de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 16 juin 2023, durée 19’15. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de CĂ©cile Tainturier, conservatrice, Fondation Custodia, et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 16 juin 2023, durĂ©e 19’15,
© FranceFineArt.


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Jacobus Vrel
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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse, le 16 juin 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Jacobus Vrel, Scène de rue avec une boulangerie près d’un rempart. Huile sur bois. 50 x 38,5 cm. Hambourg, Hamburger Kunsthalle, inv. 228.
Jacobus Vrel, Scène de rue avec une boulangerie près d’un rempart. Huile sur bois. 50 x 38,5 cm. Hambourg, Hamburger Kunsthalle, inv. 228.
Jacobus Vrel, Intérieur, femme peignant une fillette, un garçon près de la porte. Huile sur bois. 55,9 x 40,6 cm. Détroit, The Detroit Institute of Arts, don de M. Knoedler & Co., 1928, inv. 28.42.
Jacobus Vrel, Intérieur, femme peignant une fillette, un garçon près de la porte. Huile sur bois. 55,9 x 40,6 cm. Détroit, The Detroit Institute of Arts, don de M. Knoedler & Co., 1928, inv. 28.42.
Jacobus Vrel, Paysage avec deux hommes et une femme conversant, avant 1656. Huile sur bois. 37 x 28 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, inv. GG 580.
Jacobus Vrel, Paysage avec deux hommes et une femme conversant, avant 1656. Huile sur bois. 37 x 28 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, inv. GG 580.
Jacobus Vrel, Vieille femme à sa lecture, un garçonnet derrière la vitre. Huile sur bois. – 54,5 x 40,7 cm, The Orsay Collection.
Jacobus Vrel, Vieille femme à sa lecture, un garçonnet derrière la vitre. Huile sur bois. – 54,5 x 40,7 cm, The Orsay Collection.
Jacobus Vrel, Femme à la fenêtre, daté 1654. Huile sur bois.  66,5 x 47,4 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, inv. GG 6081.
Jacobus Vrel, Femme à la fenêtre, daté 1654. Huile sur bois. 66,5 x 47,4 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, inv. GG 6081.
Jacobus Vrel, Femme saluant un enfant Ă  la fenĂŞtre. Huile sur bois. 45,7 x 39,2 cm, Paris, Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, inv. 174.
Jacobus Vrel, Femme saluant un enfant Ă  la fenĂŞtre. Huile sur bois. 45,7 x 39,2 cm, Paris, Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, inv. 174.
Jacobus Vrel, Scène de rue, femme assise sur un banc. Huile sur bois. 36 x 27,5 cm
Amsterdam, Rijksmuseum, inv. SK-A-1592.
Jacobus Vrel, Scène de rue, femme assise sur un banc. Huile sur bois. 36 x 27,5 cm
Amsterdam, Rijksmuseum, inv. SK-A-1592.
Jacobus Vrel, Scène de rue animée, Huile sur bois. – 39 × 29,3 cm, Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Alte Pinakothek, inv. 16502
Jacobus Vrel, Scène de rue animée, Huile sur bois. – 39 × 29,3 cm, Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Alte Pinakothek, inv. 16502

Commissariat :

CĂ©cile Tainturier, conservatrice, Fondation Custodia

Quentin Buvelot, conservateur, Mauritshuis – Cabinet royal de peintures à La Haye

Après une étape initiale au Mauritshuis – Cabinet royal de peintures à La Haye, la Fondation Custodia accueille du 17 juin au 17 septembre 2023 l’exposition Jacobus Vrel, énigmatique précurseur de Vermeer. Cette première présentation monographique consacrée au peintre rassemble ses œuvres majeures disséminées dans les plus grands musées – Amsterdam, Bruxelles, Détroit, Munich, Vienne… – et dans de prestigieuses collections particulières. On y verra aussi, bien entendu, l’une des scènes de genre les plus connues et surprenantes du peintre qui est conservée à la Fondation Custodia. Cet évènement se tient en parallèle de l’exposition Rein Dool. Les dessins, présentée Auparavant au Dordrechts Museum.

L’étape parisienne de l’exposition sera très différente de celle du Mauritshuis car la sélection d’oeuvres de Jacobus Vrel a été enrichie de neuf tableaux et de l’unique dessin connu de l’artiste. Ce dernier se devait d’être présent dans les salles de la « maison de l’art sur papier » ainsi que Ger Luijten, notre regretté directeur, aimait à décrire la Fondation. En outre, la Fondation Custodia proposera une immersion dans le Siècle d’or hollandais afin de mettre en relief l’originalité de Vrel : un choix de tableaux, de dessins et de gravures issues de sa propre collection sera complété par de très beaux prêts de la Alte Pinakothek de Munich, du Mauritshuis, du Rijksmuseum et d’autres musées néerlandais.

À première vue, rien ne semble relier Jacobus Vrel au célèbre Johannes Vermeer hormis leurs initiales « JV ». Pourtant, nombre de leurs tableaux partagent un même calme contemplatif, le rôle central joué par des figures féminines et, bien souvent, un certain mystère. Ainsi, beaucoup d’oeuvres de Jacobus Vrel furent longtemps attribuées à Vermeer. Inconnues du grand public, elles intriguent et fascinent les historiens d’art depuis plus d’un siècle. Qui était donc ce mystérieux peintre du XVIIe siècle hollandais ?

Vrel l’énigmatique

Rien n’est connu de la vie de Jacobus Vrel. Seul un de ses tableaux porte une date : « 1654 », que l’on peut lire dans la partie gauche de la Femme Ă  la fenĂŞtre de Vienne, juste après le nom « J. Frel ». Ici, la signature de Vrel ne se dĂ©tache pas sur le blanc d’un morceau de papier tombĂ© sur le sol de la composition, contrairement Ă  la majoritĂ© de ses scènes d’intĂ©rieur. Car Jacobus Vrel a signĂ© ou monogrammĂ© presque toutes ses oeuvres connues. Étrangement – mais tout semble Ă©trange chez Vrel – il orthographie son patronyme de façons très variĂ©es : « J. Frel », comme Ă  Vienne, « Vrel », « Vrell », « Vrelle », voire « Veerlle ». Dans l’intĂ©rieur d’église et la Vieille femme lisant, il donne Ă©galement son prĂ©nom en toutes lettres : « JacobĂĽs Vreel ». On ne connaĂ®t que cinquante oeuvres de sa main : un unique dessin et quarante-neuf tableaux, tous peints sur panneaux de bois. Le catalogue raisonnĂ© Ă©tabli par l’équipe scientifique internationale qui a portĂ© ce projet les a tous rĂ©pertoriĂ©s dans la monographie consacrĂ©e Ă  Jacobus Vrel, publiĂ©e au printemps 2021. L’étape parisienne de l’exposition prĂ©sentera le dessin et vingt-deux de ces tableaux, soit près de la moitiĂ© de la production connue de l’artiste. En dehors de ses oeuvres, nous disposons d’un seul document contemporain mentionnant le peintre. Il est d’une grande importance car il nous informe que trois tableaux de Vrel se trouvaient dans une prestigieuse collection de peintures du XVIIe siècle. Il s’agit de celle de l’archiduc Leopold Wilhelm, gouverneur des Pays-Bas du Sud (l’équivalent de l’actuelle Belgique) alors sous la tutelle de l’Espagne des Habsbourg. Lorsque s’achevèrent ses fonctions Ă  Bruxelles, l’archiduc rentra Ă  Vienne et y fit envoyer sa vaste collection. C’est lĂ  qu’un inventaire dĂ©taillĂ© fut rĂ©digĂ© en 1659 oĂą l’on trouve « Deux pièces de mĂŞme format Ă  l’huile sur bois, dans l’une une cheminĂ©e hollandaise auprès de laquelle est assise une femme, et dans l’autre une femme qui regarde par la fenĂŞtre. […] Originaux de Jacob Frell. » et plus loin « Une huile sur bois, oĂą l’on voit deux paysans et une paysanne. Par Jakob Fröll ». Dans l’inventaire aussi, le nom du peintre fut donc orthographiĂ© de deux manières diffĂ©rentes. Les deux premiers tableaux furent facilement identifiĂ©s dès la fin du XIXe siècle comme Ă©tant celui du Kunsthistorisches Museum de Vienne – dont le coeur est justement constituĂ© de la fameuse collection de Leopold Wilhelm – et son pendant vendu par le musĂ©e et aujourd’hui dans la Leiden Collection Ă  New York. Le troisième tableau avait en revanche Ă©tĂ© perdu de vue et c’est l’une des nouveautĂ©s apportĂ©es par le projet de recherches menĂ© pour l’exposition que d’avoir permis l’identification du seul paysage connu de la main de Jacobus Vrel. Il est lui aussi conservĂ© au musĂ©e de Vienne mais Ă©tait depuis le XVIIIe siècle attribuĂ© Ă  l’artiste d’origine allemande Johannes Lingelbach (1622 – 1674). Si l’absence d’information sur le peintre – en dĂ©pit de ces trois oeuvres dans la collection de Leopold Wilhelm – n’avait pas suffi Ă  rendre perplexes les historiens de l’art, les tableaux de Jacobus Vrel les ont aussi mis Ă  l’épreuve. Il est très difficile Ă  placer au sein de la production picturale hollandaise. Ses vues de rues semblent offrir une plongĂ©e dans la vie urbaine des Pays-Bas du XVIIe siècle, mais elles intriguaient par leurs architectures inclassables. Dans la Scène de rue animĂ©e acquise rĂ©cemment par la Alte Pinakothek de Munich, la gamme monochromatique et les accents gĂ©omĂ©triques paraissent mĂŞme d’une Ă©tonnante modernitĂ©. De plus, ces reprĂ©sentations n’ont pas d’équivalent dans la peinture de vues de villes, un genre qui se dĂ©veloppe surtout dans la seconde moitiĂ© du Siècle d’or. Vrel choisit en effet de dĂ©peindre des ruelles anonymes avec des personnages simples – ni riches, ni pauvres – contrairement Ă  ses confrères. Quant aux scènes d’intĂ©rieur peintes par Vrel, elles sont Ă©galement difficiles Ă  ordonner dans l’art hollandais. Ces pièces vides d’objet – Ă  l’exception du morceau de papier au sol qui porte sa signature, dĂ©limitĂ©es par des murs tout aussi vides et une fenĂŞtre derrière laquelle on distingue une pâle figure d’enfant Ă©mergeant de l’obscuritĂ©, sont sans Ă©quivalent dans l’art de son siècle. D’autres intĂ©rieurs, plus proches sans doute des scènes de genre hollandaises auxquelles nous sommes accoutumĂ©s, s’en distinguent cependant par leurs figures fĂ©minines vues de dos, dont l’expression Ă©chappe au spectateur, comme dans les compositions de Vienne, de Bruxelles et de Lille. Dans le très beau tableau de DĂ©troit, un garçonnet observe par une porte Ă  deux battants un ailleurs qui demeure hors-champ tandis qu’une femme cherche des poux dans la chevelure d’une fillette et se dĂ©tache sur un grand pan de mur vide d’une audacieuse modernitĂ©. La palette restreinte, la sobriĂ©tĂ© et le silence qui se dĂ©gagent de ces scènes ont bien souvent fait comparer Jacobus Vrel au peintre danois Vilhelm Hammershøi (1864 – 1916). C’est certainement le caractère intemporel de ses oeuvres qui attira Jean Clair au dĂ©but de sa brillante carrière consacrĂ©e Ă  l’art du XXe siècle. Son article de 1968 « Jacobus Vrel, un Vermeer du pauvre » est l’une des analyses les plus fines du travail du peintre « chroniqueur des petites gens des villes ». Constatant combien Vrel se distingue de ses confrères hollandais, Jean Clair montre que ses choix formels se rapprochent de ceux de Vermeer : aucune perspective plongeant dans les rues environnantes, dans des enfilades et des pièces qui s’emboĂ®tent. Enfin, Jean Clair insiste très justement sur le refus de Vrel de « se laisser enfermer dans un rĂ©alisme Ă©troit » permettant ainsi aux spectateurs d’accĂ©der Ă  une forme de « ravissement intemporel ».

Le projet international de recherche : La Haye – Munich – Paris

C’est pour tenter de percer le mystère de Jacobus Vrel que la Alte Pinakothek de Munich, la Fondation Custodia et le Mauritshuis ont uni leurs forces et entrepris un projet de recherche international dès 2018. L’exploration des archives confiée à Piet Bakker, l’un des grands spécialistes néerlandais dans ce domaine, n’a hélas livré aucune information sur les lieux de naissance et de décès ni sur l’activité du peintre. En revanche, les analyses dendrochronologiques mises en oeuvre pour ce projet (c’est-à-dire la datation des Panneaux de bois sur lesquels sont peints les tableaux) ont établi que Vrel avait créé ses premières vues de villes autour de 1635 et ses scènes d’intérieurs vers 1650. Cela en fait donc, non pas un suiveur comme on l’a longtemps présumé, mais bien un précurseur de Vermeer. Vrel était généralement placé dans l’école de Delft, mais il convient désormais de l’imaginer actif dans l’est des Pays-Bas. Les historiens de l’urbanisme et de l’architecture Boudewijn Bakker et Dirk Jan de Vries ont montré que certaines des vues de villes peintes par Vrel – comme le tableau de Hambourg – présentent des éléments qui sont tirés de la topographie et des bâtiments de la ville de Zwolle, charmante cité où naquit le grand peintre Gerard ter Borch (1617 – 1681). C’est peut-être ce dernier qui fut le lien entre Vrel et Vermeer car un document d’archive atteste que Ter Borch et Vermeer se connaissaient. La monographie publiée en mai 2021 est le fruit de la collaboration des trois institutions (p. 9). Dans les nombreux essais et le catalogue raisonné de l’oeuvre de Jacobus Vrel sont présentés tous les résultats des recherches menées par et sous la houlette de Quentin Buvelot, conservateur au Mauritshuis (La Haye), Bernd Ebert, directeur des peintures baroques allemandes et hollandaises de la Alte Pinakothek (Munich) et Cécile Tainturier, conservatrice à la Fondation Custodia (Paris).

Jacobus Vrel et le Siècle d’or hollandais

Afin de mieux faire comprendre l’originalité des oeuvres de Jacobus Vrel, la Fondation Custodia consacre trois salles de son exposition aux contemporains hollandais du peintre qui ont traité des sujets similaires : vues de villes et scènes de genre. Si les représentations urbaines de Vrel n’ont pas d’équivalent dans l’art des Pays-Bas, il est pourtant le premier peintre du Siècle d’or à avoir choisi pour sujet des vues de rues et de bâtiments sans aucun événement historique ou marquant. C’est un type de peintures qui allait connaître un développement important dans la seconde moitié du XVIIe siècle avec des artistes qui se spécialisent dans ce genre comme Jan van der Heyden (1637 – 1712) ou les frères Gerrit (1638 – 1698) et Job Berckheyde (1630 – 1693). De ce dernier, l’exposition montrera un tableau évoquant les canaux bordés d’arbres de la ville de Haarlem prêté par le Mauritshuis. De la fabuleuse collection du musée de La Haye vient aussi la Vue d’un marché par Egbert van der Poel (1621 – 1664), un artiste qui, comme Vrel, se spécialise dans les représentations urbaines et les scènes de genre. Les vues de villes furent aussi très prisées des dessinateurs hollandais et plusieurs feuilles remarquables de la Fondation Custodia et du Rijksmuseum mettront leur art en lumière. Le visiteur de l’exposition saisira ainsi combien les ruelles peintes par Jacobus Vrel tiennent une place à part dans la production néerlandaise. En revanche, lorsqu’il dépeint des intérieurs, Vrel fait appel à un répertoire de motifs déjà bien en place dans l’art hollandais. Ses figures de femmes cuisinant, cousant, au chevet d’une malade ou s’occupant d’enfants ont de nombreux parallèles, comme le montre l’exposition. Pour évoquer les artistes Esaïas Boursse (1631 – 1672) et Quiringh van Brekelenkam (après 1622 – après 1669), les peintures de la Fondation Custodia sont complétées par les généreux prêts du Rijksmuseum, du musée de Bonn et de la Alte Pinakothek de Munich. Cette dernière envoie également à Paris son magnifique tableau de Pieter Janssens, dit Elinga (1623 – 1682) dont les intérieurs peuplés de figures féminines invitent à une même rêverie que ceux de Vrel. Quant au Mauritshuis, il a accepté de prêter l’un de ses tableaux iconiques de Gerard ter Borch (1617 – 1681) : La Chasse aux poux normalement exposé dans la salle des Vermeer à La Haye. On y retrouve le thème de l’épouillage maternel de la composition de Vrel conservée à Détroit mais traité par Ter Borch de façon plus intimiste avec une attention toute particulière accordée aux expressions des visages et à la description des étoffes. Les arts graphiques ne seront pas en reste pour cet éloge du quotidien que les artistes hollandais du XVIIe siècle ont offert à la postérité. La Fondation Custodia est riche de dessins de Rembrandt évoquant la vie des femmes, probablement à l’origine conservés par le maître dans un album consacré à ce thème. On pourra admirer le plus beau d’entre eux – unanimement reconnu comme l’une des feuilles majeures de l’artiste. Rembrandt y représente sa femme, Saskia, alitée, sans doute pendant l’une de ses grossesses. Le motif de la malade allongée dans un lit clos est dépeint dans le tableau de Vrel du musée d’Anvers, mais faute d’information biographique on ne saurait dire s’il s’agit ici aussi d’une évocation émouvante de la vie intime du peintre comme chez Rembrandt. Aux côtés des dessins et gravures sélectionnés dans la collection de la Fondation Custodia seront exposés de nombreux prêts du Rijksmuseum, comme la série de la graveuse Geertruydt Roghman (1625 – 1651) qui présente de frappantes similarités avec certaines scènes de Vrel. On pourra aussi admirer le dessin dans lequel une femme vue de dos se penche par l’ouverture d’une porte à deux battants, un motif très prisé par Vrel. Longtemps attribuée à Rembrandt, cette feuille est aujourd’hui donnée à Nicolaes Maes (1634 – 1693), l’un de ses brillants élèves qui, lui aussi, a bien souvent représenté des femmes dans l’intimité de leur foyer ainsi que l’attestent d’autres dessins exposés de l’artiste.

 

Tous ces prêts des musées néerlandais et allemands qui parachèvent la sélection d’œuvres issues de la collection de la Fondation Custodia évoquent la production du Siècle d’or hollandais au sein de laquelle Jacobus Vrel s’intègre et se distingue.

 

#Catalogue – L’exposition est accompagnĂ©e de la monographie sur le peintre publiĂ©e en 2021, Jacobus Vrel. Peintre du mystère – Quentin Buvelot, Bernd Ebert et CĂ©cile Tainturier (dir.), Munich, Hirmer Publishers.