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“Juliette Agnel“ Monolithes

à la galerie Clémentine de la Féronnière, Paris

du 5 octobre au 23 dĂ©cembre 2022 (prolongĂ©e jusqu’au 28 janvier 2023)
fermeture du 23 décembre 2022 au 3 janvier 2023

galerie Clémentine de la Féronnière


Interview de Juliette Agnel, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 octobre 2022, durée 16’01. © FranceFineArt. 

PODCAST –  Interview de Juliette Agnel,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 5 octobre 2022, durĂ©e 16’01.
© FranceFineArt.

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Juliette Agnel
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©Anne-FrĂ©derique Fer, visite de l’exposition avec Juliette Agnel, le 5 octobre 2022.

Extrait du communiqué de presse :

 

Juliette Agnel, Taharqa et la nuit #06. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat Hahnemühle / Labo Janvier - Laurent Hutin, 80 x 120 cm, édition 2/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Taharqa et la nuit #06. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat HahnemĂĽhle / Labo Janvier – Laurent Hutin, 80 x 120 cm, Ă©dition 2/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie ClĂ©mentine de la FĂ©ronnière.
Juliette Agnel, Menhir de D’mina, 2022. 60 x 80 cm , édition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Menhir de D’mina, 2022. 60 x 80 cm , édition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Géode de Pulpi. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat Hahnemühle / Labo Janvier - Laurent Hutin, 100 x 150 cm, édition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, GĂ©ode de Pulpi. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat HahnemĂĽhle / Labo Janvier – Laurent Hutin, 100 x 150 cm, Ă©dition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie ClĂ©mentine de la FĂ©ronnière.

La galerie Clémentine de la Féronniere présente l’exposition rétrospective Monolithes de Juliette Agnel, nouvellement représentée par la galerie. Des tirages inédits complèteront un ensemble d’œuvres qui retracent le parcours récent de l’artiste.

Pour sa première exposition en galerie, Juliette Agnel nous convie à une exploration de fabuleux espaces ouverts sur l’inconnu.


« L’aventure photographique y est existentielle, à l’affût de paysages extrêmes, qui sont pour elle l’outil d’un « déchiffrement primitif ». Il s’agit par là de capturer des forces telluriques ou primaires — celles de la nature en mouvement — afin de se dessaisir de ce qui rassure, au plus près d’un bouleversement des sens. Cette considération intensive du paysage la mène toujours plus loin : du pays Dogon à la Corée ou à l’Islande ; et plus récemment en Andalousie, au Soudan, au Groenland, et au Maroc. L’appareil enregistre ces contrées, par la photographie et l’image-mouvement, avec une sensibilité qui sollicite le potentiel de visibilité de territoires à forte concentration énergétique.

Le voyage de cette exposition commence au centre de la Terre, dans la Géode de Pulpi, située en Espagne, dans la province d’Almería. Elle n’est autre qu’une cavité rocheuse pénétrable, aux parois tapissées de cristaux de sélénite, autrement dit, de gypse. Ces cristaux, transparents et géométriques, sont dissimulés dans les profondeurs terrestres depuis des milliers d’années. Les grottes, renvoyant aux plus lointaines origines et aux matières premières fondamentales, ont toujours exercé sur l’artiste une immense force d’attraction, mais il faut saisir précisément l’enjeu : l’immersion spéléologique n’a de sens que si le regard se porte en même temps vers le haut, en un appel des astres qui y répond. La logique de verticalité (du très bas vers le très haut, et vice-versa), est en réalité un axe heuristique : dans les deux cas, Juliette Agnel regarde l’immensité les yeux dans les yeux, du chaos primordial au cosmos infini. Dès lors, si ses Nocturnes révèlent une voute céleste inaccessible, sa récente série des Silex renvoie aux pierres millénaires que l’on peut récolter ici-bas : l’oeil et la main épuisent les possibles de ce qui ne peut être directement atteint.

L’observation est tout autant naturelle qu’archéologique, car ce sont aussi les paysages témoignant des civilisations disparues qui l’ont attiré, en 2019, dans les vestiges du royaume soudanais nubien. C’est lors de ce voyage que Juliette m’envoyait ce message : « J’attends Méroé. Comme si c’était l’arrivée à l’Atlantide. J’ai descendu des marches jusqu’aux tombeaux des rois et reines. J’ai vu dans la pénombre des peintures représentants les pharaons. Et toujours au plafond des tombeaux, les étoiles, la vie glorieuse d’après la mort. Mais, comment comprendre cette civilisation, comment l’inventer ? Comment comprendre la forêt de colonnes entre lesquelles on ne peut pas passer ? Quelles sont les traces du sacré, quelles formes prennent-elles ? » Ces questions restent sans réponse, mais les images les transcendent. Arpentant le site de Méroé, Juliette Agnel adopte la même posture que lors de sa découverte des Portes de glace au plein coeur du Groenland : toujours, traverser l’inquiétante étrangeté, le regard appareillé, afin de nous éveiller à une mystique universelle. »

LĂ©a Bismuth*

*Léa Bismuth est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. En 2022, elle participera notamment à une résidence collective autour de l’imaginaire spatial, à Marfa, Texas, avec la Villa Albertine.

Juliette Agnel, Silex. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Silex. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Taharqa et la nuit #11. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat Hahnemühle / Labo Janvier - Laurent Hutin, 80 x 120 cm, édition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie Clémentine de la Féronnière.
Juliette Agnel, Taharqa et la nuit #11. Tirage fine art sur papier ultrasmooth mat HahnemĂĽhle / Labo Janvier – Laurent Hutin, 80 x 120 cm, Ă©dition 1/3. © Juliette Agnel. Courtesy galerie ClĂ©mentine de la FĂ©ronnière.

Publication – livre d’artiste

SILEX – Photographies de Juliette Agnel Textes de LĂ©a Bismuth
Ce livre est édité par Maison CF avec le soutien de la Ville de L’Isle-sur-la-Sorgue. Disponible sur le site maisoncf.fr début octobre.

https://www.maisoncf.fr/produit/juliette-agnel-silex/

Ce livre est produit à l’occasion de l’exposition Les Nuits de Juliette Agnel présentée à Campredon Centre d’art, du 22 octobre 2022 au 15 janvier 2023, ce catalogue-objet sous la forme d’un leporello, présente en vis à vis la série Silex de Juliette Agnel et des haïkus de Léa Bismuth.




Biographie – Juliette Agnel

Née en 1973, Juliette Agnel a fait des études d’arts plastiques et d’ethno-esthétique (Paris 1), et aux Beaux Arts de Paris (félicitée en 1999). Une rencontre avec Jean Rouch l’amène sur les routes de l’Afrique pendant plus de 10 ans. En 2011, elle conçoit et fabrique une machine : la camera obscura numérique avec laquelle elle filme et photographie. Soutenue par Michel Poivert qui l’invite au séminaire photographique en 2012, son travail sera exposé en Corée du Sud, en Norvège ou en France, notamment à la FIAC (Galerie Françoise Paviot – 2013), aux Nouvelles Vagues du Palais de Tokyo (2013), à l’exposition Close to me de Guillaume Lasserre (2015), au Mois de la Photo (2015), à Paris Photo (2016). Elle a bénéficié d’une exposition personnelle à L’Espace Van Gogh à Arles en 2014 et est invitée par Léa Bismuth, aux Tanneries d’Amilly en 2017. Elle participe au Prix découverte à Arles en 2017 avec «les Nocturnes» qui seront aussi présentées à la FIAC la même année. Elle poursuit son travail de recherche vers les paysages extrêmes lors d’une expédition au Groenland en 2018 et est invitée à produire et montrer ce travail, «les Portes de glace» au centre d’art Labanque (Béthune) pendant l’année 2018-2019 pour le 3e volet de la trilogie sur Georges Bataille (La traversée des Inquiétudes, commissaire Léa Bismuth) et à Chaumont-Photo-sur-Loire en parallèle.

Juliette Agnel est unique dans le paysage photographique français. C’est dans une approche philosophe globale que cette artiste s’est mise en quête de la compréhension du monde. Cette exploration la mène du ciel, inspirée par le rapport au cosmos et les forces telluriques, à la terre dans sa relation à la géobiologie et l’expérience mystique des portes de la nature et aujourd’hui sous terre, avec l’exploration de grottes préhistoriques. Elle photographie donc ce qui est invisible, et tente par son travail de transmettre ce qui est de l’ordre du ressenti et de l’intériorité. Il n’y a pas de vérité photographique dans les images de Juliette Agnel. Le calme qui en ressort en est l’exemple le plus concret, elles sont une machine à traverser le temps, qui portent aussi l’empreinte d’une évidence écologique.

« L’art qui me touche tient à cette relation du réel à l’invisible, à ces forces qui nous entourent mais que nous ne voyons pas. C’est une autorisation de croire à un absolu. Au Groenland, au Soudan, dans le pays Dogon ou dans le Finistère, c’est la même quête que je poursuis inlassablement : saisir ce qui nous unit en profondeur, en rappelant que le corps de l’homme est un fragment signifiant du cosmos. »