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“Frida Kahlo“ Au-delà des apparences

au Palais Galliera, Paris

du 15 septembre 2022 au 05 mars 2023

Palais Galliera


Interview de Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera et co-commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 12 septembre 2022, durée 21’57. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 12 septembre 2022, durée 21’57.
© FranceFineArt.

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Frida Kahlo
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©Anne-Fréderique Fer, visite presse, le 12 septembre 2022.

Frida Kahlo révélant son corset peint sous son huipil par Florence Arquin, vers 1951. © DR, collection privée. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust.
Florence Arquin, Frida Kahlo révélant son corset peint sous son huipil, vers 1951. © DR, collection privée. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust.
Frida Kahlo par Antonio Kahlo, 1946. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust.
Antonio Kahlo, Frida Kahlo, 1946. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust.
Dora Maar, Frida Kahlo, 1934. © DR, collection privée. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust / ADAGP, Paris 2022.
Dora Maar, Frida Kahlo, 1934. © DR, collection privée. © Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust / ADAGP, Paris 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Frida Kahlo, «The Frame », 1938. © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Claude Planchet. © Banco de México D. Rivera F. Kahlo Museums Trust / ADAGP, Paris 2022.
Frida Kahlo, «The Frame », 1938. © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Claude Planchet. © Banco de México D. Rivera F. Kahlo Museums Trust / ADAGP, Paris 2022.
Frida Kahlo. Corset en plâtre peint, © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017.
Frida Kahlo. Corset en plâtre peint, © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017.
Prothèse de jambe avec botte en cuir et soie brodée de motifs chinois. © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017
Prothèse de jambe avec botte en cuir et soie brodée de motifs chinois. © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017

Commissariat :

Circe Henestrosa, conceptrice et commissaire de l’exposition, directrice de l’école de mode LASALLE College of the Arts, Singapour

Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera, assistée de Alice Freudiger

Gannit Ankori, conseillère curatoriale, PhD, directrice et conservateur en chef Henry and Lois Foster, Rose Art Museum, Etats-Unis



Le Palais Galliera célèbre Frida Kahlo (6 juillet 1907-13 juillet 1954), l’une des artistes les plus reconnues et influentes du XXe siècle. Loin des clichés qui entourent sa personnalité, l’exposition Frida Kahlo, au-delà des apparences propose aux visiteurs d’entrer dans l’intimité de l’artiste, et de comprendre comment elle s’est construit une identité à travers la manière de se présenter et de se représenter.


Pour la première fois en France et en étroite collaboration avec le Museo Frida Kahlo, l’exposition rassemble plus de 200 objets provenant de la Casa Azul, la maison où Frida est née et a grandi : vêtements, correspondances, accessoires, cosmétiques, médicaments, prothèses médicales… Ces effets personnels ont été mis sous scellés au décès de l’artiste, en 1954, par son mari le peintre muraliste mexicain Diego Rivera, et ont été redécouverts cinquante ans plus tard, en 2004. Cette précieuse collection – comprenant des robes traditionnelles Tehuana, des colliers précolombiens que Frida collectionnait, des exemplaires de corsets et de prothèses peints à la main… – est présentée, avec des films et photographies de l’artiste, pour constituer un récit visuel de sa vie hors norme.


L’apparence de Frida Kahlo constitue un moyen d’exprimer ses préoccupations identitaires et politiques : c’est, en effet, à la suite d’un grave accident, survenu à l’âge de 18 ans, que Frida se consacre à la peinture et adopte le vêtement traditionnel qui lui permet d’affirmer sa mexicanité, mais aussi de composer avec son handicap. Ainsi, l’exposition Frida Kahlo, au-delà des apparences retrace la manière dont l’artiste a façonné, tel un manifeste, son image nourrie par son héritage culturel et par son expérience du genre et du handicap.


Dans un parcours à la fois biographique et thématique, le Palais Galliera met en lumière le passage de l’artiste à Paris et ses relations avec le groupe des Surréalistes.


La visite se prolonge avec une exposition-capsule, présentée du 15 septembre au 31 décembre 2022, qui aborde l’influence de l’artiste sur la mode contemporaine et la façon dont elle demeure, encore de nos jours, une icône et une source d’inspiration pour les designers, parmi lesquels Alexander McQueen, Jean Paul Gaultier, Karl Lagerfeld pour CHANEL, Riccardo Tisci pour Givenchy, Maria Grazia Chiuri pour Dior ou Rei Kawakubo pour Comme des Garçons.



#expofridakahlo

Huipil en coton brodé à la main au fil noir; jupe longue semi-synthétique. © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017.
Huipil en coton brodé à la main au fil noir; jupe longue semi-synthétique. © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017.
Manteau en coton guatemalais, huipil Mazatec brodé à la main et rubans de satin. © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017.
Manteau en coton guatemalais, huipil Mazatec brodé à la main et rubans de satin. © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017.
Huipil en coton brodé, jupe en coton imprimé, galon, volant de dentelle. © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017.
Huipil en coton brodé, jupe en coton imprimé, galon, volant de dentelle. © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017.
Châle, huipil en coton, jupe en soie brodée de motifs floraux en velours. © Museo Frida Kahlo - Casa Azul collection - Javier Hinojosa, 2017.
Châle, huipil en coton, jupe en soie brodée de motifs floraux en velours. © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017.

Parcours de l’exposition




SECTION 1 : « Je suis née ici »

Magdalena Carmen Frida Kahlo y Calderón est née le 6 juillet 1907 à Coyoacán. Sa mère, Matilde Calderón y González, est métisse d’origine espagnole et indigène de la région d’Oaxaca. Elle transmet à Frida son goût pour les vêtements traditionnels dès son plus jeune âge. Son père, Wilhelm (Guillermo) Kahlo, émigré allemand, est arrivé au Mexique en 1890. Devenu un photographe majeur du gouvernement, il capture le patrimoine architectural du Mexique et son cheminement vers la modernité. Il met aussi en lumière Frida dans de nombreux portraits qui témoignent de son affection pour sa fille. Ainsi, la photographie peut être considérée comme le premier médium d’expression artistique de Frida Kahlo qui apprend, très jeune, auprès de son père, à prendre la pose. Frida Kahlo a ensuite posé pour de nombreux photographes de premier plan, avec lesquels elle a su composer pour exprimer son identité, bien avant de devenir peintre. Plusieurs événements ont marqué la vie de Frida. À l’âge de six ans tout d’abord, elle contracte la poliomyélite. Pour faire face à cette maladie qui la contraint à l’isolement, elle s’invente une amie imaginaire. De cette expérience formatrice va naître son double en peinture, un motif récurrent dans l’œuvre de Frida Kahlo que les historiens de l’art associent le plus souvent à l’une de ses peintures les plus importantes, Les deux Frida (1939). L’autre traumatisme marquant a lieu le 17 septembre 1925 : Frida Kahlo est victime, à l’âge de dix-huit ans, d’un grave accident qui l’oblige à garder le lit pendant des mois, et à abandonner ses études de médecine. C’est alors qu’elle commence à peindre. Enfin, quatre ans plus tard, en 1929, elle épouse l’artiste de renommée internationale, Diego Rivera. « J’ai eu deux accidents graves dans ma vie. L’un dans lequel un tramway m’a renversée. L’autre, ce fut Diego. », déclare-t-elle plus tard. Le couple divorce en 1939, avant de se remarier à San Francisco en 1940. Leur relation a toujours été tumultueuse, mais Frida Kahlo y est restée attachée toute sa vie.


SECTION 2 : La Casa Azul

Frida Kahlo est née à la Casa Azul, elle y a vécu la majeure partie de sa vie et y est morte en 1954. Ses parents, qui avaient construit la maison en 1904, l’avaient décorée dans le style européen, en vogue à l’époque. Frida Kahlo et Diego Rivera la rénovent dans les années 1930. Ils repeignent les murs gris en un bleu éclatant, et remplissent leur maison d’objets reflétant leur attachement à tout ce qui était mexicain : l’art populaire, les sculptures préhispaniques et les peintures votives, notamment. La Casa Azul devient alors un centre culturel, attirant des personnalités venues du Mexique et d’ailleurs, parmi lesquelles Léon Trotski et André Breton, arrivés dans le pays à la fin des années 1930. Souvent confinée chez elle en raison de son état de santé, Frida Kahlo a transformé sa maison en un microcosme du Mexique. Des statues archéologiques décoraient le jardin luxuriant. Des chiens nus Xoloitzcuintli, des perroquets, des canards, des singes et un cerf se promenaient au milieu des citronniers et des fleurs multicolores. La Casa Azul est l’une des expressions essentielles de la dévotion de Frida à la mexicanidad (mexicanité), et de son brillant pouvoir créatif.


SECTION 3 : Gringolandia

« Les gringas [les américaines] m’adorent, elles remarquent toutes les robes et les rebozos [châles] que j’ai apportés avec moi, elles sont bouche bée devant mes colliers de jade, et tous les peintres veulent que je pose pour eux.» Frida Kahlo quitte le Mexique pour la première fois, peu de temps après son mariage, lorsqu’elle accompagne Diego Rivera à « Gringolandia », comme elle surnommait les États-Unis. Célèbre artiste, Rivera reçoit des commandes de peintures murales à San Francisco, New York et Détroit. Frida Kahlo est d’abord traitée avec condescendance, comme « l’exotique » troisième épouse de Rivera qui « se mêle[ait] joyeusement d’art ». Ses expériences aux États-Unis (1930-1933) sont à la fois complexes et décisives. À San Francisco, photographiée par de grands photographes, elle façonne son style Tehuana si singulier, et commence à peindre plus sérieusement. Si elle prend plaisir à explorer la magie de New York, elle critique toutefois les écarts de richesse et le racisme dont elle est témoin. À Détroit, une fausse couche traumatisante transforme radicalement son art, l’amenant à se réinventer en peintre et à faire voler en éclats les tabous. En 1938, elle revient triomphalement à New York comme une artiste à part entière, avec une première exposition personnelle à la Julien Levy Gallery. André Breton, rencontré plus tôt cette année-là au Mexique, écrit un essai pour l’exposition, dans lequel il compare le travail de Frida Kahlo à « un ruban autour d’une bombe ».


SECTION 4 : Paris

Après ses débuts à New York, Frida Kahlo est invitée par André Breton à exposer son travail à Paris. Cependant, rien n’est prêt pour son exposition lorsqu’elle arrive, en janvier 1939. Finalement, la Galerie Renou et Colle organise une exposition collective intitulée Mexique, où sont présentées dix-huit de ses oeuvres. Frida Kahlo est accueillie chaleureusement par de nombreux artistes de renom présents au vernissage : « …bien des félicitations pour la chicua, dont une énorme embrassade de Joan Miró et de grands compliments pour mon oeuvre de la part de Kandinsky, des félicitations de Picasso, Tanguy, Paalen, et d’autres “pointures” du Surréalisme », écrit-elle. Cette même année, l’État français fait l’acquisition pour la première fois d’une oeuvre d’un.e artiste mexicain.e : The Frame [Le Cadre], un autoportrait de Frida Kahlo. Au cours de son bref séjour dans la capitale française, Frida Kahlo tombe malade et est hospitalisée. Marcel Duchamp et sa compagne Mary Reynolds, qu’elle adore, la soignent tendrement. Frida aime également passer du temps avec Dora Maar, Jacqueline Lamba et Alice Rahon, explorer Paris, ses marchés aux puces et sa mode. Dans la boutique d’Elsa Schiaparelli, elle apprécie les créations surréalistes de Salvador Dalí et Leonor Fini.


SECTION 5 : Handicap et créativité

L’accident qui faillit coûter la vie à Frida Kahlo, à l’âge de 18 ans, met brutalement un terme à son rêve de devenir médecin. Pendant sa convalescence, la jeune femme alitée commence à peindre à l’aide d’un chevalet pliant et d’un miroir, encastrés dans le baldaquin de son lit. « Je me peins moi-même parce que je suis si souvent seule », déclare-t-elle, alors que l’autoportrait devient un aspect essentiel de son art. Frida Kahlo subit des dizaines d’opérations, dans l’espoir de soulager ses graves problèmes de santé et ses douleurs qui irradient sa jambe droite, sa colonne vertébrale et son appareil génital. Elle est parfois contrainte de porter des corsets et d’autres appareils médicaux, qu’elle décore et transforme en oeuvres d’art. En façonnant l’image de son corps handicapé, Frida Kahlo a joué un rôle de pionnière. Dès son plus jeune âge, elle a développé une profonde compréhension du pouvoir des vêtements et des accessoires dans la construction de son identité. Elle a conservé le contrôle de son image, dans sa vie, dans ses photographies et dans son art, en révélant et dissimulant à la fois ses handicaps et ses capacités exceptionnelles. Elle a construit un vocabulaire visuel avec lequel elle a exprimé la souffrance physique et émotionnelle, tout en décrivant sa propre résilience et sa capacité à créer du sens, de la joie, de la beauté et de l’art.


SECTION 6 : OEuvres et tenues

Les puissants autoportraits de Frida Kahlo, les photographies pour lesquelles elle a posé et ses tenues vestimentaires, composées avec soin, sont autant de modes complémentaires d’autocréation artistique. Adolescente, Frida s’habillait de façon non-conventionnelle pour exprimer sa personnalité et cacher sa jambe abîmée par la poliomyélite. Vers 20 ans, elle adopte les tenues traditionnelles mexicaines qu’elle portera toute sa vie. Bien qu’elle ait créé un style hybride unique, mêlant des éléments de régions et d’époques diverses, elle s’est particulièrement identifiée aux femmes et à sa culture matriarcale de Tehuantepec. Elle a adopté leurs blouses brodées, leurs jupes longues, leurs coiffures élaborées et leurs rebozos [châles tissés] dans une fascinante interprétation personnelle de la mexicanidad [mexicanité]. Par le choix de vêtements et d’accessoires, adaptés à ses besoins médicaux et à ses particularités physiques, elle est devenue actrice de la construction d’une apparence originale et audacieuse. Comme en témoignent les reprises, les brûlures de cigarettes ou les taches et les marques de peinture présentes sur de nombreux vêtements, ses tenues faisaient partie intégrante de sa vie, de son art et de son identité.


SECTION 7 : Frida Kahlo : un look contemporain –
Exposition-capsule 

Unique, transgressive et inoubliable, Frida Kahlo est devenue une icône culturelle de renommée mondiale. Son influence, en tant que muse dans l’histoire de la mode, a été continuellement réévaluée par les créateurs contemporains qui ont utilisé les différents symboles identitaires de Frida Kahlo comme source d’inspiration, formant ainsi un répertoire visuel qui aborde des thèmes tels que le traumatisme, le handicap, l’ethnicité, l’identité sexuelle et la politique. Les accessoires, les parures et les extensions du corps ont été utilisés comme métaphores pour dissimuler, révéler et interpréter ses multiples identités et son style hybride. Parmi les designers présentés : Jean Paul Gaultier, Yohji Yamamoto, Maria Grazia Chiuri pour Dior, Alexander McQueen pour Givenchy, Rei Kawakubo pour Comme des Garçons, Riccardo Tisci pour Givenchy, Karl Lagerfeld pour CHANEL…