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“Horizones“ 23e Prix Fondation Pernod Ricard

à la Fondation Pernod Ricard, Paris

du 6 septembre au 29 octobre 2022

Fondation Pernod Ricard


Interview de Clément Dirié, historien et critique d’art, et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 septembre 2022, durée 17’02. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Clément Dirié, historien et critique d’art, et commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 septembre 2022, durée 17’20.
© FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, vernissage presse, le 5 septembre 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Timothée Calame, Mobilier-Documentaire 2, Parc des Eaux Vives, Cenève, 2020. Photo James Bantone, Courtesy Edouard Montassut, Paris et Weiss Falk, Bâle, Zurich.
Timothée Calame, Mobilier-Documentaire 2, Parc des Eaux Vives, Cenève, 2020. Photo James Bantone, Courtesy Edouard Montassut, Paris et Weiss Falk, Bâle, Zurich.
Jean-Michel Sanejouand, Toile de bâche à rayures et règle, série des Charges-Objets, 1964. Photo Claire Dorn, Courtesy Galerie Art Concept, Paris.
Jean-Michel Sanejouand, Toile de bâche à rayures et règle, série des Charges-Objets, 1964. Photo Claire Dorn, Courtesy Galerie Art Concept, Paris.
Hélène Bertin, Le jardin des paniers, 2020. Vue de l'exposition Cahin Caha, Le Creux de l'enfer, Thiers, 2020. Photo Vincent Blesbois, Courtesy de l'artiste.
Hélène Bertin, Le jardin des paniers, 2020. Vue de l’exposition Cahin Caha, Le Creux de l’enfer, Thiers, 2020. Photo Vincent Blesbois, Courtesy de l’artiste.
Fabiana Ex-Souza, Guérir le regard blanc, n'avons-nous pas fait assez, 2021. Photo Cité internationale des arts, Maurine Tric. Courtesy de l’artiste.
Fabiana Ex-Souza, Guérir le regard blanc, n’avons-nous pas fait assez, 2021. Photo Cité internationale des arts, Maurine Tric. Courtesy de l’artiste.
Eva Nielsen, Quasar II. Courtesy Jousse Entreprise, Paris, et The Pill, Instanbul.
Eva Nielsen, Quasar II. Courtesy Jousse Entreprise, Paris, et The Pill, Instanbul.

Curateur : 

Clément Dirié, Historien et critique d’art, commissaire d’exposition indépendant, directeur éditorial de la maison d’édition JRP|Editions




Sous le nom d’Horizones, le 23e Prix Fondation Pernod Ricard réunit 6 artistes [Hélène Bertin, Timothée Calame, Fabiana Ex-Souza, Eva Nielsen, Benoît Piéron, Elsa Werth] + 1 artiste invité·e·s [Jean-Michel Sanejouand] par le commissaire d’exposition et critique d’art Clément Dirié. Fidèle à la nouvelle formule du prix établie en 2020, il a conçu son projet en deux parties : le compagnonnage entre janvier et septembre 2022, et l’exposition en septembre-octobre 2022.



Retour sur le compagnonnage

Lancé en janvier 2022 par les « Musterclasses », une journée d’entretiens avec les artistes du 23e Prix Fondation Pernod Ricard, le compagnonnage, destiné à mettre en valeur les univers de chaque artiste invité·e, s’est poursuivi par plusieurs temps forts : un hommage à Jean-Michel Sanejouand réunissant, un an après sa disparition, critiques d’art, proches et témoins pour évoquer l’actualité de l’œuvre d’un artiste à nul autre pareil ; une table ronde conçue par Eva Nielsen autour de l’espace urbain périphérique avec les auteur·e·s Fanny Taillandier et Romain Noël ; la présentation d’un nouveau multiple par Elsa Werth et un atelier « patchworkshop » par Benoît Piéron suivi d’une rencontre avec la critique d’art Géraldine Gourbe. Les 7 et 8 juillet, deux soirées ciné-club proposent vidéos d’artistes dans l’auditorium et films de fiction en plein air sur l’esplanade de la fondation. À la rentrée, Timothée Calame propose une conférence-performance autour de l’artiste Eduardo Paolozzi tandis que Fabiana Ex-Souza conçoit un séminaire de recherches autour des thématiques à l’oeuvre dans sa pratique.



L’exposition Horizones

Du 6 septembre au 29 octobre 2022, l’exposition Horizones réunit oeuvres récentes et nouvelles productions des six artistes + 1 choisis pour le 23e Prix Fondation Pernod Ricard. Dans une scénographie ouverte, l’exposition fait la part belle à l’univers de chaque artiste sans volonté de thématiser ni de réunir artificiellement leurs pratiques. Chacun·e expose un ensemble emblématique de ses recherches en cours, témoignant de la diversité de la création contemporaine actuelle.

Hélène Bertin : une pratique libre de la céramique au service d’une régénération des gestes traditionnels et des représentations.

Timothée Calame : un ensemble de sculptures où prosaïque, politique et poétique sont les ingrédients d’une fictionnalisation du réel.

Fabiana Ex-Souza : un « autel » dédié à la réparation, à la transmutation et à la prise en compte des processus de guérison dans la sphère artistique.

Eva Nielsen : un environnement pictural où motifs, textures et couleurs résonnent de toile en toile.

Benoît Piéron : une tribu de porte-sérums et une botanique des salles d’attente pour incarner nos différents états de vie, de désir et de fragilité.

Elsa Werth : des oeuvres furtives aux questions lancinantes sur l’état socio-économique de notre société.

Jean-Michel Sanejouand : un choix d’oeuvres réalisées entre 1964 et 2011 pour rappeler l’intelligence d’un regard et d’une pratique.

Horizones : un paysage artistique contemporain et organique produit par la rencontre d’esthétiques singulières et une curiosité éclectique pour les savoirs, remises en cause et expériences éprouvés et transmis par les artistes.

Retrouvez le Journal de bord du commissaire, les podcasts issus des « Musterclasses » et les captions des événements du compagnonnage sur :  HYPERLINK « https://www.fondation-pernod-ricard.com » https://www.fondation-pernod-ricard.com



Catalogue

Conçu par Clément Dirié et le studio graphique Des Signes, le catalogue du compagnonnage et de l’exposition Horizones comprend des entretiens avec chacun·e des artistes exposé·e·s, le journal du bord du commissaire tenu entre novembre 2021 et juillet 2022, un essai visuel sur l’oeuvre de Jean-Michel Sanejouand ainsi qu’un entretien entre Clément Dirié et la critique d’art et commissaire d’exposition Julie Portier.

21 octobre 2022 : remise du 23e Prix Fondation Pernod Ricard.

Elsa Werth, Blind Smile, 2021. Installation murale, peinture jaune, câbles, chaînes, cordes, tendeurs, dimensions variables. Vue de l'exposition Avalanche, Trois a, Toulouse. Courtesy de l’artiste.
Elsa Werth, Blind Smile, 2021. Installation murale, peinture jaune, câbles, chaînes, cordes, tendeurs, dimensions variables. Vue de l’exposition Avalanche, Trois a, Toulouse. Courtesy de l’artiste.
Benoît Piéron, Lentille kaléidoscopique, 2021. Verre optique, patchwork en draps réformés des hôpitaux, agrafe de soutien-gorge, 10 x 10 x 3 cm. Courtesy de l’artiste.
Benoît Piéron, Lentille kaléidoscopique, 2021. Verre optique, patchwork en draps réformés des hôpitaux, agrafe de soutien-gorge, 10 x 10 x 3 cm. Courtesy de l’artiste.

Les 6 artistes du 23e Prix Fondation Pernod Ricard


Hélène Bertin
(Née dans le Luberon en 1989, vit à Cucuron.)

Hélène Bertin revendique une « démarche volontairement bâtarde » déployée tout à la fois en artiste, en commissaire d’exposition et en historienne. Elle travaille à Cucuron, Luberon, et développe son travail en tissant des liens, activant toujours la notion d’altérité par la rencontre avec des passionnés, des artistes, des écoles, des artisans, des paysans… À rebours de toute lecture disciplinaire, elle aborde le geste et la matière comme des liens pour réunir des pratiques. Dans ses expositions, cet émaillage de différentes typologies d’objets et de postures crée un récit collectif, tandis que ses livres se concentrent sur des personnalités marginales pour transporter et transmettre leur histoire individuelle. Pour Hélène Bertin, le rapport sensible aux faits d’habiter et de travailler se joue dans la coopération entre les « royaumes » de chacun. C’est la rencontre avec la pratique de Valentine Schlegel – à laquelle elle consacre en 2017 un livre bio-monographique renouvelant radicalement le regard sur cette artiste – qui lui forge cette vision de l’art.


Timothée Calame
(Né à Genève en 1991, vit à Marseille et Genève.)

« Je suis à la recherche de techniques inconnues de représentation, de manières improbables de parler du monde, notamment par la combinaison de signifiants d’origines lointaines et diverses. Je suis à la recherche de définitions, tout en fuyant le définitif. Je suis à la recherche de façons de vivre avec intérêt cequi m’est étranger. Tout cela à partir de ma condition innée d’individu. » — Timothée Calame La principale méthode de travail de Timothée Calame réside dans le fait de se maintenir dans un état de recherche permanent, lequel se matérialise par la production d’objets de différentes natures, souvent en lien avec la vie quotidienne : sculpture, mobilier, objet, dessin, écriture, photographie, vidéo, son, performance. Autant de moyens au service d’une volonté d’appréhender les mécanismes de notre monde, les structures de nos modes de vie : des tréfonds de l’existence au miracle de la vie, des fictions publiques au vécu intime ; le tout avec une dose d’humour.


Fabiana Ex-Souza
(Née Fabiana De Souza à Belo Horizonte (Brésil) en 1980, elle vit à Paris.)

Artiste performeuse afro-brésilienne, Fabiana Ex-Souza vit à Paris depuis 2010. Elle développe une pratique transdisciplinaire, alliant la performance, la vidéo, l’installation et la photographie, particulièrement intéressée à l’emploi dans ses oeuvres de matériaux issus du monde végétal. En 2014, attentive aux problématiques liées à la diaspora africaine, elle s’est donné le droit, par auto-décret poétique-politique, d’expurger son nom d’esclave, devenant ainsi Ex-Souza. Après ce moment fondateur, les processus de guérison, hérités de sa grand-mère amérindienne, deviennent pour elle un terrain d’étude et d’approfondissement pour déployer une pratique artistique liée à l’écologie du soin. Elle investit notamment la notion de « corps politique » pour mener une réflexion sur la réactualisation des archives, les réparations, la transmission et les processus de « transmutation » de ce que l’artiste appelle « des objets fantômes ». Fabiana Ex-Souza termine actuellement un doctorat en Arts Visuels et Photographie à l’Université Paris-VIII dont le sujet porte sur l’esthétique décoloniale latino-américaine.


Eva Nielsen
(Née en 1983 aux Lilas, vit à Paris.)

Dans ses ensembles successifs de peintures – qui appartiennent à des registres techniques et iconographiques différents, qu’elle étend méthodiquement – Eva Nielsen poursuit cette recherche : donner corps à l’illusion, à des mirages visuels agissant autant sur la vue que sur l’intellect, à la surface de nos orbites comme au fond de nos yeux. Ces mirages prennent des apparences changeantes : parfois, architectures de béton, fières de leurs formes monolithiques, qui emplissent l’espace, l’envahissent presque, et dont la certitude immanente construit les paysages alentour ; ailleurs, scènes de genre kaléidoscopiques, feuilletées de plis infinis ou traversées de cicatrices propices à la révélation, brisant la linéarité du réel. Les peintures d’Eva Nielsen offrent une certaine idée de la vision : faite d’éblouissements, de décalages, de mises au point en cascade. Ses sujets, volontairement ingrats, voient le standard se disputer à l’anecdotique et au non-reconnaissable, dans un va-et-vient permanent entre les échelles : celle, technique, du nécessaire de plomberie comme celle, bigger than life, des artistes du Land Art. La vision de près, au microscope, où l’œil s’affole au contact des particules élémentaires, alterne avec le point de vue lointain, comme si nous dominions la « bataille picturale», constamment recommencée. Grâce à son approche ouverte du médium pictural et à sa vision de la peinture à la fois comme cosa mentale et comme fenêtre sensible ouverte sur le monde, Eva Nielsen propose des pièges pour le regard, des réceptacles où nous projeter, des instruments cognitifs auxquels se mesurer. Les espaces ainsi figés sur la toile sont bien souvent des lieux de transition, de l’entre-deux, des seuils anonymes où cela circule, où semblent flotter des émotions, des souvenirs. Des tableaux comme des paysages de mémoire, une mémoire visuelle riche d’autant d’images réelles que d’apparitions mentales et cinématographiques.


Benoît Piéron
(Né à Ivry-sur-Seine en 1983, vit à Paris.)

Benoît Piéron crée des moments, des installations et des objets. Il s’intéresse à la sensualité des plantes, aux frontières du corps et à la temporalité des salles d’attente. Il pratique le patchwork, le jardinage existentiel et dessine des papiers peints. Ayant toujours vécu avec une maladie de compagnie, l’univers hospitalier est son écosystème. De temps en temps, il donne des ateliers tricotés autour de l’herborisation et du validisme. Récemment, il a encapsulé des jardins au fil de la programmation du Crédac, Ivry-sur-Seine, notamment en lien avec l’exposition consacrée à Derek Jarman à l’automne 2021. Depuis quelques mois, il s’interroge sur la nourriture des licornes, la place de l’orgasme à l’hôpital et les flores létales.


Elsa Werth
(Née à Paris en 1985, vit à Paris.)

Elsa Werth développe un travail aux formes multiples : installations, sculptures, vidéos, livres d’artistes et pièces sonores. L’économie du travail, les façons d’oeuvrer constituent le contexte à partir duquel se déploie sa pratique artistique. Elle rend compte des actions ordinaires, des gestes quotidiens liés aux activités et rituels contemporains en les désignant et en les déstabilisant par des opérations de déplacement, des contreusages, des perturbations. Avec une réelle économie de moyens, elle revendique des productions anti-spectaculaires comme tactiques de résistance. Ses matériaux de travail sont ces choses qui font le réel : les objets, les mots, les formes et les signes avec lesquels et au travers desquels nous vivons. Des choses communes dans tous les sens du terme : communes parce qu’ordinaires, communes car partagées.


+ Jean-Michel Sanejouand
(Lyon, 1934 ; Baugé-en-Anjou, 2021)

« Picasso disait : qu’est-ce qui empêche n’importe quel artiste de faire tout ce dont il a envie ? Duchamp ironisait : on ne peut tout de même pas demander à un peintre d’avoir une nouvelle idée tous les dix ans. Picabia affirmait qu’il fallait savoir changer d’idée comme de chemise pour avoir des idées propres. Venant longtemps après ces joyeux compagnons, j’étais tranquille. Grâce à eux, j’allais pouvoir me comporter normalement. Erreur ! Aujourd’hui, plus que jamais, un artiste à l’état libre est perçu comme une menace. » — Jean-Michel Sanejouand. Depuis 1962, l’artiste autodidacte, formé en droit et sciences politiques, a élaboré des corpus successifs où s’exprime continuellement son sens de l’expérimentation et de la liberté formelle. Entre 1962 et 1967, il réalise la série des Charges-objets, notamment exposés à la Biennale de Paris de 1965. Entre 1967 et 1974, il conçoit les Organisations d’espace, notamment en 1968 à la Galerie Yvon Lambert et pour l’exposition Le Décor quotidien de la vie en 1968 : expansions et environnements au Palais Galliera (organisée par Pierre Restany), puis en 1969 à la Kunsthalle de Berne alors dirigée par Harald Szeemann. De 1968 à 1978, il réalise les Calligraphies d’humeur, ensemble de saynètes figuratives et comiques, souvent érotiques, à rebours de l’esthétique de l’époque. Prolongeant les Organisations d’espace, un ensemble d’oeuvres prenant en compte l’espace public et l’aménagement urbain lui valent d’être présent dans l’exposition-somme de l’art conceptuel Information au Museum of Modern Art, New York, en 1970, puis exposé au Guggenheim Museum en 1972. En 1978, il commence les Espaces-Peintures que la Galerie de France expose en 1982, corpus clos en 1986. Viennent ensuite les Peintures en noirs et blanc (1986-1992), puis différents ensembles de peintures et de sculptures, dont la série des peintures Espaces-Critiques (2002-2008) qui propose une reformulation de l’oeuvre, en figurant dans des paysages imaginaires la rencontre de sculptures récentes et d’oeuvres antérieures, et enfin la série des Espaces & Cie (2009-2019). En 1995, le Centre Pompidou lui consacre une exposition rétrospective, exercice auquel se livre en 2012 le FRAC Pays-de-la Loire.