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“Tatiana Trouvé“
Le grand atlas de la désorientation

au Centre Pompidou, Paris

du 8 juin au 22 août 2022

Centre Pompidou



Interview de Jean-Pierre Criqui, conservateur, service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 juin 2022, durée 19’43.© FranceFineArt. (visuels couverture français/anglais du livre "Le grand atlas de la désorientation" publié aux éditions du Centre Pompidou)

PODCAST –  Interview de Jean-Pierre Criqui, conservateur, service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne et commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 juin 2022, durée 19’43.
© FranceFineArt.
(visuels couverture français/anglais du livre « Le grand atlas de la désorientation » publié aux éditions du Centre Pompidou)

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Tatiana TrouvŽ
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©Anne-Fréderique Fer, vernissage presse, le 7 juin 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Tatiana Trouvé, Sans titre, de la série Les Dessouvenus, 2019. Crayons noir et eau de javel sur papier marouflé sur toile, 125 x 200 x 3,5 cm. Collection Witkoff Family. © photo : Florian Kleinefenn. © Adagp, Paris, 2022.
Tatiana Trouvé, Sans titre, de la série Les Dessouvenus, 2019. Crayons noir et eau de javel sur papier marouflé sur toile, 125 x 200 x 3,5 cm. Collection Witkoff Family. © photo : Florian Kleinefenn. © Adagp, Paris, 2022.
Tatiana Trouvé, Sans titre, de la série Les Dessouvenus, 2019 . Crayons de couleur, eau de javel et papier collé sur papier marouflé sur toile, 125 x 200 x 3 cm. Collection Beth Rudin DeWoody. © photo : Florian Kleinefenn. © Adagp, Paris, 2022.
Tatiana Trouvé, Sans titre, de la série Les Dessouvenus, 2019 . Crayons de couleur, eau de javel et papier collé sur papier marouflé sur toile, 125 x 200 x 3 cm. Collection Beth Rudin DeWoody. © photo : Florian Kleinefenn. © Adagp, Paris, 2022.

Commissariat :

Jean-Pierre Criqui, conservateur, service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne, assisté d’Annalisa Rimmaudo, attachée de conservation au service des collections contemporaines, Musée national d’art moderne.



Pour cette monographie au Centre Pompidou, Tatiana Trouvé est invitée à s’emparer des quelque huit cents mètres carrés de la Galerie 3. Le dessin, qui est au cœur du travail de l’artiste depuis ses débuts, structure et recompose l’espace de cette exposition. L’ensemble de dessins réunis, dont certains grands formats spécialement conçus pour l’exposition, dans la variation des accrochages aux murs ou en suspens, dans le dialogue entretenu avec les sculptures mais aussi avec un sol entièrement recréé par l’artiste, propose un parcours pour le regard produisant une expérience de désorientation.

Née à Cosenza (Calabre) en 1968, Tatiana Trouvé a passé son enfance en Afrique, à Dakar, avant de venir vivre en France où elle a fait des études d’art à la Villa Arson (Nice), suivies par un séjour de deux ans aux Ateliers 63 de Haarlem (Pays-Bas). Elle compte aujourd’hui parmi les artistes de sa génération les plus internationaux et a exposé dans le monde entier. Ses oeuvres figurent dans les grandes collections publiques et privées en France comme à l’étranger. Lauréate du prix Fondation d’entreprise Ricard en 2001, elle a reçu en 2007 le Prix Marcel Duchamp et le prix Rosa Schapire en 2019.

Installée à Paris au milieu des années 1990, Tatiana Trouvé a développé depuis lors une œuvre aussi vaste qu’ambitieuse, où dessin et sculpture s’entrecroisent en un mouvement de va-et-vient permanent. Son travail dans l’espace à trois dimensions procède d’une invention de lieux à (ré)habiter, tandis que sa production graphique fait surgir, comme autant de scènes, des arrangements fragmentaires d’éléments architecturaux, paysagers et mobiliers qui évoquent le rêve et ses mécanismes. L’ensemble de ses travaux est marqué par l’absence de la figure humaine, bien qu’abondent les signes de son passage et de son activité. En découle une mélancolie distincte, propre à ce monde imaginaire flottant entre abandon et possibilité de reconstruction.

Une forme d’ « art de la mémoire » semble ici opérer, qui tiendrait non pas d’une technique de mémorisation, comme ce fut le cas pendant l’Antiquité ou à la Renaissance, mais d’un jeu avec l’oubli laissant au souvenir toute latitude de s’impréciser à l’image des théâtres incertains que campent les dessins, de leur composition et de la disjonction suscitée par l’hétérogénéité de leurs matériaux, qui contribuent à instaurer une énigme générale (une série des années 2010 s’intitule Les Dessouvenus).

L’ « intérieur », notion des plus ambiguës en matière de bâti aussi bien que de psychologie, s’élabore ainsi comme le site par excellence de l’étrangeté. Dans cette oeuvre dont la singularité et la force significatrice s’imposent aujourd’hui avec une évidence toujours grandissante.

#Publication

Le catalogue de l’exposition, « Le grand atlas de la désorientation », lui aussi, est conçu en collaboration avec l’artiste et pensé comme un livre d’exception. 365 dessins datant de 1992 à nos jours y sont réunis avec des textes de Jean-Pierre Criqui, commissaire de l’exposition et de Laura Hoptman, directrice du New York Drawing Center.




Le grand atlas de la désorientation

Tatiana Trouvé, en dialogue avec Jean-Pierre Criqui, commissaire de l’exposition, finalise ses dernières oeuvres et réfléchit encore aux détails de son exposition. Elle la conçoit comme une installation globale. Jean-Pierre Criqui évoque ici les principales préoccupations de l’artiste pour ce projet.

« Désorientation » est un mot qui est effectif dans le parcours qui sera présenté. Tout d’abord dans la mesure où, après le vestibule, l’espace de la Galerie 3 est laissé ouvert.

Les oeuvres présentées, des dessins pour la plupart, ne sont pas accrochés sur des cimaises mais suspendus au plafond, structurant différemment l’espace. Quatre très grands formats, en cours de réalisation et donc présentés pour la première fois, sont exposés dos à dos afin de permettre une ambivalence des points de vue.

Par ailleurs, la récente série From March to May est présentée dans le vestibule de la Galerie 3. Ce sont cinquante-six dessins sur des unes de quotidiens internationaux, réalisés durant le premier confinement, de mars à mai 2020.

Le titre de l’exposition ne renvoie pas à un thème, mais plutôt à un état mental dans le processus de création et à une expérience du regard qui tente d’échapper à toute sorte d’enfermement.

Une des particularités du Centre Pompidou est d’offrir des salles vides, qui permettent de repartir à zéro à chaque fois et de construire en fonction de chaque projet. Ici, l’artiste s’empare des huit cents mètres carrés pour créer une installation d’art totale. L’espace est structuré par la façon de présenter ses oeuvres (une trentaine de dessins et quelques sculptures) et d’utiliser les grandes fenêtres propres à la Galerie 3 du Centre Pompidou. Tatiana Trouvé travaille également le sol, recouvert d’un matériau composite, le viroc. Il lui sert pour dessiner. L’exposition est composée de dessins suspendus mais aussi de dessins au sol ; comme un paysage dessiné de part en part. Les visiteurs vont, d’une certaine manière, marcher sur et dans un dessin.

En outre, trois rideaux vont du sol au plafond le long des parois vitrées de la Galerie fabriquant un intérieur et un extérieur. Il y a dans le travail de Tatiana Trouvé, un fort brouillage des notions d’intérieur et d’extérieur. Elle représente une pièce, une chambre mais avec un arbre qui pousse au milieu ou une pierre tombée sur le lit. Ce sont deux notions, non seulement spatiales, mais aussi psychiques.

Pour conclure, l’exposition est une sorte d’oeuvre d’art total qui se compose à la fois de l’ensemble des oeuvres apportées de l’extérieur et présentées, mais aussi de la façon dont l’artiste transforme cet espace par le sol, par les rideaux qui coupent l’espace et l’articulent. Elle propose l’expérience d’un lieu inédit qui disparaîtra à la fin de l’exposition.