Partage

“Elsa & Johanna” 

Ce que vaut une femme : les douze heures du jour et de la nuit

aux Ă©ditions The Eyes Publishing

Ă©ditions The Eyes

PODCAST - Interview de Johanna, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 23 novembre 2022, durée 29’39. © FranceFineArt. (photographie : © Elsa & Johanna)

PODCAST –  Interview de Johanna,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 23 novembre 2022, durée 29’39. © FranceFineArt.
(photographie : © Elsa & Johanna)


Couverture de Ce que vaut une femme : les douze heures du jour et de la nuit, photographie de Elsa & Johanna aux éditions The Eyes Publishing. © Couverture par Elsa & Johanna, design par les graphicants/ The Eyes Publishing.
Couverture de Ce que vaut une femme : les douze heures du jour et de la nuit, photographie de Elsa & Johanna aux Ă©ditions The Eyes Publishing. © Couverture par Elsa & Johanna, design par les graphicants/ The Eyes Publishing.
Elsa & Johanna, Tina I - la chambre de bonne - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Tina I – la chambre de bonne – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Ornella IV - le double salon - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Ornella IV – le double salon – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Joanna, Mylène I - la chambre - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Joanna, Mylène I – la chambre – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Frida Paulina III - le patio - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Frida Paulina III – le patio – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Edith - le petit salon - planche VIII - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Edith – le petit salon – planche VIII – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Annie VI - le cellier - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Annie VI – le cellier – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Andrée I - la chambre - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, AndrĂ©e I – la chambre – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Adda II - la salle à manger - série Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.
Elsa & Johanna, Adda II – la salle Ă  manger – sĂ©rie Les douze heures du jour et de la nuit. © Elsa & Johanna.

Extrait du communiqué de presse :



Sur une idĂ©e originale de The Eyes et une invitation aux artistes Elsa & Johanna dans le cadre de la rĂ©Ă©dition du livre d’Éline Roch Ce que vaut une femme : traitĂ© d’éducation morale et pratique des jeunes filles (1893)

À l’origine de ce projet est la découverte d’un livre, dans le grenier de la maison familiale, intitulé « Ce que vaut une femme : traité d’éducation morale et pratique des jeunes filles », publié en 1893 avec le soutien du Ministère de l’instruction publique. Son contenu nous est à la fois apparu édifiant et comique.

Le ton est donnĂ© dès l’introduction sous la plume de son autrice Éline Roch, laurĂ©ate du Prix Doyen-DoubliĂ© (en 1893) :  » Qu’adviendrait-il de notre pays le jour oĂą la femme se trouverait dĂ©tournĂ©e de sa destination naturelle, oĂą la jeune fille pourrait supposer qu’il existe autre chose pour elle que la mission noble et sainte d’ĂŞtre Ă©pouse, d’ĂŞtre mère ? « .

Pour rĂ©Ă©diter ce « traitĂ© d’éducation morale », nous avons invitĂ© le duo d’artistes Elsa & Johanna Ă  poser son regard contemporain sur ces injonctions d’un autre temps. Les vingt-quatre personnages fĂ©minins qu’elles incarnent dans Les douze heures du jour et de la nuit s’immiscent dans la chronologie du livre, avec ironie et malice.

VĂ©ronique Prugnaud et Vincent Marcilhacy, Directeur.rices de The Eyes Publishing




CONTEXTE HISTORIQUE FRANÇAIS

Au tournant des XIXe et XXe siècles, l’Ă©ducation domestique des filles fait l’objet d’une attention constante en Europe et en AmĂ©rique. La première Ă©cole domestique française fut fondĂ©e par Mme Doyen-DoublĂ© (1836-1878) et connut un certain succès auprès de la classe ouvrière.

Prix Doyen-DoublĂ© : Dans son testament, Mme AmĂ©lie Doyen-DoublĂ© a accordĂ© Ă  la ville de Reims une rente de 1 000 francs en rĂ©compense des efforts dĂ©ployĂ©s en faveur du dĂ©veloppement de l’Ă©ducation des femmes. Tous les cinq ans, un prix est offert au meilleur auteur (une laĂŻque nĂ©cessairement) d’un traitĂ© destinĂ© Ă  vulgariser dans les classes populaires les prĂ©ceptes de l’Ă©conomie domestique et l’accomplissement des devoirs familiaux. C’est ainsi qu’est nĂ© le Prix Doyen-DoubliĂ©. Eline Roch remporte la 2ème Ă©dition du concours en 1893.

« Entre pied-de-nez et coup de pied dans la fourmilière, après des siècles d’effacement, de dĂ©vouement et d’assujettissement, Elsa & Johanna Ă©chafaudent une galerie de femmes qui sont enfin seules, dĂ©lestĂ©es du « syndrome de l’infirmière », et dont le « faux- self » semble se fissurer au fur et Ă  mesure de l’avancĂ©e des chapitres. Elles n’ont rien de particulier Ă  faire. Elles ont juste la vie pour elles. » Extrait de la prĂ©face – Marie Robert, Conservatrice en chef au musĂ©e d’Orsay, Photographie et CinĂ©ma




CE QUE VAUT UNE FEMME :  Les douze heures du jour et de la nuit – le livre

Au rythme du traitĂ© d’Ă©ducation moral des jeunes filles, les sĂ©ries de chacun des 24 portraits de personnages incarnĂ©s par Elsa & Johanna viennent s’intercaler entre les pages, parfois s’imposent pour mieux faire disparaĂ®tre le texte, ou font face Ă  une des 12 gravures du livre. Le dialogue entre textes et images met en lumière le contraste de deux Ă©poques. La nĂ©gation de l’émotion et de l’intime Ă  la lecture du traitĂ© entre alors en conversation avec la force intĂ©rieure qui se dĂ©gage de cette galerie de femmes. Ă€ chacune et chacun d’imaginer la vie de ces personnages, leur quotidien et leurs pensĂ©es. Une proposition Ă©ditoriale pour se souvenir d’oĂą l’on vient et valoriser ces luttes pour l’Ă©galitĂ©, aujourd’hui encore, combat de tous les jours.




ELSA & JOHANNA : Les douze heures du jour et de la nuit – A propos

Surprises par le dĂ©ni de l’humanitĂ© des femmes et de leur propre sensibilitĂ©, les deux photographes ont explorĂ© un ensemble de personnalitĂ©s fĂ©minines afin de leur redonner toute la libertĂ© de ressentir, d’ouvrir la palette des Ă©motions et d’Ă©largir le champ des possibles. Tout au long des vingt-quatre heures d’une journĂ©e, Elsa et Johanna se sont tour Ă  tour enfilĂ©es dans les costumes de vingt-quatre personnages fĂ©minins qu’elles ont incarnĂ©s et photographiĂ©s dans l’environnement clos de la maison. Si on trouve toujours des femmes dans le cadre domestique, c’est en dĂ©calage avec ce qu’on attend d’elles. Les femmes ne sont pas occupĂ©es par les tâches mĂ©nagères. Ils n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©duits Ă  une seule essence de douceur, de compassion et de sacrifice pour les autres. Au contraire, ils sont tous abstraits de leur contexte et du temps qui passe, suspendus dans un prĂ©sent qui dure et qui est celui de leur rĂŞverie.




ELSA & JOHANNA : Les douze heures du jour et de la nuit – LĂ©one SallĂ© de Chou

« Le choix de l’argentique noir et blanc, inĂ©dit dans le travail d’Elsa et Johanna, a prĂ©cisĂ©ment pour intention d’assurer Ă  ces femmes et Ă  leurs Ă©motions leur caractère intemporel. C’est Ă  nous de plonger dans les portraits et de deviner toute la vie qui est portĂ©e par chacune d’entre elles. Les douze heures du jour et de la nuit propose un archĂ©type de femmes, formant une constellation de vingt-quatre dĂ©esses qui seraient gardiennes des temps et des destins qui se construisent. » LĂ©one SallĂ© de Chou, Philosophe






ActualitĂ©s –
Exposition 

Maison Auguste Comte du 3 novembre au 16 dĂ©cembre 2022 dans le cadre du Festival PhotoSaintGermain
https://augustecomte.org/
http://photosaintgermain.com/



Commissaires VĂ©ronique Prugnaud et Vincent Marcilhacy, The Eyes Publishing

La réédition d’un ouvrage intitulé Ce que vaut une femme : traité d’éducation morale et pratique des jeunes filles publié en 1893 avec le soutien du Ministère de l’instruction publique se trouve à l’origine de ce projet. Le ton est donné dès l’introduction, sous la plume de son autrice Éline Roch : « Qu’adviendrait-il de notre pays le jour où la femme se trouverait détournée de sa destination naturelle, où la jeune fille pourrait supposer qu’il existe autre chose pour elle que la mission noble et sainte d’être épouse, d’être mère ? »

Sur une invitation de The Eyes Publishing, le duo Elsa et Johanna pose son regard singulier d’ artistes d’aujourd’hui sur cette vision de la femme d’un autre temps.

Surprises par la négation faite aux femmes de leur humanité et de leur sensibilité propre, les deux photographes sont parties à la rencontre d’un ensemble très divers de personnalités féminines. Suivant le fil des 24 heures qui composent une journée (les 12 heures du jour, les 12 heures de la nuit), Elsa et Johanna se sont identifiées à vingt-quatre femmes qu’elles ont tour à tour incarnées ou photographiées dans le huis‑clos du foyer. Si nous trouvons toujours les femmes dans un cadre domestique, elles le sont en décalage par rapport à la représentation usuelle. Elles ne sont pas affairées à des tâches ménagères et ne sont pas réduites au cliché unique de la douceur, de la compassion et du sacrifice pour autrui. Au contraire, on les retrouve toutes abstraites de leur cadre spatial et temporel, figées dans un présent qui dure, celui de leur propre rêverie. Le choix de l’argentique noir et blanc, inédit dans le travail d’Elsa et Johanna, a précisément pour intention d’assurer à ces femmes et à leurs émotions un caractère intemporel. C’est au visiteur qu’il revient de se plonger dans les portraits et de deviner, voire d’imaginer l’existence que chacune porte en elle.

Cette constellation de 24 femmes forme une mythologie picturale dont il ne reste plus au spectateur qu’à élucider l’histoire, trop longtemps ensevelie derrière le voile univoque de ce que l’on a appelé la nature féminine.

Les Artistes

Elsa & Johanna sont un duo d’artistes plasticiennes, photographes et cinĂ©astes. Ils se sont rencontrĂ©s Ă  la School of Visual Arts de New York en 2014, oĂą elles Ă©tudiaient parallèlement Ă  leurs Ă©tudes respectives. Elsa est alors Ă©lève Ă  l’École nationale supĂ©rieure des Arts DĂ©coratifs, tandis que Johanna Ă©tudie aux Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier d’Eric Poitevin. En 2015, ils se font connaĂ®tre avec la sĂ©rie d’autoportraits A Couple of Them, dans laquelle ils incarnent des personnages fictifs, occupant Ă  la fois les rĂ´les de mannequin, de styliste, de scĂ©nographe et de photographe. La mise en scène de soi devient un thème rĂ©current dans leur travail personnel. Elles sont invitĂ©es au Salon de Montrouge, en 2016, et sont finalistes du Prix HSBC de la Photographie, puis remportent le Prix Picto de la Mode, en 2017. Elles sont reprĂ©sentĂ©es par la Galerie La Forest Divonne la mĂŞme annĂ©e et ont depuis exposĂ© au MAC VAL, Art Paris et Paris Photo, ont remportĂ© le Prix du Public au Festival de Hyères dans la section photographie en 2019 et ont rĂ©cemment Ă©tĂ© finalistes du Prix du Festival de Photographie d’Arles Louis Roederer.

Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, vue de l’exposition Les douze heures du jour et de la nuit d’Elsa & Johanna – Maison Auguste Comte du 3 novembre au 16 dĂ©cembre 2022 prĂ©sentĂ©e dans le cadre du Festival PhotoSaintGermain. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com