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🔊 “La photographie en toutes lettres” à la Maison Européenne de la Photographie, du 10 juin au 13 septembre 2026

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“La photographie en toutes lettres” 

à la Maison Européenne de la Photographie, Paris

du 10 juin au 13 septembre 2026

Maison Européenne de la Photographie


Entretien avec Clothilde Morette, directrice artistique de la MEP et commissaire de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 15 juin 2026, durée 20’17, © FranceFineArt

PODCAST –  Entretien avec
Clothilde Morette
, 
directrice artistique de la MEP et commissaire de l’exposition,



par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 15 juin 2026, durĂ©e 20’17,
© FranceFineArt.


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La photographie en toutes lettres
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La photographie en toutes lettres
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©Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition avec Clothilde Morette, le 15 juin 2026.


Extrait du communiqué de presse :


https://francefineart.com_ Nan Goldin, Self Portrait with eyes turned inward, Boston, 1989, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Nan Goldin.

Nan Goldin, Self Portrait with eyes turned inward, Boston, 1989, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Nan Goldin.

https://francefineart.com_ Ilanit Illouz, Les Dolines (Saline #01), 2016-2022, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Ilanit Illouz.

Ilanit Illouz, Les Dolines (Saline #01), 2016-2022, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Ilanit Illouz.

https://francefineart.com_ Claudine Doury, Artek, Le camp Kiparisini, Crimée ARTEK, 1994, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Claudine Doury.

Claudine Doury, Artek, Le camp Kiparisini, Crimée ARTEK, 1994, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Claudine Doury.

Commissariat :
Clothilde Morette en collaboration avec Caroline Stein, responsable mĂ©cĂ©nat pour la Collection d’entreprise Neuflize OBC.



Du 10 juin au 13 septembre 2026, la MEP présente, à l’occasion du Bicentenaire de la photographie, une exposition collective réunissant 35 artistes issu·es de la Collection d’entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP, parmi lesquels figurent Nan Goldin, Robert Mapplethorpe, Malick Sidibé ou encore Sophie Calle. Pensée comme un abécédaire accessible à tous les publics, La photographie en toutes lettres tisse des correspondances inattendues entre les oeuvres. Chaque association ouvre une porte, contredit les évidences et invite chacun·e à construire sa propre lecture, entre réminiscences intimes et imaginaires partagés. Autant de fragments qui composent les petits récits de la grande histoire de la photographie, dans une expérience à la fois joueuse, libre et empreinte de nostalgie.

Qu’ont en commun l’adolescence, les contes, les musĂ©es ou encore la Bourgogne ?

Réalisée à l’occasion du bicentenaire de la photographie, l’exposition La photographie en toutes lettres est conçue en étroite collaboration avec la Collection d’entreprise Neuflize OBC. Elle réunit des oeuvres issues de ce fonds, mises en dialogue avec celles des collections de la MEP, offrant ainsi un regard croisé sur la richesse de ces deux ensembles photographiques. Loin de toute histoire linéaire, elle déploie une lecture faite d’associations, de rencontres et de glissements, où les oeuvres dictent leur ordre, indépendamment de toute chronologie ou hiérarchie.

Chaque lettre devient un mot, chaque mot convoque un ensemble d’Ĺ“uvres qui conversent entre elles de manière parfois surprenante. Ici, le Journal LIFE croise la pub Kodak, des Noctambules se retrouvent au MusĂ©e et le Simulacre nĂ©gocie avec la VĂ©ritĂ©. Ces rapprochements rĂ©vèlent l’identitĂ© de la Collection d’entreprise Neuflize OBC – ancrĂ©e dans la crĂ©ation contemporaine, mais dont les racines plongent dans les avant-gardes des annĂ©es 1920. De Rineke Dijkstra Ă  Bernard Plossu, d’Agnès Geoffray Ă  Florence Henri, les nombreux·ses artistes rĂ©uni·es dans l’exposition tĂ©moignent de multiples façons de voir, de montrer et de penser l’image photographique.

S’inspirant de Ways of Seeing de John Berger (1972), l’exposition reprend Ă  cet ouvrage fondateur l’idĂ©e que « le voir prĂ©cède le mot » : nous percevons d’abord le rĂ©el avant de le nommer et de le conceptualiser. C’est ce principe qui structure ce parcours, oĂą le dĂ©calage et l’Ă©nigme priment sur la dĂ©monstration. Chaque salle propose une association qui s’impose avant toute explication. Chaque entrĂ©e de ce lexique est accompagnĂ©e de textes, de citations et d’anecdotes qui Ă©clairent, sans jamais l’Ă©puiser, la pluralitĂ© des rĂ©cits que porte la photographie.




La photographie en toutes lettres s’inscrit dans un partenariat de longue date entre la MEP et la Fondation d’entreprise Neuflize OBC, fidèle soutien de l’institution depuis près de trente ans.

https://francefineart.com_ David Goldblatt, Woman with pierce ear, Joubert Park, Johannesburg, 1975, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © David Goldblatt.

David Goldblatt, Woman with pierce ear, Joubert Park, Johannesburg, 1975, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © David Goldblatt.

https://francefineart.com_ Bernard Plossu, Marseille, 1975, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Bernard Plossu

Bernard Plossu, Marseille, 1975, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Bernard Plossu

https://francefineart.com_ Claude Cahun, Autoportrait avec miroir, c. 1928, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Jersey Heritage Trust.

Claude Cahun, Autoportrait avec miroir, c. 1928, Collection d’entreprise Neuflize OBC. © Jersey Heritage Trust.


Parcours de l’exposition

L’exposition dĂ©bute en Bourgogne, avec NicĂ©phore NiĂ©pce qui, entre 1826 et 1827, rĂ©alise depuis la fenĂŞtre de sa maison de Saint-Loup-de-Varennes, la première photographie connue de l’histoire. Deux siècles plus tard, cette première salle revient aux origines, Ă  la fois gĂ©ographiques, historiques et imaginaires, du mĂ©dium photographique. Trois entrĂ©es lexicales structurent cet espace. A, comme Adolescence, interroge cette pĂ©riode de bascule que la photographie sait si bien retenir entre l’enfance qui s’efface et l’âge adulte qui n’est pas encore advenu. Rineke Dijkstra, Yohanne Lamoulère et Claudine Doury apportent chacune leur propre regard sur la jeunesse, qu’elle se vive en France Ă  Marseille, sur les plages de la mer du Nord ou dans un camp de vacances en CrimĂ©e. B, comme Bourgogne, ancre la photographie dans son territoire d’origine, avec une sĂ©lection d’images de Ralph Gibson qui arpente la rĂ©gion au dĂ©but des annĂ©es 1990. C, comme Conte, nous emmène vers la relation ancienne que la photographie entretient avec le merveilleux depuis ses origines, des photographies spirites du XIXᵉ siècle aux « Personnages Ă  rĂ©activer » de Pierre Joseph.

La seconde salle se penche sur les capacitĂ©s techniques du mĂ©dium photographique Ă  capter ce que l’oeil humain ne perçoit qu’en fragments, furtivement, sans jamais pouvoir vraiment s’y arrĂŞter. LĂ  oĂą le regard glisse, la camĂ©ra fixe. Ces trois mots, D comme Dos, E comme Envers et F comme Face rĂ©unissent huit artistes autour d’une mĂŞme question : que rĂ©vèle le corps lorsqu’on le regarde autrement ? De dos, J.D. ‘Okhai Ojeikere documente les coiffures fĂ©minines nigĂ©rianes comme un acte de fiertĂ© culturelle, Alexandra Catiere fixe des silhouettes face Ă  la mer et Robert Mapplethorpe offre sa nuque telle une sculpture moderne. De face, Pieter Hugo confronte les spectateur·ices Ă  des regards qui interrogent la notion de couleur de peau, Bettina Rheims photographie des corps androgynes qui dĂ©stabilisent les reprĂ©sentations du genre. Enfin, Ă  l’envers, le couple Anna et Bernhard Blume met en scène un quotidien surrĂ©aliste et Patrick Tosani photographie les corps par en dessous, les rendant mĂ©connaissables.

La troisième salle Ă©largit le propos vers des pratiques mixant les mĂ©dias, oĂą photographie, texte et installation se rencontrent autour des notions de gĂ©ographie, histoire et illusion. Le terme GĂ©ographie est l’occasion d’introduire la notion de paysage comme construction artistique avec Nicolas Floc’h, qui plonge dans les Ă©cosystèmes sous-marins, et Ilanit Illouz qui cristallise ses images des rives de la mer Morte dans du sel ramassĂ© sur place. H comme Histoire joue sur la relation entre photographie et texte : Sophie Calle rejoue une filature commandĂ©e vingt ans plus tĂ´t, Agnès Geoffray tisse une fiction autour des mĂ©moires enfouies dans les coffres d’une banque privĂ©e. I comme Illusion remonte aux origines du mĂ©dium avec Daguerre, peintre de dioramas avant d’ĂŞtre inventeur, et convoque Elina Brotherus, dont les Ĺ“uvres jouent, chacune Ă  leur manière, avec ce que la photographie cache autant qu’elle montre.

La quatrième salle de l’exposition explore les usages sociaux et institutionnels de la photographie : ses modes de circulation, de diffusion et de consommation, ainsi que son entrĂ©e dans les collections musĂ©ales. De la presse Ă  la publicitĂ©, des clubs amateur·ices au musĂ©e, elle s’impose comme un outil indispensable. J comme Journal aborde la photographie comme pratique quotidienne et intime, proche du carnet de vie. K comme Kodak et P comme Pub Ă©voquent la dĂ©mocratisation du mĂ©dium et son inscription dans la sociĂ©tĂ© de consommation. L comme Life revient sur l’importance des magazines dans la diffusion des images et leurs possibles dĂ©tournements critiques. M comme MusĂ©e interroge le rĂ´le de l’institution dans la lĂ©gitimation et l’écriture de l’histoire de la photographie. N comme Noctambule met en lumière la fĂŞte et la vie nocturne comme espaces d’expĂ©rimentation. O comme Ovale prĂ©sente le travail historique et formel de Florence Henri, en lien avec le Bauhaus. Enfin, Q comme Queer utilise la photographie comme espace de contestation des normes de genre et de sexualitĂ© avec des figures pionnières comme Claude Cahun et Marcel Moore jusqu’Ă  des artistes contemporain·es comme Yasumasa Morimura.

La cinquième et dernière salle aborde la photographie à travers ses systèmes de classification, ses normes et ses codes, qu’elle contribue autant à établir qu’à remettre en question. De la règle d’échelle à la taxonomie, du simulacre à la vérité, du carrefour des luttes à l’esprit du temps, ces entrées dessinent une pluralité de regards sur le monde. R comme Règle d’échelle met en lumière, avec Joachim Mogarra, le potentiel poétique des objets ordinaires, détournés pour évoquer des architectures monumentales. S comme Simulacre explore, avec Kasimir Zgorecki, la capacité du studio à produire des identités et à mettre en scène des aspirations sociales. T comme Taxonomie présente le travail d’Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek qui, depuis 1994, recensent les styles vestimentaires à travers le monde, révélant à la fois uniformité et singularité des groupes sociaux. U comme UV et W comme Weekend s’intéressent aux pratiques liées aux loisirs et aux vacances, terrain privilégié de l’image vernaculaire, avec Rogério Reis. V comme Vérité réunit David Goldblatt, diCorcia et Sophie Ristelhueber autour d’une même question : que signifie témoigner du réel ? X comme Interdit interroge frontalement la dimension politique du médium : Philip-Lorca diCorcia photographie de jeunes hommes à Los Angeles en réponse à la censure du sénateur Jesse Helms. Enfin, Y comme Carrefour des luttes et Z comme Zeitgeist clôturent le parcours. Bruno Serralongue documente des engagements politiques, sociaux et environnementaux, tandis que Nan Goldin incarne la capacité de la photographie à saisir, depuis une position intime, l’esprit d’une époque, ses tensions et ses transformations.


Au mĂŞme moment Ă  la MEP

Camille Vivier
10.06.2026 du 13.09.2026

Commissaire : Victoria Aresheva

Du 10 juin au 13 septembre 2026, la MEP prĂ©sente la première rĂ©trospective consacrĂ©e Ă  l’artiste française Camille Vivier, figure de la photographie contemporaine. Ă€ travers un ensemble d’œuvres oĂą dialoguent corps, formes sculpturales et prĂ©sences troublantes, un univers Ă  la fois sensuel et Ă©nigmatique se dĂ©ploie, traversĂ© de rĂ©fĂ©rences multiples et d’échos visuels inattendus. Les figures fĂ©minines de Camille Vivier fascinent autant qu’elles dĂ©stabilisent, affirmant toute la puissance et la complexitĂ© de leurs identitĂ©s.

Depuis plus de vingt-cinq ans, Camille Vivier (1977, France) développe une pratique située à la croisée de la photographie d’auteur·e et de la photographie de mode. Son travail, centré sur le corps et la nature morte, dialogue avec des commandes réalisées pour de grands magazines.

De ces deux versants naît un langage visuel singulier, où sensualité, mystère et poésie, s’entrelacent pour interroger la relation entre le vivant et l’inanimé. Au coeur de sa pratique, la représentation féminine, et plus particulièrement le nu, se déploie en s’appuyant sur de nombreuses références culturelles. Fascinée par les figures de femmes puissantes issues des beaux-arts, de la pop culture et des scènes underground, elle puise également dans la littérature, la bande dessinée ou les premières icônes hollywoodiennes. Ses modèles affirment leur présence avec force. Les corps hors normes de bodybuildeuses – Sophie, Tjiki, Deborah – constituent un terrain d’exploration privilégié. À travers eux, l’artiste engage une réflexion sur la pluralité des féminités, où la construction du corps et celle de l’identité entrent en résonance avec le travail de la sculpture.

Dans des mises en scène énigmatiques, ces figures dialoguent avec des objets anthropomorphes choisis pour leur esthétique autant que pour leur charge symbolique : sculptures monumentales dans l’espace public, bougies votives, marionnettes modernistes ou décors biomécaniques conçus par H.R. Giger pour Alien (1979) de Ridley Scott. La photographie devient le lieu de rapprochements inédits, où s’installe une tension parfois inquiétante entre corps humains et corps façonnés, entre matière et chair, entre ce qui respire et ce qui en conserve la forme.

L’exposition retrace l’ensemble de la carrière artistique de Camille Vivier à travers un parcours thématique réunissant une dizaine de séries et près d’une centaine d’oeuvres : tirages gélatino-argentiques et numériques, Polaroïds, ainsi que des oeuvres conçues spécialement pour l’exposition, dont certaines jouent avec les échelles et les dispositifs de présentation.