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🔊 “Alberto Giacometti” Le Nez, à l’Institut Giacometti, du 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024

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“Alberto Giacometti”
Le Nez

à l’Institut Giacometti, Paris

du 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024

Institut Giacometti


Interview de Hugo Daniel, responsable de l’École des Modernités, chargé de mission curatoriale, et commissaire de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 4 octobre 2023, durée 27’37, © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Hugo Daniel, responsable de l’École des ModernitĂ©s, chargĂ© de mission curatoriale, et commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 4 octobre 2023, durée 27’37,
© FranceFineArt.


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©Anne-FrĂ©derique Fer, vernissage presse de l’exposition, le 6 octobre 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Hiroshi Sugimoto, Past Presence 090, The Nose, Alberto Giacometti, 2018. Tirage argentique papier, 94 x 75 cm (l’image). © Hiroshi Sugimoto, 2023. Fondation Giacometti © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Hiroshi Sugimoto, Past Presence 090, The Nose, Alberto Giacometti, 2018. Tirage argentique papier, 94 x 75 cm (l’image). © Hiroshi Sugimoto, 2023. Fondation Giacometti © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Annette Messager, La mère et l’enfant, 2018. Métal, tissus, corde, 125 x 50 x 17 cm. Vue de l’installation à l’Institut Giacometti Annette Messager, Giacometti, 2018. Fondation Giacometti. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2023.

Annette Messager, La mère et l’enfant, 2018. Métal, tissus, corde, 125 x 50 x 17 cm. Vue de l’installation à l’Institut Giacometti Annette Messager, Giacometti, 2018. Fondation Giacometti. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2023.

Alberto Giacometti, Tête sur tige, 1947. Plâtre, 54 x 19 x 15 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Tête sur tige, 1947. Plâtre, 54 x 19 x 15 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Commissaire :
Hugo Daniel, responsable de l’École des Modernités, chargé de mission curatoriale





L’Institut Giacometti présente une exposition inédite consacrée à l’oeuvre iconique de l’artiste, « Le Nez ».

Poursuivant son exploration de l’oeuvre d’Alberto Giacometti, l’Institut Giacometti réunit toutes les versions du Nez, oeuvre retravaillée pendant plusieurs années par l’artiste. L’une d’entre elles, trop fragile pour être déplacée, sera présentée grâce à un dispositif virtuel, introduisant une forme de médiation expérimentale.

Sont rassemblés autour de ces oeuvres exceptionnelles des sculptures, dessins et des archives qui mettront en évidence les multiples facettes et interprétations d’une des oeuvres les plus énigmatiques d’Alberto Giacometti.

Ă€ travers les oeuvres magistrales de quatre artistes contemporains – Annette Messager, Rui Chafes, Hiroshi Sugimoto et Ange Leccia, l’Institut Giacometti Ă©claire d’un jour nouveau la crĂ©ation du sculpteur.

L’exposition est réalisée avec le concours d’un partenariat exceptionnel avec APENFT Foundation et l’entreprise Tron.

 

#LeNezGiacometti – Catalogue co-Ă©ditĂ© par la Fondation Giacometti et FAGE Ă©ditions, Lyon, bilingue français/anglais.

 


Une thématique inédite et des découvertes
Ayant fait l’objet de plusieurs versions différentes, Le Nez, (1947-1964), est à la fois une figure grotesque rappelant le personnage populaire de Pinocchio, et une vision de la mort, thème récurrent qui prend chez l’artiste des formes détournées souvent paradoxales. L’exposition souligne l’ancrage culturel multiple de ces sculptures, qui forment le rappel tout à la fois des Vanités et des anamorphoses de l’histoire de l’art, des figures carnavalesques de la culture populaire, et de certains objets traditionnels Africains et Océaniens, notamment les masques de Nouvelle Guinée. Une large sélection de portraits sculptés montre aussi le rapport particulier à l’anatomie de Giacometti, qui concentre à de nombreuses occasions son attention sur le nez de son modèle. La place de la caricature dans son imaginaire, illustrée par une sélection de dessins inédits, constituera une découverte pour le public. De même, la réapparition de la fantaisie et de l’humour surréalistes, dans une période dominée par la quête du réel et l’obsession d’une ressemblance inatteignable, colore d’un jour nouveau la démarche artistique de Giacometti dans les premières années de l’après-guerre, en révélant la variété de registres. L’exposition réunit pour la première fois cinq versions du Nez, dont trois modèles différents en plâtre conservés par la Fondation Giacometti et le Centre Pompidou (1947-49-64), deux bronzes (1964) dont un prêt de la Justin Sun Collection, et l’ensemble des dessins et archives concernant cette sculpture emblématique. Elle comprend aussi des oeuvres iconiques qui introduisent la réflexion de l’artiste sur la mort, les célèbres Pointe à l’oeil (1932), Tête crâne (1934) et Tête sur tige (1947). Une sélection de bustes, en particulier de son frère Diego (1955-56), montre par ailleurs le contraste très particulier que l’artiste institue entre la vision de face et de profil, dont le Nez est l’expression ultime. Enfin, la référence aux arts extra-occidentaux est rappelée par un prêt exceptionnel du Musée du Quai Branly.


Des résonances contemporaines
Cette exposition montre aussi la puissance de fascination que peut exercer sur les artistes actuels cette icône de l’art moderne, qui annonce aussi les prémisses de l’art contemporain. Quatre artistes internationaux majeurs, aux pratiques variées, font ainsi écho à l’oeuvre de Giacometti. Annette Messager réinterprète l’oeuvre emblématique du sculpteur avec le regard aiguisé et l’humour qui lui sont propres. Rui Chafes crée, autour d’une des fragiles versions en plâtre, un gigantesque masque de fer au dard aiguisé, rappelant la charge érotique et violente du modèle de Giacometti. Hiroshi Sugimoto, dans un subtil théâtre d’ombres, souligne l’aspect spectral de cette projection corporelle dans l’espace. Ange Leccia, au contraire, déjoue le jeu de l’anamorphose par un stratagème lumineux. Quatre créations originales qui se confrontent de manière extrêmement personnelle à l’icône de Giacometti.

Alberto Giacometti, Le Nez, plâtre, 1963. Photo : Ernst Scheidegger. Archives Fondation Giacometti. © photo Ernst Scheidegger © 2023 Stiftung Ernst Scheidegger-Archiv, Zurich. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Le Nez, plâtre, 1963. Photo : Ernst Scheidegger. Archives Fondation Giacometti. © photo Ernst Scheidegger © 2023 Stiftung Ernst Scheidegger-Archiv, Zurich. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Le Nez, 1949. Bronze, 81,2 x 78,1 x 38,5 cm. Collection Justin Sun. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Le Nez, 1949. Bronze, 81,2 x 78,1 x 38,5 cm. Collection Justin Sun. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Le Nez, 1946 – 1947. Crayon graphite sur page de carnet, 16,2 x 10,7 x 1 cm.Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.

Alberto Giacometti, Le Nez, 1946 – 1947. Crayon graphite sur page de carnet, 16,2 x 10,7 x 1 cm.Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2023.


Parcours de l’exposition

Anatomies – « Face et profil »
« Face et profil », comme l’écrivait l’ami Michel Leiris : c’est chez Giacometti un registre essentiel d’appréhension du visage humain, activité obsessive chez lui. « Si je vous regarde en face, j’oublie le profil. Si je regarde le profil, j’oublie la face, tout devient discontinu » déclarait l’artiste en 1962.

Caricature
Le Nez, oeuvre de l’excès et de la déformation, est-il une caricature ? Sans doute pas, mais elle est nourrie de l’histoire de la caricature, dans laquelle l’appendice a une place importante, et des nombreuses caricatures inédites de Giacometti qui a fréquemment pris appui sur cette partie de l’anatomie du visage.

Un dĂ©sir sans limite – Carnaval et pulsion scopique
Définie par l’excès, Le Nez rappelle les démons de Jérôme Bosch, les masques de carnaval, ou les masques de peste que portaient les médecins médievaux et dont l’imagerie s’est assimilée aux évocations de mort. Le conte de Pinocchio n’est qu’un des avatars de ces figures extrêmes. Plus proche de Giacometti, le malheureux roi d’Autriche des Contes d’Engadine, illustrés par son père Giovanni Giacometti quand Alberto a cinq ans, ancre plus profondément encore cette mythologie nasale qui fait de l’appendice suggestif un vrai archétype. Giacometti la déploie dans son oeuvre à un moment charnière, en remobilisant des oeuvres de sa période surréaliste comme La Boule suspendue (1930-1931) et Pointe à l’oeil (1932).

Anamorphoses
Giacometti est familier des « perspectives dépravées », qui jouent de formes doubles et font apparaître des anamorphoses. Un dessin de l’artiste explicite la vue anamorphique du nez qui, vu de face, s’efface pour faire apparaître un crâne. L’oeuvre s’inscrit ainsi dans les jeux d’illusion et d’images doubles, que l’artiste a lui-même pratiquées et qu’Ange Leccia prolonge par son installation.

Une image de la mort
Comme la Tête sur tige (1947) réalisée en même temps, Le Nez est, au premier degré, la transposition d’une vision traumatique de la mort de son compagnon de voyage Pieter van Meurs qui marqua l’artiste lors d’un voyage dans les Alpes à l’automne 1921. Cette image de mort avait déjà été transposée en 1946 dans un texte fondateur de sa mythologie individuelle « Le rêve, le Sphinx et la mort de « T » ». Le Nez est une transposition de‑cette‑hantise mortifère extrêmement productrice.

Une oeuvre en mouvement
Le Nez est une oeuvre mobile, non seulement dans sa forme, mais aussi dans son élaboration progressive par l’artiste. Modelé en plâtre par Alberto Giacometti pour la première fois en 1947, Le Nez  a été retravaillé à de maintes reprises pendant près de dix-sept ans. Ce travail continu et les reprises constantes témoignent de l’importance de cette oeuvre pour l’artiste, pour qui elle fut en mouvement perpétuel.