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🔊 “Joanna Piotrowska” Entre nous, LE BAL, Paris, du 16 février au 21 mai 2023

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“Joanna Piotrowska” Entre nous

LE BAL, Paris

du 16 février au 21 mai 2023

LE BAL


Interview de Julie Héraut, Responsable Exposition et Recherche chez LE BAL, et co-commissaire de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 15 février 2023, durée 19’53. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Julie HĂ©raut, Responsable Exposition et Recherche chez LE BAL, et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 15 février 2023, durée 19’53.
© FranceFineArt.


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Joanna Piotrowska
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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse avec Joanna Piotrowska, le 15 février 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Joanna Piotrowska, Enclosure XLII, 2019. 130 x 160 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Enclosure XLII, 2019. 130 x 160 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2016. 60 x 50 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2016. 60 x 50 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2016. 27 x 21 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2016. 27 x 21 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2022. 130 x 160 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2022. 130 x 160 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Phillida Reid, Londres.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2014 – 2018. 120 x 94 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2014 – 2018. 120 x 94 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2017. 95 x 120 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2017. 95 x 120 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2015 – 2020. 27 x 21 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Madragoa, Lisbonne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2015 – 2020. 27 x 21 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Madragoa, Lisbonne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2015. 21 x 27 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Madragoa, Lisbonne.
Joanna Piotrowska, Sans titre, 2015. 21 x 27 cm, tirage gélatino argentique. © Joanna Piotrowska. Courtesy Galerie Madragoa, Lisbonne.

Commissariat : 
Diane Dufour, Directrice du BAL 
Julie HĂ©raut, Responsable Exposition et Recherche chez LE BAL





“J’ai demandé à mes amis de travailler avec moi à concevoir des situations dans lesquelles ils poseraient avec les membres de leurs familles dans des dispositions parfois empruntées à des sessions de “thérapie” et parfois à leurs propres photographies prises dans le passé. En résulte des situations complètement fictionnelles photographiées selon la codes documentaires.”
Joanna Piotrowska




Se confronter à l’oeuvre de la jeune artiste polonaise Joanna Piotrowska invite inévitablement à faire l’expérience de la contrainte. De ses photographies ou vidéos se dégagent une atmosphère d’enfermement, de violence sourde. S’y observent des corps sous tension aux postures artificielles mis en scène dans des intérieurs domestiques, des cabanes enfantines et précaires construites de toutes pièces par des adultes au sein de leurs propres maisons, des gestes contre des ennemis invisibles, mais aussi des cages de zoos désertées par leurs occupants. Autant de situations dans lesquelles l’expression corporelle se substitue à l’expression verbale. Ce que le langage ne peut exprimer, Joanna Piotrowska le met volontairement en scène par des gestes et attitudes soigneusement composés, créant ainsi un nouvel alphabet corporel, insolite et grinçant.

Ainsi sa première série Frowst, réalisée à partir de 2014, reconstitue un étrange album de famille. Inspirée par les pratiques thérapeutiques de groupes, Joanna Piotrowska demande à des proches de poser en famille. Lieu potentiel de tendresse mais aussi d’emprise, d’émancipation et d’oppression, la famille agit ici comme un miroir de la société tout entière : les multiples systèmes de domination s’incarnent jusqu’à influer sur le mouvement des corps et leurs langages. Dans ces duos ou trios mis en scène, impossible de distinguer la part de réel et celle de fiction d’autant que l’artiste n’hésite pas à y convoquer tous les codes de la photographie documentaire. Ces images de corps étrangement entrelacés, où la ligne ténue entre étreinte et contrainte n’est plus si claire, font ressentir toute l’ambiguïté qui habite son oeuvre.

Pour transcrire cette dualité, Joanna Piotrowska performe le réel. Elle photographie des structures édifiées par des adultes au sein de leurs propres maisons. Ces draps tendus, agrégats de chaises, de meubles, d’objets divers, ces abris de fortune sont-ils destinés à s’isoler du monde extérieur, à s’extraire de sa propre vie ? Inspirée des écrits de la psychologue féministe américaine Carol Gilligan et de manuels d’autodéfense, une autre série d’images se concentre quant à elle sur le corps des femmes. Ici, des ventres contractés, des bras et des jambes repliées, des poings tendus, des dos voutés, semblent lutter, se défendre contre une puissance hors champ. Ces corps contorsionnés, contre qui ou contre quoi se débattent-ils ? Ce caractère énigmatique est aussi présent dans la vidéo Little Sunshine, inspirée d’un jeu d’enfants dans lequel le gagnant est celui qui réussit à faire sourire en premier les autres participants.

“Je voulais présenter ces gestes de telle manière que leurs connotations évidentes ne soient plus aussi limpides, pour montrer leur signification cachée et pour questionner leur statut.”
Joanna Piotrowska

Le regard de Joanna Piotrowska va ensuite s’arrêter sur des espaces de prime abord très éloignés de la sphère domestique. L’artiste photographie des cages ou enclos d’animaux dans des zoos, vidées de leurs habitants, et particulièrement les jouets et objets mis à leur disposition pour « enrichir » leur vie en captivité. Ici la mise en scène des enclos modèle un espace calqué sur l’espace domestique humain (un coin pour dormir, pour se nourrir, pour jouer etc.) et souligne un peu plus la dichotomie à l’oeuvre entre protection et oppression.

“Il m’est important de passer de l’animal à l’humain, de l’humain au foyer, du foyer à la cage, de la cage au refuge, à la sécurité, à l’intimité, au toucher. Je navigue entre ces différents points de référence, tout en essayant de mettre au jour leurs ramifications.” Joanna Piotrowska

Et comme tout semble être question de cadrage dans son travail, Joanna Piotrowska, dans sa plus récente série, présentée pour la première fois au BAL, pose un regard sur son propre passé, sa propre histoire. Découvrant les négatifs d’images prises par son père quelques années avant sa naissance, elle élabore un protocole s’appliquant à prélever, à l’aide d’un téléobjectif, des détails dans la matière photographique inscrite sur la pellicule. Comme dans le film Blow-up de Michelangelo Antonioni, des agrandissements d’objets semblent les indices, les marqueurs aux contours flous, de sa propre mémoire défaillante.

Se rencontrent, dans cette exploration de l’intime, les éléments humainement et socialement déterminants d’une époque. Si tout semble nous éloigner d’une oeuvre réaliste, Joanna Piotrowska ne produit-elle pas, pour reprendre les mots de G. Lukacs, une « image relative, incomplète (…) effet de la vie elle-même, sous une forme rehaussée, intensifiée, plus vivante que dans la réalité » ?

Julie Héraut et Diane Dufour, commissaires de l’exposition






Publication
Stable Vices, publié par Mack Books en 2021, est un ouvrage monographique consacré à l’artiste polonaise Joanna Piotrowska. On y retrouve ses séries photographiques les plus emblématiques ainsi que ses films les plus récents qui explorent notamment les thèmes de la protection, de la liberté et de l’oppression, récurrents au sein de son oeuvre. À l’occasion de l’exposition au BAL, le livret Joanna Piotrowska – Entre nous co-édité par Mack Books et LE BAL, complète la publication originale en présentant le dernier travail de l’artiste, dans lequel elle pose un regard sur son histoire familiale. Un texte inédit d’Anouchka Grose, psychanalyste et écrivaine anglo-australienne, accompagne cette série. Le livret comprend également les traductions en français des textes de l’historienne de l’art contemporain et commissaire d’exposition Sara De Chiara, de l’écrivaine polonaise Dorota Maslowska ainsi que de la philosophe polonaise Joanna Bednarek.

L’exposition est organisée en collaboration avec Phillida Reid Gallery, Londres, la Galerie Thomas Zander, Cologne et Galeria Madragoa, Lisbonne. L’exposition et la publication ont reçu le soutien de Fluxus Art Projects et Artworkers Retirement Society.






Biographie
Joanna Piotrowska est une artiste née en 1985 à Varsovie, vivant et travaillant à Londres. Après avoir étudié la photographie à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie, elle poursuit ses études au Royal College of Art de Londres dont elle est diplômée en 2013. Sa pratique artistique analyse les relations interpersonnelles et les dynamiques de pouvoir qui s’expriment notamment au sein de la structure familiale. Son travail a été exposé dans de nombreuses institutions à travers le monde, telles que la Biennale de Venise en 2022, Zacheta – National Gallery of Art à Varsovie en 2020, la Kunsthalle de Bâle et la Tate Britain en 2019, la 10ème Biennale de Berlin ainsi que le MoMA, New York, en 2018. Cette même année, elle est lauréate du prix Lewis Baltz Research Fund. Ses oeuvres ont notamment intégrées les collections de Tate Britain, Londres, du Museum of Modern Art, New York, ainsi que The ING Polish Art Foundation à Varsovie. De plus, plusieurs ouvrages dédiés à son oeuvre ont été publiés : Stable Vices (MACK Books, 2021), Frantic (Humboldt books, 2017) ainsi que Frowst (MACK Books, 2014).