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“Eugenio Tellez” L’ombre de Saturne

Ă  la Maison de l’AmĂ©rique latine, Paris

du 15 février au 22 avril 2023

Maison de l’AmĂ©rique latine


Interview de Eugenio Tellez, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 14 fĂ©vrier 2023, durĂ©e 24’26. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Eugenio Tellez,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 14 fĂ©vrier 2023, durĂ©e 24’26.
© FranceFineArt.


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Eugenio Tellez
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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse avec Eugenio Tellez, le 14 février 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Eugenio Tellez, Les huit au crépuscule, 2022. Huile et collage sur toile,132 x 190 cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, Les huit au crépuscule, 2022. Huile et collage sur toile,132 x 190 cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, Le trapĂšze saturnien, 2022. Huile sur toile, 180 x 180cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, Le trapĂšze saturnien, 2022. Huile sur toile, 180 x 180cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, La guerra, 1999. Peinture vinylique et crayon sur toile, 200 x 284 cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, La guerra, 1999. Peinture vinylique et crayon sur toile, 200 x 284 cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Malabar Mundi, 2016. Eau-forte en couleur sur cuivre, 63 x 81 cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, Malabar Mundi, 2016. Eau-forte en couleur sur cuivre, 63 x 81 cm, photo Suzanne Nagy.
Eugenio Tellez, La difunta ceniza, 2021. Crayon graphite et photo sur papier fabriano,  81 x 116cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, La difunta ceniza, 2021. Crayon graphite et photo sur papier fabriano, 81 x 116cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Ombre nerre, 2020. Crayon graphite, collage, film kodalith, photo sur papier fabriano, 81 x 116cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Ombre nerre, 2020. Crayon graphite, collage, film kodalith, photo sur papier fabriano, 81 x 116cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Alas de plomo, 2020. Crayon graphite, photo et kodalith sur papier fabriano,  81 x 116 cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Alas de plomo, 2020. Crayon graphite, photo et kodalith sur papier fabriano, 81 x 116 cm, photo Atelier Tellez.
Eugenio Tellez, Pandora’s box, 2018. Crayon, graphite, photo sur papier fabriano, 81 x 116cm, photo Jorge Brantmayer.
Eugenio Tellez, Pandora’s box, 2018. Crayon, graphite, photo sur papier fabriano, 81 x 116cm, photo Jorge Brantmayer.

Le propos de l’exposition 



En ouverture de l’annĂ©e 2023, le 15 fĂ©vrier prochain, la Maison de l’AmĂ©rique latine met Ă  l’honneur l’oeuvre de l’artiste chilien Eugenio Tellez (Santiago, 1939) ; une premiĂšre en France de cette envergure.

Seize ans aprĂšs la grande rĂ©trospective –  Le sourire de Saturne – que lui a consacrĂ©e le MusĂ©e des Beaux-Arts de Santiago (2006),  Tellez rĂ©unit Ă  nouveau un nombre important de peintures, collages, dessins, gravures, et objets, rĂ©alisĂ©s depuis le milieu des annĂ©es 2000 jusqu’à aujourd’hui.

IntitulĂ©e L’ombre de Saturne, l’exposition parisienne est Ă  lire comme un second volet de l’exposition de Santiago, dans sa continuitĂ© naturelle. Tellez s’inspire de la figure de Saturne et des mythes contemporains qui nourrissent son imaginaire depuis longtemps. 

Les visiteurs pourront dĂ©couvrir et mesurer le travail d’un artiste de grande ampleur qui depuis plus de 50 ans fouille sans relĂąche les strates et interstices de l’histoire pour reconstruire les tissus de la mĂ©moire, non sans dĂ©sillusion.

« Dans la crĂ©ation de formes sensibles, tout se joue dans le rapport entre l’espace du corps et le temps de la micro-histoire, dont la surface, imprĂ©gnĂ©e des vicissitudes dues aux acides, huile, graphite, acrylique, goudron, accueille la douleur du regard. Telle a Ă©tĂ© ma « politique » : retrouver le destin matĂ©riel des ombres vĂ©hiculĂ©es par cette seconde moitiĂ© du XXe siĂšcle. La proximitĂ© avec la rĂ©volution en AmĂ©rique latine et les conflits mondiaux qui ont marquĂ© nos vies ont contribuĂ© Ă  donner Ă  ma mĂ©lancolie actuelle une forme rĂ©manente. L’ange de l’histoire s’installe comme un fantĂŽme et ouvre le sillon d’un champ imaginaire peuplĂ© de ruines et de cadavres. Je peins dans le sillon ouvert par les autres, Ă©voluant entre les continents, portant les traces et les vestiges d’oeuvres construites dans la superposition de signes historiques, divers, contradictoires, dĂ©formĂ©s, laissant place Ă  des images reconnaissables qui s’impriment selon une maniĂšre combinĂ©e et inĂ©gale, articulant collage, dessin, gravure et peinture. » confie Eugenio Tellez (extrait de son texte Ombre portĂ©e dans le catalogue).

La Maison de l’AmĂ©rique latine rend hommage Ă  un artiste qui a trĂšs tĂŽt choisi la capitale française pour y parfaire sa formation technique et a choisi de rester y vivre, aprĂšs de longues pĂ©riodes de sĂ©jours en AmĂ©rique du Nord et du Sud. C’est en effet en 1960, Ă  l’ñge de 21 ans, qu’Eugenio Tellez arrive Ă  Paris. Il travaille alors aux cĂŽtĂ©s du peintre et graveur anglais Stanley W. Hayter, fondateur du cĂ©lĂšbre atelier de gravure Atelier 17, frĂ©quentĂ© Ă  l’époque par Alechinsky, Marcel Duchamp, Jacques Herold, Gino Severini, entre autres
 En 1962, il deviendra son directeur associĂ©.

Cette collaboration aura une grande influence sur le dĂ©veloppement de son oeuvre qui porte en elle l’empreinte profonde et hautement maĂźtrisĂ©e des techniques de la gravure. InspirĂ© par l’Atlas MnĂ©mosyne de l’historien d’art allemand Aby Warburg et l’entrechoc visuel que provoque la superposition des images, Eugenio Tellez est un peintre d’histoire au sens large, qui manipule, dĂ©crypte et rĂ©ordonne les forces en mouvement qui nous absorbent. Sur l’« atlas » personnel qu’il se construit, Eugenio Tellez affirme : « il rĂ©sume de maniĂšre souterraine mon rapport Ă  l’histoire, Ă  la littĂ©rature, et aux conflits qui m’ont marquĂ©s. Mais ce que je pose sur ma table de travail, c’est du matĂ©riel de seconde main, des photos prises au hasard, dans lesquelles apparaĂźt la preuve graphique d’une grande catastrophe. »

L’artiste travaille avec les «lieux communs» de l’histoire du XXe siĂšcle et contemporaine qui dĂ©signent des actions traumatiques, et donnent forme Ă  une maniĂšre de « se casser la figure » dans les processus Ă  l’oeuvre pour modifier l’état des choses existant. Il Ă©labore ainsi une peinture de la dĂ©sillusion, Ă  travers laquelle il reconstruit l’effet fantomatique des Ă©vĂ©nements qui ont conduit les diffĂ©rents mouvements sociaux Ă  une dĂ©faite retentissante, venue modifier l’image qu’ils ont de leurs expĂ©riences. En ce sens, sa peinture donne corps Ă  ceux qui ont « perdu la face ».

Pareillement, les paysages dĂ©peints dans ses toiles sont un hommage Ă  la dĂ©sarticulation de l’histoire, celle-ci ayant des rĂ©percussions sur la dĂ©sarticulation de la peinture elle-mĂȘme. FascinĂ© par l’iconographie de la guerre, Tellez se lance Ă  « l‘assaut » de la matiĂšre picturale selon une manoeuvre destinĂ©e Ă  prĂ©parer la surface, comme le ferait un lithographe, comme si par cet acte il voulait prĂ©parer la toile Ă  recevoir la mĂ©moire matĂ©rialisĂ©e des dessins et des Ă©crits, rĂ©alisĂ©s avec des techniques empruntĂ©es au burin, Ă  la pointe sĂšche et Ă  l’eau forte. Le tableau s’imprĂšgne donc en profondeur, pour devenir le support de ce qui lui sera confiĂ© en surface, afin de condenser le rĂ©cit qui sera compris comme une « analyse de la situation concrĂšte ». À l’instar des « rapports de terrain », les tableaux d’Eugenio Tellez sont dessinĂ©s et peints pour rendre compte de l’état effectif des forces chromatiques et graphiques disponibles pour raconter des histoires de l’effondrement.







Catalogue d’exposition
  aux éditions Hermann, avec des textes de :
Eugenio Tellez : Ombre portée 
Maurizio Serra : Saturne, Homo Viator, Les Lucioles
Stéphane Guégan : Guerre 
Justo Pastor Mellado : DĂ©membrement du cadre