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“Odonchimeg Davaadorj“ Bardo

à l’orangerie du Domaine départemental de Chamarande, Essonne

du 4 juin au 18 septembre 2022

Domaine de Chamarande



Interview de Odonchimeg Davaadorj, par Anne-Frédérique Fer, à Chamarande, le 1er juin 2022, durée 12’42. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Odonchimeg Davaadorj, par Anne-Frédérique Fer,


par Anne-Frédérique Fer, à Chamarande, le 1er juin 2022, durée 12’42.
© FranceFineArt.

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Odonchimeg Davaadorj
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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’exposition avec Odonchimeg Davaadorj, le 1er juin 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Odonchimeg Davaadorj, Buvei, 2021 – © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Buvei, 2021 – © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Buvei, 2021 – © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Buvei, 2021 – © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Hera, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Hera, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Black Swan, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Black Swan, 2021 – photo : Backslash galerie © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Bardo, 2021 – vue de l’exposition « Animal Kingdom » au centre d’art Âme nue (Hambourg), 28.05.2021-15.06.2021 © Odonchimeg Davaadorj, 2022.
Odonchimeg Davaadorj, Bardo, 2021 – vue de l’exposition « Animal Kingdom » au centre d’art Âme nue (Hambourg), 28.05.2021-15.06.2021 © Odonchimeg Davaadorj, 2022.

Le Domaine départemental de Chamarande consacre sa programmation artistique 2022 aux liens entre l’animal et l’homme. Intitulée « Bardo », l’exposition d’Odonchimeg Davaadorj, installée à l’orangerie du 4 juin au 18 septembre, est le deuxième temps fort de ce cycle thématique. L’artiste y présente un ensemble d’oeuvres récentes et, pour certaines, inédites.

Odonchimeg Davaadorj développe une pratique plurielle qui, souvent, prend la forme de dispositifs mêlant plusieurs matériaux et techniques, depuis le dessin et la peinture, jusqu’à la vidéo et la performance, en passant par la couture, la broderie et la poésie. Puisant dans sa double culture – mongole de naissance, française d’adoption – ses oeuvres redessinent une cosmologie dans laquelle les êtres, qu’ils soient humains, animaux et végétaux mais aussi parfois minéraux, semblent liés intrinsèquement les uns aux autres : prises dans un tout organique, les figures s’imbriquent, se prolongent ou s’enchevêtrent parfois jusqu’à l’hybridation.

L’exposition à l’orangerie réunit plusieurs séries de dessins de très grands formats ainsi que plusieurs dizaines de céramiques réalisées par l’artiste pour l’occasion. Le titre de l’exposition « Bardo » fait référence à un concept du bouddhisme tibétain qui signifie « intervalle » et désigne une position intermédiaire et transitoire entre deux états. Si cette notion désigne plus particulièrement une série de dessins en très grands formats dans laquelle sont représentées des figures mi-oiseaux mi-humains (2021), elle parcourt l’ensemble de son oeuvre, à l’image des nombreuses petites sculptures présentées.

Pour l’artiste, l’oiseau symbolise une forme de liberté par sa capacité naturelle à voler, là où l’homme ne peut que recourir à la technologie. Mais la série éponyme traite également de l’illusion d’indépendance qui est la nôtre. Les oiseaux représentés sont des moineaux – espèce particulièrement en voie de disparition en Île-de-France – sur le ventre desquels apparaissent des visages humains, dès lors menacés à leur tour d’extinction.

« Je crois vraiment que tous les éléments sur cette terre sont liés les uns aux autres. Je suis sensible à la pensée bouddhiste : si je vois un cadavre d’oiseau dans la rue, je pense que cela peut affecter ma vie d’une manière ou d’une autre. Et tout ce que je fais a une conséquence sur les autres », souligne Odonchimeg Davaadorj.

L’exposition réunit également deux autres séries de dessins en grands formats qui traitent de la transformation : Hera (2021-2022), ensemble de papillons à visage humain, ou encore l’installation Black Swan (2021) qui réactive la puissance narrative et dramatique attachée au cygne noir.

Odonchimeg Davaadorj (1990, Darkhan) quitte la Mongolie à seulement 17 ans pour la République Tchèque, avant de rejoindre Paris en 2009, où elle se lance dans des études artistiques. Diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Paris-Cergy (ENSAPC), elle a présenté son travail au sein d’expositions collectives (Salon de Montrouge, 63e édition, 2018 ; Galerie Premier Regard, Paris, 2018 « Matters of Concern », Hermès La Verrière, Bruxelles, 2019 ; « Even the rocks reach out to kiss you », Transpalette, Bourges, 2021 ; « Animal Kingdom », Âme Nue, Hambourg, 2021, « Danse et Rituel », Centre National de la Danse, Pantin, 2021) et a bénéficié de solo shows, notamment au sein de la galerie Backslash (2019 et 2021). Elle est représentée par la galerie Backslash (Paris) et la Re.Riddle Gallery (San Francisco).


Édito – exposition/saison
« Devenir [un autre] animal »

Depuis 2001, le Domaine départemental de Chamarande fait dialoguer l’histoire et le contemporain, le vivant et la création, l’art et la nature. L’année 2022 sera celle de l’animal. Avec toujours cette même ambition de rendre l’art contemporain accessible au plus grand nombre, les expositions présentées vont davantage aborder ce qui réunit l’homme et l’animal que ce qui les différencie. Cette programmation se fait ainsi l’écho des questions de société actuelles sur notre rapport à l’animal et sur le statut que nous lui accordons. Elle se déclinera jusqu’en février 2023 en expositions personnelles et collectives d’artistes invités et présentés dans les murs, au château et dans l’orangerie du Domaine, ainsi que sur tout le territoire essonnien. Premier temps fort, l’exposition collective « Devenir [un autre] animal » réunit huit artistes et un collectif qui investissent chacun l’un des espaces d’exposition du château : Katia Bourdarel, Odonchimeg Davaadorj, Edi Dubien, Charles Fréger, Delphine Gigoux-Martin, Benoit Huot, Julien Salaud, Nicolas Tubéry, La « S » Grand Atelier (Pascal Cornélis, Laura Delvaux, Barbara Massart, Anaïd Ferté). Cette programmation s’adresse à tous les publics et devrait particulièrement séduire les familles. À travers cette thématique des liens entre l’homme et l’animal, nous souhaitons aussi faire découvrir aux visiteurs des artistes de la dernière décennie qui traitent de la société de leur époque. C’est aussi grâce au concours du Musée d’art de la Province de Hainaut (BPS22) et à la Fondation Villa Datris, que nous pouvons offrir aux Essonniens ce moment d’évasion au coeur du magnifique cadre du Domaine départemental de Chamarande. Nous vous souhaitons une belle découverte artistique.

Édito – exposition/saison « Devenir [un autre] animal »

 

Depuis 2001, le Domaine départemental de Chamarande fait dialoguer l’histoire et le contemporain, le vivant et la création, l’art et la nature. L’année 2022 sera celle de l’animal. Avec toujours cette même ambition de rendre l’art contemporain accessible au plus grand nombre, les expositions présentées vont davantage aborder ce qui réunit l’homme et l’animal que ce qui les différencie. Cette programmation se fait ainsi l’écho des questions de société actuelles sur notre rapport à l’animal et sur le statut que nous lui accordons. Elle se déclinera jusqu’en février 2023 en expositions personnelles et collectives d’artistes invités et présentés dans les murs, au château et dans l’orangerie du Domaine, ainsi que sur tout le territoire essonnien. Premier temps fort, l’exposition collective « Devenir [un autre] animal » réunit huit artistes et un collectif qui investissent chacun l’un des espaces d’exposition du château : Katia Bourdarel, Odonchimeg Davaadorj, Edi Dubien, Charles Fréger, Delphine Gigoux-Martin, Benoit Huot, Julien Salaud, Nicolas Tubéry, La « S » Grand Atelier (Pascal Cornélis, Laura Delvaux, Barbara Massart, Anaïd Ferté). Cette programmation s’adresse à tous les publics et devrait particulièrement séduire les familles. À travers cette thématique des liens entre l’homme et l’animal, nous souhaitons aussi faire découvrir aux visiteurs des artistes de la dernière décennie qui traitent de la société de leur époque. C’est aussi grâce au concours du Musée d’art de la Province de Hainaut (BPS22) et à la Fondation Villa Datris, que nous pouvons offrir aux Essonniens ce moment d’évasion au coeur du magnifique cadre du Domaine départemental de Chamarande. Nous vous souhaitons une belle découverte artistique.



L’exposition
 

Présentation par Gilles Rion, Responsable des expositions et du FDAC de l’Essonne

Longtemps, l’Homme occidental autoproclamé moderne s’est échiné à se définir par contraste avec ce qu’il ne serait pas. À la pleine humanité, rationnelle, cultivée – culturelle – qu’il était censé incarner, s’opposait un ensemble aux contours flous réunissant indistinctement des entités ayant pour seul point commun leur prétendue non-humanité : la Nature. Parce qu’il nous serait le plus proche, l’animal occupait une place de choix dans cette construction. Sauvage ou domestique, meilleur ami et pire ennemi, docile compagnon ou bête sanguinaire, l’animal est le règne dont l’humain se serait extirpé pour s’élever et dominer une nature qu’il guidera désormais sur le chemin de l’évolution et du progrès.

Sauf qu’il n’en est rien. Le modèle est battu en brèche de toute part. Noé n’était pas si bon charpentier : l’Arche prend l’eau. Il est temps de revoir les récits héroïques que nous nous racontions, à commencer par cette prétendue distinction entre l’humain et l’animal. D’abord parce que le premier, sujet sensible et intelligent tout à la fois, n’a jamais cessé d’être un animal : un être vivant, biologique, mû par des besoins et des désirs. Et qu’à l’inverse, peut-être que le second n’a jamais cessé d’être aussi un sujet, à la fois sensible et intelligent. Notre rapport à l’autre animal doit alors être entièrement réévalué, en l’envisageant comme une relation entre deux personnes qui coexistent voire cohabitent, pour le meilleur comme pour le pire, et qui dès lors doivent se comprendre.

L’exposition nait donc dans ce chassé-croisé entre l’animalité de l’homme et l’humanité de l’animal pour donner à voir des formes et à des pratiques artistiques qui germent dans l’espace menant de l’un à l’autre. Ce faisant, elle inscrit son propos « par-delà nature et culture »(1) , comme le veut la formule désormais consacrée. Elle témoigne ainsi de la manière dont certaines réflexions nées dans d’autres domaines – l’anthropologie, l’éthologie ou la philosophie – et dont certaines visions du monde existant sous d’autres latitudes – qualifiées d’animistes – s’expriment aussi dans le champ de la création contemporaine. Le pari est de taille : il s’agit de miser sur la capacité de l’art contemporain, celui là même qui a pour tâche de façonner des représentations au sens propre, à produire de nouvelles perspectives autant que de nouvelles formes du visible, à-même de provoquer un décentrement.

Pour cette exposition, huit artistes et un collectif, reconnus et particulièrement actifs sur la scène française actuelle ont été invités à investir les espaces du château. « Devenir [un autre] animal » propose un voyage au sein de neuf mondes participant de cette « contre-culture animale », dans lesquels la relation à l’animal dépasse le traditionnel face-à-face pour tendre à une transformation mutuelle au contact de l’autre : devenir animal, devenir un autre animal, c’est aussi et avant tout accepter que nous puissions désirer devenir autre, être l’autre. Les artistes ici réunis investissent des figures ou des corps animaux pour questionner les rôles et les identités jusqu’alors assignés à chaque être vivant et ouvrir à un tissage mouvant et inventif d’interrelations multiples.

L’exposition présente des oeuvres importantes et remarquées au cours de la dernière décennie, comme la série photographique Wilder Mann (depuis 2010) de Charles Fréger, l’installation Je suis une louve (2012) de Katia Bourdarel ou encore le Printemps (Cerfaure) (2014) de Julien Salaud. Mais elle se structure également autour d’oeuvres redéployées pour l’occasion comme celles de Delphine Gigoux-Martin et Nicolas Tubéry, ainsi que d’installations et d’oeuvres récentes voire inédites d’Edi Dubien, Benoit Huot, Odonchimeg Davaadorj ou encore du collectif d’art brut contemporain La « S » Grand Atelier.

Le château de Chamarande se donne comme un écrin particulièrement favorable à un tel projet. Chaque espace d’exposition offert par ce monument historique possède une identité propre qui reflète la multitude d’époques, de propriétaires, de goûts et d’évolutions qui l’ont façonné depuis le début du 17e siècle. Une pluralité et une diversité d’esprits du lieu habitent ce château, auxquelles entend répondre une exposition « orchestre » dans laquelle se jouent neuf partitions. Aussi, l’exposition s’envisage moins comme une exposition collective traditionnelle compilant ou alignant les oeuvres et les artistes que comme une constellation ébauchant une nouvelle table d’orientation. Elle ne prétend pas mobiliser des oeuvres au service d’un discours emphatique dans un grand mouvement accumulateur et rassembleur, mais s’affirme au contraire comme une tentative, humble, de travailler à partir de la différence, de la variation et de l’intervalle entre les oeuvres, pour y tracer des fils aléatoires, voire imaginaires, d’où naitront peut-être des réflexions, sinon du sens.


1 Philippe Descola, « Par-delà nature et culture », Gallimard, 2005