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“Corinne Mercadier“ 

à la galerie binome, Paris

du 13 mai au 16 juillet 2022

galerie binome


Interview de Corinne Mercadier, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 17 mai 2022, durée  20’21. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Corinne Mercadier,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 17 mai 2022, durée 20’19.
© FranceFineArt.

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Corinne Mercadier
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Corinne Mercadier
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Corinne Mercadier
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Corinne Mercadier
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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’exposition avec Corinne Mercadier, le 17 mai 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Corinne Mercadier, Une étoile endormie, série La nuit magnétique, 2022. 60 x 90 cm - édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Une étoile endormie, série La nuit magnétique, 2022. 60 x 90 cm – édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Luna, série La nuit magnétique, 2022. 60 x 90 cm - édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Luna, série La nuit magnétique, 2022. 60 x 90 cm – édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Impromptu, série La nuit magnétique, 2022, 60 x 90 cm - édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Impromptu, série La nuit magnétique, 2022, 60 x 90 cm – édition de 5 (+2EA). Peinture sur verre et photographies, tirage sur papier platine fiber rag Canson.
Corinne Mercadier, Glasstype 172, 1987. Pièce unique – 8,8 x 10,7 cm. Peinture sur verre et Polaroid SX70.
Corinne Mercadier, Glasstype 172, 1987. Pièce unique – 8,8 x 10,7 cm. Peinture sur verre et Polaroid SX70.

Depuis toujours, tel un protocole d’entrée le matin dans l’atelier, Corinne Mercadier couche dans des cahiers les échos des rêves de la nuit. Des mots, phrases et dessins qui donnent le la d’une journée de travail et une clé de lecture d’une vie de création. Corinne Mercadier a commencé dans les années 80 une oeuvre photographique qui l’inscrit depuis en pionnière de l’expérimentation du medium. Agrégée d’Arts plastiques et diplômée en Histoire de l’art, elle déploie dans ses photographies une réflexion protéiforme, qui croise le dessin, la peinture sur verre, le travail en volume ou la mise en scène. En près de 40 ans de création, son imaginaire photographique fait désormais référence auprès de plusieurs générations d’artistes.

Corinne Mercadier a rejoint la Galerie Binome en 2021. Cette nouvelle collaboration s’inscrit dans la volonté de la galerie d’interroger la genèse des pratiques contemporaines au cœur de ses recherches et qui participent à redéfinir le champ de la photographie. En trois corpus inédits, de 1987 à 2022, cette première présentation illustre la place remarquable de l’artiste dans la capacité de régénération du medium.




Texte – Corinne Mercadier par Béatrice Andrieux

Depuis de nombreuses années, Corinne Mercadier marque de son empreinte le paysage photographique contemporain. Par son approche unique et inventive, elle est passée de l’argentique au numérique avec le même souci de la précision, approche dans laquelle la place du dessin fait sens – dessins préparatoires, peintures sur verre, séries indépendantes. Les trois séries inédites exposées témoignent de sa création prolifique et de son imagination toujours en éveil pour articuler son espace mental à l’espace public où objets et rêveries contribuent tour à tour à fabriquer des tensions historiques. Par-delà les références et les icônes qui l’accompagnent depuis ses débuts comme Etienne-Jules Marey connu pour ses travaux sur la décomposition du mouvement de l’air notamment et sur l’invention de la chronophotographie, Francesca Woodman pour sa capacité à s’échapper du cadre, à se dissoudre dans ses mises en scènes, ou Berenice Abbott pour ses expérimentations de rebonds multiples d’une balle de golf, Corinne Mercadier compose une autre réalité où la photographie scénarise une image du temps et où le dessin sur la photographie précisément dans la série Eternel retour, suggère une image d’un temps caché, invisible, absurde, impossible.

C’est ainsi qu’elle réalise à la fin des années 80 ses premiers Glasstypes des peintures sur verre, réinterprétations du décor de l’Annonciation à Sainte-Anne de Giotto, qu’elle photographie au Polaroid SX70 sous différents angles dévoilant une autre architecture, un autre point de vue. Ces oeuvres uniques, par leur va-et-vient entre la peinture et la photographie, illustrent l’écriture de Corinne Mercadier. L’arrêt du Polaroid SX70 en 2008 l’amènera à découvrir et s’approprier la technique du numérique dont elle se saisira avec la même créativité.

Dans ses dessins de la série Éternel retour (2020), elle utilise la trame d’image comme trame d’histoire. À partir d’impressions numériques sur papier des séries De Vive Mémoire (2019) et Espace second (2018), elle redessine au crayon, à l’encre et à la gouache pour articuler autrement son récit. De nouveau l’unicité est au centre de sa pratique nous conviant à réinterpréter des images existantes dans lesquelles objets et formes, souvent des sphères et autres corps volants, apparaissent.

Pour sa dernière série La nuit magnétique (2022), elle intègre de nouvelles peintures sur verre (des nuages, fumées ou polyèdres lumineux) dans ses prises de vues où voisinent architectures contemporaines et baroques, du nouveau Musée Narbo Via de Narbonne à la Chapelle de la Vieille Charité de Marseille. Pour Corinne Mercadier, ces différents lieux, muséaux pour la plupart, sont choisi « à un moment où leur usage est suspendu, ils sont vides d’objets et de présence humaine, et cette absence crée une étrangeté propice à la rêverie ». Imperceptiblement, l’air de rien, les compositions entre photographies et peintures deviennent des scènes fictionnelles où l’on devine un décor réel qui se dilue dans l’imaginaire. Corinne Mercadier travaille la lumière et le point de vue dans sa cohérence des règles du rêve et non de la réalité. Elle joue avec la transparence et l’immatérialité pour donner corps à ses rêves. Nous pouvons l’accompagner dans ce voyage intérieur et pénétrer dans sa pyramide fictive.

Béatrice Andrieux, commissaire et critique d’art membre Aica et c-e-a

Corinne Mercadier, Glasstype 171, 1987. Pièce unique – 8,8 x 10,7 cm. Polaroid SX70.
Corinne Mercadier, Glasstype 171, 1987. Pièce unique – 8,8 x 10,7 cm. Polaroid SX70.
Corinne Mercadier, The Galactic Conferenz, série Éternel retour, 2020. Pièce unique – 12,5 x 9 cm. Dessin sur photographie, impression jet d’encre, crayon de couleurs, gouache, encre.
Corinne Mercadier, The Galactic Conferenz, série Éternel retour, 2020. Pièce unique – 12,5 x 9 cm. Dessin sur photographie, impression jet d’encre, crayon de couleurs, gouache, encre.
Corinne Mercadier, Cirque, série Éternel retour, 2020. pièce unique – 12,5 x 9 cm. Dessin sur photographie, impression jet d’encre, crayon de couleurs, gouache, encre.
Corinne Mercadier, Cirque, série Éternel retour, 2020. pièce unique – 12,5 x 9 cm. Dessin sur photographie, impression jet d’encre, crayon de couleurs, gouache, encre.

Biographie

Corinne Mercadier (1955, Boulogne-Billancourt, France) vit et travaille entre Paris et Bages dans le Languedoc. Agrégée d’Arts Plastiques, diplômée en Histoire de l’art de l’Université de Provence, elle pratique principalement la photographie, mais aussi le dessin et le volume. Son cheminement artistique se déploie en premier lieu dans des Carnets de travail dans lesquels elle dessine, écrit et modélise les étapes de sa recherche. Une réflexion protéiforme qui se poursuit tant dans ses photographies de peintures sur verre, que dans ses photographies mises en scène pour lesquelles elle réalise aussi les costumes et les objets. En dialogue permanent, ses dessins portent des empreintes photographiques et mettent en lumière d’autres facettes de son univers. Longtemps attachée au Polaroid, sa pratique s’empare désormais des possibilités du numérique. Les oeuvres de Corinne Mercadier nous entraînent dans un monde vu à travers le filtre de l’imaginaire. L’immatériel s’incarne dans des images construites où personnages, objets flottants et lieux étranges jouent avec le hasard.

Lauréate du Prix de Photographie de la Fondation des Treilles en 2018, finaliste du Prix de l’Académie des Beaux-Arts Marc Ladreit de La Charrière en 2013, le travail de Corinne Mercadier a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, en festivals ou muséales, dont récemment au FRAC Normandie Rouen et Musée Réattu à Arles. Ses oeuvres sont notamment présentes dans les collections du Musée de l’Élysée, la Maison Européenne de la Photographie, le FNAC, la BNF, Neuflize OBC, Polaroid Corporation. Elle a publié plusieurs ouvrages aux éditions Filigranes, dont Devant un champ obscur en 2012 et une monographie en 2007. Représentée par la Galerie Les Filles du Calvaire depuis 1998, Corinne Mercadier rejoint la Galerie Binome en 2021 qui programme une première exposition en 2022.