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“Le Corps et l’Âme” de Donatello à Michel-Ange,  Sculptures italiennes de la Renaissance

au Louvre – Hall Napoléon, Paris

du 22 octobre 2020 au 18 janvier 2021 (prolongée jusqu’au 21 juin 2021)

Louvre

PODCAST - Interview de Marc Bormand, conservateur en chef du Patrimoine, département des Sculptures du musée du Louvre et co-commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 20 octobre 2020, durée 12’37. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Marc Bormand, conservateur en chef du Patrimoine, département des Sculptures du musée du Louvre et co-commissaire de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 20 octobre 2020, durée 12’37, © FranceFineArt.


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© Anne-Frédérique Fer, vernissage presse, le 20 octobre 2020.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, L’esclave rebelle. 1513-1516. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Raphaël Chipault.
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, L’esclave rebelle. 1513-1516. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © Musée du Louvre, dist. RMN – Grand Palais / Raphaël Chipault.
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, Vers 1504-1506. Homme nu, debout, la tête de- profil vers la droite. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot.
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, Homme nu, debout, la tête de- profil vers la droite. Vers 1504-1506. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot.
Giovanni Angelo Del Maino. Déploration du Christ, vers 1515-20. Bellano, église Santa Marta. © Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Luciano Pedicini.
Giovanni Angelo Del Maino. Déploration du Christ, vers 1515-20. Bellano, église Santa Marta. © Archives Alinari, Florence, Dist. RMN-Grand Palais / Luciano Pedicini.
Andrea Briosco, dit Riccio, La Mort, vers 1515. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle.
Andrea Briosco, dit Riccio, La Mort, vers 1515. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle.
Francesco di Giorgio Martini. Saint Christophe. Vers 1488-1490. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski.
Francesco di Giorgio Martini. Saint Christophe. Vers 1488-1490. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures. © Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski.

Extrait du communiqué de presse :


Commissaires de l’exposition :

Marc Bormand, conservateur en chef du Patrimoine, département des Sculptures, musée du Louvre.

Beatrice Paolozzi Strozzi, directrice du Musée du Bargello, Florence (20012014).

Francesca Tasso, conservateur en chef des collections artistiques, Castello Sforzesco, Milan.



Tout au long d’un parcours riche de 140 œuvres, cette exposition, co-organisée avec le musée du Castello Sforzesco de Milan, présente dans son contexte artistique la sculpture de la seconde moitié du 15e siècle et du début du 16e siècle, période considérée comme l’apogée de la Renaissance. À partir de Florence, une variété de styles s’épanouit alors de Venise jusqu’à Rome. La représentation de la figure humaine dans la diversité de ses mouvements prend alors des formes extrêmement novatrices. Ces recherches sur l’expression et les sentiments sont au cœur des démarches des plus grands sculpteurs de la période, depuis Donatello jusqu’à l’un des créateurs les plus célèbres de l’histoire, Michel-Ange. L’exposition propose également d’aller à la découverte d’artistes moins réputés, d’admirer des œuvres difficilement accessibles de par leur lieu de conservation (églises, petites communes, situation d’exposition dans les musées), afin de les remettre en lumière, mais aussi en contexte.


« Le Corps et l’Âme » fait suite à l’exposition « Le Printemps de la Renaissance » présentée en 2013 au Louvre et au Palazzo Strozzi et consacrée aux prémices de l’art de la Renaissance à Florence dans la première moitié du Quattrocento.





Trois parties majeures structurent l’exposition :


Dans La fureur et la grâce, les compositions complexes s’attachent à traduire la force et l’exaspération des mouvements du corps, inspirées des modèles antiques, qu’on reconnait dans les œuvres d’Antonio del Pollaiolo, Francesco di Giorgio Martini ou Bertoldo, mettant en jeu autant la force et les torsions du corps masculin que l’effet expressif des plus intenses passions de l’âme. A contrario, des drapés élégants, entourant des corps majoritairement féminins, permettent aux artistes de révéler le charme de la figure humaine, qui débouche sur la représentation ultime de la grâce à travers le nu.


Emouvoir et convaincre souligne une volonté affirmée de toucher violemment, dans les représentations sacrées, l’âme du spectateur. À la suite du travail de Donatello autour de 1450, l’émotion et les mouvements de l’âme prennent une place déterminante au cœur des pratiques artistiques. Un véritable théâtre des sentiments se déploie en Italie du nord entre 1450 et 1520, en particulier dans les groupes de Déposition du Christ, tels ceux de Guido Mazzoni ou de Giovanni Angelo del Maino. Cette recherche du pathos religieux s’incarne également dans les émouvantes figures de Marie-Madeleine ou de Saint Jérôme qui fleurissent en Italie à cette période.


Enfin, avec De Dionysos à Apollon, la réflexion inépuisable sur l’Antiquité classique s’exprime dans les œuvres élaborées à partir des modèles classiques comme le Tireur d’épine ou le Laocoon. Parallèlement au domaine de la peinture (avec le « style doux » du Pérugin ou du jeune Raphaël), la sculpture développe la recherche d’une nouvelle harmonie qui transcende le naturalisme des gestes et des sentiments extrêmes. Particulièrement vivante dans un classicisme affirmé en Vénétie et en Lombardie, cette quête d’une beauté expressive qui aspire à l’universel s’incarne également fortement en Toscane et à Rome où la Papauté de Jules II et de Léon X joue un rôle d’irrigation et d’unification stylistique.

Le stile dolce aboutira au commencement du XVIe siècle  avec l’apparition du « sublime », mettant en place un nouveau classicisme sous l’impulsion de Raphaël et Michel-Ange.

Dès la fin du Quattrocento, Michel-Ange opère cette synthèse formelle qui intègre à la fois la connaissance scientifique des corps, un idéal absolu de beauté et la volonté de dépasser la nature par l’art. Cette recherche l’emmène à créer Les Esclaves du Louvre pour parvenir jusqu’à l’expression de l’ineffable dans ses dernières œuvres.

Repoussant alors la notion de Renaissance au-delà du territoire de la Toscane, l’exposition replace cette période dans un contexte désormais plus large et complexe qu’il ne l’était au début du Quattrocento.

Elle met l’accent autant sur la production de Florence avec des figures majeures comme Donatello et Michel-Ange que sur les autres foyers régionaux qui ont adopté mais aussi réadapté ce langage artistique nouveau. Un phénomène visible notamment dans la reprise des modèles ou des thèmes qui, refondus dans une lecture locale, deviennent à leur tour source d’un nouveau langage, propre et distinct, et ce particulièrement dans les régions du Nord de l’Italie, comme à Milan (avec Solari et Bambaïa), Venise (avec Tullio Lombardo), Bologne (avec Guido Mazzoni), mais aussi Sienne (avec Francesco di Giorgio Martini) et Padoue (avec Riccio).

L’exposition propose aussi d’aller à la découverte d’artistes moins  réputés, d’admirer des œuvres difficilement accessibles de par leur lieu de conservation (églises, petites communes, situation d’exposition dans les musées), afin de les remettre en lumière, mais aussi en contexte.

Tullio Lombardo, Bacchus et Ariane, vers 1505-1510. Vienne, Kunsthistorisches Museum. © Kunsthistorischesmuseum, Vienne.
Tullio Lombardo, Bacchus et Ariane, vers 1505-1510. Vienne, Kunsthistorisches Museum. © Kunsthistorischesmuseum, Vienne.
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. Marie Madeleine (?) tenant la couronne d’épines et les clous de la Crucifixion, vers 1500. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Thierry le Mage.
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. Marie Madeleine (?) tenant la couronne d’épines et les clous de la Crucifixion, vers 1500. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Thierry le Mage.
Andrea del Verrocchio et atelier. Deux anges volants, vers 1480. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures, legs de Madame Adolphe Thiers, 1881. © RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda.
Andrea del Verrocchio et atelier. Deux anges volants, vers 1480. Paris, musée du Louvre, département des Sculptures, legs de Madame Adolphe Thiers, 1881. © RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda.