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“Bruno Serralongue“ Pour la vie

Le Plateau Frac Île-de-France, Paris

du 27 janvier au 24 avril 2022

Frac


Interview de Bruno Serralongue, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 février 2022, durée 28’26. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Bruno Serralongue,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 février 2022, durée 28’26.
© FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’exposition avec Bruno Serralongue, le 2 février 2022.

Extrait du communiqué de presse :



Bruno Serralongue, Une cabane des Jardins Ouvriers des Vertus qui se trouve dans le périmètre de destruction, Aubervilliers, 8 mai 2021. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Une cabane des Jardins Ouvriers des Vertus qui se trouve dans le périmètre de destruction, Aubervilliers, 8 mai 2021. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Un campement de réfugiés afghans dans un terrain vague à proximité de l’hôpital, Calais, 16 juillet 2020, Série Calais, 2006-2020. Diptyque, impression jet d’encre, collage sur Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Un campement de réfugiés afghans dans un terrain vague à proximité de l’hôpital, Calais, 16 juillet 2020, Série Calais, 2006-2020. Diptyque, impression jet d’encre, collage sur Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Pour la vie, 2021. Impression jet d’encre, collage aluminium, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Pour la vie, 2021. Impression jet d’encre, collage aluminium, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Marcus Mitchell de la nation Navajo Diné, blessé le 19 janvier 2017 par le tir d’un shérif du comté de Norton alors qu’il manifestait contre la construction du Dakota Access Pipeline à Standing Rock. Touché à la tête, il a perdu son oeil gauche ainsi que l’audition de l’oreille gauche. Protecting Mother Earth Conference, territoire de la nation Nisqually, Wa He Lut Indian School, Olympia, Washington, 1er juillet 2018. Série Water Protectors, 2017 - en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Marcus Mitchell de la nation Navajo Diné, blessé le 19 janvier 2017 par le tir d’un shérif du comté de Norton alors qu’il manifestait contre la construction du Dakota Access Pipeline à Standing Rock. Touché à la tête, il a perdu son oeil gauche ainsi que l’audition de l’oreille gauche. Protecting Mother Earth Conference, territoire de la nation Nisqually, Wa He Lut Indian School, Olympia, Washington, 1er juillet 2018. Série Water Protectors, 2017 – en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Le Pasteur Harry Joseph of Mount Triumph Baptist Church devant son église, Saint James, Louisiane, 7 août 2017. Série Water Protectors, 2017 - en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Courtesy de l'artiste et galerie Air de Paris, Romainville. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Le Pasteur Harry Joseph of Mount Triumph Baptist Church devant son église, Saint James, Louisiane, 7 août 2017. Série Water Protectors, 2017 – en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Courtesy de l’artiste et galerie Air de Paris, Romainville. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, La fanfare climatique vient jouer en soutien à l’occupation des Jardins Ouvriers des Vertus à Aubervilliers menacés de destruction pour permettre la construction d’une piscine d’entraînement pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, Aubervilliers, 8 mai 2021. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, La fanfare climatique vient jouer en soutien à l’occupation des Jardins Ouvriers des Vertus à Aubervilliers menacés de destruction pour permettre la construction d’une piscine d’entraînement pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, Aubervilliers, 8 mai 2021. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Production Frac Île-de-France, Paris. © Bruno Serralongue.

Commissaire de l’exposition : Xavier Franceschi




Du 27 janvier au 24 avril 2022, le Frac Île-de-France présente au Plateau une exposition personnelle de Bruno Serralongue intitulée Pour la vie, qui propose un parcours entre des portraits d’individus ou de collectifs en lutte témoignant de séries photographiques initiées il y a plusieurs années, auxquelles viennent s’adjoindre de nouvelles productions.

Depuis le début des années 90, Bruno Serralongue interroge les usages et le statut de l’image photographique, en allant à la rencontre des communautés qui se créent autour d’un événement social et politique et des personnes qui mènent un combat dont leurs conditions de vie dépendent.

Si ses sujets croisent souvent ceux des photoreporters, ses méthodes de travail diffèrent radicalement. L’usage de la chambre photographique, qui requiert du temps et, par conséquent, le consentement de ceux qu’il photographie, génère une retranscription distanciée de l’information, à rebours de la tentation du « faire-événement » qui est celle que nous renvoient constamment les médias. L’artiste porte son attention sur ce qui, autour de l’événement, ne retient pas l’attention des médias et offre ainsi un point de vue « déplacé » qui questionne la notion d’objectivité du médium photographique et le pouvoir informatif de l’image.

Qu’il s’agisse d’une série sur les camps de migrants à Calais, commencée en 2006, ou plus récemment de la lutte des Premières nations d’Amérique du Nord contre les oléoducs menaçant leur environnement, du site de Notre-Dame-des-Landes et de ses résidents, ou bien des défenseurs des Jardins Ouvriers des Vertus à Aubervilliers menacés de destruction et des occupants délogés d’un foyer de travailleurs à Saint-Ouen – dans la perspective des JO de 2024 – ou encore d’une série plus ancienne sur les manifestants contre la réforme des retraites en 1995, l’exposition fait s’entrecroiser les trajectoires d’individus et l’énergie du collectif.

En nous invitant à prendre le temps de décrypter tout autant ce que l’on voit que ce que l’on ne voit pas dans l’image et en nous laissant toute liberté d’interprétation, les photographies de Bruno Serralongue nous incitent à interroger la notion de réalité au regard de ce que les médias nous transmettent. Son approche artistique de l’image documentaire nous livre ainsi un témoignage sur l’état du monde et nous permet de porter un autre regard sur l’actualité et ses tensions.





Extrait – Entretien entre Bruno Serralongue
et Xavier Franceschi


Xavier Franceschi : Il y a plus d’une façon d’interpréter le titre que tu as choisi pour l’exposition – Pour la vie – et j’aurais tendance à en retenir avant tout l’aspect positif… Peux-tu nous dire ce qui t’a conduit à ce choix ?

Bruno Serralongue : Oui, tu as raison de souligner l’aspect positif. Je ne sais pas si c’est une exposition joyeuse mais elle est pleine de vie. Le titre est aussi un pied de nez à une certaine manière de penser la photographie comme un embaumement, une mise à mort du sujet photographié. Là, j’insiste au contraire sur le plein de vie de ces personnes photographiées, fières d’elles-mêmes et de la lutte qu’elles mènent. Et elles mènent une lutte pour la vie, pour une amélioration, une transformation, un changement ou encore une reconnaissance de leur vie, individuelle mais avant tout collective. Car si Pour la vie est au singulier, il s’agit bien plutôt de montrer des vies et des luttes dans leurs diversités, aujourd’hui comme hier (le diaporama de la série Les Manifestations date de 1995).


XF : C’est vrai qu’on est loin d’une mise à mort du sujet… En l’occurrence, Pour la vie est aussi le titre que tu as donné à la première photographie qui ouvre l’exposition et qui reprend l’intitulé d’un projet pour le moins actif et vivant…

BS : Oui. Pour la vie est un emprunt direct au « Voyage pour la vie » organisé par les indiens zapatistes à travers toute l’Europe. Annoncé publiquement le 1er janvier 2021, le Voyage a été repoussé à cause de la pandémie de Covid et des tracasseries administratives au Mexique, mais il a finalement lieu et est en cours au moment où j’écris ces lignes. Concrètement, une délégation de 170 indien.ne.s. zapatistes parcourent différents pays d’Europe à la rencontre de collectifs qui luttent « en bas et à gauche » contre le capitalisme et l’oppression qu’il fait subir aux corps et aux esprits. Comme l’énonce le premier communiqué de presse, il s’agit de « réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre personnes qui sont engagées, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité ». C’est aussi le programme de cette exposition. Voilà pourquoi cette photographie devait l’ouvrir. Au moment où elle a été prise (29 mai 2021), elle annonçait le Voyage mais maintenant, au moment de l’exposition, elle en conserve vivant l’écho et souhaite à sa manière prolonger le Voyage.

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Bruno Serralongue, Judge Not, Support Sexual Preference, World Social Forum, Mumbai, 2004. Série World Social Forum, Mumbai, 2004. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Courtesy de l'artiste et galerie Baronian Xippas, Paris-Bruxelles. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, Judge Not, Support Sexual Preference, World Social Forum, Mumbai, 2004. Série World Social Forum, Mumbai, 2004. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Courtesy de l’artiste et galerie Baronian Xippas, Paris-Bruxelles. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, « Notre terre sacrée », le champ de bâtons à proximité de la ferme de Bellevue, ZAD de Notre-Dame-des-Landes, samedi 8 octobre 2016. Série Notre-Dame-des-Landes, 2015 - en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Collection privée, Paris. © Bruno Serralongue.
Bruno Serralongue, « Notre terre sacrée », le champ de bâtons à proximité de la ferme de Bellevue, ZAD de Notre-Dame-des-Landes, samedi 8 octobre 2016. Série Notre-Dame-des-Landes, 2015 – en cours. Impression jet d’encre, collage Dibond, capot Plexiglas. Collection privée, Paris. © Bruno Serralongue.