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“Moï Ver”

au Centre Pompidou, Paris

du 12 avril au 28 août 2023

Centre Pompidou


Interview de Julie Jones, conservatrice, cabinet de la photographie, Musée national d’art moderne et de Karolina Ziebinska-Lewandowska, directrice du Musée de Varsovie, commissaires de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 11 avril 2023, durée 20’29. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Julie Jones, conservatrice, cabinet de la photographie, MusĂ©e national d’art moderne
et de Karolina Ziebinska-Lewandowska, directrice du Musée de Varsovie, commissaires de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 11 avril 2023, durée 20’29.
© FranceFineArt.


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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse, le 11 avril 2023.

Extrait du communiqué de presse :

Sans titre, vers 1930, Épreuve gélatino-argentique, 24 × 18,2 cm. MK2 Kreations. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou/Bertrand Prévost.
Sans titre, vers 1930, Épreuve gĂ©latino-argentique, 24 Ă— 18,2 cm. MK2 Kreations. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou/Bertrand PrĂ©vost.
Paris. 80 photographies de Moï Ver, introduction par Fernand Léger, Paris, Éd. Jeanne Walter, 1931. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Bibliothèque Kandinsky, Paris. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky/Dist. RMN-GP.
Paris. 80 photographies de Moï Ver, introduction par Fernand Léger, Paris, Éd. Jeanne Walter, 1931. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Bibliothèque Kandinsky, Paris. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky/Dist. RMN-GP.
Crépuscule, 1928-1929, Série Quartier juif de Vilnius. Épreuve gélatino-argentique, 30 × 20 cm. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP.
CrĂ©puscule, 1928-1929, SĂ©rie Quartier juif de Vilnius. Épreuve gĂ©latino-argentique, 30 Ă— 20 cm. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou /Dist. RMN-GP.
Ci-contre. 110 photos de moï Wer, Paris, 1931. 108 tirages gélatino-argentiques, 41 planches cartonnées de 37 × 54 cm, 2 planches cartonnées de 37 × 27 cm. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris. Achat de l’État, 2020. Attribution au Centre Pompidou, Mnam-Cci, 2020. © Ann und Jürgen Wilde, Zülpich. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.
Ci-contre. 110 photos de moĂŻ Wer, Paris, 1931. 108 tirages gĂ©latino-argentiques, 41 planches cartonnĂ©es de 37 Ă— 54 cm, 2 planches cartonnĂ©es de 37 Ă— 27 cm. Centre Pompidou, MusĂ©e national d’art moderne, Paris. Achat de l’État, 2020. Attribution au Centre Pompidou, Mnam-Cci, 2020. © Ann und JĂĽrgen Wilde, ZĂĽlpich. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.

Commissariat :

Julie Jones, conservatrice, cabinet de la photographie, MusĂ©e national d’art moderne 

Karolina Ziebinska-Lewandowska, directrice du Musée de Varsovie





Pour la première fois, l’oeuvre de Moshe Vorobeichic, dit MoĂŻ Ver (1904, Vilnius, Empire russe, actuelle Lituanie – 1995, Safed, IsraĂ«l), photographe, graphiste et peintre, est prĂ©sentĂ©e dans toute sa richesse et sa complexitĂ©. Cette rĂ©trospective rĂ©unit plus de trois cents oeuvres et documents (photographies, peintures, dessins, imprimĂ©s), dont un grand nombre d’inĂ©dits, provenant des archives MoĂŻ Ver Ă  Tel Aviv et de collections privĂ©es europĂ©ennes.

Après une formation artistique au dĂ©but des annĂ©es 1920 Ă  Vilnius, Moshe Vorobeichic Ă©tudie au Bauhaus de Dessau, auprès de LászlĂł Moholy-Nagy, Josef Albers, Paul Klee et Vassily Kandinsky. Sa dĂ©couverte de nouvelles formes artistiques, aussi bien en photographie qu’en peinture, se poursuit Ă  Paris entre 1929 et 1933, auprès de Fernand LĂ©ger Ă  l’AcadĂ©mie moderne, et Ă  l’École de photographie et de cinĂ©ma. En 1931, MoĂŻ Ver publie son premier livre d’artiste, Paris, aux Ă©ditions Jeanne Walter. Cet ouvrage illustrĂ© de photographies, magnifique synthèse des innovations formelles des avant-gardes de l’époque, fait alors sa renommĂ©e. La mĂŞme annĂ©e, il travaille Ă  la rĂ©alisation d’un second ouvrage photographique, publiĂ© Ă  titre posthume, Ci-contre. Aujourd’hui conservĂ©e dans la collection du MusĂ©e national d’art moderne, et prĂ©sentĂ©e en intĂ©gralitĂ© dans l’exposition, la maquette originale de l’ouvrage, contenant plus d’une centaine de photographies, est, aux cĂ´tĂ©s de Paris, une oeuvre majeure du modernisme photographique des annĂ©es 1930. Brillantes grammaires de formes, de textures et de structures, ces deux ensembles tĂ©moignent d’un regard expĂ©rimental sur la sociĂ©tĂ©  contemporaine et d’une maĂ®trise saisissante du montage photographique.

Depuis la fin des années 1920 et jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, Moshe Vorobeichic réalise également une documentation photographique des communautés juives à Vilnius d’abord, puis dans de nombreuses villes et villages polonais. En 1931, il reproduit quelques-unes de ses images, organisées en d’étonnants collages, dans son ouvrage The Ghetto Lane in Vilna (publié aux éditions Orell Füssli). Installé définitivement en Palestine mandataire en 1934, Moshe Vorobeichic met désormais son art au service de la propagande sioniste. Il photographie les « nouveaux migrants », la construction des infrastructures et la vie quotidienne des kibboutzim. Majoritairement inédites, ces images sont alors publiées dans des ouvrages, des brochures d’information, et lui servent également de matière première pour la réalisation d’affiches politiques. Au début des années 1950, à l’âge de cinquante ans, Vorobeichic abandonne la photographie et le graphisme. Il adopte le nom de Moshe Raviv et se retire dans le village de Safed pour se consacrer à la peinture.

Moshe Vorobeichic (dit Moï Ver) a, plusieurs fois, changé de nom et de pseudonyme : « Moï Ver » est retenu ici comme nom principal, avec celui de Moshe Vorobeichic qu’il utilise jusqu’à la fin des années 1940 et qui apparaît sur la majorité des tirages et des publications d’époque.



L’exposition sera présentée au Musée de Varsovie du 11 octobre 2023 au 4 février 2024, ainsi qu’au Musée d’Art de Tel Aviv du 17 mars 2024 au 21 Juillet 2024.



#Publication
Moï Ver sous la direction de Julie Jones et Karolina Ziebinska-Lewandowska aux Éditions du Centre Pompidou.

Barbes, 1933-1934, Série Visages d’hier. Les juifs en Pologne 1929-1939. Épreuve gélatino-argentique, 30 × 20 cm. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP.
Barbes, 1933-1934, SĂ©rie Visages d’hier. Les juifs en Pologne 1929-1939. Épreuve gĂ©latino-argentique, 30 Ă— 20 cm. Yossi Raviv-Moi Ver Archive. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP.
Deux prises de vue par moi-même. Yport, Seine-Maritime, sur la plage, 1931. Épreuve gélatino-argentique, 24 × 17,7 cm. MK2 Kreations. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou/Bertrand Prevost.
Deux prises de vue par moi-même. Yport, Seine-Maritime, sur la plage, 1931. Épreuve gélatino-argentique, 24 × 17,7 cm. MK2 Kreations. © Yossi Raviv-Moi Ver Archive. Photo © Centre Pompidou/Bertrand Prevost.

L’exposition



L’oeuvre de Moshe Vorobeichic, dit MoĂŻ Ver (1904, Vilnius, Empire russe, actuelle Lituanie – 1995, Safed, IsraĂ«l), photographe, graphiste et peintre, reflète un parcours singulier, marquĂ© par des gĂ©ographies multiples. Après une formation artistique Ă  Vilnius, puis au Bauhaus de Dessau, MoĂŻ Ver s’installe Ă  Paris en 1929. Il y publie un premier livre d’artiste, Paris, qui fait sa renommĂ©e et l’inscrit, jusqu’à aujourd’hui, dans l’histoire de l’avant-garde photographique. Ă€ cette pĂ©riode, il rĂ©alise la maquette d’un second ouvrage, Ci-contre, chef-d’oeuvre du modernisme, aujourd’hui conservĂ© dans la collection du MusĂ©e national d’art moderne. En parallèle, MoĂŻ Ver rĂ©alise une importante documentation photographique de la vie juive en Europe de l’Est jusqu’au dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale. InstallĂ© dĂ©finitivement en Palestine mandataire en 1934, il met son art au service de la propagande sioniste. Ses photographies de la vie quotidienne des nouvelles communautĂ©s juives sont publiĂ©es dans de nombreux ouvrages, et lui servent de matière première pour rĂ©aliser des affiches politiques. Au dĂ©but des annĂ©es 1950, MoĂŻ Ver adopte le nom de Moshe Raviv et se retire Ă  Safed, dans le nord d’IsraĂ«l, pour se consacrer Ă  la peinture.


Moyshe Vorobeychik
Vilnius – Dessau (1914-1928) 
Le parcours artistique de Moshe Vorobeichic (dit Moï Ver) débute à Vilnius, capitale historique de la Lituanie. Après des études au lycée hébraïque Joseph Epstein, il intègre la nouvelle École de dessin de la Société des artistes de Vilnius, puis entre aux beaux-arts de l’Université Étienne Báthory où il suit des enseignements de peinture, d’architecture, et de photographie. Dans cette ville, devenu rapidement une figure importante de l’avant-garde yiddish, il expose ses premières oeuvres, empruntes de l’esthétique moderniste. À partir d’octobre 1927, Moï Ver débute ses études au Bauhaus de Dessau. Pendant deux semestres, il y suit les enseignements de Josef Albers, László Moholy-Nagy, Paul Klee, Vassily Kandinky, et il fréquente l’atelier de peinture murale de Hinnerk Scheper. Ces premières années de formation marquent durablement le jeune Moshe Vorobeichic, comme en attestent ses prochaines oeuvres.


M.
Vorobeichic Vilnius (1928-1931)
En 1928, Moï Ver (alors Moshe Vorobeichic) commence un reportage photographique sur le vieux quartier juif de Vilnius. Si la majorité des images est consacrée aux habitants de ce quartier, certaines ont pour sujet l’architecture, alternant vues générales, plans serrés sur les façades des bâtiments ou vues d’intérieurs de lieux de prière. Certaines photographies, à la construction rigoureuse et aux points de vue en plongée, portent l’influence des enseignements de Josef Albers, Vassily Kandinsky et László Moholy-Nagy, qu’il reçoit en 1927-1928 au Bauhaus de Dessau. Vorobeichic expose cette série en mai 1929, d’abord à l’Union des artistes juifs de Vilnius, puis au 16e congrès sioniste à Zurich en juillet. Remarqué à cette occasion, il se voit confier la publication de l’ouvrage The Ghetto Lane in Wilna (1931) : les images sont coupées, recomposées puis éditées dans une séquence rythmée qui offre un portrait hybride de cette communauté, entre tradition et modernité.


MoĂŻ Ver
Paris (1929-1933)
Entre 1929 et 1933, Moshe Vorobeichic vit à Paris, foyer international de la photographie d’avant-garde. Il suit les cours du soir de l’Académie Moderne de Fernand Léger et étudie à l’École technique de photographie et de cinématographie. Il publie plusieurs de ses images, en indépendant ou pour l’agence Photo Globe, dans des revues telles que Arts et métiers graphiques, Plans, Bifur ou VU. Souvent signées du pseudonyme « Moï Ver », elles s’inscrivent dans l’esthétique de la Nouvelle Vision : vues en plongée, plans rapprochés, études de matières, décadrages, collages et photomontages. En 1931, Jeanne Walter publie Paris. 80 photographies de Moï Ver avec une introduction de Fernand Léger. Salué par la critique, le livre s’impose comme un ouvrage majeur de l’avant-garde. Cette même année, « moï Wer » qui change ainsi la graphie de son nom réalise la maquette d’un nouveau livre photographique, Ci-contre.


Moshe Vorobeichic
Pologne (1929-1939)
Moï Ver (alors Moshe Vorobeichic) poursuit sa documentation photographique de la vie juive populaire dans les villes et campagnes polonaises pendant les années 1930. L’influence du modernisme photographique est manifeste : photographiant majoritairement en extérieur, il utilise le plus souvent un Leica, un appareil léger et discret, qui lui permet d’enregistrer avec spontanéité visages en plans rapprochés et scènes de rue. Vorobeichic s’intéresse également aux architectures et aux paysages, et réalise quelques études de matière abstraites. Après s’être concentré essentiellement sur les communautés traditionnelles, il entreprend en 1937 un reportage sur les fermes agricoles (hakhsharot ou kibboutzim) destinées à la formation des jeunes sionistes préparant leur émigration en Palestine. Ces images, témoignages de la vie juive d’avant-guerre en Europe de l’Est, sont publiées pendant les années 1930 et 1940 dans la presse et dans différents ouvrages en Pologne, en France et en Palestine, son lieu de résidence depuis 1934.


Moshe Vorobeichic
JĂ©rusalem, Tel Aviv (1932-1952)
Moï Ver (alors Moshe Vorobeichic) part en Palestine pour la première fois en 1932, envoyé par l’agence Photo Globe. Ses images de juifs orientaux à Jérusalem sont publiées dans plusieurs publications françaises de l’époque, puis exposées à Paris dans la Galerie d’art contemporain, boulevard Raspail. Au printemps 1934, il s’installe définitivement en Palestine. Proche des organisations sionistes, il met son art au service de la propagande. Ses photographies témoignent de la vie quotidienne des pionniers dans les kibboutzim, des travaux agricoles ou des constructions des nouvelles infrastructures. Si le style moderniste de l’artiste est encore présent dans certaines de ces images, la majorité d’entre elles visent à décrire de la manière la plus directe possible cette nouvelle communauté. Il réalise aussi de nombreux collages et photomontages, publiés dans des brochures et des ouvrages sionistes et se distingue ainsi de l’esthétique alors dominante en Palestine dans ce type de publications.


Moshe Raviv
Safed (1953-1995)
En 1953, Moshe Vorobeichic (désormais Moshe Raviv, depuis 1951), s’installe de manière permanente à Safed (Tsfat), dans le nord d’Israël. Considérée comme un lieu saint, ce village est particulièrement important dans l’histoire du judaïsme. Après l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492, il devient un centre majeur de l’autorité spirituelle juive. La population arabe y est largement majoritaire jusqu’à sa prise en mai 1948 par les organisations militaires sionistes quelques jours avant la proclamation de la création de l’État d’Israël par David Ben Gourion. Moshe Raviv rejoint la communauté artistique juive, très active dans ce lieu depuis les années 1930. Sa pratique de la photographie est peu à peu délaissée au profit d’un retour à la peinture, à l’huile essentiellement, mais également au dessin et à la gravure. Ses oeuvres révèlent multiples influences : l’expressionisme, la littérature populaire yiddish, le modernisme, mais aussi la tradition ésotérique kabbalistique. Si quelques-unes d’entre elles incluent des références figuratives, tels des paysages, des figures religieuses ou des lieux d’étude, elles sont majoritairement abstraites, rappelant ses premiers travaux peints dans les années 1920.