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“Pascaline Marre”

Artiste photographe

Pascaline Marre

PODCAST -  Interview de Pascaline Marre, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 9 dĂ©cembre 2021, durĂ©e 21’52. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Pascaline Marre,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 9 dĂ©cembre 2021, durĂ©e 21’52.
© FranceFineArt.

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Pascaline Marre, Stranded, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Stranded, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Layers, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Layers, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Through the sky, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Through the sky, Palimpsest, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Géante N°20, Les Géantes, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Géante N°24, Les Géantes, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Géante N°11, Les Géantes, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Géante N°20, Les Géantes, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, The promise, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Géante N°11, Les Géantes, 2021. © Pascaline Marre.

De l’absence Ă  la matĂ©rialitĂ© photographique





PerchĂ© au troisiĂšme Ă©tage, dans un immeuble donnant sur cours, l’atelier de Pascaline Marre est Ă  l’image de l’artiste. BaignĂ©s dans la lumiĂšre des grandes verriĂšres, typiques des ateliers parisiens, de nombreux objets chinĂ©s, rĂ©coltĂ©s, attendent d’entrer dans ses histoires, d’ĂȘtre rĂ©interprĂ©tĂ© par le geste de l’artiste, d’ĂȘtre mis en scĂšne, d’ĂȘtre immortalisĂ©s sur la surface sensible d’une image photographique en devenir. 


C’est dans cette ambiance d’une matinĂ©e ensoleillĂ©e de dĂ©cembre, que je rencontre Pascaline Marre oĂč nous allons Ă©voquer ensemble son processus de crĂ©ation, ce qui anime l’artiste, son geste plastique Ă  travers la matĂ©rialitĂ© photographique.


Explorant la disparition, le rĂ©el et l’imaginaire, l’historique ou le fantasmĂ©, et en se concentrant sur des sujets mĂ©moriels, le travail photographique de Pascaline Marre, se situant Ă  la frontiĂšre du documentaire et du sociologique, est une rĂ©flexion sur la recherche des signes, de ce qui a Ă©tĂ© et qui n’est plus, de ces rĂ©cits qui peuvent ĂȘtres rĂ©vĂ©lĂ©s par l’absence.


Pour explorer la maniĂšre dont Pascaline Marre interprĂšte les signes, sa maniĂšre dont elle fait de l’absence, de ces vides laissĂ©s par l’histoire, son Ă©criture et vocabulaire plastique, lors de l’entretien, nous y dĂ©roulons le fil de ses rĂ©flexions. Du projet ArmĂ©niÉe que l’artiste a menĂ© pendant dix annĂ©es, de 2004 Ă  2014 et qui cristallise dans un temps prĂ©sent le gĂ©nocide armĂ©nien, nous poursuivons jusqu’à son dernier projet L’équilibriste oĂč en s’articulant en quatre chapitres Les GĂ©antes, Sisyphe, Palimpseste et Atka, Pascaline Marre y questionne et replace le fĂ©minin au centre de nos sociĂ©tĂ©s.


Pour découvrir le fil du processus de création de Pascaline Marre, nous vous invitons à découvrir son interview réalisée pour FranceFineArt.




Anne-Frédérique Fer

Pascaline Marre, Holding still, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Holding still, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, The hearing walls, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, The hearing walls, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, In the mist, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, In the mist, Sisyphus, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Unveiling, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Unveiling, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, To the core, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, To the core, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, The promise, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, The promise, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Heart felt, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Heart felt, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Harmonious illusion, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Harmonious illusion, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Elevation, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Elevation, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Cloudy dream, Atka, 2021. © Pascaline Marre.
Pascaline Marre, Cloudy dream, Atka, 2021. © Pascaline Marre.

À propos de L’équilibriste par l’artiste




L’équilibriste avance sur sa corde d’une confiance aveugle, dĂ©fiant les lois de la gravitĂ©, toujours sur le point de basculer.


Sur ce lien tĂ©nu, il faut regarder droit devant, tenir un point Ă  l’horizon, s’aider de nos bras, minces face aux vents contraires ou de cĂŽtĂ©s, de ceux que l’on ne voit pas arriver.


Ce projet articulĂ© en quatre volets, explore le fĂ©minin comme archĂ©type, explorant sa puissance crĂ©atrice et ses fragilitĂ©s, rĂ©vĂ©lant les points de tension entre l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur, la surface et l’en deçà, ce que l’on donne Ă  voir et ce que l’on rĂ©vĂšle.


Je me suis inspirĂ©e des mythes fondateurs, de ceux qui nous ramĂšnent Ă  la nature, et Ă  l’importance de renouer nos liens avec cet environnent qui nous constitue.


J’en ai explorĂ© la roche, en premier lieu, comme socle primitif, la roche mise Ă  nu, rĂ©vĂ©lant ses failles, ses aspĂ©ritĂ©s, ses profondeurs; la roche comme point d’ancrage sur lequel s’appuyer, depuis lequel s’élever, ĂȘtre en partance vers des lieux encore inexplorĂ©s.


En lien avec cette nature primitive, j’ai explorĂ© le corps ; le corps comme vĂ©hicule de nos Ă©motions, de nos aspirations, de nos doutes, de nos questionnements. J’y ai associĂ© des natures mortes, ramenĂ©es Ă  leur seul objet, comme autant de points de tensions tangibles sur lesquels je pouvais laisser libre cours Ă  mon imaginaire.




Les GĂ©antes

Il y a deux ans, au dĂ©tour d’un sentier surplombant la mer, mon regard fut attirĂ© par un entrelacs de rochers immenses surgissant de l’eau. J’imaginais ces blocs lancĂ©s par des Titans qui se seraient Ă©chappĂ©s du Tartare.

Les Géantes est une exploration de la roche, comme métaphore de la femme puissante, la femme créatrice, comme allégorie du féminin dans toutes ses aspérités, ses failles, ses luttes, sa force.

Au-delĂ  de l’inspiration puisĂ©e dans les personnages mythologiques, il est question ici de l’archĂ©type fĂ©minin, ramenĂ© Ă  ce socle primitif d’oĂč il peut s’élancer, engager la lutte, transformer ses maux et douleurs en espĂ©rance. J’ausculte la matiĂšre rocheuse pour en magnifier les aspĂ©ritĂ©s, la minĂ©ralitĂ©, la duretĂ© et la friabilitĂ©, rĂ©vĂ©ler sa beautĂ©, capter sa puissance, s’élever avec elle ou plonger dans ses chaos.



Sisyphe

« Il faut imaginer Sisyphe heureux »

C’est avec ces quelques mots qu’Albert Camus clĂŽt son essai, abandonnant le lecteur Ă  mĂ©diter sur sa propre destinĂ©e. Le salut de l’homme viendrait de l’acceptation de sa condition, car de lĂ  naĂźtrait la possibilitĂ© de la transcender.

J’ai choisi de m’inspirer de ce mythe grec pour en donner une interprĂ©tation sensible et subjective Ă  travers l’exploration du rocher, de la roche, de la terre mise Ă  nu, en contrepoint du rĂȘve liquide que nous fait miroiter l’ocĂ©an. 

Rocs, traces de l’homme et silhouettes s’entrecroisent dans cette sĂ©rie d’images, donnant chair et matiĂšre Ă  l’un des mythes grecs qui nous confronte au mystĂšre de l’existence humaine. J’entends ainsi attraper des interstices de vie, Ă  travers une silhouette dĂ©fiant le rocher de Sisyphe, un mur façonnĂ© de la main de l’homme, un rocher charriĂ© dans la nuit de l’histoire, une pierre laissĂ©e comme testament.



Palimpseste

Palimpseste, ce mot glisse avant de s’évanouir, Ă©voque la trace de l’homme traversant le temps, la main de l’homme qui a grattĂ©, Ă©crit, peint. 

Ici, pas d’écriture ni de peinture, mais des images travaillĂ©es Ă  la maniĂšre d’un palimpseste, enlevant des couches et en rĂ©vĂ©lant d’autres. La lumiĂšre est tamisĂ©e, travestie, passĂ©e au scalpel. En rĂ©sulte une image sans teint, dĂ©pourvue de temps, une image murĂ©e dans les dĂ©gradĂ©s, cloĂźtrĂ©e dans le silence oĂč le sujet photographiĂ© s’efface dans un dĂ©cor phantomatique.

Dans cette sĂ©rie, j’explore la surface sensible de l’image, je la tords pour en extraire les sous-couches et faire apparaĂźtre l’envers, dans ce qu’elle peut suggĂ©rer et rĂ©vĂ©ler ; ce qui ne se voit pas mais transparait.



Atka

Atka, est inspirĂ© d’un conte inuit. IntitulĂ© La femme squelette, ce conte raconte l’ébranlement ressenti lorsque nous sommes saisis par l’amour, oĂč les forces contraires s’entrechoquent entre Ă©merveillement et effroi, nous laissent chancelant et nous mettent Ă  nu. Il faut alors apprivoiser la femme squelette, cette partie si intime de nous-mĂȘme, regarder nos peurs, nos faiblesses pour s’ouvrir vers l’ĂȘtre aimĂ©. 

Dans ce volet, j’explore les fĂȘlures, les errements, les manquements, la vulnĂ©rabilitĂ©, partant du corps comme point d’ancrage, afin de le sonder, l’ausculter, rĂ©vĂ©ler ses aspĂ©ritĂ©s, ses blessures, le temps qui l’alourdit. J’y appose des objets photographiĂ©s sobrement sur fond noir, de ceux qui m’habitent et peuplent mon atelier et viennent en regard de ce corps en mouvement. 

Dan cette mise Ă  nu, la photographie m’est un alliĂ© salvateur, un moyen d’explorer Ă  tĂątons ce chemin, de l’apprĂ©hender pour mieux m’en saisir, transformer ces fĂȘlures et blessures en jeux, m’incarner en oiseau qui peine Ă  prendre son envol, en amazone lĂ©gendaire ou en matadore, et me donner la possibilitĂ© de me relever.






Retour sur ArmĂ©niÉe

“Pascaline Marre” ArmĂ©niÉe

Ă  la galerie binĂŽme, Paris

du 12 juin au 24 juillet 2015

http://www.revue.francefineart.com/index.php/component/content/article/14-agenda/agenda-news/1781-1647-galerie-binome-pascaline-marre


Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.
Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.
Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.
Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.

Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.
Vue de l’atelier de Caroline Derveaux, Mains d’Ɠuvres – Saint Ouen, le 24 septembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.

Vue de l’atelier de Pascaline Marre, le 9 dĂ©cembre 2021. © Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer / FranceFineArt.com.