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“Cartier et les arts de l’Islam“
Aux sources de la modernité

au MAD, musée des Arts Décoratifs, Paris

du 21 octobre 2021 au 20 février 2022

MAD


Interview de Evelyne Possémé, conservatrice en chef du département des bijoux anciens et modernes au Musée des Arts Décoratifs à Paris
et de Judith Henon-Raynaud, conservatrice du patrimoine et adjointe à la directrice du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre,
commissaires de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 28 octobre 2021, durée 25’54. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Evelyne Possémé, conservatrice en chef du département des bijoux anciens et modernes au Musée des Arts Décoratifs à Paris
et de Judith Henon-Raynaud, conservatrice du patrimoine et adjointe à la directrice du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre,
commissaires de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 28 octobre 2021, durée 25’54.
© FranceFineArt.

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Cartier et les arts de lÕIslam
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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse, le 28 octobre 2021.

Étui à cigarettes, Persan, Cartier, Paris, 1924. Or, onyx, émail, Nils Herrmann. Collection Cartier. © Cartier.
Étui à cigarettes, Persan, Cartier, Paris, 1924. Or, onyx, émail, Nils Herrmann. Collection Cartier. © Cartier.
Collier draperie, Cartier, Paris, commande de 1947. Or, platine, diamants, améthystes, turquoises. Commande du duc de Windsor pour la duchesse de Windsor. Nils Herrmann, Collection Cartier. © Cartier.
Collier draperie, Cartier, Paris, commande de 1947. Or, platine, diamants, améthystes, turquoises. Commande du duc de Windsor pour la duchesse de Windsor. Nils Herrmann, Collection Cartier. © Cartier.
Ornement de tête, Cartier, New York, Vers 1924. Platine, or blanc, or rose, diamants, plumes. Marian Gérard, Collection Cartier. © Cartier.
Ornement de tête, Cartier, New York, Vers 1924. Platine, or blanc, or rose, diamants, plumes. Marian Gérard, Collection Cartier. © Cartier.

Extrait du communiqué de presse :



Étui à cigarettes (détail), Cartier, Paris, 1930, Or, platine, lapis-lazuli, turquoises, diamant. Nils Herrmann, Cartier Collection © Cartier.
Étui à cigarettes (détail), Cartier, Paris, 1930, Or, platine, lapis-lazuli, turquoises, diamant. Nils Herrmann, Cartier Collection © Cartier.
Diadème, Cartier, Londres, 1936. Platine, diamants, turquoises. Vincent Wulveryck. Collection Cartier. © Cartier.
Diadème, Cartier, Londres, 1936. Platine, diamants, turquoises. Vincent Wulveryck. Collection Cartier. © Cartier.
Ceinture de cour, Inde ou Iran, XVIIe siècle. Soie, fils d’argent, Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam. © 2007 musée du Louvre / Raphaël Chipault.
Ceinture de cour, Inde ou Iran, XVIIe siècle. Soie, fils d’argent, Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam. © 2007 musée du Louvre / Raphaël Chipault.
Panneau de revêtement, Iran, Fin XIVe - XVe siècle. Mosaïque de céramique. Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam, dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris. © 2010, musée du Louvre / Raphaël Chipault.
Panneau de revêtement, Iran, Fin XIVe – XVe siècle. Mosaïque de céramique. Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam, dépôt du Musée des Arts Décoratifs, Paris. © 2010, musée du Louvre / Raphaël Chipault.
Projet de poudrier, Cartier, Paris, Vers 1920. Crayon graphite, encre de Chine et gouache sur papier transparent. Archives Cartier Paris. © Cartier.
Projet de poudrier, Cartier, Paris, Vers 1920. Crayon graphite, encre de Chine et gouache sur papier transparent. Archives Cartier Paris. © Cartier.
Pyxide, Sicile, XVe siècle. Ivoire (éléphant), alliage de cuivre Présentée à l’exposition des Arts musulmans, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1903. Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam. © 2015 musée du Louvre / Chipault – Soligny.
Pyxide, Sicile, XVe siècle. Ivoire (éléphant), alliage de cuivre Présentée à l’exposition des Arts musulmans, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1903. Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam. © 2015 musée du Louvre / Chipault – Soligny.

Commissariat :

Evelyne Possémé, conservatrice en chef du département des bijoux anciens et modernes au Musée des Arts Décoratifs à Paris
Judith Henon-Raynaud, conservatrice du patrimoine et adjointe à la directrice du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre
Sarah Schleuning, conservatrice en chef par intérim du Dallas Museum of Art et conservatrice principale des arts décoratifs et du design
Dr. Heather Ecker, conservatrice de l’art islamique et médiéval au Dallas Museum of Art




Le Musée des Arts Décoratifs présente, du 21 octobre 2021 au 20 février 2022, « Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité », coproduite par le Musée des Arts Décoratifs, Paris et le Dallas Museum of Art, avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre et le soutien de la Maison Cartier. Cette exposition montre les influences des arts de l’Islam sur la production de bijoux et d’objets précieux de la Maison de haute joaillerie, du début du XXe siècle à nos jours. Plus de 500 pièces – bijoux et objets de la Maison Cartier, chefs-d’œuvre de l’Art islamique, dessins, livres, photographies et documents d’archives – retracent ainsi l’origine de cet intérêt pour les motifs orientaux.


Elle revient notamment sur le contexte parisien de l’époque et les figures de Louis et Jacques Cartier, petits fils du fondateur, qui ont joué un rôle significatif dans la naissance d’une esthétique nouvelle empreinte de modernité.


Créée en 1847 par Louis-François Cartier, la Maison est initialement spécialisée en vente de bijoux et d’objets d’art. Son fils Alfred reprend la direction de l’activité en 1874 et y associe son fils aîné Louis en 1898. Cartier conçoit alors ses propres bijoux tout en poursuivant une activité de revente de pièces anciennes. Au début du XXe siècle, Louis Cartier est à la recherche de nouvelles sources d’inspiration. Paris est alors le haut lieu du commerce de l’art islamique et c’est certainement au travers des grandes expositions organisées à Paris, au Musée des Arts Décoratifs en 1903 puis à Munich en 1910, que Louis découvre avec passion ces formes nouvelles qui imprègnent progressivement la société française. À travers un parcours thématique et chronologique décliné en deux volets, l’exposition retrace, dans une première partie, l’origine de cet intérêt pour les arts et l’architecture de l’Islam à travers le contexte culturel parisien du début du XXe et explore le climat de création autour des dessinateurs et des ateliers, à la recherche de leurs sources d’inspiration. La seconde partie illustre le répertoire de formes inspiré par les arts de l’Islam depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours.


Dès l’introduction, le visiteur est plongé au coeur des formes et des motifs : trois créations emblématiques de la Maison Cartier sont mises en regard de chefs d’œuvre des arts de l’Islam. Tout au long de la galerie nord, l’enfilade de salles invite à explorer le processus de création, à la recherche des premières sources d’inspiration des bijoux. Les ouvrages conservés dans la bibliothèque de Louis Cartier et la collection d’art islamique qu’il a réunie sont autant de ressources rendues accessibles aux dessinateurs. La collection personnelle de Louis, reconstituée grâce aux archives de la Maison, est ici présentée au travers de plusieurs chefs d’œuvre réunis pour la première fois depuis la dispersion de la collection. Parmi les dessinateurs, figure au premier rang Charles Jacqueau, dont le fonds de dessin est ici présenté grâce au prêt exceptionnel du Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris.


L’exposition se poursuit avec les voyages que Jacques Cartier entreprend notamment en Inde, en 1911, pour rencontrer les princes de la péninsule. Le commerce des pierres précieuses et des perles ouvre à Jacques Cartier la voie vers ce pays. Ils lui permettent de développer la clientèle des maharadjahs et de collecter des bijoux anciens et contemporains, pour les revendre en l’état, s’en inspirer ou les recomposer au sein de créations nouvelles.


Ces différentes sources d’inspiration et les bijoux orientaux qui enrichissent les stocks de la Maison contribuent au renouvellement des formes mais aussi des techniques de fabrication. Les aigrettes, les pompons, les bazubands (bracelet allongé fixé sur le haut du bras) sont déclinés à l’envi et adaptés dans leurs formes, leurs couleurs et leurs matières au goût du jour. La flexibilité des bijoux indiens donne naissance à des innovations techniques, de nouvelles montures et assemblages. L’intégration de parties de bijoux, de fragments d’objets islamiques, désignés comme « apprêts », et l’utilisation de textiles orientaux pour créer des sacs et accessoires constituent également l’une des marques de création de la Maison en ce début de XXe siècle.


La seconde partie de l’exposition est entièrement consacrée, dans la galerie sud, au répertoire des formes inspirées par les arts de l’Islam, à travers, notamment, des oeuvres du Musée des Arts Décoratifs et du musée du Louvre. La plupart de ces oeuvres ont été présentées lors des premières expositions consacrées aux arts de l’Islam, alors certainement vues par les dessinateurs de la Maison ou connues par eux au travers des publications conservées dans la bibliothèque de Louis Cartier.


Célèbre pour sa production de bijoux de style guirlande, la Maison Cartier développe, dès 1904, des pièces dont les lignes s’inspirent des compositions géométriques issues des arts de l’Islam découvertes au travers des livres d’ornements et d’architecture. Décors de briques émaillées originaires d’Asie centrale, merlons à degrés… constituent les bases d’un répertoire précurseur qualifié plus tard d’« art déco » – en référence à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925 – et qui très tôt a fait entrer la Maison dans la modernité.


La production de la Maison sous la direction artistique de Louis Cartier est notamment marquée par une inspiration issue du monde iranien et des arts du livre. Les motifs qui ornent les reliures – médaillon central cerné de fleurons et d’écoinçons – sont repris parfois en l’état, mais ils sont plus souvent décomposés et recomposés de manière à créer un motif dont la source devient illisible à tout oeil non exercé. C’est le cas des mandorles, palmettes, fleurons, rinceaux, sequins, ondulations, écailles… Louis innove par de nouvelles associations de couleurs et de matières, mariant le lapis lazuli et la turquoise, associant le vert du jade ou de l’émeraude au bleu du lapis lazuli ou du saphir pour créer son célèbre « décor de paon ».





Catalogue :
Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité Sous la direction de Heather Ecker, Judith Henon-Raynaud, Évelyne Possémé et Sarah Schleuning aux éditions du Musée des Arts Décoratifs

La scénographie de l’exposition est confiée au Cabinet d’architecte américain DS+R (Diller Scofidio + Renfro).