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“Sans feu ni lieu“

à Poush Manifesto (Clichy) & à la Galerie Michel Journiac (Paris)

du 7 au 18 septembre 2021

Rencard Collectif

Interview de Pauline Créteur, attachée de conservation au musée Zadkine, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 29 juillet 2021, durée 28’50. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Rencard collectif,
avec Mathilde Castaignède, représentante du pôle communication et du pôle édition, Olivia Ipek et Eve Kahn, représentantes du pôle médiation-évenementiel, Léna Ortiz, représentante du pôle production et du pôle administration, et Noémie Pacaud, représentante du pôle commissariat, commissaires de l’exposition « Sans feu ni lieu »,

par Anne-Frédérique Fer, enregistrement réalisé par téléphone, entre Paris et partout en France, le 13 août 2021, durée 40’53.
© FranceFineArt.

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Conçue à partir des œuvres de vingt artistes issues du Fonds d’art contemporain – Paris Collections, de nouvelles productions de jeunes artistes diplômés de l’École des Arts de Paris 1 Panthéon – Sorbonne et des propositions d’artistes travaillant à Poush Manifesto, l’exposition Sans feu ni lieu est née d’un commissariat collectif, Rencard collectif, regroupant dix-huit personnalités, dix-huit étudiants issus du Master 2 Sciences et Techniques de l’Exposition, École des Arts de la Sorbonne – Paris 1. Une formation professionnalisante qui prépare aux différents métiers de l’exposition.

Généralement pour le grand public, les coulisses et la préparation d’une exposition restent une zone assez flou où le visiteur ne voyant que le résultat, c’est-à-dire les œuvres des artistes, il n’imagine pas forcément le travail que demande la monstration des œuvres présentées, les connaissances requises pour pouvoir faire dialoguer une diversité d’écritures plastiques, d’en construire un récit cohérant mais aussi toutes les dimensions administrative, juridique, comptable, financière, de production, de communication, … qu’une exposition implique.

Pour construire leur projet d’exposition, les réflexions de Rencard collectif se sont cristallisées sur la notion de chez soi. Une notion qui au regard de l’actualité ; des différents confinements dus à la crise sanitaire, mais aussi des migrations, de ce flux permanent du déplacement des populations pour essayer de trouver chez soi, un chez soi sans guerre, sans catastrophe écologique et économique, sans terre qui brûle, sans terre inondée, sans murs qui poussent ; est au cœur de la construction nos sociétés.

Pour mieux appréhender les enjeux de ce projet, Sans feu ni lieu, nous vous invitions à écouter l’entretien réalisé par FranceFineArt avec Rencard collectif – Mathilde Castaignède, représentante du pôle communication et du pôle édition, Olivia Ipek et Eve Kahn, représentantes du pôle médiation-évenementiel, Léna Ortiz, représentante du pôle production et du pôle administration et Noémie Pacaud, représentante du pôle commissariat.

Anne-Frédérique Fer


Extrait du communiqué de presse :


Carolle Sanchez, L’œuvre en échec / double denied, 2021.
Carolle Sanchez, L’œuvre en échec / double denied, 2021.
Clarisse Hahn, Los desnudos, notre corps est une arme, 2012, Vidéo numérique HD, 16/9, Los desnudos : 7'58" / La Chefa : 5'57", Fonds d’art contemporain – Paris Collections, Courtesy Galerie Jousse.
Clarisse Hahn, Los desnudos, notre corps est une arme, 2012, Vidéo numérique HD, 16/9, Los desnudos : 7’58 » / La Chefa : 5’57 », Fonds d’art contemporain – Paris Collections, Courtesy Galerie Jousse.
Jordi Colomer, Anarchtekton (Bucarest 1), 2003, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium 76 x 61 (avec cadre), Fonds d’art contemporain - Paris Collections, ADAGP 2021.
Jordi Colomer, Anarchtekton (Bucarest 1), 2003, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium 76 x 61 (avec cadre), Fonds d’art contemporain – Paris Collections, ADAGP 2021.
Julien Discrit, Brighter than a thousand suns, 2007, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium, 80 x 60, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, ADAGP 2021.
Julien Discrit, Brighter than a thousand suns, 2007, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium, 80 x 60, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, ADAGP 2021.
Laëtitia Badaut Haussmann, Maisons françaises, une collection #600-601, 2013, Tirage pigmentaire sur papier Enhanced Matte contrecollé sur aluminium 1 mm, 67,39 x 104,5 cm, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, Source : Revue Maison & Jardin #328, Editeur Molteni.
Laëtitia Badaut Haussmann, Maisons françaises, une collection #600-601, 2013, Tirage pigmentaire sur papier Enhanced Matte contrecollé sur aluminium 1 mm, 67,39 x 104,5 cm, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, Source : Revue Maison & Jardin #328, Editeur Molteni.
Mohamed Bourouissa, Sans titre (le feu), 2009 – 2010, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium, 94 x 120, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, ADAGP 2021.
Mohamed Bourouissa, Sans titre (le feu), 2009 – 2010, Tirage couleur à développement chromogène sur papier sané contrecollé sur aluminium, 94 x 120, Fonds d’art contemporain – Paris Collections, ADAGP 2021.

commissariat : Rencard collectif

L’expression “sans feu ni lieu”, aujourd’hui désuète, était autrefois utilisée pour désigner les vagabond.e.s, les mendiant·e·s, les personnes sans domicile.

“Sans lieu” sont ceux qui n’ont pas de maison, pas de refuge ; “sans le feu” disparaît le foyer, la famille, la chaleur. Comprise ainsi, l’expression déplore une perte d’attaches, de liens, d’origines, voire même d’histoire, pour celui ou celle qui n’a pas ou plus d’endroit où vivre, de point de chute

En mobilisant cette expression pour nommer l’exposition, il est question d’en détourner le sens premier afin de révéler les formes de résistance qui déstabilisent la conception traditionnelle et normative du foyer. Sans feu ni lieu interroge alors la notion du “chez soi” comme un processus en mouvement perpétuel, contrairement à la stabilité qu’incarne traditionnellement le domicile.

L’exposition réinvestit ainsi la question du domestique pour mieux comprendre la porosité qu’il entretient avec les autres espaces habités – extérieurs, urbains, publics, partagés – où se jouent nos appartenances, nos places, nos reconnaissances. Le chez-soi se détache d’un lieu et d’une architecture donnée pour se déployer dans des espaces non seulement matériels mais symboliques et relationnels : dans des images, des gestes, des paroles… Dès lors, bien moins simplement qu’un toit et quatre murs, ces espaces sont de dimensions variables, de natures et d’échelles multiples. Ces espaces d’expression, de représentation, de collaboration mais aussi de conflits, de dominations et de marginalisation sont tous imbriqués et interdépendants. Ils sont les nœuds du complexe système dans lequel chacun·e évolue pour négocier sa place (choisie, subie, possédée) ; une place depuis laquelle on peut lutter pour faire valoir sa légitimité à participer activement à l’élaboration même de cette vie commune et de sa mise en commun (commonality).

Par les œuvres réunies et le dispositif mis en oeuvre, l’exposition entend explorer les porosités et les forces qui modèlent ces multiples espaces, témoignant tout à la fois de désirs intimes et de réalités domestiques, de relations interpersonnelles et d’idéologies sociales, et des forces de domination qui les conditionnent. La mise en relation de deux lieux d’exposition, soit deux modalités de représentation et de rencontre, est une façon de perpétuellement repenser de nouvelles manières d’habiter et percevoir ces territoires (avant tout) mentaux.


Les lieux :
Poush Manifesto, 6 avenue du Général Leclerc – Clichy
https://www.poush-manifesto.com/

Galerie Michel Journiac, 47 rue des Bergers – Paris 15
https://galeriemicheljourniac.com/


La programmation :
 
https://rencardcollectif.cargo.site/Expo


Les artistes :
Mathieu Kleyeb Abonnenc, Wilfrid Almendra, Hannah Archambault, Laëtitia Badaut Haussmann, Julia Borderie & Eloise Legallo, Mohamed Bourouissa, Jordi Colomer, Damien Dion, Julien Discrit, Clarisse Hahn, Charlotte Khouri, Tarik Kiswanson, Florence Lacombe de Repentigny, Lucas Thibault, Nicolas Momein, Estefania Peñafiel Loaiza, Carolle Sanchez, Lou Villapadierna, Lois Weinberger, Xolo & Cuintle.
https://rencardcollectif.cargo.site/Expo_artistes


Rencard collectif
Rencard collectif est l’union de dix-huit jeunes voix curatoriales qui partagent un intérêt commun pour la diversité et la porosité des formes de l’art contemporain. Nous envisageons la convergence de nos singularités comme la condition nécessaire à la réalisation d’un projet vivant, actuel, et autocritique. Nous souhaitons être les entremetteur·euse·s d’un dialogue original entre le public et la création contemporaine. Avec profondeur mais légèreté, nous sommes guidé·e·s par l’envie d’être des passeur·se·s de relais à notre génération, sa diversité culturelle et ses engagements sociétaux. Pour honorer les engagements qui nous tiennent à coeur, nous avons mis en place une méthodologie inclusive et consciencieuse de l’environnement. “Rencard” est un mot d’argot qui indique le rendez-vous, le tête-à-tête, mais son usage recouvre également la mise à disposition d’informations confidentielles, de renseignements privés (rencarder). Nous profitons de cette ambivalence pour suggérer la rencontre, la proximité, la découverte intimiste, avec pour conviction que la curation est une mise à disposition des oeuvres, non pas comme des secrets bien gardés mais comme un geste réciproque. Depuis la crise sanitaire, cette notion de rassemblement, malmenée et contrainte, a conditionné nos rapports, et il nous semble important de nous positionner en conséquence.


Galerie Michel Journiac
Installée au sein de l’Ecole des Arts de la Sorbonne (EAS – Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), la Galerie Michel Journiac est un espace universitaire d’exposition et de recherche. Associée aux différents programmes de l’Institut ACTE (EA 7539) et aux multiples activités de l’EAS, la galerie fonctionne sous la direction d’une équipe de trois enseignants-chercheurs accompagnés d’un groupe d’étudiants volontaires. Alliant workshops, résidences, expositions collectives ou personnelles, elle a eu l’occasion d’accueillir et d’exposer au gré des équipes curatoriales successives.


STartE
L’exposition-projet naît de la démarche de Françoise Docquiert, reprise aujourd’hui par Christophe Viart. Chaque année, un petit groupe d’étudiant·e·s a l’opportunité de mener cette initiative de manière autonome, aidé par la mise en réseau que permet STartE. STartE est une association ayant pour mission l’accompagnement de la production, de la création, de la communication et de la diffusion des projets artistiques des étudiant·e·s du Master 2 Sciences et Techniques de l’Exposition de l’École des Arts de La Sorbonne – Paris 1. Cette association encourage les projets à caractère professionnel, grâce à un appui technique et financier.


Poush Manifesto
«Sous la direction artistique d’Yvannoé Kruger, Manifesto animera une programmation artistique singulière, qui participera du renouvellement de la Porte Pouchet et contribuera au rayonnement de Clichy. Le lieu a vocation à s’ouvrir à des partenaires locaux, nationaux et internationaux. Des espaces seront disponibles pour que des entreprises désireuses d’expériences inédites organisent des événements au plus près des artistes. Initialement prévu pour une durée d’un an, POUSH accueillera finalement ses résidents jusqu’à décembre 2021. Avec, pour Manifesto, un double objectif : accélérer la mutation du patrimoine bâti délaissé et donner un coup de poush aux artistes.»


Fonds d’art contemporain – Paris Collections
«Témoignage du soutien de la Ville de Paris à la création depuis le XIXe siècle, sa collection s’autonomise et se spécialise dans les années 1980. À partir de cette date, une commission d’acquisition spécifique est créée, à l’appui d’une politique d’achat ambitieuse. Aujourd’hui, elle est composée de 23 000 oeuvres, dont plus de 3 500 pour la période contemporaine comme Mounir Fatmi, Valérie Jouve, Clément Cogitore, Florence Doléac, Raymond Depardon, Farah Atassi, Mohammed Bourouissa et bien d’autres. […] Complémentaire de celle des musées parisiens, la collection a une vocation toute particulière : celle de sortir de ses murs, d’irriguer le territoire parisien, d’aller à la rencontre de publics diversifiés.» «En octobre 2019, le Fonds municipal d’art contemporain (le FMAC), change de nom et devient le Fonds d’art contemporain – Paris Collections. Cette nouvelle dénomination souligne au mieux l’engagement du Fonds en faveur de l’art contemporain et du patrimoine constitué, et conservé par la Ville de Paris.»





FranceFineArt est partenaire de l’exposition
Sans feu ni lieu.