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“Je danse seule” 

un récit de Laure Samama

collection Notes – Arnaud Bizalion Editeur

Laure Samama
Arnaud Bizalion Editeur

PODCAST - Interview de Laure Samama, par Anne-Frédérique Fer, enregistrement réalisé par téléphone, entre Paris et l’île de Batz, le 13 mai 2021, durée 20’40. © FranceFineArt.
(photographie, crédit © Michael Duperrin)

PODCAST –  Interview de Laure Samama,

par Anne-Frédérique Fer, enregistrement réalisé par téléphone, entre Paris et l’île de Batz, le 13 mai 2021, durée 20’40.
© FranceFineArt.
(photographie, crédit © Michael Duperrin)


Couverture de Je danse seule de Laure Samama chez Arnaud Bizalion Editeur 2021. © Laure Samama.
Couverture de Je danse seule de Laure Samama chez Arnaud Bizalion Editeur 2021. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.

Extrait du communiqué de presse

“On m’a dit :

– Enferme-toi avec tes proches !

Et je n’avais pas d’assez proches pour s’enfermer avec moi.

Alors je me suis enfermée seule.

Au début je n’ai presque plus bougé, j’étais un animal en hibernation dans le dix-huitième arrondissement, qui se déplaçait gauchement, du lit au frigo et du frigo au lit, un animal dont l’activité principale consistait à dormir. Il dormait et ça s’agitait dans mes rêves, j’avais peur, j’avais faim, j’avais soif, j’avais amour surtout, mais je ne voulais pas le savoir. Je ne voulais pas être dérangée et les lois me protégeaient : il était écrit que personne ne viendrait. Et personne ne venait.

J’étais une chauve-souris pendue par les pattes au fond d’une grotte au milieu d’autres chauves-souris de hasard suspendues dans des cavités mitoyennes. J’espérais que personne n’entre dans ma salle par surprise et ne fasse fondre mes graisses.

En réalité, je ne rêvais que de ça, voir et être vue, toucher et être touchée, emplir et être emplie d’un autre. Mais je préférais ne pas y penser.

Les jours s’étiraient d’une annonce à l’autre.

En attendant la libération, je regardais mes congénères se débattre sur la toile. Il était impossible de les départager. Chacun avait sa théorie, qui le faisait tenir debout. Les désaccords étaient violents et les affinités tout aussi extrêmes. La toile les protégeait. Moi, je lisais, et je ne pensais rien.

J’étais juste triste de ne pas pouvoir marcher sans fin dans la ville et la campagne, de ne pas sentir l’air sur mon visage, de ne pas embrasser un homme ou un enfant au matin. Je ne voulais pas lire tant de désarroi caché derrière tant de colère, je ne voulais pas m’emballer pour des débats qui n’étaient pas les miens, j’ai retiré les applications de mon ordinateur, je n’avais pas la télévision et je n’ai jamais aimé la radio.

La torpeur s’est installée.

[…] ”

– extrait du rĂ©cit Je danse seule de Laure Samama






Samama Laure, photographe, Ă©crivain

Laure Samama est nĂ©e en 1973. Elle est diplĂ´mĂ©e de l’Ecole Nationale SupĂ©rieure de Photographie d’Arles et de l’Ecole d’architecture de Belleville. Après avoir exercĂ© l’architecture pendant plus de dix ans, elle dĂ©cide de se consacrer Ă  la photographie et l’Ă©criture. Elle photographie des lieux, porteurs d’histoires, dans lesquels elle dĂ©cèle des instants de grâce. Quand elle Ă©crit, c’est pour mener vers la lumière les zones reculĂ©es de la mĂ©moire. Elle a exposĂ© « Trouer l’opacité » Ă  la Maison Doisneau en septembre 2018 et a exposĂ© Ă  la galerie VU en 2016. La revue Spasme a publiĂ© la nouvelle Les seins blancs et la revue Extensible Premier dilemme, en septembre 2018. Elle a publiĂ© Tes mains s’effacent et Ce qu’on appelle aimer, qui mĂŞle rĂ©cit et photographie, aux Ă©ditions Arnaud Bizalion. La Bibliothèque Nationale de France a acquis ses livres d’artiste en 2017. Elle explore aujourd’hui de nouvelles voies de restitution telles que la vidĂ©o et la performance dansĂ©e. Laure Samama vit et travaille Ă  Paris.


Je danse seule (Arnaud Bizalion Editeur 2021)

Ce qu’on appelle aimer (Arnaud Bizalion Editeur 2016)

Tes mains s’effacent (Arnaud Bizalion Editeur 2018)

Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.
Laure Samama, Je danse seule. © Laure Samama.