Juan Antonio Ibardin de San Cristóbal , dit Juan de Novist
Rédacteur, dessinateur

Juan Antonio Ibardin de San Cristóbal , dit Juan de Novist

Né en 1950 à Tres Esquinas (Colombie)

Vit et travaille à Bruxelles.

Tout commence par des études de droit, puis un rapide passage dans l’armée, et enfin deux décennies dans la marine marchande qui l’amènent en Europe pour se fixer d’abord en Espagne, puis en Belgique où « la douce monotonie du plat pays » lui apporte le calme tant désiré après des années d’errances sans port d’attache. La rencontre avec l’art belge, en particulier l’œuvre prolifique de James Ensor, puis de Marcel Broodthaers et plus tardivement du mouvement COBRA, l’incite à réaliser ses premières peintures.

La découverte du manifeste d’Isodore ISOU « Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique » (1947), le conduit à revisiter son approche de la pratique de l’art, où le détournement du texte et des images de Raul Hausmann et de Kurt Schwitters, le conduit à explorer l’art du collage. Il éprouve une réelle passion pour les dessins d’Hergé, confrontant dans des « montage/démontage » minutieux des planches BD, son approche militante politique à sa lecture poétique du monde, qu’il juge malgré tout, totalement inconciliable : « La poésie ne pourra jamais s’accorder avec la politique, si ce n’est sur les cendres cette dernière ».

Dans son premier recueil de poésie, «  Dicen que te has vuelto loca » Riohacha 1972, il reprend une citation de  Stanislaw Ignacy Witkiewicz  (1885-1939) en introduction de son ouvrage :

« L’art est un domaine où le mensonge ne peut à aucune condition donner de résultats positifs. Les valeurs utilitaires changent constamment à l’exception de certaines, très primitives, mais ce qui était la vérité en art du temps des Egyptiens ou dans la Chine ancienne est vrai aussi pour nous et le restera aussi longtemps que la démocratisation et la mécanisation ne feront pas de nous des automates incapables d’éprouver le sentiment métaphysique. »

Dans Jérusalem, un ancien roi d’Israël se disant fils de David, se présentant comme l’auteur d’un livre de la Bible hébraïque : « l’Ecclésiaste » * pensait déjà que la société de son temps était un cauchemar, « C’est pourquoi, disait-il, j’ai quitté toutes ces choses, et mon cœur a renoncé à se tourmenter davantage sous le soleil. »

Juan produit, pour lui, pour son entourage, le grand livre critique de notre époque.

* « Celui qui s’adresse à la foule »