đ âLee Millerâ au MusĂ©e dâArt Moderne de Paris, du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026
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âLee MillerâÂ
au MusĂ©e dâArt Moderne de Paris
du 10 avril au 2 août 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Fanny Schulmann,
conservatrice en chef au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris,
responsable des collections photographiques
et co-commissaire de l’exposition,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 22 juin 2026, durĂ©e 34’17,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Lee Miller, Portrait de lâespace, Al Bulwayeb, prĂšs de Siwa, Egypte, 1937. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Lee Miller, ModÚle avec ampoule, Vogue studio, Londres, vers 1943. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.
Commissaires
Hilary Floe, senior curator en art moderne et contemporain à la Tate Britain, assistée de Saskia Flower
Fanny Schulmann, conservatrice en chef au MusĂ©e dâArt Moderne de Paris, responsable des collections photographiques, assistĂ©e dâAdĂ©laĂŻde Lacotte et de Paul-Emile Pachero
Du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026, le MusĂ©e dâArt Moderne de Paris prĂ©sente la plus importante rĂ©trospective consacrĂ©e Ă Lee Miller en France depuis vingt ans.
OrganisĂ©e Ă lâinitiative de la Tate Britain et en collaboration avec lâArt Institute of Chicago, lâexposition rĂ©unit prĂšs de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inĂ©dits, et propose un nouveau regard sur lâĆuvre de Lee Miller.
Figure essentielle de lâavant-garde internationale, Lee Miller (1907, Poughkeepsie, Ătats-Unis â 1977, Chiddingly, Royaume-Uni) fut tour Ă tour mannequin, artiste surrĂ©aliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accrĂ©ditĂ©e par lâarmĂ©e amĂ©ricaine. Longtemps relĂ©guĂ©e au rĂŽle dâĂ©gĂ©rie, elle est aujourdâhui reconnue comme lâune des grandes photographes du XXĂšme siĂšcle.
Lâexposition retrace lâensemble de son parcours, de ses dĂ©buts Ă New York aux annĂ©es de guerre en Europe, en passant par son sĂ©jour en Ăgypte et sa vie Ă Londres. Elle dĂ©montre la richesse dâune Ćuvre oĂč cohabitent expĂ©rimentations formelles, audace visuelle et engagement politique.
Dix-huit ans aprĂšs la derniĂšre rĂ©trospective française au Jeu de Paume, le MusĂ©e dâArt Moderne de Paris propose un parcours en six parties, mĂȘlant approche chronologique et thĂ©matique.

Photographe inconnu, Lee Miller avec son appareil lors d âune sĂ©ance photo Schiaparelli, MusĂ©e dâart Moderne, Paris, 1945. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Lee Miller, Femme équipées de masques anti-feu, Downshire Hill, Londres, 1941. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.
L’exposition
Lâexposition sâouvre sur un ensemble de portraits de Lee Miller rĂ©alisĂ©s par les plus grands photographes et cinĂ©astes des annĂ©es 1920 et 1930. Lee Miller sâimpose comme une personnalitĂ© du New York de la fin des annĂ©es 1920 Ă travers tout dâabord son activitĂ© de mannequin. Elle est lâun des modĂšles les plus recherchĂ©s par les magazines, figurant lâarchĂ©type de la femme moderne, Ă©mancipĂ©e et active. Lors de son sĂ©jour Ă Paris, ses liens avec les surrĂ©alistes la conduisent Ă jouer lâun des rĂŽles principaux du premier film de Jean Cocteau, Le Sang dâun poĂšte (1930-1932).
Le parcours se poursuit en examinant lâimportance de son sĂ©jour parisien entre 1929 et 1932. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par sa rencontre avec Man Ray, dont elle devient lâapprentie mais Ă©galement la compagne. Leur intense collaboration explore la puissance Ă©rotique du mĂ©dium photographique, et se matĂ©rialise notamment dans leur dĂ©couverte conjointe de ce que Lee Miller appelait la « solarisation ». Ăgalement connue sous le nom d’effet Sabatier, la solarisation est une technique consistant Ă rĂ©exposer briĂšvement un tirage ou un nĂ©gatif Ă la lumiĂšre pendant le traitement. Il en rĂ©sulte une inversion partielle des tons de la photographie, crĂ©ant un effet de halo onirique. Ce phĂ©nomĂšne a Ă©tĂ© observĂ© pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es 1840, mais Man Ray et Lee Miller sont souvent considĂ©rĂ©s comme les premiers artistes Ă l’avoir utilisĂ© de maniĂšre crĂ©ative.
Lee Miller ouvre son propre studio et travaille comme photographe pour Vogue, affirmant ainsi son dĂ©sir dâindĂ©pendance artistique. Ses photographies, singuliĂšres par leur goĂ»t pour les cadrages obliques et les rapprochements insolites, sont exposĂ©es dans les galeries parisiennes aux cĂŽtĂ©s des grands photographes de l’Ă©poque (Germaine Krull, BrassaĂŻâŠ).
Cette pĂ©riode trĂšs riche sâachĂšve par son dĂ©part pour New York en 1932, oĂč elle ouvre un nouveau studio. Sa premiĂšre exposition personnelle est alors organisĂ©e par la galerie Julien Levy. Il nây en aura pas dâautres de son vivant. Son activitĂ© de portraitiste, Ă laquelle deux sections sont dĂ©diĂ©es, prend un vĂ©ritable essor, et se poursuivra tout au long de sa vie. Elle reflĂšte ses nombreux liens avec les milieux artistiques et littĂ©raires.
En 1934, Lee Miller Ă©pouse lâhomme dâaffaire Ă©gyptien Aziz Eloui Bey et sâinstalle avec lui au Caire. Les photographies de cette pĂ©riode frappent par lâaffirmation des motifs, des textures et des cadrages qui composent ses images. Loin de lâexploration de thĂšmes exotiques, Miller va davantage porter son attention vers les contrastes de matiĂšres et de formes, les changements de perceptions induits par les angles de prises de vues.
En 1937, la rencontre de Miller avec le peintre et poĂšte surrĂ©aliste Roland Penrose lâĂ©loigne progressivement de lâĂgypte. Elle passe davantage de temps en Europe en compagnie de ses amis surrĂ©alistes. En 1939, au dĂ©clenchement de la guerre, elle choisit de rester Ă Londres et sâinvestit progressivement dans les publications du Vogue britannique en tant que photographe de mode. Cette section montre lâutilisation dans ses clichĂ©s des ruines et des bombardements de Londres. Elle participe par ailleurs Ă la publication en mai 1941 de lâouvrage Grim Glory : Pictures of Britain Under Fire (Sombre Gloire, images de la Grande-Bretagne sous le feu), qui tĂ©moigne de la vie quotidienne pendant le Blitz en mĂȘlant cĂ©lĂ©bration patriotique et humour noir.
Ă lâhiver 1942, Miller est lâune des rares femmes photographes Ă obtenir une accrĂ©ditation de correspondante de guerre par les Ătats-Unis. DĂ©sormais, elle couvre directement le conflit et consacre de nombreux reportages aux femmes engagĂ©es dans la guerre : infirmiĂšres, membres de la dĂ©fense anti-aĂ©rienne, aviatrices, qui paraissent aussi bien dans le Vogue britannique quâamĂ©ricain.
Quelques semaines aprĂšs le DĂ©barquement de juin 1944, elle traverse la Manche pour suivre lâavancĂ©e des troupes alliĂ©es, et se trouve en premiĂšre ligne sur le front, notamment lors de la libĂ©ration de Saint-Malo. Ses photographies et ses articles dĂ©noncent la violence du conflit. Le parcours montre la façon dont elle se distingue alors des reportages de guerre classiques, par le ton quâelle emploie et son engagement trĂšs personnel. Son Ćil et sa sensibilitĂ© sâattachent davantage Ă des dĂ©tails signifiants, quâau théùtre des opĂ©rations militaires.
En avril 1945, aux cĂŽtĂ©s du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend Ă Dachau et Buchenwald juste aprĂšs la libĂ©ration des camps. AccompagnĂ©s dâun article (Believe it â juin 1945), certains de ses clichĂ©s publiĂ©s dans Vogue font Ă©tat de sa sidĂ©ration. Les photographies de Lee Miller sont parmi les premiĂšres Ă rĂ©vĂ©ler au grand public lâentreprise dâextermination de masse des nazis.
Le 30 avril 1945, juste aprĂšs avoir photographiĂ© le camp de Dachau, Lee Miller se rend Ă Munich et entre dans lâappartement dâAdolf Hitler. Dans une photographie entiĂšrement mise en scĂšne et chargĂ©e de symboles, elle pose dans la baignoire du dictateur. Peu diffusĂ©e sur le moment, lâimage est aujourdâhui considĂ©rĂ©e comme lâune des photographies les plus emblĂ©matiques de la fin du conflit mondial. Jusquâen janvier 1946, Lee Miller photographie lâEurope et la LibĂ©ration. Ces images reflĂštent la douleur et les privations mais Ă©galement les laissĂ©s-pour-compte de la LibĂ©ration, comme les femmes et les enfants. Miller confie ainsi Ă son Ă©ditrice : « Je prĂ©fĂšre dĂ©crire les dĂ©gĂąts des villes dĂ©truites et des personnes blessĂ©es plutĂŽt que de faire face au moral brisĂ© et Ă la foi anĂ©antie de ceux qui pensaient que âles choses allaient redevenir comme avantâ ».
Les annĂ©es qui suivent, Miller peine Ă se relever de son expĂ©rience de la guerre. La derniĂšre section de lâexposition est consacrĂ©e Ă son installation Ă Farleys Farm House (Sussex) avec Roland Penrose et leur fils Antony. Lee Miller poursuit tout dâabord ses reportages et photographies de mode pour Vogue, mais cesse peu Ă peu son travail commercial. Dans un cadre plus privĂ©, elle continue Ă rĂ©aliser des portraits de ses proches, qui reflĂštent son engagement continu auprĂšs de l’avant-garde internationale. Farleys House, reflet du couple Miller-Penrose, devient un lieu important de rencontres artistiques au cours desquelles Lee Miller sâadonne Ă de nombreuses expĂ©rimentations culinaires, qui rendent souvent hommage Ă lâinventivitĂ© de ses amis.
#expoLeeMiller – Le catalogue dâexposition Ă©ditĂ© par la Tate Britain Ă lâoccasion de lâexposition est repris, traduit et adaptĂ© par les Ă©ditions Paris MusĂ©es. Il est pensĂ© comme un nouvel ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur lâoeuvre de lâartiste. Il rassemble trois essais prolongeant les thĂ©matiques abordĂ©es dans lâexposition, rĂ©digĂ©s par Damarice Amao, attachĂ©e de conservation au cabinet photo du musĂ©e national dâArt moderne, Hilary Floe, conservatrice en chef Ă la Tate Britain et commissaire de lâexposition Lee Miller et Fanny Schulmann, conservatrice en chef au MusĂ©e dâArt Moderne de Paris et co-commissaire de lâexposition Lee Miller. Il accueille Ă©galement un texte de lâautrice britannique Deborah Levy.
Lâexposition Lee Miller est organisĂ©e par le MusĂ©e dâArt Moderne de Paris du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026, en collaboration avec la Tate Britain et lâArt Institute of Chicago. Lâexposition Ă la Tate Britain se tient du 2 octobre 2025 au 15 fĂ©vrier 2026 et lâexposition Ă lâArt Institute of Chicago aura lieu du 29 aoĂ»t au 7 dĂ©cembre 2026. Avec la participation des Archives Lee Miller.




























