Agenda CulturelIncontournablesPodcasts

🔊 “Lee Miller” au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris, du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026

Partage

 


“Lee Miller” 

au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris

du 10 avril au 2 août 2026

MusĂ©e d’Art Moderne de Paris


Entretien avec Fanny Schulmann, conservatrice en chef au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris, responsable des collections photographiques et co-commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 22 juin 2026, durĂ©e 34’16, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Fanny Schulmann
,
conservatrice en chef au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris,
responsable des collections photographiques
et co-
commissaire de l’exposition,



par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 22 juin 2026, durĂ©e 34’17,
© FranceFineArt.


previous arrow
Lee Miller
next arrow
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
Lee Miller
previous arrow
next arrow
©Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition avec Fanny Schulmann, le 22 juin 2026.


Extrait du communiqué de presse :


https://francefineart.com/  Lee Miller, Portrait de l’espace, Al Bulwayeb, prĂšs de Siwa, Egypte, 1937. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Lee Miller, Portrait de l’espace, Al Bulwayeb, prĂšs de Siwa, Egypte, 1937. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

https://francefineart.com/  Lee Miller, ModÚle avec ampoule, Vogue studio, Londres, vers 1943. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Lee Miller, ModÚle avec ampoule, Vogue studio, Londres, vers 1943. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Commissaires
Hilary Floe, senior curator en art moderne et contemporain à la Tate Britain, assistée de Saskia Flower
Fanny Schulmann, conservatrice en chef au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris, responsable des collections photographiques, assistĂ©e d’AdĂ©laĂŻde Lacotte et de Paul-Emile Pachero



Du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026, le MusĂ©e d’Art Moderne de Paris prĂ©sente la plus importante rĂ©trospective consacrĂ©e Ă  Lee Miller en France depuis vingt ans.

OrganisĂ©e Ă  l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, l’exposition rĂ©unit prĂšs de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inĂ©dits, et propose un nouveau regard sur l’Ɠuvre de Lee Miller.

Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907, Poughkeepsie, États-Unis – 1977, Chiddingly, Royaume-Uni) fut tour Ă  tour mannequin, artiste surrĂ©aliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accrĂ©ditĂ©e par l’armĂ©e amĂ©ricaine. Longtemps relĂ©guĂ©e au rĂŽle d’égĂ©rie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du XXĂšme siĂšcle.

L’exposition retrace l’ensemble de son parcours, de ses dĂ©buts Ă  New York aux annĂ©es de guerre en Europe, en passant par son sĂ©jour en Égypte et sa vie Ă  Londres. Elle dĂ©montre la richesse d’une Ɠuvre oĂč cohabitent expĂ©rimentations formelles, audace visuelle et engagement politique.

Dix-huit ans aprĂšs la derniĂšre rĂ©trospective française au Jeu de Paume, le MusĂ©e d’Art Moderne de Paris propose un parcours en six parties, mĂȘlant approche chronologique et thĂ©matique.

https://francefineart.com/  Photographe inconnu, Lee Miller avec son appareil lors d ‘une sĂ©ance photo Schiaparelli, MusĂ©e d’art Moderne, Paris, 1945. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Photographe inconnu, Lee Miller avec son appareil lors d ‘une sĂ©ance photo Schiaparelli, MusĂ©e d’art Moderne, Paris, 1945. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

https://francefineart.com/  Lee Miller, Femme équipées de masques anti-feu, Downshire Hill, Londres, 1941. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.

Lee Miller, Femme équipées de masques anti-feu, Downshire Hill, Londres, 1941. © Lee Miller Archives England 2026, All Rights Reserved.


L’exposition

L’exposition s’ouvre sur un ensemble de portraits de Lee Miller rĂ©alisĂ©s par les plus grands photographes et cinĂ©astes des annĂ©es 1920 et 1930. Lee Miller s’impose comme une personnalitĂ© du New York de la fin des annĂ©es 1920 Ă  travers tout d’abord son activitĂ© de mannequin. Elle est l’un des modĂšles les plus recherchĂ©s par les magazines, figurant l’archĂ©type de la femme moderne, Ă©mancipĂ©e et active. Lors de son sĂ©jour Ă  Paris, ses liens avec les surrĂ©alistes la conduisent Ă  jouer l’un des rĂŽles principaux du premier film de Jean Cocteau, Le Sang d’un poĂšte (1930-1932).

Le parcours se poursuit en examinant l’importance de son sĂ©jour parisien entre 1929 et 1932. Cette pĂ©riode est marquĂ©e par sa rencontre avec Man Ray, dont elle devient l’apprentie mais Ă©galement la compagne. Leur intense collaboration explore la puissance Ă©rotique du mĂ©dium photographique, et se matĂ©rialise notamment dans leur dĂ©couverte conjointe de ce que Lee Miller appelait la « solarisation ». Également connue sous le nom d’effet Sabatier, la solarisation est une technique consistant Ă  rĂ©exposer briĂšvement un tirage ou un nĂ©gatif Ă  la lumiĂšre pendant le traitement. Il en rĂ©sulte une inversion partielle des tons de la photographie, crĂ©ant un effet de halo onirique. Ce phĂ©nomĂšne a Ă©tĂ© observĂ© pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es 1840, mais Man Ray et Lee Miller sont souvent considĂ©rĂ©s comme les premiers artistes Ă  l’avoir utilisĂ© de maniĂšre crĂ©ative.

Lee Miller ouvre son propre studio et travaille comme photographe pour Vogue, affirmant ainsi son dĂ©sir d’indĂ©pendance artistique. Ses photographies, singuliĂšres par leur goĂ»t pour les cadrages obliques et les rapprochements insolites, sont exposĂ©es dans les galeries parisiennes aux cĂŽtĂ©s des grands photographes de l’Ă©poque (Germaine Krull, Brassaï
).

Cette pĂ©riode trĂšs riche s’achĂšve par son dĂ©part pour New York en 1932, oĂč elle ouvre un nouveau studio. Sa premiĂšre exposition personnelle est alors organisĂ©e par la galerie Julien Levy. Il n’y en aura pas d’autres de son vivant. Son activitĂ© de portraitiste, Ă  laquelle deux sections sont dĂ©diĂ©es, prend un vĂ©ritable essor, et se poursuivra tout au long de sa vie. Elle reflĂšte ses nombreux liens avec les milieux artistiques et littĂ©raires.

En 1934, Lee Miller Ă©pouse l’homme d’affaire Ă©gyptien Aziz Eloui Bey et s’installe avec lui au Caire. Les photographies de cette pĂ©riode frappent par l’affirmation des motifs, des textures et des cadrages qui composent ses images. Loin de l’exploration de thĂšmes exotiques, Miller va davantage porter son attention vers les contrastes de matiĂšres et de formes, les changements de perceptions induits par les angles de prises de vues.

En 1937, la rencontre de Miller avec le peintre et poĂšte surrĂ©aliste Roland Penrose l’éloigne progressivement de l’Égypte. Elle passe davantage de temps en Europe en compagnie de ses amis surrĂ©alistes. En 1939, au dĂ©clenchement de la guerre, elle choisit de rester Ă  Londres et s’investit progressivement dans les publications du Vogue britannique en tant que photographe de mode. Cette section montre l’utilisation dans ses clichĂ©s des ruines et des bombardements de Londres. Elle participe par ailleurs Ă  la publication en mai 1941 de l’ouvrage Grim Glory : Pictures of Britain Under Fire (Sombre Gloire, images de la Grande-Bretagne sous le feu), qui tĂ©moigne de la vie quotidienne pendant le Blitz en mĂȘlant cĂ©lĂ©bration patriotique et humour noir.

À l’hiver 1942, Miller est l’une des rares femmes photographes Ă  obtenir une accrĂ©ditation de correspondante de guerre par les États-Unis. DĂ©sormais, elle couvre directement le conflit et consacre de nombreux reportages aux femmes engagĂ©es dans la guerre : infirmiĂšres, membres de la dĂ©fense anti-aĂ©rienne, aviatrices, qui paraissent aussi bien dans le Vogue britannique qu’amĂ©ricain.

Quelques semaines aprĂšs le DĂ©barquement de juin 1944, elle traverse la Manche pour suivre l’avancĂ©e des troupes alliĂ©es, et se trouve en premiĂšre ligne sur le front, notamment lors de la libĂ©ration de Saint-Malo. Ses photographies et ses articles dĂ©noncent la violence du conflit. Le parcours montre la façon dont elle se distingue alors des reportages de guerre classiques, par le ton qu’elle emploie et son engagement trĂšs personnel. Son Ɠil et sa sensibilitĂ© s’attachent davantage Ă  des dĂ©tails signifiants, qu’au théùtre des opĂ©rations militaires.

En avril 1945, aux cĂŽtĂ©s du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend Ă  Dachau et Buchenwald juste aprĂšs la libĂ©ration des camps. AccompagnĂ©s d’un article (Believe it – juin 1945), certains de ses clichĂ©s publiĂ©s dans Vogue font Ă©tat de sa sidĂ©ration. Les photographies de Lee Miller sont parmi les premiĂšres Ă  rĂ©vĂ©ler au grand public l’entreprise d’extermination de masse des nazis.

Le 30 avril 1945, juste aprĂšs avoir photographiĂ© le camp de Dachau, Lee Miller se rend Ă  Munich et entre dans l’appartement d’Adolf Hitler. Dans une photographie entiĂšrement mise en scĂšne et chargĂ©e de symboles, elle pose dans la baignoire du dictateur. Peu diffusĂ©e sur le moment, l’image est aujourd’hui considĂ©rĂ©e comme l’une des photographies les plus emblĂ©matiques de la fin du conflit mondial. Jusqu’en janvier 1946, Lee Miller photographie l’Europe et la LibĂ©ration. Ces images reflĂštent la douleur et les privations mais Ă©galement les laissĂ©s-pour-compte de la LibĂ©ration, comme les femmes et les enfants. Miller confie ainsi Ă  son Ă©ditrice : « Je prĂ©fĂšre dĂ©crire les dĂ©gĂąts des villes dĂ©truites et des personnes blessĂ©es plutĂŽt que de faire face au moral brisĂ© et Ă  la foi anĂ©antie de ceux qui pensaient que “les choses allaient redevenir comme avant” ».

Les annĂ©es qui suivent, Miller peine Ă  se relever de son expĂ©rience de la guerre. La derniĂšre section de l’exposition est consacrĂ©e Ă  son installation Ă  Farleys Farm House (Sussex) avec Roland Penrose et leur fils Antony. Lee Miller poursuit tout d’abord ses reportages et photographies de mode pour Vogue, mais cesse peu Ă  peu son travail commercial. Dans un cadre plus privĂ©, elle continue Ă  rĂ©aliser des portraits de ses proches, qui reflĂštent son engagement continu auprĂšs de l’avant-garde internationale. Farleys House, reflet du couple Miller-Penrose, devient un lieu important de rencontres artistiques au cours desquelles Lee Miller s’adonne Ă  de nombreuses expĂ©rimentations culinaires, qui rendent souvent hommage Ă  l’inventivitĂ© de ses amis.

#expoLeeMiller – Le catalogue d’exposition Ă©ditĂ© par la Tate Britain Ă  l’occasion de l’exposition est repris, traduit et adaptĂ© par les Ă©ditions Paris MusĂ©es. Il est pensĂ© comme un nouvel ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur l’oeuvre de l’artiste. Il rassemble trois essais prolongeant les thĂ©matiques abordĂ©es dans l’exposition, rĂ©digĂ©s par Damarice Amao, attachĂ©e de conservation au cabinet photo du musĂ©e national d’Art moderne, Hilary Floe, conservatrice en chef Ă  la Tate Britain et commissaire de l’exposition Lee Miller et Fanny Schulmann, conservatrice en chef au MusĂ©e d’Art Moderne de Paris et co-commissaire de l’exposition Lee Miller. Il accueille Ă©galement un texte de l’autrice britannique Deborah Levy.

L’exposition Lee Miller est organisĂ©e par le MusĂ©e d’Art Moderne de Paris du 10 avril au 2 aoĂ»t 2026, en collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute of Chicago. L’exposition Ă  la Tate Britain se tient du 2 octobre 2025 au 15 fĂ©vrier 2026 et l’exposition Ă  l’Art Institute of Chicago aura lieu du 29 aoĂ»t au 7 dĂ©cembre 2026. Avec la participation des Archives Lee Miller.