đ âLâespace entre nousâ Dans la collection du Wilson Centre for Photography, LE BAL, du 19 juin 2026 au 3 janvier 2026
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âLâespace entre nousâ
Dans la collection du Wilson Centre for Photography
LE BAL, Paris
du 19 juin 2026 au 3 janvier 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Julie Hérault,
directrice adjointe du BAL,Â
et co-commissaire de l’exposition,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 29 juin 2026, durĂ©e 17’30,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Aaron Siskind, Portrait de Liza Kraitz Fonar, 1933. © Aaron Siskind / Virginia Museum of Fine Arts Courtesy Wilson Centre for Photography.

David Goldblatt, George et Sarah Manyani, 3153 Emdeni Extension. Août 1972, 1972/ © David Goldblatt, Courtesy Marian Goodman, Johannesburg / Wilson Centre for Photography.

Tomoko Sawada, Les débuts No.31, 1997. © Tomoko Sawada/ Courtesy of Rose Gallery / Wilson Centre for Photography.

Chris Killip, Jeune sur un mur, Jarrow, Tyneside, 1976. © Chris Killip Photography Trust / Magnum Photos. Courtesy Wilson Centre for Photography.

John Gutmann, Haussement dâĂ©paules, 1935. © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents, Courtesy Wilson Centre for Photography.

ShĆji Ueda, Papa, maman et les enfants, 1949. © Photo ShĆji UEDA, Courtesy Wilson Centre for Photography.
Commissariat :
Diane Dufour, co-directrice du BAL avec Julie Héraut, directrice adjointe du BAL
Scénographie : Cyril Delhomme.
Exposition réalisée avec le soutien du Wilson Centre for Photography.
Ă lâoccasion du Bicentenaire de la naissance de la photographie, LE BAL consacre pour la premiĂšre fois une exposition Ă une collection : celle du Wilson Centre for Photography, constituĂ©e par Michael et Jane Wilson. Ă travers cet ensemble rare de 120 tirages, pour la plupart dâĂ©poque, lâexposition explore le lien parfois trouble, parfois lumineux, toujours instable, qui unit celui qui photographie Ă celui qui est photographiĂ©.
Rencontre fugitive, rencontre prĂ©mĂ©ditĂ©e : de la saisie sur le vif Ă la mise en scĂšne collaborative, lâexposition interroge la relation qui se noue, au moment de la prise de vue, entre le photographe et son sujet. Que rĂ©vĂšle lâimage de la position respective de ces deux corps ? De leur complicitĂ©, de leur face-Ă -face, du pacte silencieux scellĂ© par le regard de lâun sur lâapparence de lâautre ?
Lâexposition met en valeur des oeuvres iconiques et dâautres moins connues, des annĂ©es 1920 Ă nos jours, dans un parcours sensible qui privilĂ©gie les rebonds, les affinitĂ©s et les contaminations entre les images.
« Avec toujours, au centre de chaque photo, cette petite lutte des consciences entre qui rĂ©vĂšle et qui se dĂ©voile, dont le portrait photographique a toujours Ă©tĂ© la scĂšne privilĂ©giĂ©e. » â Bertrand Schefer
Avec :
Lola Ălvarez Bravo / Manuel Ălvarez Bravo / Bill Brandt / Josef Breitenbach / Horace Bristol / Esther Bubley / Elinor Carucci / Mark Cohen / John Coplans / Gregory Crewdson / Imogen Cunningham / Bruce Davidson / Rineke Dijkstra / Walker Evans / Leonard Freed / Lee Friedlander / David Goldblatt / John Gutmann / Birney Imes / Graciela Iturbide / Sarah Jones / AndrĂ© KertĂ©sz / Chris Killip / Dorothea Lange / Sergio LarraĂn / Richard Learoyd / Danny Lyon / Robert Mapplethorpe / Roger Mayne / Susan Meiselas / Tina Modotti / DaidĆ Moriyama / Nicholas Nixon / Alexander Rodchenko / August Sander / Tomoko Sawada / Chris Shaw / Aaron Siskind / Graham Smith / Louis Stettner / Issei Suda / Yutaka Takanashi / ShĆji Ueda / Weegee / Francesca Woodman.
Catalogue de lâexposition – Textes de Bertrand Schefer, Jean-Christophe Bailly et Diane Dufour. Co-Ă©dition : Atelier EXB et LE BAL
Entrer dans une collection, câest toujours un peu sâinfiltrer sans carte en territoire inconnu, le royaume dâun autre. Câest concevoir les photographies qui la composent comme les fragments Ă©pars dâun puzzle appartenant Ă la mĂȘme image, peu importe oĂč elles ont Ă©tĂ© trouvĂ©es et si elles semblent de prime abord sans relation apparente les unes avec les autres.
Lorsque Michael Wilson nous a ouvert sa collection, notre amitiĂ©, ce lien invisible entre nous, nous a naturellement portĂ©s Ă choisir des oeuvres autour dâun fil conducteur, explorer lâespace qui relie le photographe Ă son sujet et le regardeur Ă lâoeuvre contemplĂ©e.
Depuis son invention, la photographie a Ă©tĂ© lâespace de rencontre entre ces trois points – le photographe, le sujet et le regardeur. Interroger aujourdâhui la distance Ă©tablie par le photographe avec son sujet revient donc Ă explorer cette tension fondamentale : comment affirmer son point de vue tout en laissant au sujet sa part de mystĂšre et au regardeur sa libertĂ© dâinterprĂ©tation.
La distance, outil immatĂ©riel du photographe, se dĂ©cline tout au long de lâexposition, dans toutes ses gradations possibles, de la connivence la plus intime avec le sujet jusquâĂ lâimage dĂ©robĂ©e Ă son insu. Arbitrairement, la sĂ©quence se dĂ©ploie en un arc vers lâalĂ©atoire, de la maĂźtrise souveraine du photographe sur la reprĂ©sentation de son modĂšle aux incertitudes dâune prise de vue sur le vif, dans un monde qui, sans cesse, se dĂ©compose et se rĂ©invente.
Au coeur du parcours de cette exposition et du livre qui lâaccompagne, et au-delĂ de la beautĂ© des images, une question demeure : existe-t-il pour chaque photographe, chaque sujet, chaque situation, une distance juste ? Et cette distance, cristallisĂ©e dans lâimage, obĂ©it-elle ou doit-elle obĂ©ir Ă des critĂšres esthĂ©tiques, Ă©thiques, politiques ? Et qui, du critique, de lâhistorien, du sujet ou du photographe lui-mĂȘme en serait le meilleur juge, dans la rĂ©ception immĂ©diate dâune image et dans sa postĂ©ritĂ© ? Une histoire de la rĂ©ception instable des chefs-dâoeuvre qui jalonnent lâhistoire du mĂ©dium reste Ă Ă©crire. La parole des artistes nous accompagne et sâefforce humblement dâĂ©clairer les convictions, les dilemmes et les stratĂ©gies Ă lâoeuvre.
Pour parfaire cette exploration, il convenait aussi dâincarner le point de vue du regardeur. Comme lâĂ©crivait Susan Sontag : « Les photographies, qui ne peuvent rien expliquer par elles-mĂȘmes, sont dâinĂ©puisables invitations Ă la dĂ©duction, Ă la spĂ©culation et au fantasme ». Et le portrait, plus que tout autre, est le gardien de cette opacitĂ© et de la projection quâelle suscite, car jamais lâenveloppe dâun ĂȘtre ne saurait en percer lâĂ©nigme.
Afin dâĂ©veiller en chacun le dĂ©sir de se perdre dans lâespace du cadre, lâĂ©crivain Bertrand Schefer, fabuleux regardeur et conteur, sâest prĂȘtĂ© au jeu subjectif dâune traversĂ©e sensible et lumineuse dans ces images. Plusieurs de ses textes ponctuent le parcours de lâexposition.
Reste enfin Ă rendre hommage au premier des regardeurs, Michael Wilson. Au-delĂ dâune Ă©rudition encyclopĂ©dique sur lâhistoire des oeuvres de sa collection, il faut lâavoir vu et entendu parler de lâune dâentre elles. Dans lâinstant, un rĂ©cit se lĂšve et nous emporte dans lâespace entre lui et lâimage, dans lâespace entre lâimage et nous, dans lâespace entre nous.
Diane Dufour






























