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“Reflets d’une collection” 

au musée des impressionnismes, Giverny

du 15 juin au 30 août 2020

Musée des impressionnistes

PODCAST - Interview de Cyrille Sciama, directeur du musée des impressionnismes Giverny,
enregistrement réalisé par téléphone, par Anne-Frédérique Fer, entre Paris et Giverny, le 9 juin 2020, durée 14’05. © FranceFineArt. (photo © Jean-Charles Louiset)

PODCAST   Interview de Cyrille Sciama, directeur du musĂ©e des impressionnismes Giverny,

par Anne-Frédérique Fer, enregistrement réalisé par téléphone, entre Paris et Giverny, le 9 juin 2020, durée 14’05. © FranceFineArt.  (photo © Jean-Charles Louiset)

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Eugène Boudin (1824-1898), Deauville, le bassin, 1884. Huile sur panneau, 46,5 x 38 cm. Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité du Cercle des mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Caisse d’Épargne Normandie, et de Quadra Consultants, 2020, MDIG 2020.1. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset.
Eugène Boudin (1824-1898), Deauville, le bassin, 1884. Huile sur panneau, 46,5 x 38 cm. Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à la générosité du Cercle des mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Caisse d’Épargne Normandie, et de Quadra Consultants, 2020, MDIG 2020.1. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset.
Pierre Bonnard (1867-1947), La Seine à Vernon, 1915. Huile sur toile, 80 x 68 cm. Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à une souscription publique et l’aide du Cercle des mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Société des amis du musée et de nombreux donateurs individuels, 2019, MDIG 2019.3. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Michel Drouet.
Pierre Bonnard (1867-1947), La Seine à Vernon, 1915. Huile sur toile, 80 x 68 cm. Giverny, musée des impressionnismes, acquis grâce à une souscription publique et l’aide du Cercle des mécènes du musée des impressionnismes Giverny, de la Société des amis du musée et de nombreux donateurs individuels, 2019, MDIG 2019.3. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Michel Drouet.
Maurice Denis (1870-1943), Soleil blanc sur les blés, vers 1914. Huile sur toile, 29 x 34 cm. Giverny, musée des impressionnismes, don Claire Denis, 2012, MDIG 2012.6. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset.
Maurice Denis (1870-1943), Soleil blanc sur les blés, vers 1914. Huile sur toile, 29 x 34 cm. Giverny, musée des impressionnismes, don Claire Denis, 2012, MDIG 2012.6. © Giverny, musée des impressionnismes / photo : Jean-Charles Louiset.
Claude Monet (1840-1926), Nymphéas avec rameaux de saule, 1916-1919. Huile sur toile, 160 x 180 cm. Paris, lycée Claude Monet.
Claude Monet (1840-1926), Nymphéas avec rameaux de saule, 1916-1919. Huile sur toile, 160 x 180 cm. Paris, lycée Claude Monet.
Hiramatsu Reiji (né en 1941), Giverny, l’étang de Monet, couleurs de printemps, 2015. Nihonga, 179,9 x 170 cm (diptyque). Giverny, musée des impressionnismes, MDIG 2018.1.1. © Hiramatsu Reiji. © Giverny, musée des impressionnismes.
Hiramatsu Reiji (nĂ© en 1941), Giverny, l’étang de Monet, couleurs de printemps, 2015. Nihonga, 179,9 x 170 cm (diptyque). Giverny, musĂ©e des impressionnismes, MDIG 2018.1.1. © Hiramatsu Reiji. © Giverny, musĂ©e des impressionnismes.
Bernard Plossu (né en 1945), Jardin de Claude Monet, Giverny, juin 2011. Tirage Fresson, 27,4 x 18,5 cm. Giverny, musée des impressionnismes, MDIG 2012.3.34. © Bernard Plossu. © Giverny, musée des impressionnismes.
Bernard Plossu (nĂ© en 1945), Jardin de Claude Monet, Giverny, juin 2011. Tirage Fresson, 27,4 x 18,5 cm. Giverny, musĂ©e des impressionnismes, MDIG 2012.3.34. © Bernard Plossu. © Giverny, musĂ©e des impressionnismes.

Extrait du communiqué de presse :



commissariat : Cyrille Sciama, directeur du musée des impressionnismes Giverny.



Après la fermeture exceptionnelle due à la crise sanitaire, le Musée des Impressionnismes Giverny sera ouvert au public à partir du lundi 15 juin à 10h et se tient prêt à accueillir dans les meilleures conditions tous les publics désireux de jouir d’une sortie bucolique et artistique. Grâce à la réactivité des équipes, menées par son directeur général, Cyrille Sciama, une nouvelle exposition estivale a été programmée dans un temps record à cette occasion. En effet, l’exposition « Plein air. De Corot à Monet », prévue initialement du 27 mars au 28 juin, a été annulée en raison des difficultés d’acheminement des oeuvres d’art sur le territoire européen et des contraintes liées au confinement. Elle est néanmoins disponible sur la plateforme Google Arts et Culture.

Tout au long de l’été, 7 jours sur 7, les visiteurs pourront profiter d’un havre de paix, au coeur de la campagne normande, à moins d’une heure de Paris et de Rouen, sur les traces des maîtres impressionnistes et de leur empreinte.

Pour démarrer cette nouvelle saison, le musée des impressionnismes Giverny a choisi de leur offrir une nouvelle exposition intitulée « Reflets d’une collection », le premier grand accrochage d’oeuvres de son fonds propre qui, depuis plus de dix ans, ne cesse de s’enrichir.

De l’impressionnisme de Gustave Caillebotte au postimpressionnisme de Pierre Bonnard, de la peinture de Joan Mitchell à la délicate poésie de Hiramatsu Reiji, le musée souhaite ainsi témoigner de l’influence de l’impressionnisme jusqu’à la création la plus actuelle.




« Avec cette exposition de réouverture, nous proposons de partager avec le public notre collection, un fonds constitué dès la création du musée en 2009 par mes prédécesseurs, et que je suis heureux de pouvoir maintenant commenter et donner à voir. À mon arrivée à Giverny, il y a quelques mois, j’ai immédiatement mis en oeuvre dans ce sens la publication d’un « guide des collections » et la numérisation complète de notre fonds, concomitamment à la refonte de notre site internet. Avec l’exposition « Reflets d’une collection » nous espérons que nos visiteurs pourront (re)découvrir cet été le musée avec plaisir, en leur garantissant un moment d’évasion et d’enrichissement, mêlant art et nature. »

Cyrille Sciama, directeur du musée des impressionnismes Giverny





Une collection qui ne cesse de s’enrichir

Depuis sa création en 2009, le musée des impressionnismes Giverny a pour vocation de présenter des expositions thématiques ou monographiques liées à l’impressionnisme au sens large et ses déclinaisons. Il s’attache ainsi à montrer son influence sur l’art moderne et contemporain. Parallèlement, il développe une collection qui, centrée sur l’impressionnisme, et le postimpressionniste et ses suites, bénéficie de la générosité d’importants premiers donateurs : Madame Claire Denis, Monsieur Daniel Danzon, Monsieur Christian Dimond, Monsieur Henri Foucault, Madame Charlotte Hellman, Monsieur Hiramatsu Reiji, Monsieur Dominique Ledebt, Monsieur Olivier Mériel, Madame Anne Ostier, Monsieur Adrien Ostier, Monsieur et Madame Michel Quentin, ainsi que la Terra Foundation for American Art.

En dix ans, il a ainsi pu acquérir cent quarante-huit oeuvres, hors dépôt : peintures, dessins et photographies, ainsi que vingt-huit lettres autographes.

Des dépôts de Monsieur Philippe Piguet, de Monsieur Bernard Plossu, du Frac Normandie Rouen, de la collection Fondation Claude Monet et du village de Giverny complètent et éclairent cette présentation. La collection compte ainsi à l’heure actuelle 211 oeuvres, sans compter d’importantes archives.

Sur ses fonds propres, l’institution a également acquis un choix d’oeuvres étroitement liées à ses missions : un dessin de Pierre Bonnard, Claude Monet et Marthe Bonnard dans la salle à manger de Giverny (vers 1920), une peinture de Maurice Denis, Reflet de soleil sur la rivière (vers 1932) – un second tableau fut donné par Claire Denis, trente-deux oeuvres de Hiramatsu Reiji ainsi que des photographies d’Olivier Mériel et de Bernard Plossu. Enfin, en 2016, le musée a pu acquérir, avec l’aide de la Caisse des Dépôts, de la Caisse d’Épargne Normandie, de SNCF Réseau, de la Société des amis du musée des impressionnismes Giverny ainsi qu’au mécénat participatif, un important ensemble de panneaux décoratifs de Gustave Caillebotte, Parterre de marguerites (vers 1893). En 2019, l’élan des enrichissements s’est accéléré : deux tableaux de Jean Francis Auburtin ont été généreusement offerts par les héritiers du peintre, Monsieur et Madame Quentin ; deux oeuvres de Paul Signac ont été données par l’héritière de l’artiste, Charlotte Hellman Cachin, qui y a joint une peinture de Jeanne Selmersheim-Desgrange. Enfin, un nouveau mécénat participatif rassemblant 331 personnes, appuyé par l’aide essentielle du Cercle des mécènes, de la Caisse d’Épargne Normandie et de la Société des amis du musée, a permis d’acquérir une oeuvre importante de Pierre Bonnard, La Seine à Vernon (1915), faisant revenir sur ses terres une oeuvre sur les lieux mêmes de sa création. Tout dernièrement, une peinture d’Édouard Dantan, Plate à Villerville, marée basse (1881) a été achetée auprès d’une galerie parisienne, renforçant le lien entre la Normandie impressionniste et le musée.


Le parcours de l’exposition


Le parcours d’exposition réunit près d’une centaine d’oeuvres (dessins, peintures, photographies, sculptures, manuscrits) reparties en plusieurs sections. Il invite les visiteurs à une déambulation dans les galeries du musée pour découvrir les différentes facettes de l’impressionnisme, du postimpressionnisme et leur influence sur les artistes contemporains.



L’impressionnisme

Le musée des impressionnismes Giverny s’attache à l’étude de ce courant majeur de l’histoire de l’art et à ses suites. Il conserve des oeuvres importantes qui permettent une découverte de ce mouvement autour de Claude Monet. À cet égard, le prêt du lycée Claude Monet, à Paris, est essentiel : Nymphéas avec rameaux de saule permet d’évoquer Giverny et le bassin des nymphéas que le peintre crée dans sa maison. L’influence du maître impressionniste fut immense de son vivant. Il attira à lui une foule d’admirateurs et de peintres, notamment américains, qui s’éprirent de Giverny, formant une colonie d’artistes gravitant autour de Monet. La collection du musée permet d’en découvrir certains : John Leslie Breck ou Theodore Butler firent ainsi partie des intimes du peintre et purent bénéficier de ses conseils pour exécuter leurs oeuvres. Butler devint même gendre de Monet, ayant épousé Suzanne Hoschédé. Sa soeur Blanche, qui épousa Jean, le fils de Monet, fut une artiste sensible qui représenta souvent le jardin et la maison de Giverny, ainsi qu’en atteste une oeuvre généreusement déposée par Philippe Piguet, son descendant. Ce dernier prête également un célèbre portrait de Monet, sculpté par Paul Paulin.

Des acquisitions récentes ont permis d’enrichir la collection d’oeuvres précisant le contexte et le développement de l’impressionnisme. En 2016, fut acquis le spectaculaire ensemble du Parterre de marguerites de Gustave Caillebotte. En 2019 fut achetée une oeuvre d’Édouard Dantan (Plate à Villerville, Cf page 10) qui témoigne des débuts de l’impressionnisme en Normandie. Enfin, la dernière acquisition du musée, en mars 2020, une peinture d’Eugène Boudin, Deauville, le bassin, conforte les liens tissés entre Monet et celui à qui il doit ses débuts de peintre de plein air.

Le dialogue avec l’art contemporain a toujours été au coeur des missions du musée : le dépôt par le Fonds régional d’art contemporain (FRAC Normandie Rouen) de La Grande Vallée IX de Joan Mitchell est ainsi un merveilleux témoignage de l’importance de Monet sur une génération de peintres de l’abstraction américaine.



Les Nabis

En 1888, de jeunes artistes unis par des liens d’amitiĂ© et une admiration commune pour le travail  de Paul Gauguin se donnèrent le nom de Nabis, d’après un mot hĂ©breu signifiant «prophètes». Dans le paysage foisonnant du postimpressionnisme, ils se passionnèrent pour la question du dĂ©cor, l’évocation du sacrĂ©, l’intimitĂ© du quotidien.

Au sein de ce groupe féru d’art japonais, la fascination singulière de Pierre Bonnard le fit surnommer «Nabi très japonard». Son Petit Solfège illustré (1893) témoigne de cette influence et de son talent de lithographe. En 1912, Bonnard acheta une maison à Vernonnet, non loin de Giverny. Devenus voisins, Monet et Bonnard se rendirent souvent visite. Le croquis de Bonnard représentant son épouse Marthe, assise aux côtés de Monet dans sa salle à manger, témoigne de cette amitié. En 2009, ce dessin devint la première acquisition du musée des impressionnismes Giverny. Dix ans plus tard, une souscription publique permit l’entrée dans la collection d’une toile normande de Bonnard (La Seine à Vernon).

Maurice Denis vint lui aussi à la rencontre de Monet, à qui il vouait une sincèrea dmiration. Le Portrait de Monet à Giverny qu’il dessina en novembre 1924 fut offert au musée par Claire Denis, petite-fille de l’artiste, en 2012, de même que la toile Soleil blanc sur les blés. Avec le japonisant Reflet de soleil sur la rivière, la grande esquisse de décor Orphée et Eurydice, et les exemplaires anciens de ses écrits conservés dans la bibliothèque, ces œuvres permettent d’évoquer les nombreuses facettes de ce grand peintre qui fut aussi un brillant théoricien.



Le postimpressionnisme

Si l’impressionnisme est au cœur des collections du musée, celles-ci présentent aussi les œuvres d’artistes directement inspirés par la production de Claude Monet. On y retrouve ainsi Jean Francis Auburtin, contemporain du maître impressionniste, et qui suivit ses pas sur les côtes bretonne et normande. Loin des aspects transitoires de la nature, chers à Monet, il s’attacha à peindre les paysages dans ce qu’ils ont d’immuable et d’éternel. En 2019, les descendants de l’artiste Francine et Michel Quentin firent don au musée de deux de ses toiles.

Paul Signac fut lui-aussi très tôt influencé par l’œuvre de Monet. Ses premiers tableaux font preuve d’un intérêt particulier pour la représentation des marines et des ports, thèmes chers aux impressionnistes. Dès 1886, Signac adopta la technique de la division des tons initiée par Georges Seurat. Chef-de-file du néo-impressionnisme après la disparition de Seurat, il conserva tout au long de sa carrière une prédilection pour la lumière et les couleurs de l’eau. Les œuvres de Signac, ainsi qu’un tableau de sa compagne Jeanne Selmersheim-Desgrange, furent donnés au musée par l’arrière-petite-fille de l’artiste, Charlotte Hellman Cachin.

Autre représentant du mouvement néo-impressionniste, Maximilien Luce est également à l’honneur dans les collections du musée des impressionnismes. À la suite d’une rétrospective portant sur son œuvre en 2010, le collectionneur Dominique Ledebt fit don au musée de deux tableaux de l’artiste, et en déposa six autres. Certaines de ces œuvres, ainsi que des documents d’archives acquis par le musée, témoignent de l’engagement politique de Luce .Les collections montrent aussi les talents de paysagiste d’un artiste qui, propriétaire d’une maison à Rolleboise, à quelques kilomètres de Giverny, rendit souvent visite à Claude Monet.



Hiramatsu Reiji

En 2013, le musée des impressionnismes Giverny consacra une exposition personnelle à l’artiste japonais Hiramatsu Reiji (né à Toyko en 1941), intitulée « Hiramatu, le bassin aux nymphéas. Hommage à Monet. » À cette occasion, un ensemble de vingt-cinq oeuvres, présentées pour la première fois en France, vint enrichir la collection de l’institution, permettant à ces créations de retrouver l’espace géographique où elles virent le jour. De 2012 à 2014, les dons de l’artiste au musée se sont succédé : une estampe, L’Étang de Monet, son matériel de peintre de nihonga*, ainsi qu’un ensemble de vingt-cinq dessins et de deux carnets de croquis. Le musée fit aussi l’acquisition de deux paravents, Giverny, l’étang de Monet ; brise légère et Reflets de nuages du soir sur l’étang de Monet en 2014, puis d’un ensemble de quatre diptyques consacrés au cycle des saisons et Impression. Étretat, en 2018, qui entrent en résonance avec le fonds de notre collection.

Ces oeuvres témoignent de l’influence exercée par Claude Monet sur le peintre contemporain japonais. C’est en effet en 1994 que Hiramatsu Reiji découvrit les Grandes Décorations de Monet au musée de l’Orangerie à Paris. Dès lors, il retourna inlassablement à Giverny et arpenta les jardins du maître de l’impressionnisme. Au cours de ses déambulations, il remplit ses carnets de croquis dont il s’imprégna de retour à l’atelier. Les paysages d’eau et de reflets, ainsi que le thème des quatre saisons, devinrent ainsi ses motifs de prédilection.

*le nihonga

Le terme nihonga signifie littéralement peinture (ga) japonaise (nihon). Cette technique de peinture millénaire a été importée de la Chine et de la Corée vers le Japon au VIIe siècle. Le peintre utilise des pigments minéraux naturels, artificiels ou synthétiques, à base de terre, d’originale animale ou végétale, et du gofun (carbonate de calcium obtenu à partir de coquilles d’huîtres). La colle, nikawa, qui sert de liants aux pigments, est fabriquée à partir d’une gélatine de peau, d’os ou de tendons de boeuf ou de cartilages de poissons. Elle se présente sous la forme de bâtons, de feuilles, de dés, de filaments ou de perles, que l’on dilue pendant plusieurs heures dans l’eau, avant d’être chauffée à une température n’excédant pas les 70°C, puis filtrée. Les supports privilégiés sont le papier japonais (washi), la soie, mais aussi les toiles de chanvre et de coton, ou le bois. Le dōsa, mélange de colle, d’eau et d’alun, est appliqué sur le papier afin de permettre l’adhésion des couleurs. Le nihonga se peint à plat. Avant d’apposer les couleurs, les contours du dessin sont esquissés à l’encre de Chine. Des feuilles de métal – or, argent, cuivre, aluminium – peuvent être appliquées sur le support pour leurs qualités décoratives.



La photographie

Moins connue que sa collection de peintures, le musée des impressionnismes Giverny détient également un fonds photographique datant du 19e et 20e siècle, dont il présentera une quarantaine de pièces dans le cadre de cette exposition.

En 2010, un an après sa création, le musée des impressionnismes Giverny consacra une exposition au photographe Olivier Mériel, intitulée « Lumière argentique : sur les traces de l’impressionnisme ». À cette occasion, l’artiste sillonna les lieux emblématiques peints par les impressionnistes, de la gare Saint-Lazare aux côtes normandes, en passant par Londres. La même année, Olivier Mériel fit généreusement don de deux tirages de cette série, Allée des capucines, Giverny et Lumière du soir, Giverny, et le musée acquit trois tirages, Château-Gaillard, Les Barques, Étretat et Voiliers, Sainte-Adresse.

L’année suivante, en 2011, le musée passa au photographe Bernard Plossu une commande consacrée à la maison et aux jardins de Claude Monet. À rebours des images trop convenues, le photographe entreprit d’inventer une rencontre avec le peintre. Pour s’approprier les lieux, il arpenta la maison et les jardins à des heures différentes et au rythme de deux saisons – hiver 2010 et printemps 2011. Soixante clichés présentés dans l’exposition « Monet intime. Photographies de Bernard Plossu » entrèrent par la suite dans la collection du musée.

Le fonds photographique s’enrichit encore lorsque, en 2012, Adrien Ostier et Anne Ostier, neveux du photographe André Ostier et dépositaires de ses archives, offrirent au jeune musée des impressionnismes un précieux tirage montrant le peintre Marc Chagall dans le jardin de Claude Monet.

Enfin, en 2015, le sculpteur, photographe et vidéaste Henri Foucault fut invité à participer à l’exposition « Photographier les jardins de Monet. Cinq regards contemporains ». En 2016, l’artiste fit don au musée de trois photogrammes de la série qu’il y avait présentée, consacrée aux jardins de la Fondation Claude Monet.