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“Look !” 40 ans de mode au musée, au MAD, musée des Arts Décoratifs, du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027

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“Look !” 40 ans de mode au musée

au MAD, musée des Arts Décoratifs, Paris

du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027

MAD


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©Sylvain Silleran, vernissage presse, le 29 septembre 2026.

Texte Sylvain Silleran

https://francefineart.com/ Prototype « De plis en aiguilles » . © Les Arts Décoratifs / Lucy Winkelmann.

Prototype « De plis en aiguilles » . © Les Arts Décoratifs / Lucy Winkelmann.

https://francefineart.com/   Marguerite Porracchia, Carnet de croquis de modèles de mode féminine, Vers 1945-1950. Crayon graphite et rehauts de gouache. © Les Arts Décoratifs.

Marguerite Porracchia, Carnet de croquis de modèles de mode féminine, Vers 1945-1950. Crayon graphite et rehauts de gouache. © Les Arts Décoratifs.

https://francefineart.com/ René Gruau, Affiche de l’exposition « Hommage à Christian Dior. 1947-1957 » au musée des Arts décoratifs 1987. Offset © Les Arts Décoratifs.

René Gruau, Affiche de l’exposition « Hommage à Christian Dior. 1947-1957 au musée des Arts décoratifs 1987. Offset © Les Arts Décoratifs.

Look! 40 ans de mode au musée
Musée des arts décoratifs

Pour célébrer les 40 ans du musée des Arts de la mode, le musée des Arts décoratifs lui organise une exposition-anniversaire. Il nous est proposé d’entrer dans un atelier de couture, d’y côtoyer créateurs et artisans, d’accompagner leurs créations des coulisses jusqu’aux podiums, avec comme fil conducteur les 70 expositions passées. Le dos de la robe noire coupeuse de souffle créée par Guy Laroche pour Mireille Darc pour Le Grand Blond avec une chaussure noire accueille le public après son ascension des quelques marches. À côté, une robe ‘à la Française’ de taffetas de soie chiné du XVIIIe pose comme garante d’une tradition d’élégance et d’excellence bien ancrée.

On entre alors dans l’atelier de création. De grandes planches sur des tréteaux blancs en occupent toute la longueur, couvertes de croquis, cahiers, recherches, outils, patrons, mannequins. Un moodboard pour définir l’air de la saison, les premiers croquis sur quelques bouts de nappe de papier de bistrot par Alan Graham ou des crayonnés dans un carnet à spirale précèdent des dessins plus élaborés, accompagnés d’un échantillon de tissu collé à côté. Un dessin au crayon et aquarelle de Mainbocher comporte déjà tous les détails étincelants de broderie et de paillettes que l’on admire sur sa robe de la collection hiver 1937-38.

Des albums d’échantillons de Crepatte, Strauss & fils, un tissu à motifs de fleurs, des lainages pour manteaux soulignent l’importance des fournisseurs textiles. La robe Les Citrons créée par Hubert de Givenchy est exposée à côté du lé de son tissu d’Andrée Brossin de Méré. Les citrons pelés du motif déroulent leur peau en S élégants brodés sur organza de soie. Quelques patrons pendent à des cintres à côté d’une maquette de veste de Galliano pour Dior. Des coupons de tissu et imprimés bien roulés, alignés dans une boîte et les fleurs découpées dans les motifs puis cousues sur un blouson d’Yves Saint Laurent font ressentir l’ordre et le chaos, la frénésie de l’atelier et la discipline de l’artisanat de pointe. Les tables sont jonchées de matériaux: échantillons de broderies, paillettes, perles, plumes, fils métalliques, petits objets, sequins, coquillages, impressions 3D…

Après des photos d’essayages, des photos de mannequins pour les magazines et les catalogues, la robe est prête pour entrer dans le monde. Quelques pièces iconiques nous rappellent chaque exposition passée: Une veste-jupe en imprimé pied-de-coq de Yohji Yamamoto, où l’endroit et l’envers se perdent dans les méandres d’un drapé virtuose, la simplicité déroutante d’une épure d’Issey Miyake, une folie futuriste de Comme des Garçons. Le motif de la fameuse langue des Rolling Stones sur une veste et un pantalon ou le rythme des pastilles de plastique acidulées et nacrées d’une robe Paco Rabanne, les pièces viennent par couples. La beauté scultpturale de Lagerfeld accompagne l’élégance cinématographique hollywoodienne de Lacroix, Schiaparelli et Dior.

Un habit à gros boutons militaires de la fin du XVIIIe et une robe Courrèges de 1969 partagent les mêmes bleu et blanc. Un costume en filet de métal de Kostio de War de 1933 devance le crochet de laine et la fourrure d’Ungaro de quelques décennies. La verticalité absolue d’une robe des années folles de Madeleine Vionnet a une étrange conversation avec les formes d’un corset à baleines, des paniers de robe XVIIIe. D’ailleurs, une succession de mannequins montre l’évolution des formes féminines archétypales de ce siècle à nos jours. Le temps file, et c’est d’ailleurs le thème d’une partie de ce parcours, qui expose le travail de conservation et de restauration de ces œuvres textiles.

Reste l’excellence française. La maitrise absolue du drapé fascine dans la robe en forme de rose géante de Jean Dessès de 1957, avec ses pétales se déroulant magnifiquement jusqu’au bustier. On passe de la science-fiction d’Iris van Herpen qui utilise la découpe laser à la robe de conte de fées de Lacroix, plongant ses racines dans le folklore. A la fin, une dernière robe, noire, signée Mugler. Une robe au dos ouvert comme une fleur sur un bouquet de roses répond à celle de Mireille Darc du début. Notre petite promenade un peu nostalgique s’achève.

Sylvain Silleran

https://francefineart.com/  Christophe Dellière, Vue des réserves du département Mode et textile du musée des Arts décoratifs : vêtements Christian Dior sur cintres morphologiques 2026. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.

Christophe Dellière, Vue des réserves du département Mode et textile du musée des Arts décoratifs : vêtements Christian Dior sur cintres morphologiques 2026. © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière.

https://francefineart.com/  Jean-Marie Périer, Photographie de l’équipe de conservation et de la présidente de l’Union Centrale des Arts Décoratifs (UCAD), à l’occasion de la réouverture du musée de la Mode et du Textile 1997. © Les Arts Décoratifs / Jean-Marie Périer.

Jean-Marie Périer, Photographie de l’équipe de conservation et de la présidente de l’Union Centrale des Arts Décoratifs (UCAD), à l’occasion de la réouverture du musée de la Mode et du Textile 1997. © Les Arts Décoratifs / Jean-Marie Périer.

https://francefineart.com/  Madeleine Vionnet esquissant un modèle en toile sur son mannequin en bois articulé, Vers 1923-1926. Archives Madeleine Chapsal, New York Public Library.

Madeleine Vionnet esquissant un modèle en toile sur son mannequin en bois articulé, Vers 1923-1926. Archives Madeleine Chapsal, New York Public Library.


Extrait du communiqué de presse :

Commissariat :
Commissaire générale : Bénédicte Gady, directrice des musées
Commissaire : Sophie Lemahieu, conservatrice en charge des collections mode et textile après 1947
assistée de Hannah Morelle


Du 30 septembre 2026 au 4 avril 2027, le musée des Arts décoratifs célèbre les 40 ans de la création, en 1986, du musée des Arts de la Mode en ses murs avec « Look ! 40 ans de mode au musée ». Ce projet met en lumière les savoir-faire qui, des ateliers de couture aux coulisses du musée, transforment le vêtement en oeuvre d’art, statut que consacrent quatre décennies d’expositions de mode. Pensée comme une immersion dans deux vies du vêtement – de sa conception à sa présentation lors des défilés ; de son entrée dans les collections nationales à sa mise en scène muséale –, l’exposition dévoile les étapes de sa fabrication, de sa mise en scène et de sa conservation. 57 silhouettes, des dessins, broderies, patrons, archives et photographies de mode : 220 oeuvres provenant des collections réunies de l’UFAC et du musée des Arts décoratifs révèlent la richesse des processus créatifs et la manière dont le vêtement devient objet patrimonial. Dans la nef du musée, 40 silhouettes de grandes maisons de mode offrent un panorama des expositions majeures présentées depuis 1986, parmi lesquelles « Moments de mode », « Christian Dior, couturier du rêve », « Shocking! Les Mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli », « Jouer la lumière » ou encore « La Mécanique des dessous ». Elles témoignent de la diversité des approches du musée, entre célébration de la haute couture, ouverture à la création contemporaine et réflexion sur le rôle culturel et social du vêtement. Le commissariat général de l’exposition est assuré par Bénédicte Gady, directrice des musées, et le commissariat scientifique par Sophie Lemahieu, conservatrice en charge des collections de mode contemporaine.

Pensée comme une immersion dans la vie du vêtement, l’exposition investit la nef et ses galeries latérales dans une scénographie épurée évoquant à la fois les ateliers de couture et les réserves muséales. Le parcours s’organise en trois grands temps qui conduisent le visiteur des coulisses de la création à celles du musée, du croquis initial à l’exposition, de la naissance d’un modèle à sa transmission patrimoniale. Dès l’escalier d’honneur, quelques chefs‑d’oeuvre se laissent deviner dans la nef : une robe à paniers du XVIIIe siècle, un kimono signé John Galliano ou encore la mythique robe portée par Mireille Darc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire. Le visiteur débute sa découverte dans la galerie Tuileries par une projection de défilés contemporains conçus comme de véritables performances artistiques. Ils l’invitent à pénétrer dans l’univers des ateliers et à explorer les grandes étapes de la création haute couture et du prêt-à porter de luxe.

Dans un espace décloisonné inspiré du mobilier des ateliers, la scénographie restitue l’effervescence de la naissance d’un modèle. Sur de grandes tables à tréteaux et dans plusieurs vitrines sont présentés dessins, moodboards, échantillons textiles, toiles, patrons et dépôts de modèles révélant les différents moments menant de l’idée au vêtement achevé. Chaque créateur développe son propre langage : Pierre Balmain fixe ses idées par le croquis, Madeleine Vionnet travaille directement le tissu sur mannequin, tandis que Maria Grazia Chiuri compose des moodboards nourris de références visuelles. Les albums d’échantillons textiles permettent également de découvrir l’importance du choix des étoffes dans le tombé et l’apparence finale du vêtement. Les toiles donnent à voir le moment où l’idée devient volume, tandis que les patrons dévoilent l’architecture du vêtement et la précision du travail de coupe.

L’exposition met également en lumière les métiers d’art qui accompagnent les maisons de couture, à travers des objets rarement présentés au public. Les échantillons de broderie des maisons Rébé et Lesage dialoguent avec les métiers à plisser de la maison Lognon, tandis que les tissus imprimés de Brossin de Méré résonnent avec les techniques contemporaines d’impression 3D. Ces objets témoignent de l’excellence des savoir-faire qui participent à l’invention d’une pièce de mode. Cette première galerie s’achève sur un ensemble de photographies de mode qui consacrent le vêtement comme image et comme objet de désir médiatique. Certaines ont été réalisées au sein même du musée des Arts décoratifs, dont les espaces deviennent le décor de véritables mises en scène photographiques.

Point culminant de la visite, la nef accueille 40 silhouettes iconiques présentées comme autant de sculptures dans un jardin de papier. Sous une installation lumineuse évoquant les fils de couture, les podiums rappellent des fragments de patrons découpés, comme un écho entre l’outil de création et l’oeuvre achevée. Le visiteur déambule parmi les créations de Maison Margiela, Maison Balenciaga, Chanel (par Karl Lagerfeld), Christian Lacroix, Valentino ou Azzedine Alaïa, chacune incarnant une exposition marquante organisée par le musée de 1986 à 2026, parmi près de 70 expositions consacrées à la mode. De « Yves Saint-Laurent. 28 années de création » à « Paul Poiret. La mode est une fête », en passant par « Christian Dior, couturier du rêve » ou « Tenue correcte exigée », cet ensemble illustre la diversité des approches du musée, des chefs‑d’oeuvre de la haute couture à la création émergente et à la réflexion sur le rôle culturel et social du vêtement.

La galerie Rivoli dévoile la seconde vie du vêtement au musée et met en lumière les métiers de celles et ceux qui oeuvrent à la préservation de ce patrimoine. Organisée comme une succession d’alcôves évoquant les espaces de travail habituellement invisibles au public, cette galerie plonge le visiteur dans les coulisses de l’institution. L’exposition revient d’abord sur les modalités d’acquisition des oeuvres et rend hommage aux donateurs, mécènes et à l’Union française des arts du costume (UFAC), dont les collections sont, avec celles de l’Union centrale des Arts décoratifs, à l’origine de la création du musée des Arts de la Mode. Le travail des documentalistes est révélé à travers photographies, dessins, invitations de défilés, dossiers d’acquisition, coupures de presse et archives de restauration, qui permettent de retracer l’histoire des oeuvres et de mieux les comprendre. Le visiteur découvre ensuite les enjeux de la conservation textile dans les réserves, où les vêtements sont conditionnés à plat dans des boîtes ou suspendus sur des cintres rembourrés dits « morphologiques ». Ces réserves sont également des lieux d’inspiration pour certains créateurs, comme Dries Van Noten.

Dans les ateliers de restauration, la beauté des gestes va de pair avec les analyses scientifiques dans l’étude et la sauvegarde des matériaux anciens et contemporains, de la radiographie aux problématiques liées aux textiles modernes. Étape essentielle et méconnue des expositions de mode, le mannequinage consiste à redonner forme et présence au vêtement tout en respectant son intégrité. Un buste mannequiné présenté sans costume permet ainsi de révéler le travail de sculpture et de modelage réalisé pour accueillir les oeuvres. Enfin, une dernière salle consacrée aux affiches et catalogues des expositions organisées par le musée depuis quarante ans témoigne de l’importance du graphisme dans l’identité visuelle de ces événements.

D’étape en étape, cette exposition compose ainsi une véritable ode à la mode et à toutes celles et ceux qui la créent, la préservent et la magnifient.

#expo_look – Catalogue de l’exposition « Look ! 40 ans de mode au musée » aux éditions du MAD – musée des arts décoratifs