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🔊 “1913–1923 : L’esprit du temps” Paris cĂ©lĂšbre les arts d’Afrique et d’OcĂ©anie, au musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, du 17 mars au 20 septembre 2026

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“1913–1923 : L’esprit du temps”
Paris cĂ©lĂšbre les arts d’Afrique et d’OcĂ©anie

au musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, Paris

du 17 mars au 20 septembre 2026

Musée du quai Branly


Entretien avec Bertrand Goy, Historien, spĂ©cialiste des arts extra-occidentaux, et co-commissaire de l'exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 19 mars 2026, durĂ©e 23’37, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Bertrand Goy,
historien, spĂ©cialiste des arts extra-occidentaux, et co-commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 19 mars 2026, durĂ©e 23’37,
© FranceFineArt.


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1913 Ð 1923 : LÕesprit du temps.
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©Anne-Frédérique Fer, présentation presse, le 19 mars 2026.


Extrait du communiqué de presse :


Cocteau Jean (1889-1963), Tirage interfolié dans le livre de Max Jacob "Le cornet à dés". Dédicacé par l'auteur et illustré par Picasso. Manuel Ortiz de Zarate, Max Jacob, Moïse Kisling, Pùquerette et Picasso à Montparnasse au café La Rotonde. Pùquerette est mannequin chez Jean Poiret à l'époque de sa liaison avec Picasso depuis l'été 1916 jusqu'au début de 1917. © GrandPalaisRmn (musée national Picasso-Paris) / Thierry Le Mage.

Cocteau Jean (1889-1963), Tirage interfoliĂ© dans le livre de Max Jacob « Le cornet Ă  dĂ©s ». DĂ©dicacĂ© par l’auteur et illustrĂ© par Picasso. Manuel Ortiz de Zarate, Max Jacob, MoĂŻse Kisling, PĂąquerette et Picasso Ă  Montparnasse au cafĂ© La Rotonde. PĂąquerette est mannequin chez Jean Poiret Ă  l’Ă©poque de sa liaison avec Picasso depuis l’Ă©tĂ© 1916 jusqu’au dĂ©but de 1917. © GrandPalaisRmn (musĂ©e national Picasso-Paris) / Thierry Le Mage.

Masque anthropomorphe ngon ntang. N° inventaire 71.1941.13.14. Visage ovale s'évasant au niveau du front. Haut du crùne plat. Face légÚrement concave. Figuration de tatouages linéaires par incision au niveau du front, des tempes. Triangles sur les joues. Lignes plus sinueuses au niveau de la bouche. Yeux figurés par deux fentes horizontales. Nez mince,dans le prolongement des lignes des arcades sourciliÚres. Bouche abßmée à la hauteur du menton. 19e siÚcle. Bois, kaolin. 25 x 19,4 x 16,4 cm, 770 g. Population, Fang. Afrique Gabon Afrique centrale. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Claude Germain

Masque anthropomorphe ngon ntang. N° inventaire 71.1941.13.14. Visage ovale s’Ă©vasant au niveau du front. Haut du crĂąne plat. Face lĂ©gĂšrement concave. Figuration de tatouages linĂ©aires par incision au niveau du front, des tempes. Triangles sur les joues. Lignes plus sinueuses au niveau de la bouche. Yeux figurĂ©s par deux fentes horizontales. Nez mince,dans le prolongement des lignes des arcades sourciliĂšres. Bouche abĂźmĂ©e Ă  la hauteur du menton. 19e siĂšcle. Bois, kaolin. 25 x 19,4 x 16,4 cm, 770 g. Population, Fang. Afrique Gabon Afrique centrale. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Claude Germain

Masque anthropomorphe. N° inventaire 73.1965.10.5. Masque en bois léger de style naturaliste. Les yeux et la bouche sont évidés. Sur la lÚvre inférieure de la bouche ouverte, une protubérance (langue ?) Des fragments de cuir et de poils de singe forment une barbe et une moustache, fixées sous la lÚvre inférieure et aux commissures de la bouche. Au niveau du front, un bandeau de textile est maintenu par des clous. Les couleurs, dans les tons rouge/noir/blanc, sont réparties en à-plats, symétriquement et en jouant sur les oppositions. Des éclats (nez, joue droite) et des griffures altÚrent la surface de ce masque. Nom de l'exposition, Fleuve Congo. Arts d'Afrique Centrale. 19e siÚcle. Bois, pigment, poils de singe, métal, textile. 34,5 x 18,5 x 14,1 cm, 273 g. Population Vili. Congo Afrique Afrique centrale Loango. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Patrick Gries, Valérie Torre.

Masque anthropomorphe. N° inventaire 73.1965.10.5. Masque en bois lĂ©ger de style naturaliste. Les yeux et la bouche sont Ă©vidĂ©s. Sur la lĂšvre infĂ©rieure de la bouche ouverte, une protubĂ©rance (langue ?) Des fragments de cuir et de poils de singe forment une barbe et une moustache, fixĂ©es sous la lĂšvre infĂ©rieure et aux commissures de la bouche. Au niveau du front, un bandeau de textile est maintenu par des clous. Les couleurs, dans les tons rouge/noir/blanc, sont rĂ©parties en Ă -plats, symĂ©triquement et en jouant sur les oppositions. Des Ă©clats (nez, joue droite) et des griffures altĂšrent la surface de ce masque. Nom de l’exposition, Fleuve Congo. Arts d’Afrique Centrale. 19e siĂšcle. Bois, pigment, poils de singe, mĂ©tal, textile. 34,5 x 18,5 x 14,1 cm, 273 g. Population Vili. Congo Afrique Afrique centrale Loango. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Patrick Gries, ValĂ©rie Torre.

Statuette de gardien de reliquaire Mbulu-ngulu. N° inventaire 71.1941.13.1. Figure humaine stylisĂ©e constituĂ©e d'un janus sur une base losangique dont la partie supĂ©rieure est recouverte de cuivre et dĂ©corĂ©e d'un motif de triangles guillochĂ©s opposĂ©s par la pointe. L'un des visage possĂšde un front bombĂ©, l'autre est concave, surmontĂ©s d'une coiffure stylisĂ©e, formĂ©e par un croissant avec au centre un motif de triangles opposĂ©s. De chaque cĂŽtĂ©s du visage, deux croissants, Ă  base coupĂ©e, terminĂ©s chacun par un pendant. Nom de l'exposition, Les forĂȘts natales, Arts de l'Afrique Équatoriale atlantique Statue de gardien de reliquaire. 19e siĂšcle. Bois : Emien ou Alstonia, Famille : APOCYNACEAE, EspĂšce : Alstonia boonei laiton jaune, laiton jaune au plomb, cuivre au plomb et fer. 63 x 30,5 x 10,5 cm, 4 242 g. Haut-OgoouĂ© Afrique Gabon Obamba Afrique centrale. © musĂ©e du quai Branly - Jacques Chirac, photo Patrick Gries, ValĂ©rie Torre.

Statuette de gardien de reliquaire Mbulu-ngulu. N° inventaire 71.1941.13.1. Figure humaine stylisĂ©e constituĂ©e d’un janus sur une base losangique dont la partie supĂ©rieure est recouverte de cuivre et dĂ©corĂ©e d’un motif de triangles guillochĂ©s opposĂ©s par la pointe. L’un des visage possĂšde un front bombĂ©, l’autre est concave, surmontĂ©s d’une coiffure stylisĂ©e, formĂ©e par un croissant avec au centre un motif de triangles opposĂ©s. De chaque cĂŽtĂ©s du visage, deux croissants, Ă  base coupĂ©e, terminĂ©s chacun par un pendant. Nom de l’exposition, Les forĂȘts natales, Arts de l’Afrique Équatoriale atlantique Statue de gardien de reliquaire. 19e siĂšcle. Bois : Emien ou Alstonia, Famille : APOCYNACEAE, EspĂšce : Alstonia boonei laiton jaune, laiton jaune au plomb, cuivre au plomb et fer. 63 x 30,5 x 10,5 cm, 4 242 g. Haut-OgoouĂ© Afrique Gabon Obamba Afrique centrale. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Patrick Gries, ValĂ©rie Torre.

Commissariat :
Bertrand Goy, Historien, spécialiste des arts extra-occidentaux
HĂ©lĂšne Joubert, Responsable de l’unitĂ© patrimoniale des collections Afrique du musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac



L’exposition retrace l’histoire des arts africains et ocĂ©aniens Ă  Paris au dĂ©but du 20e siĂšcle, Ă©poque oĂč objets extra-europĂ©ens et oeuvres avant-gardistes se rencontrent et façonnent ensemble une nouvelle vision de l’art moderne, autour d’artistes, d’intellectuels, de marchands et de collectionneurs prĂ©curseurs.

À travers des documents d’archives, des photographies et des oeuvres d’Afrique et d’OcĂ©anie, l’exposition permet d’évoquer l’atmosphĂšre stimulante du quartier de Montparnasse et rĂ©vĂšle une dĂ©cennie historique, au cours de laquelle des objets, d’abord perçus comme ethnographiques, sont progressivement reconnus comme des oeuvres d’art Ă  part entiĂšre. Cette reconnaissance marque une rupture majeure dans l’histoire de l’art occidental, mais aussi dans le marchĂ© de l’art international.

1911-1913 : de Montparnasse Ă  la Rive droite
Au tournant du 20e siĂšcle, quelques marchands europĂ©ens approvisionnent en « spĂ©cimens ethnographiques Â» leurs clients, constituĂ©s principalement de musĂ©es ethnographiques et d’amateurs de curiositĂ©s « exotiques ». C’est Ă  cette Ă©poque que Derain et Vlaminck achĂštent leurs premiers masques et sculptures africains et que Matisse, Lhote ou Picasso en font une source importante de leur inspiration. Joseph Brummer, artiste immigrĂ© hongrois se fait rapidement connaĂźtre comme marchand au goĂ»t sĂ»r et Ă©clectique, mettant sur le mĂȘme plan productions africaines, oeuvres d’art de Perse, d’Égypte, de Chine, de Haute Époque europĂ©enne et peinture d’avant-garde. Bien que Joseph Brummer, inquiet de la guerre en Europe, ne soit restĂ© que quelques annĂ©es Ă  Paris avant de s’expatrier aux États-Unis, son apport Ă  la reconnaissance des arts classiques d’Afrique et d’OcĂ©anie fut essentiel. L’un de ses clients, Charles Vignier, poĂšte symboliste, se reconvertit dans l’expertise des arts orientaux dĂšs le dĂ©but du 20e siĂšcle. En mai 1913, il dĂ©cide d’organiser Ă  la Galerie Levesque, 109 rue Saint-HonorĂ© Ă  Paris, une grande exposition d’arts extra-occidentaux issus principalement d’Asie et du Moyen-Orient mais oĂč, pour la premiĂšre fois, l’Afrique est Ă©galement reprĂ©sentĂ©e.

1914-1918 : autour de Paul Guillaume
En 1912, le jeune Paul Guillaume dĂ©bute sa carriĂšre de marchand d’art en vendant quelques statuettes et masques africains Ă  Joseph Brummer que lui a prĂ©sentĂ© le poĂšte Guillaume Apollinaire. La mĂȘme annĂ©e, Paul Guillaume fonde la « SociĂ©tĂ© d’Art et d’ArchĂ©ologie nĂšgre » puis en 1914 ouvre une galerie dans laquelle il expose oeuvres d’art d’Afrique et d’OcĂ©anie aux cĂŽtĂ©s des crĂ©ations d’artistes d’avant-garde. Lorsque la PremiĂšre Guerre mondiale Ă©clate, Paul Guillaume se tourne vers New York oĂč il participe Ă  la premiĂšre exposition consacrĂ©e exclusivement Ă  l’art africain traditionnel. Elle se tient Ă  la Galerie 291 dirigĂ©e par Alfred Stieglitz, photographe, galeriste et Ă©diteur amĂ©ricain, et Marius de Zayas, artiste et galeriste mexicain. En 1916, l’exposition organisĂ©e Ă  l’association « Lyre et Palette Â» (situĂ©e au carrefour Raspail et Montparnasse, rue Huyghens) marque un tournant : c’est la premiĂšre fois que l’on expose Ă  Paris des piĂšces provenant des continents africains et ocĂ©aniens, non pour Ieur intĂ©rĂȘt ethnographique ou archĂ©ologique, mais pour leur dimension artistique. En 1917, Paul Guillaume et Guillaume Apollinaire publient Sculptures nĂšgres, un des premiers ouvrages consacrĂ©s exclusivement aux arts africains et ocĂ©aniens. L’annĂ©e suivante, Paul Guillaume lance sa revue, Les arts Ă  Paris : outre la place importante donnĂ©e Ă  l’art d’avant-garde commentĂ© par Paul Guillaume, s’y dĂ©veloppe un discours sur l’importance des arts dits « primitifs ».

1919 : « PremiĂšre exposition d’art nĂšgre et d’art ocĂ©anien Â» Ă  la galerie Devambez
En 1919, AndrĂ© Level et Henri Clouzot viennent rejoindre Brummer, Vignier et Guillaume dans cette reconnaissance des arts extra occidentaux : ils participent tous deux au catalogue de la PremiĂšre exposition d’art nĂšgre et d’art ocĂ©anien (titre de l’exposition) organisĂ©e par Guillaume Ă  la galerie Devambez. AndrĂ© Level est un collectionneur de la premiĂšre heure des artistes de l’avant-garde. Dans ses souvenirs, il dĂ©clare avoir Ă©tĂ© frappĂ© par la grĂące des statuettes vues chez Matisse, qui lui aurait indiquĂ© l’adresse de son marchand de la rue de Rennes, Émile Heymann. Henri Clouzot, d’abord en charge de la bibliothĂšque Forney, et qui dirigera ensuite le Palais Galliera, est un historien de tous les arts. Il accompagne Level dans la plupart de ses Ă©crits sur les arts d’Afrique. La PremiĂšre exposition d’art nĂšgre et d’art ocĂ©anien prĂ©sente 147 oeuvres dont la majoritĂ© appartient Ă  Paul Guillaume mais aussi Ă  AndrĂ© Level, qui s’affirme comme un autre acteur incontournable de cette entreprise naissante de promotion des arts dits « nĂšgres » ou « primitifs ». Cet intĂ©rĂȘt touche Ă©galement les États-Unis d’AmĂ©rique : en 1923, Guillaume vend Ă  l’industriel amĂ©ricain Albert Barnes une trentaine d’objets dont certains participĂšrent Ă  l’exposition du pavillon de Marsan du Louvre la mĂȘme annĂ©e.

1923 : Les arts d’Afrique et d’OcĂ©anie au Louvre
Au dĂ©but des annĂ©es 1920, les ouvrages sur les arts africains et ocĂ©aniens se multiplient et amĂšnent de plus en plus de collectionneurs Ă  s’y intĂ©resser. Cet engouement progressif participe Ă  la dĂ©cision du conservateur du musĂ©e des arts dĂ©coratifs du Louvre de prĂ©senter au Pavillon de Marsan un ensemble d’oeuvres et d’objets sous le titre « Art indigĂšne des Colonies françaises et du Congo Belge ». 1450 piĂšces y sont prĂ©sentĂ©es de novembre Ă  dĂ©cembre 1923 Ă  un public si nombreux que l’on dĂ©cide de prolonger l’exposition jusqu’au 27 janvier 1924. L’exposition 1913 – 1923 : l’esprit du temps en prĂ©sente un petit Ă©chantillon en cherchant Ă  montrer le double regard portĂ© sur les objets Ă  cette Ă©poque : un regard esthĂ©tique d’une part (galeristes, amateurs), un regard ethnographique d’autre part (administrateurs coloniaux, explorateurs).

Avertissement Certains termes figurant entre guillemets dans l’exposition sont extraits de citations d’époque. L’expression « art nĂšgre », alors employĂ©e tant par ses dĂ©fenseurs dans une acception valorisante que par ses dĂ©tracteurs dans un sens pĂ©joratif, n’est aujourd’hui plus utilisĂ©e, sauf pour faire rĂ©fĂ©rence Ă  ce contexte historique. Le musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac tient Ă  prĂ©ciser qu’il ne reprend en aucun cas Ă  son compte ces terminologies dĂ©sormais obsolĂštes.

Arvid Fougstedt, Lyre et Palette. © Photo: Moderna Museet / Stockholm.

Arvid Fougstedt, Lyre et Palette. © Photo: Moderna Museet / Stockholm.

Plat à kava Tānoa. N° inventaire 71.1887.31.9. Plat en forme d'oiseau orné de tiki, servant parfois à transporter les crùnes au Marne. Début ou milieu du 19e siÚcle. Bois sculpté, 14 x 21 x 57 cm, 1435 g. Population Marquisien. Océanie Marquises (ßles) Polynésie française Marquisien Polynésie. © musée du quai Branly - Jacques Chirac, photo Patrick Gries, Bruno Descoings.

Plat Ă  kava Tānoa. N° inventaire 71.1887.31.9. Plat en forme d’oiseau ornĂ© de tiki, servant parfois Ă  transporter les crĂąnes au Marne. DĂ©but ou milieu du 19e siĂšcle. Bois sculptĂ©, 14 x 21 x 57 cm, 1435 g. Population Marquisien. OcĂ©anie Marquises (Ăźles) PolynĂ©sie française Marquisien PolynĂ©sie. © musĂ©e du quai Branly – Jacques Chirac, photo Patrick Gries, Bruno Descoings.