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🔊 “Huma Bhabha / Alberto Giacometti” , Ă  l’Institut Giacometti, du 6 fĂ©vrier au 24 mai 2026

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“Huma Bhabha / Alberto Giacometti”
DĂ©noue, boucle Ă  boucle, les cheveux d’une idole – avant que tes articulations se dĂ©tachent


à l’Institut Giacometti, Paris

du 6 février au 24 mai 2026

Fondation Giacometti


Entretien avec Émilie Bouvard, directrice scientifique et des collections - Fondation Giacometti, et commissaire de l'exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 3 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 24’03, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Emilie Bouvard,
directrice scientifique et des collections – Fondation Giacometti,  et commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 3 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 24’03,
© FranceFineArt.


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©Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition en finalisation de montage avec Emilie Bouvard, le 3 fĂ©vrier 2026.


Extrait du communiqué de presse :


Huma Bhabha, Untitled, 2023. Encre, acrylique, pastel et collage sur papier, 132,1 × 132,1 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de lâ€șartiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, Untitled, 2023. Encre, acrylique, pastel et collage sur papier, 132,1 × 132,1 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de lâ€șartiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, Untitled, 2022. Terre cuite, acrylique, sable, contreplaquĂ© et bĂ©ton, 39,4 x 81,9 x 81,9 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, Untitled, 2022. Terre cuite, acrylique, sable, contreplaquĂ© et bĂ©ton, 39,4 x 81,9 x 81,9 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, Untitled, 2022. Terre cuite, acrylique, sable, contreplaquĂ© et bĂ©ton, 109,2 x 61,9 x 62,2 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, Untitled, 2022. Terre cuite, acrylique, sable, contreplaquĂ© et bĂ©ton, 109,2 x 61,9 x 62,2 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Commissaire : Émilie Bouvard, directrice scientifique et des collections, Fondation Giacometti


L’Institut Giacometti prĂ©sente une exposition inĂ©dite mettant l’oeuvre de l’artiste pakistano-amĂ©ricaine, Huma Bhabha (nĂ©e Ă  Karachi, 1962, vit et travaille Ă  Poughkeepsie, États-Unis), en rĂ©sonance avec l’oeuvre d’Alberto Giacometti.

Conçue spĂ©cifiquement pour l’Institut Giacometti, l’exposition prĂ©sente de nouvelles crĂ©ations rĂ©alisĂ©es par Bhabha pour l’occasion, ainsi qu’un ensemble de piĂšces majeures de son travail  : deux figures debout, des tĂȘtes sculptĂ©es, des fragments de corps, ainsi que des dessins et des photographies. Toutes ces oeuvres dialoguent, non sans humour, avec des oeuvres emblĂ©matiques de Giacometti, parmi lesquelles l’Homme qui marche (1960), la Jambe (1958), les Femmes de Venise (1956) ou encore la Grande TĂȘte (1960).

Cette exposition fait suite à un premier dialogue entre les deux artistes au Barbican Centre en 2025, «Nothing is behind Us».

Inviter Huma Bhabha Ă  crĂ©er face Ă  Giacometti fut une Ă©vidence, celle-ci manifestant depuis longtemps un profond intĂ©rĂȘt pour son travail. Se revendiquant « expressionniste », Bhabha construit des assemblages, travaille l’argile, le liĂšge et le bronze pour faire Ă©merger des formes humaines qui expriment des Ă©motions. La rencontre entre les deux artistes se joue dans un face Ă  face autour de la figure, Ă  la fois fragile et forte, fĂ©minine et masculine, drĂŽle et mĂ©lancolique, rĂ©sistante. SinguliĂšre parmi ses contemporains, Bhabha rejoint Giacometti dans la conviction que « tout se rĂ©sout autour du corps humain ».

ObsĂ©dĂ©es par le mouvement de la vie Ă  la mort et de la mort Ă  la vie, leurs oeuvres tĂ©moignent Ă  la fois de la force et du caractĂšre pĂ©rissable des ĂȘtres humains, de leur violence et de leur tendresse. L’humour, caustique, noir, grinçant, traverse l’exposition. On en trouve un Ă©cho dans le titre de l’exposition, « DĂ©noue, boucle Ă  boucle, les cheveux d’une idole – avant que tes articulations se dĂ©tachent
 », extrait d’un quatrain du poĂšte persan Omar Khayyam* (1048-1131).

Enfin, tous deux puisent dans l’art de toutes les Ă©poques et de toutes les civilisations – de l’art de la GrĂšce antique Ă  la Renaissance, en passant par les arts africains ou encore par le cinĂ©ma -, pour crĂ©er de nouvelles formes et de nouveaux modes de perception, d’autres visions de l’humanitĂ©. PassionnĂ©e de science-fiction, Bhabha prolonge ici le dialogue avec Giacometti, familier des milieux de cinĂ©ma Ă©trange et surrĂ©aliste.

*Poùme d’Omar Khayyam, Quatrain 71. Traduction de Claude Anet et Myrza Muhammad (1920)

Catalogue sous la direction d’Emilie Bouvard Co-Ă©ditĂ© par la Fondation Giacometti, Paris / Fage Ă©ditions, Lyon

Alberto Giacometti, Femme debout, c. 1961. Plùtre peint, 46 x 7,6 x 11,2 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2026.

Alberto Giacometti, Femme debout, c. 1961. Plùtre peint, 46 x 7,6 x 11,2 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2026.

Huma Bhabha, So Am I, 2025. LiĂšge, polystyrĂšne, argile, fil de fer, os, acrylique, bĂąton Ă  l’huile, craie et bois, 175,3 x 56,2 x 56,2 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Huma Bhabha, So Am I, 2025. LiĂšge, polystyrĂšne, argile, fil de fer, os, acrylique, bĂąton Ă  l’huile, craie et bois, 175,3 x 56,2 x 56,2 cm. © Huma Bhabha / Courtesy de l’artiste et David Zwirner.

Alberto Giacometti, La Jambe, 1958. PlĂątre, 223 × 30,3 × 46,1 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2026.

Alberto Giacometti, La Jambe, 1958. PlĂątre, 223 × 30,3 × 46,1 cm. Fondation Giacometti. © Succession Alberto Giacometti / Adagp, Paris 2026.


Extrait du catalogue – Entretien avec l’artiste. 

Propos recueillis par Émilie Bouvard

« En 1998, j’ai vu une grande rĂ©trospective de sculptures et de peintures d’Alberto Giacometti qui m’a beaucoup impressionnĂ©e. À cette Ă©poque, je n’avais pas encore commencĂ© Ă  sculpter et Ă  modeler l’argile, et la relation que j’entretenais avec lui Ă©tait plutĂŽt celle d’une voyeuse. Je n’avais pas encore compris tout ce que je pouvais tirer ou apprendre de sa technique et de son style uniques. Il m’a fallu encore trois ans pour essayer pour la premiĂšre fois de faire un pied en argile.
[
]
Giacometti est « postcinĂ©ma » ; mĂȘme lorsqu’il parle de rĂ©agir contre le cinĂ©ma et de travailler dans l’atelier directement d’aprĂšs le modĂšle, sa vision est trĂšs imprĂ©gnĂ©e d’une esthĂ©tique cinĂ©matographique. Les figures qu’il rĂ©alise paraissent floues, et cela leur donne une profondeur. Il crĂ©e une perspective avec quelque chose qui est juste devant lui, une distance cinĂ©matographique.
[
]
Personne ne fait la mĂȘme trace qu’un autre. Il est important pour moi de faire mon oeuvre et de ne pas chercher d’alternatives qui, Ă  mes yeux, en dilueraient la puissance Ă©motive. Je fais ce que je suis appelĂ©e Ă  faire. Les marques de Giacometti sur ses sculptures ont presque un air de graffiti, et cela nous transporte dans ses peintures. Tout cela est liĂ©.
[
]
Je suis une artiste formelle, je m’intĂ©resse beaucoup Ă  la figuration. C’est ce que je connais le mieux. J’utilise diffĂ©rents matĂ©riaux parce cela me vient trĂšs naturellement et j’essaie d’ĂȘtre inventive, mais, en mĂȘme temps, l’idĂ©e de faire une belle sculpture est trĂšs prĂ©sente dans mon esprit. C’est ce que je veux faire. Je suis trĂšs « formelle ».
Je m’intĂ©resse beaucoup Ă  tous les aspects formels de la crĂ©ation.»


L’Exposition

Introduction
L’exposition « Huma Bhabha / Alberto Giacometti. DĂ©noue boucle Ă  boucle les cheveux d’une idole — avant que tes articulations se dĂ©tachent » rĂ©vĂšle l’importance de l’oeuvre d’Alberto Giacometti (1901-1966) pour l’artiste pakistano-amĂ©ricaine Huma Bhabha (1962). Au dĂ©but des annĂ©es 2000, Bhabha aborde progressivement le modelage de l’argile dans son travail, qu’elle associe Ă  la pratique contemporaine de l’assemblage. Bhabha est intĂ©ressĂ©e par les affects, ces Ă©motions trĂšs profondes que l’oeuvre de Giacometti exprime, et par la maniĂšre dont il aborde la figure humaine. Giacometti l’inspire par ses crĂ©ations de figures expressives, et dans sa capacitĂ© Ă  maĂźtriser le point de vue et la distance entre la sculpture et le spectateur.

Parcours de l’exposition
L’exposition s’ouvre sur une confrontation entre les deux ATELIERS. Alberto Giacometti ne quitta jamais celui du 46, rue Hippolyte-Maindron, concentrant sa crĂ©ativitĂ© dans Ă  peine 24 m2. C’est dans cet espace exigu et encombrĂ© qu’il parvint Ă  crĂ©er des oeuvres qui permettent parfois une contemplation Ă  plusieurs mĂštres de distance
 Bhabha travaillait Ă  New York jusqu’en 2002, avant de s’installer Ă  Poughkeepsie avec son mari, le peintre Jason Fox. Elle y a rĂ©cemment fait construire un nouvel atelier plus grand et plus lumineux, oĂč les sculptures sont disposĂ©es dans l’espace de maniĂšre Ă  pouvoir les voir du plus de points de vue possible et de loin. Dans cette petite ville, elle mĂšne une existence concentrĂ©e sur son travail. L’HUMANITÉ de l’oeuvre de Giacometti, sa capacitĂ© Ă  embrasser l’ensemble de la condition humaine, Ă©ventuellement en souffrance, non sans humour (noir), parle Ă  Bhabha attentive elle-mĂȘme Ă  la violence du monde. Dans le patio, l’Homme qui marche (1960) de Giacometti persiste Ă  marcher. Les pieds d’Untitled de Bhabha, dont le corps a Ă©tĂ© comme soufflĂ© – comme cela arrive dans les films de zombies – sont toujours bien plantĂ©s dans le sol. À travers la fenĂȘtre, on voit des jambes marcher chaussĂ©es de bottes en caoutchouc, sur un tapis volant (« Magic Carpet »), une rĂ©fĂ©rence amusĂ©e Ă  l’Homme qui marche.

CABINET D’ART GRAPHIQUE ET DE PHOTOGRAPHIE
Bhabha est passionnĂ©e de cinĂ©ma, depuis les films de genre ou de science-fiction jusqu’aux films surrĂ©alistes ou au film noir des annĂ©es 1940 et 1950. Dans un entretien rĂ©cent, elle dĂ©clare : « Giacometti est « postcinĂ©ma » (
). Les figures qu’il rĂ©alise paraissent floues, et cela leur donne une profondeur. Il crĂ©e une perspective avec quelque chose qui est juste devant lui , une distance cinĂ©matographique. » Lorsque Bhabha passe au modelage au dĂ©but des annĂ©es 2000, elle rĂ©alise des figures filaires Ă  l’allure de celles de Giacometti, ainsi que des pieds qui marchent qu’elle place en extĂ©rieur autour de Karachi, comme si c’étaient des scĂšnes de films, crĂ©ant des sortes de saynĂštes incongrues. En vis-Ă -vis sont exposĂ©es pour la premiĂšre fois des planches-contacts du rĂ©alisateur et photographe suisse Ernst Scheidegger, dans lesquelles les sculptures de Giacometti sont placĂ©es en extĂ©rieur. Les suites d’images sur la planche contact Ă©voque des STORYBOARDS. L’oeil de cinĂ©aste d’Ernst Scheidegger Ă©tait peut-ĂȘtre Ă©galement sensible Ă  la qualitĂ© cinĂ©matographique de l’art de Giacometti.

GRANDE SALLE
Au centre de la grande salle, Don’t Cast a Shadow (2025) se dresse tel un grand blessĂ©. Cette sculpture a Ă©tĂ© achevĂ©e par Huma Bhabha pour l’exposition. Son corps est comme trouĂ© d’impacts, mais elle tient encore debout. Sa tĂȘte ronde est attendrissante, comme la simplicitĂ© presque naĂŻve des marques qui strient son corps, faisant ressortir les cĂŽtes et l’ombilic du nombril, le souffle et la vie. Ce marquage du corps est inspirĂ© Ă  Bhabha par les pratiques de scarification dans la statuaire africaine et par le rĂ©alisme des « Bouddha affamĂ©s » aux cĂŽtes saillantes de la tradition asiatique. Les tĂȘtes que crĂ©e Bhabha depuis 2020, sont un mĂ©lange de violence et de fragilitĂ©. Suscitant pour certains l’effroi, elle semble Ă©galement ĂȘtre au bord de l’effondrement, telle la condition humaine elle-mĂȘme. Assemblages, modelages d’argile ou bronzes peints donnent la sensation d’une chair entre la vie et la mort. Face Ă  elles, ressort la dimension grotesque de l’art de Giacometti et son humour grinçant. La TĂȘte sans crĂąne voit l’arriĂšre de sa tĂȘte disparaĂźtre, lui donnant une allure incomplĂšte, et Ă©voquant une amputation. Ces monstres nous font face, fragiles et dangereux Ă  la fois, visages de notre violence et de notre compassion, aliens et humains. Dans le salon Follot adjacent, deux films apprĂ©ciĂ©s d’Alberto Giacometti et d’Huma Bhabha, THEY LIVE (1988) de John Carpenter et La Belle et la BĂȘte de Jean Cocteau (1946). Le premier est une rĂ©flexion sur le devenir totalitaire des sociĂ©tĂ©s occidentales via le film de science-fiction, le second une mĂ©ditation sur le trouble des apparences : la BĂȘte n’est pas ce qu’elle paraĂźt ĂȘtre.

SALLE MÉDIANE
Les figures fĂ©minines d’Alberto Giacometti et d’Huma Bhabha dĂ©gagent des impressions complexes. L’usage de la couleur chez l’une comme chez l’autre permet de souligner les diffĂ©rentes parties du corps. Chez Giacometti, elle en fait ressortir la structure, et lui confĂšre Ă©galement une dimension rituelle, confĂ©rant un statut spĂ©cial et mystĂ©rieux Ă  la figure. De prĂšs, la peinture vient souligner le caractĂšre dĂ©charnĂ© du corps. Chez Bhabha, la peinture renforce la perception ambivalente de la sculpture, et notamment celle de ses caractĂšres sexuels. Quand on l’interroge sur le genre de ses sculptures, Bhabha dit : « Oui, mes sculptures ont les deux sexes. Pourquoi ne pourrions-nous ĂȘtre hermaphrodites ? Je trouve cela trĂšs intĂ©ressant, cela me permet d’expĂ©rimenter. Parfois, mes sculptures tendent vers des formes manifestement fĂ©minines parce que c’est ce qu’il fallait faire pour cette oeuvre-lĂ . Alors, ce sont des figures fĂ©minines fortes. » FĂ©roce, une figure fĂ©minine créée par Huma Bhabha pour l’exposition, mais au corps tout en angles et au visage comme rongĂ©, se tient debout au cĂŽtĂ© de deux Femmes de Venise (1956) et d’une Grande Femme (1958) de Giacometti. Les sentiments de noblesse et de puissance qu’elles dĂ©gagent toutes se rĂ©pondent, telles de modernes MÉNADES, ces femmes de Thrace (GrĂšce) portĂ©es dans leur transe par le souffle poĂ©tique du dieu Dionysos, mais qui dĂ©pecĂšrent le poĂšte OrphĂ©e.

DERNIÈRE SALLE ET CORRIDOR
« Avant que ton nom soit effacĂ© de ce monde, bois du vin, car lorsqu’il emplit le coeur, la tristesse le quitte. DĂ©noue, boucle Ă  boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se dĂ©tachent
 » Omar KhayyĂąm, Quatrain 71, Les 144 Quatrains d’Omar KhayyĂąm* DĂ©but 2022, lors d’une rĂ©sidence Ă  Oaxaca au Mexique, Bhabha produit des cĂ©ramiques cuites dans un four traditionnel en plein air. Les variations de tempĂ©rature lors de la cuisson permettent de subtils effets chromatiques. Elle y rĂ©alise neuf terres cuites, toutes sans titre, reprĂ©sentant des parties de corps. Bhabha conçoit des formes corporelles parentes de celles de Giacometti et semble redonner vie Ă  la matiĂšre. Bhabha choisit d’associer La Jambe de Giacometti Ă  cette sĂ©rie. Fragmentaire, elle fait Ă©cho Ă  l’oeuvre de Rodin. Quoique coupĂ©e, elle se dresse, droite, fiĂšre, un peu tragicomique, comme si elle allait pouvoir encore servir. DĂ©pecĂ©e, arrachĂ©e mais debout. Sans titre (tĂȘte) de Bhabha est prĂ©sentĂ©e dans le corridor adjacent, avec d’autres sculptures fragmentaires de Giacometti qui ont toutes l’allure d’ĂȘtre comme restĂ©es dans le sol pendant des centaines d’annĂ©es, et s’inspirent de l’art Ă©gyptien ou africain anciens, telle aussi Waddah de Bhabha. Ce titre reprend le nom d’un prisonnier, mort Ă  Guantanamo. Dans cette salle, les vestiges qui semblent archĂ©ologiques sont exposĂ©s aux cĂŽtĂ©s de dessins par Giacometti et Bhabha, inspirĂ©s par le peintre italien Giotto.