🔊 “Romain Bernini” Voyages à Giphantie, à la Fondation Henri Cartier-Bresson, du 28 janvier au 3 mai 2026
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“Romain Bernini” Voyages à Giphantie
Ă la Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris
du 28 janvier au 3 mai 2026
Fondation Henri Cartier-Bresson
Atelier EXB

PODCAST –Â Entretien avec
Clément Chéroux,
Directeur, Fondation Henri Cartier Bresson, et commissaire de l’exposition
et Romain Bernini,
artiste peintre (Ă partir de 23’25),
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 27 janvier 2026, durĂ©e 29’02,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Romain Bernini, Autopsy, 2025, huile sur toile, 150 x 120 cm. Crédit : Romain Bernini © Adagp, Paris, 2025.

Romain Bernini, Song to the Siren, 2025, huile sur toile, 200 x 250 cm. Crédit : Romain Bernini © Adagp, Paris, 2025.
Commissaire de l’exposition
Clément Chéroux, Directeur, Fondation Henri Cartier-Bresson
Lorsqu’en 2003, Henri Cartier-Bresson et Martine Franck créent la Fondation, ils souhaitent en faire un lieu dédié aux photographes de toutes tendances et générations, mais aussi aux « peintres, aux sculpteurs et aux dessinateurs ». Après l’exposition des sculptures d’Alberto Giacometti en 2005, puis des dessins de Saul Steinberg trois ans plus tard, la Fondation renoue aujourd’hui avec cette tradition d’ouverture en faisant découvrir au public les peintures de Romain Bernini. Depuis une vingtaine d’années, cet artiste français, né en 1979, élabore une oeuvre imposante, à la croisée de la figuration et d’une forme d’ésotérisme urbain. Il saisit des moments qui sont autant d’hypothèses. Ses compositions décrivent des situations latentes où des personnages en quête de sens incarnent des sortes d’énigmes vivantes.
La série de tableaux présentée ici pour la première fois est inspirée d’un curieux petit ouvrage du XVIIIe siècle, Giphantie, de Charles Tiphaigne. Guidé par un « préfet », ce voyage dans un pays imaginaire peuplé « d’esprits élémentaires » s’inscrit dans la tradition des récits utopiques. Il permet à son auteur de critiquer la société de son époque, tout en donnant libre cours à son imagination. Publié en 1760, cet opuscule est surtout connu parce qu’il prédit l’avénement de technologies modernes comme la transmission à distance des images et du son, les techniques de télésurveillance, les lentilles de contact, la nourriture lyophilisée, et bien d’autres encore. Mais sourtout il décrit, plus d’un demi-siècle avant les tout premiers travaux de Nicéphore Niépce en 1816, et avec près de huit décennies d’avance sur l’annonce officielle de l’invention de Louis Daguerre en 1839, un mode de production d’images qui ressemble déjà à la photographie – on y revient.
Publication Giphantie – Texte de Charles Tiphaigne augmentĂ© de vingt-quatre peintures de Romain Bernini. Postface de ClĂ©ment ChĂ©roux. Éditeurs : Atelier EXB et Fondation Henri Cartier-Bresson. Date de parution : 29 janvier 2026.
https://exb.fr/fr/home/689-giphantie.html
Biographie
NĂ© en 1979, Romain Bernini vit et travaille Ă Paris.
Il crée une oeuvre picturale nourrie de réflexions sur la couleur et l’espace. Sa pratique figurative s’inspire autant du Color Field américain que d’autres traditions artistiques et de la culture populaire. Qu’il s’agisse de scènes énigmatiques, de figures masquées, d’animaux ou d’espaces imaginaires, ses oeuvres invitent à une expérience sensorielle et contemplative, entre réel et utopie.
Romain Bernini est représenté par les galeries Suzanne Tarasiève (Paris) et HdM (Londres et Pékin). Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome en 2010–2011, il a participé à de nombreuses expositions en France : Zeugma (conjointement à l’Abbaye Royale et au Musée d’art moderne de Fontevraud en 2025), au MO.CO à Montpellier, au Parvis, centre d’art contemporain à Tarbes, au MUba Eugène-Leroy à Tourcoing, au Tripostal à Lille, au Collège des Bernardins à Paris, au Musée des Beaux-arts de Chambéry, et à l’étranger : au K11 de Wuhan et au 1905 Art Space Shenyang en Chine, à la Daegu Art Factory et au Wooyang Museum of Contemporary Art en Corée du Sud, à l’Institut français du Cambodge à Phnom Penh….
Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques telles que le Centre Pompidou, le Centre national des arts plastiques, le musée des Abattoirs de Toulouse, le MAC VAL, le Frac Île-de-France ou encore le Frac –Pays de la Loire. Une grande tapisserie a été tissée à partir d’une de ses oeuvres à la Cité internationale de la Tapisserie d’Aubusson.
Il enseigne depuis 2023 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.
Au mĂŞme moment Ă la Fondation Henri Cartier Bresson
Henri Cartier-Bresson – Les EuropĂ©ens
Commissaire de l’exposition
Clément Chéroux, Directeur, Fondation Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson était un européen convaincu. S’il a voyagé dans le monde entier, il a aussi beaucoup parcouru l’Europe. Après la Seconde guerre mondiale, le continent est un immense champ de ruine hanté par la déchirure et la désolation. Dans le contexte de la Guerre froide, la construction de l’Union européenne est un enjeu géopolitique majeur. Après avoir réalisé pour la presse magazine de nombreuses séries de photographies en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Suisse et en France, Cartier-Bresson veut les réunir en volume. Il ne souhaite pas faire un livre de voyage à travers ces pays, comme il en existe beaucoup à l’époque, mais plutôt un portrait de ceux qui les habitent. Le livre ne s’intitule d’ailleurs pas L’Europe, mais bien Les Européens.
Il a pour ambition de montrer ce qui fait la singularité de chacun des peuples de cette zone géographique, tout en mettant en évidence leur communauté. Accompagné d’une magnifique couverture du peintre catalan Joan Miró, le livre est publié en 1955 chez Verve, comme une suite d’Images à la Sauvette. Il n’avait jamais été republié depuis. La présente exposition réunit quelques-unes des photographies les plus importantes de l’ouvrage à l’occasion de sa réédition.
Henri Cartier-Bresson (1908–2004)
Henri Cartier-Bresson est considéré comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle. Après avoir étudié la peinture et fréquenté les surréalistes, il adopte la photographie comme moyen d’expression au début des années 1930.
Il traverse les grands bouleversements politiques et sociaux du XXe siècle : fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’évade et rejoint la Résistance. Il photographie les derniers jours de Gandhi en Inde, la Chine communiste, l’URSS en pleine guerre froide, les États-Unis d’après-guerre ou encore les luttes pour l’indépendance en Afrique.
En 1947, il cofonde la coopérative Magnum Photos avec Robert Capa, George Rodger et David Seymour, destinée à garantir aux photographes un contrôle sur la diffusion de leurs images. La même année, le MoMA de New York lui consacre une rétrospective.
À partir des années 1970, après avoir consacré sa carrière à la photographie et réalisé plusieurs films documentaires, il se détourne de ces médiums pour se consacrer au dessin.
En 2003, un an avant sa disparition, il co-fonde la Fondation Henri Cartier-Bresson avec son épouse Martine Franck, également photographe, et leur fille Mélanie.
























