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“Ulrich Lebeuf“ Spettri di famiglia

à la galerie Sit Down, Paris

du 18 février au 19 mars 2022

galerie Sit Down


Interview de Ulrich Lebeuf, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 18 février 2022, durée 14’32. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Ulrich Lebeuf,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 18 février 2022, durée 14’32.
© FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’exposition avec Ulrich Lebeuf, le 18 février 2022.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia,, Sans titre #11, 2017. © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia,, Sans titre #11, 2017. © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #10, 2017. © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #10, 2017. © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.

Extrait du communiqué de presse :



Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #39, 2018 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #39, 2018 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #37, 2020 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #37, 2020 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #13, 2017 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #13, 2017 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #31, 2020 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.
Ulrich Lebeuf, Série Spettri di famiglia, Sans titre #31, 2020 © Ulrich Lebeuf/MYOP courtesy galerie Sit Down. Impression Piezo avec encres pigmentaires au charbon sur papier Awagami bambou.

La galerie Sit Down présente Spettri di famiglia, première exposition personnelle d’Ulrich Lebeuf au sein de l’espace récemment rénové de la galerie.

Mêlant ses propres images à des photographies anonymes, Ulrich Lebeuf cherche à se réapproprier une histoire familiale napolitaine faite de non-dits et de violence.

A la manière d’Antonioni dans le film Blow Up, le photographe revient sur le lieu du drame et prend des photos à la volée dans Naples. Grâce à l’agrandissement, il recadre l’image et découvre des visages qu’il n’avait pas initialement perçus.

Cette multitude de portraits en noir et gris, très cadrés, au grain éclaté, fait apparaître les fantômes qui le hantent. Des façades d’immeubles ponctuent également cette série et nous font nous interroger sur ce qui se passe à l’intérieur de ces murs.

Mi-documentaire, mi-fiction, Spettri di de famiglia constitue une réflexion troublante sur la temporalité, le regard et l’imagination, l’inconnu et l’inconscient.

Une première partie de cette série avait été présentée à Arles pendant les Rencontres en 2018, puis aux Promenades photographiques de Vendôme l’été dernier ainsi qu’au festival Fictions Documentaires de Carcassonne à la fin de l’année 2021.





Spettri di famiglia par
Ulrich Lebeuf

Il y a bien évidemment des questions que l’on se pose avec le temps qui passe, et celle de l’identité en fait partie.

Ma mère, Charlotte, est née en 1938 en France d’un père napolitain et d’une mère française. Les Napolitains sont particulièrement attachés à leur terre, leur pays, Napoli.

Elle s’est donc rendue dès sa plus jeune enfance, l’été à Naples, en famille. À ce moment ses parents décidèrent de ne pas l’élever et de la laisser au pays sous la responsabilité de son oncle. Un homme extrêmement violent, d’abord envers son épouse, ensuite envers cette petite fille dont il avait la charge.

À l’âge de seize ans, elle s’enfuit des griffes de cet homme, avec la culpabilité d’abandonner sa tante.

 

Ma mère a gardé un lien très particulier avec ce territoire, un mélange de terreurs avec cet homme, et d’amour avec cette femme. J’ai imaginé Napoli toute mon enfance par le biais de ses histoires, de ses souvenirs, entre fascination et dégoût, entre violence et tendresse.

En 2015 j’ai ressenti le besoin de découvrir cette ville en sa présence. Elle n’y était jamais retournée. Il me fallait photographier cette ville fantasmée, constituant indirectement mon histoire. Cette ville où la fascination de la mort est rythmée par un hymne à la vie unique qui lui appartient.

Par différents processus photographiques, entre fiction et réalité, j’invente peu à peu un album de famille, et rends visible par mes images les personnages de son histoire, de mon histoire, des visages et des lieux inconnus à ma mémoire.

Je reviens sur le lieu d’un drame, je photographie un territoire avec cette même fascination naissante en moi.

Comme dans le film d’Antonioni, Blow-Up, de ces images j’extrais des visages, figures détaillées auxquelles se mélangent des lieux et des photographies de famille napolitaines privées d’identité, images d’un théâtre mental.

Je me souviens des histoires racontées le soir, celles de cette ville du sud de l’Italie, Napoli.


Ulrich Lebeuf