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🔊 “Les oubliĂ©es” AnaĂŻs Boudot. Pablo Picasso. BrassaĂŻ

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“Les oubliĂ©es” 

AnaĂŻs Boudot. Pablo Picasso. BrassaĂŻ

aux éditions The Eyes Publishing

éditions The Eyes Publishing
AnaĂŻs Boudot
Galerie binome

#ActualitĂ© Paris Photo – Grand Palais ÉphĂ©mĂšre :
Vendredi 12 novembre Ă  14h rencontre avec AnaĂŻs Boudot au Artist Talks Espace The Eyes 
et Ă  15h signature du livre Les OubliĂ©es sur le stand de The Eyes – SE14.
https://www.parisphoto.com/fr-fr/programme/artist-talks.html

PODCAST - Interview de AnaĂŻs Boudot, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 9 novembre 2021, durĂ©e 14’32. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de AnaĂŻs Boudot,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 9 novembre 2021, durĂ©e 14’32.
© FranceFineArt.


Couverture Les oubliées Anaïs Boudot . Pablo Picasso . Brassaï aux éditions The Eyes Publishing. © Anaïs Boudot / The Eyes Publishing.
Couverture Les oubliées Anaïs Boudot . Pablo Picasso . Brassaï aux éditions The Eyes Publishing. © Anaïs Boudot / The Eyes Publishing.
AnaĂŻs Boudot, Les oubliĂ©es – La dĂ©chirure. © AnaĂŻs Boudot, courtesy Galerie Binome.
AnaĂŻs Boudot, Les oubliĂ©es – La dĂ©chirure. © AnaĂŻs Boudot, courtesy Galerie Binome.
AnaĂŻs Boudot, Les oubliĂ©es – Le gant. © AnaĂŻs Boudot, courtesy Galerie Binome.
AnaĂŻs Boudot, Les oubliĂ©es – Le gant. © AnaĂŻs Boudot, courtesy Galerie Binome.
Anaïs Boudot, Les oubliées - Persona. © Anaïs Boudot, courtesy Galerie Binome.
AnaĂŻs Boudot, Les oubliĂ©es – Persona. © AnaĂŻs Boudot, courtesy Galerie Binome.

Extrait du communiqué de presse :





« A passer du temps avec ces visages fĂ©minins, tout en cĂŽtoyant deux artistes(hommes) historiques Ă  la relation singuliĂšre aux femmes, je sentais le besoin de rĂ©agir. En fin de compte, ce sont elles ces « oubliĂ©es », par leur mise Ă  l’écart durant des annĂ©es de l’histoire de l’art, relĂ©guĂ©es au rang de muses, de modĂšles et de compagnes. Leur absence est criante et c’est sans doute cette absence que ces images tentent de mettre en lumiĂšre ». AnaĂŻs Boudot



DĂšs lors, prĂšs d’un siĂšcle plus tard, Ă  un moment oĂč de jeunes artistes convoquent les procĂ©dĂ©s anciens pour des expressions contemporaines, comment rĂ©interprĂ©ter et prolonger ce face Ă  face de l’artiste avec la plaque de verre, sa lumiĂšre et sa matiĂšre ? De mĂȘme, dans une Ă©poque qui revendique la place des femmes dans l’histoire de l’art, comment interroger ou bousculer ce phĂ©nomĂšne si ordinaire de domination, qu’il s’agisse du rapport aux femmes des artistes eux-mĂȘmes, ou d’une certaine forme de rĂ©sistance encore aujourd’hui de placer les artistes femmes au en centre du jeu/JE.

 

Nous avons choisi de demander Ă  AnaĂŻs Boudot de relever ce dĂ©fi, celui d’un vis-Ă -vis artistique autour du clichĂ© verre, comme celui d’une rĂ©ponse Ă  ce voile longtemps (im)posĂ© sur les artistes femmes. AnaĂŻs Boudot rĂ©alise ici une sĂ©rie de crĂ©ations sur un ensemble de plaques de verre anonymes de sa collection reprĂ©sentant toutes des figures fĂ©minines. Une modernitĂ© dans les matiĂšres, dans la lumiĂšre comme dans le ton qui bouscule et s’impose Ă  la fois dans ce dialogue avec Picasso et BrassaĂŻ.

C’est Ă  la suite d’une plaque de verre oubliĂ©e par BrassaĂŻ dans l’atelier de Picasso que ce dernier commença Ă  dĂ©velopper un travail particulier sur ce support. « Et en effet, elle n’est plus vierge » s’écria BrassaĂŻ en dĂ©couvrant la plaque retravaillĂ©e par Picasso comme le rappelle HĂ©loise ConĂ©sa dans son introduction. Reprenant les propos d’Anne Baldassari, elle poursuit : « l’artiste-toro se penche sur la plaie mortelle qu’il inflige au rĂ©el afin qu’il advienne la figure si belle sur la plaque d’argent ». À son tour quelques annĂ©es plus tard BrassaĂŻ commença sa sĂ©rie des Transmutations par lesquelles il grave non pas sur des plaques vierges mais sur des nĂ©gatifs originaux.

 

Face Ă  ces deux monstres sacrĂ©s de l’art moderne, AnaĂŻs Boudot rĂ©pond Ă  une invitation de The Eyes, en reprenant sa propre collection de visages anonymes sur verre, pour les retravailler Ă  mĂȘme la gĂ©latine.

Parmi ces portraits d’anonymes des annĂ©es 20-30 et 40 s’imposent les visages de femmes. LĂ  oĂč chez Picasso et BrassaĂŻ le grattage de la gĂ©latine s‘apparente Ă  un « acte chirurgical beaucoup plus intrusif pour faire ressortir la plastique de l’Ɠuvre », AnaĂŻs Boudot choisit la dorure pour redorer ces images d’inconnues, sublimer l’image de ces femmes, ces muses si peu considĂ©rĂ©es par ces maĂźtres et oubliĂ©es de l’histoire de l’art. C’est dans cette dĂ©marche autant instinctive qu’expĂ©rimentale que s’inscrit le travail d’AnaĂŻs Boudot, celle de rendre visible l’invisible.

« L’Ɠuvre d’AnaĂŻs Boudot est depuis toujours inscrite dans une dialectique de l’ombre et de la lumiĂšre, du visible et de l’invisible avec comme matĂ©riau de prĂ©dilection la plaque de verre dont elle joue des transparences et opacitĂ©s, soulignant ses potentielles ambiguĂŻtĂ©s.

Elle travaille cette fois-ci des plaques de verre des annĂ©es 1920-30-40 retrouvĂ©es chez ses parents, des portraits de femmes anonymes photographiĂ©es frontalement dont elle mĂ©tamorphose la prĂ©sence obscure, celle d’un « continent noir » selon les mots de Freud, pour la resacraliser par l’usage de l’or.

Transformant la tradition du portrait vernaculaire en une recherche artistique d’une grande richesse formelle, elle s’inscrit dans une dĂ©marche esthĂ©tique oĂč la femme est sublimĂ©e avec une intention Ă©vidente de rĂ©habilitation, lĂ  oĂč ses illustres prĂ©dĂ©cesseurs, BrassaĂŻ et Picasso, exploitaient le fĂ©minin comme motif au service d’une recherche plastique sur la plaque de verre. »

Héloïse Conésa, conservatrice du patrimoine à la BibliothÚque nationale de France, en charge de la collection de photographie contemporaine.