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“Frédérique Loutz” Flip a coin

Ă  la Galerie Papillon, Paris

du 5 janvier au 27 février 2021

Galerie Papillon

PODCAST - Interview de Frédérique Loutz, par Anne-Frédérique Fer, enregistrement réalisé par téléphone, entre La Lorraine et Paris, le 18 janvier 2021, durée 18'47". © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de FrĂ©dĂ©rique Loutz,

par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, enregistrement rĂ©alisĂ© par tĂ©lĂ©phone, entre La Lorraine et Paris, le 18 janvier 2021, durĂ©e 18’47, © FranceFineArt.


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© Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, visite de l’exposition, le 14 janvier 2021.

Frédérique Loutz, Brochette 1, 2020. Peinture, verre réalisé au Ciav. ©  Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Brochette 1, 2020. Peinture, verre réalisé au Ciav. © Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Brochette 2, 2020. Peinture, verre réalisé au Ciav. ©  Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Brochette 2, 2020. Peinture, verre réalisé au Ciav. © Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Les filles de Loth, 2020. Aquarelle, crayon de couleur sur papier. ©  Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Les filles de Loth, 2020. Aquarelle, crayon de couleur sur papier. © Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Sans titre, 2020. Crayon, encre. ©  Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Sans titre, 2020. Crayon, encre. © Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Sans titre, 2020. Crayon, encre. ©  Frédérique Loutz.
Frédérique Loutz, Sans titre, 2020. Crayon, encre. © Frédérique Loutz.

Extrait du communiquĂ© de presse :


Extraits des textes rĂ©alisĂ©s pour Girrrland, la monographie consacrĂ©e Ă  l’artiste Ă©ditĂ©e par The Drawer et la Galerie Papillon, Ă  paraĂ®tre ce printemps.  https://editionsthedrawer.cargo.site/



Camille Morineau, FrĂ©dĂ©rique LOUTZ : un dessin partial, passionnĂ©, politique – dĂ©cembre 2020

Une artiste surdouée, une pincée d’outrance, beaucoup d’humour et l’étincelle de la magie. J’écris ce que Loutz me fait découvrir : un univers qui j’espère éclairera autant les historiens que les collectionneurs, ceux qui aiment le dessin que ceux que la peinture émeut et que la sculpture étonne. Où l’on voit que le trait gravé peut dialoguer avec la peinture, la sculpture être l’origine du dessin, et ce dernier se nourrir de toute la matière du monde. Comme une bouche ouverte, ou une porte, l’oeuvre de Loutz aspire un monde qu’elle nous « rend » avec ses mystères, son épaisseur, sa magie, sa peau vue de l’extérieur ou de l’intérieur. Un dessin critique en somme, dessin-loupe sur le monde, dont la portée synesthésique résonne avec la définition idéale de la critique que faisait Baudelaire, au milieu du XIXème siècle. […]

Dessinatrice avérée, graveuse obsessionnelle, sculptrice naturelle et poète secrète, Loutz flirte en effet sans cesse avec la peinture. Ses grands formats en attestent ainsi que ses références directes à Géricault, Delacroix, Duchamp (Nu descendant l’escalier), ses Vierges à l’Enfant, ses portraits de Colosses et de Nains, ses innombrables natures mortes. Écoutons-la. En 2010, elle « commence à prendre en charge le fond » : des « grands jus d’encre, d’aquarelle constituent une trame pour le paysage, le dessin apparaît dans son séchage et je l’accompagne dans sa réalisation ». En 2012, le dialogue s’approfondit : « Je dessine à la plume, ça m’agace, je dessine au pinceau, ça n’a pas le temps de sécher, je mouille donc, il ne subsiste que les contours de ma trace au pinceau, du coup j’ai des lignes… Ensuite je retravaille avec de la couleur au crayon ». « Je traite, conclut-elle, le dessin comme une peinture (j’utilise le pinceau, la gouache, autant que l’encre). Je travaille aussi sur des toiles très fines… mais malgré tout, je pense que c’est du dessin ». Mais de quel « dessin » s’agit-il ?



Julie Crenn, Un peuple de corps – avril 2020

Plusieurs univers se cognent à l’intérieur des dessins de Frédérique Loutz. En les regardant de près, ils évoquent autant les sombres poèmes d’Henri Michaux, le journal intime de Frida Kahlo, les peintures exubérantes de Peter Saul, l’expressivité tragicomique inhérente aux dessins et aux textes de Sophie Podolski, l’humour noir de Roland Topor, la théâtralité lugubre de Marnie Weber ou encore la magie d’Alejandro Jodorowsky. Frédérique Loutz appartient à une famille artistique internationale et intemporelle. Une famille dont chacun des membres s’attache à la représentation d’existences complexes, excessives, absurdes, expressives, intenses et violentes. Ses oeuvres sur papier sont faites de ces ingrédients sulfureux et chaotiques. Elles traduisent une difficulté à se définir et à définir les autres. Au fil des années, nous y percevons différentes couches de forces, de traumas, de jouissances, de silences, de cris, de portes ouvertes et de portes qui restent fermées. […]

Libérée de toute forme de norme, Frédérique Loutz nous invite à une exploration de nos secrets, de nos hontes, de nos plaisirs, de nos violences, de nos désirs ou encore de nos inconsciences. Dans cette plongée intime, il ne s’agit jamais de se définir, bien au contraire. « J’aime quand le dessin bouscule, me bouscule. » Dans un territoire où les jouissances et les déchirements cohabitent, Frédérique Loutz fabrique différentes sémantiques et esthétiques. Elles sont le miroir de métamorphoses intemporelles. Sur le papier, la multiplication engendre l’indéfinition. Il s’agit pour l’artiste de ne jamais se fixer pour constamment tenter de toucher la part insaisissable de nos histoires, de nos relations et de nos existences. Les dessins formulent des questions auxquelles elle apporte de nouvelles questions. Aucune réponse n’est imposée. L’écriture de Frédérique Loutz est excessive, tourmentée, énergique.