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🔊 “Michel-Ange Rodin” Corps vivants, au Musée du Louvre, du 15 avril au 20 juillet 2026

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“Michel-Ange Rodin” Corps vivants

au Musée du Louvre, Paris

du 15 avril au 20 juillet 2026

Musée du Louve


Entretien avec Chloé Ariot, conservatrice - musée Rodin,
et Marc Bormand, conservateur, département des Sculptures - musée du Louvre, 
et commissaires de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 14 avril 2026, durée 18’24, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Chloé Ariot,
conservatrice  – musĂ©e Rodin,
et Marc Bormand,
conservateur, dĂ©partement des Sculptures – musĂ©e du Louvre,
et commissaires de l’exposition,



par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 14 avril 2026, durĂ©e 18’24,
© FranceFineArt.


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Michel-Ange Rodin. Corps vivants
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Michel-Ange Rodin. Corps vivants
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©Anne-Frédérique Fer, vernissage avec les commissaires, le 14 avril 2026.


Extrait du communiqué de presse :


Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. L’esclave mourant (face) 1513-1515. Marbre. Paris, Musée du Louvre. © 2022 Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange. L’esclave mourant (face) 1513-1515. Marbre. Paris, Musée du Louvre. © 2022 Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn / Hervé Lewandowski.

Auguste Rodin, Fugit Amor. Avant 1887, pratique vers 1892-1894. Marbre, Paris, musée Rodin. © musée Rodin - photo Christian Baraja.

Auguste Rodin, Fugit Amor. Avant 1887, pratique vers 1892-1894. Marbre, Paris, musĂ©e Rodin. © musĂ©e Rodin – photo Christian Baraja.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, Deux hommes nus en portant un troisième debout, Vers 1504. Pierre noire, estompe, stylet. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © 2013 Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRmn - Suzanne Nagy.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, Deux hommes nus en portant un troisième debout, Vers 1504. Pierre noire, estompe, stylet. Paris, musĂ©e du Louvre, dĂ©partement des Arts graphiques. © 2013 MusĂ©e du Louvre, dist. GrandPalaisRmn – Suzanne Nagy.

Auguste Rodin. La main de Dieu, Vers 1896-1898. Marbre. Pratique par Séraphin Soudbinine, après 1916. Paris, musée Rodin. © musée Rodin - photo Christian Baraja.

Auguste Rodin. La main de Dieu, Vers 1896-1898. Marbre. Pratique par SĂ©raphin Soudbinine, après 1916. Paris, musĂ©e Rodin. © musĂ©e Rodin – photo Christian Baraja.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, Tête d’un faune, de profil vers la gauche, Vers 1523-1524 ? Plumes et encre brune, sur un dessin antérieure à la sanguine. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) Michel Urtado.

Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange, TĂŞte d’un faune, de profil vers la gauche, Vers 1523-1524 ? Plumes et encre brune, sur un dessin antĂ©rieure Ă  la sanguine. Paris, musĂ©e du Louvre, dĂ©partement des Arts graphiques. © GrandPalaisRmn (musĂ©e du Louvre) Michel Urtado.

Commissariat :
Chloé Ariot, conservatrice, musée Rodin
Marc Bormand, conservateur, département des Sculptures, musée du Louvre



Deux maĂ®tres inĂ©galĂ©s de la sculpture occidentale dialoguent Ă  travers les siècles : Michel-Ange (1475-1564) et Auguste Rodin (1840-1917). Leurs Ĺ“uvres, qui incarnent la force du corps et la profondeur de l’âme, se rencontrent dans une confrontation inĂ©dite oĂą se rĂ©vèlent continuitĂ©s comme ruptures.

L’exposition Michel-Ange Rodin. Corps vivants, rĂ©unissant plus de 200 Ĺ“uvres met l’accent sur des enjeux formels et conceptuels qui aboutissent Ă  une mĂŞme ambition : rendre visible l’Ă©nergie intĂ©rieure du corps. Le corps apparaĂ®t comme enveloppe et peau de l’âme, matière vivante soumise au temps et au geste. Ce parcours interroge aussi la postĂ©ritĂ© de ces gestes : comment la réécriture de l’antique et l’usage des corps ont prĂ©parĂ© les ruptures du 20e siècle ?

En montrant filiations, emprunts et dĂ©tournements, l’exposition propose une lecture sensible des mythes des deux gĂ©nies et invite Ă  repenser la sculpture non pas comme un Ă©lĂ©ment qui « fait forme » mais comme un laboratoire d’innovations artistiques. Aux chefs-d’Ĺ“uvre des maĂ®tres rĂ©pondent des Ĺ“uvres maniĂ©ristes inspirĂ©es de Michel-Ange (de Vincenzo Danti, Vincenzo de Rossi, ou Pierino da Vinci), ainsi que des crĂ©ations contemporaines fortes de Joseph Beuys, Bruce Nauman, Giuseppe Penone et Jana Sterbak, tĂ©moignant de l’actualitĂ© de cet hĂ©ritage.

L’exposition rĂ©unit marbres, bronzes, plâtres, terres cuites, moulages et une très riche production graphique grâce aux collections du Louvre, du musĂ©e Rodin et d’importants prĂŞts de grands musĂ©es internationaux. Le parcours s’articule en cinq temps forts prĂ©sentant les deux artistes, leurs sources d’inspiration, leurs relations aux matĂ©riaux de la crĂ©ation et leurs thèmes de prĂ©dilections, en suivant un fil rouge, celui du corps et de la vie.

Cette rĂ©flexion se matĂ©rialise dès l’entrĂ©e du parcours, oĂą cinq sculptures emblĂ©matiques — l’Esclave mourant et l’Esclave rebelle de Michel-Ange, chefs-d’Ĺ“uvre du Louvre, et L’Ă‚ge d’airain, Adam et Jean d’Aire nu, Ă©chappĂ© du Monument des Bourgeois de Calais d’Auguste Rodin — accueillent les visiteurs comme autant de corps habitĂ©s par une Ă©nergie vitale puissante.


Deux artistes mythiques
La première section propose une prĂ©sentation des deux sculpteurs sous l’angle du mythe. Portraits et mises en scène posthumes, hommages artistiques et mĂŞme reliques permettent d’incarner la stature artistique des deux hommes. La construction de leur gĂ©nĂ©alogie respective est montrĂ©e Ă  travers une sĂ©lection d’Ĺ“uvres rĂ©alisĂ©es d’après les maĂ®tres et, en ce qui concerne Rodin, prĂ©cisĂ©ment d’après Michel-Ange. L’importance des modèles michelangĂ©lesques pour le sculpteur français est Ă©galement mise en perspective avec son voyage fondateur Ă  Florence, effectuĂ© en 1876, et la dĂ©couverte de la Chapelle des princes Ă  San Lorenzo, Ĺ“uvre totale de « ce magicien » qui semble lui laisser « un peu de ses secrets », comme il l’Ă©crit alors Ă  sa compagne Rose Beuret. Les moulages d’Ă©poque rĂ©alisĂ©s par Vincenzo Danti d’après les allĂ©gories des heures du jour des tombeaux de Julien et Laurent de MĂ©dicis permettent de convoquer dans l’exposition ces figures emblĂ©matiques du maĂ®tre florentin.

Nature et Antiquité : réinventer le modèle
Nature et AntiquitĂ© constituent les sources d’inspiration principales des deux artistes, mais ces modèles ne valent que pour ĂŞtre dĂ©passĂ©s, comme le montre la deuxième section. Plusieurs esquisses et Ă©tudes dessinĂ©es rĂ©sultent d’une observation scrupuleuse des corps humains et d’une comprĂ©hension fine de l’anatomie, obtenue entre autres chez Michel-Ange grâce Ă  la pratique de la dissection, et pour Auguste Rodin par de longues heures de travail d’après modèles vivants. Mais la figure finale dĂ©passe la stricte reproduction naturaliste d’un corps et passe par la recomposition de l’anatomie, aboutissant Ă  la formation de figures idĂ©ales chez Michel-Ange, qui en viennent Ă  remplacer la Nature pour la gĂ©nĂ©ration suivante, et Ă  la crĂ©ation chez Auguste Rodin de formes que l’artiste veut justes et vraies. Admirateurs et fin connaisseurs de l’art antique, que Rodin a collectionnĂ© avec passion, les deux artistes se mesurent Ă  ce grand modèle et cherchent Ă  le dĂ©passer.
Pour Vasari, ce dĂ©passement incarne le sens profond de la venue de Michel-Ange sur terre. L’avènement du torse comme forme artistique constitue le noyau de cette section : alors que Michel-Ange aurait refusĂ© de restaurer le Torse du BelvĂ©dère, reconnaissant la complĂ©tude esthĂ©tique de cette forme fragmentaire, Rodin est le premier artiste Ă  avoir conçu des torses comme Ĺ“uvre en soi, instituant ainsi l’un des principaux sujets de la modernitĂ© en sculpture.

Non finito
Au cĹ“ur de l’exposition prend place le non finito, esthĂ©tique emblĂ©matique des Ĺ“uvres de Michel-Ange et rĂ©appropriĂ©e par Rodin : laisser perceptible les marques de l’acte crĂ©atif, dĂ©montrer que la sculpture visible n’est qu’une Ă©tape d’une forme virtuelle dĂ©jĂ  existante, faire voir par le recours au transitoire le flux de la vie traversant les corps. Un petit Christ en croix en bois, prĂŞt exceptionnel de la Casa Buonarroti montre, non loin des Esclaves du Louvre, toute la force du non finito michelangĂ©lesque. La relation dĂ©miurgique Ă  la matière est synthĂ©tisĂ©e dans La Main de Dieu : Rodin figure ici dans le marbre la main divine en train de modeler en argile les corps d’Adam et Eve. Avec l’Albero di 7 metri de Penone, on constate la persistance contemporaine du non finito. Un choix de dessins Ă  la sanguine et Ă  l’estompe de Michel-Ange et de Rodin tĂ©moigne de l’animation des corps suggĂ©rĂ©e par la vibration des contours, rĂ©pondant aux effets de surface produit par le non finito. Celui-ci, en accrochant la lumière, crĂ©e un doux halo lumineux autour du marbre, sorte de sfumato ancrant l’Ĺ“uvre dans l’atmosphère environnante.

Corps et âmes
En choisissant le corps comme sujet central de leurs Ĺ“uvres, Michel-Ange comme Rodin le perçoivent comme animĂ© d’une vie intĂ©rieure intense. Leurs figures sont des habitacles de la pensĂ©e et du rĂŞve, parfois aux confins de la mort. La psychĂ© en vient Ă  imprimer le corps lui-mĂŞme et l’enveloppe charnelle devient figure de l’âme dans le Saint BarthĂ©lĂ©my de Michel-Ange ou le Balzac d’Auguste Rodin, Ĺ“uvres auxquelles la Peau de Joseph Beuys et et la Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak offrent de puissants Ă©chos contemporains. Les anatomies et les visages, les positions des figures et les compositions de groupes expriment sentiments et passions humaines, dont sont traversĂ©s le Jugement dernier de Michel-Ange et La Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin, respectivement prĂ©sentĂ©s grâce Ă  une copie d’Ă©poque et une maquette, tout comme le grand relief en bronze du Serpent d’airain de Vincenzo Danti, sculpteur michelangĂ©lesque.

Énergie et vie
Les corps créés par Michel-Ange et Rodin sont vivants car dĂ©bordant d’Ă©nergie, concept au cĹ“ur des prĂ©occupations plastiques des deux artistes et de la dernière section de l’exposition. La fluiditĂ© donne aux figures une vitalitĂ© intense, comme l’illustrent de nombreuses figures serpentines dessinĂ©es par Michel-Ange, le Jeune Dieu fleuve en marbre de Pierino da Vinci et La Voix intĂ©rieure de Rodin. La puissance de la figure humaine apparaĂ®t avec Ă©clat : Ă  la terribilitĂ  michelangĂ©lesque, incarnĂ©e ici par un moulage du MoĂŻse provenant de la collection de l’École des Beaux-arts, rĂ©pond la prĂ©sence magnĂ©tique du Balzac de Rodin. Ces corps puissants irradient malgrĂ© leurs positions statiques, mais les deux sculpteurs ont Ă©galement souvent recours au dĂ©ploiement des corps dans l’espace. L’Ă©nergie vitale est ainsi traduite dans un jeu d’Ă©quilibre et de dĂ©sĂ©quilibre savamment orchestrĂ©, menant aux confins de l’instabilitĂ©. Cette recherche plastique rĂ©sonne aujourd’hui dans la grande Ĺ“uvre vidĂ©o de Bruce Nauman, Marcher le long d’une ligne (Walking a line), qui clĂ´t le parcours. Les visiteurs sont alors invitĂ©s Ă  retrouver dans la rotonde les cinq sculptures ayant ouvert le parcours : cinq corps, nus et musculeux, Ă©mus et puissants, vivants.

Auguste Rodin. Bellone, 1879. Terre cuite retravaillée au plâtre, patinée couleur terre cuite. Paris, musée Rodin. © agence photographique du musée Rodin - Jérome Manoukian.

Auguste Rodin. Bellone, 1879. Terre cuite retravaillĂ©e au plâtre, patinĂ©e couleur terre cuite. Paris, musĂ©e Rodin. © agence photographique du musĂ©e Rodin – JĂ©rome Manoukian.

Michel-Ange. Tête de femme idéale de profil à gauche, vers 1525-1528. Pierre noire. Londres, British Museum. © Trustees of the British Museum.

Michel-Ange. Tête de femme idéale de profil à gauche, vers 1525-1528. Pierre noire. Londres, British Museum. © Trustees of the British Museum.

Auguste Rodin. L’âge d’airain (face) 1875-1877. Fonte Alexis Rudier,avant 1916. Bronze, fonte au sable. Paris, musée Rodin. © musée Rodin - photo Christian Baraja.

Auguste Rodin. L’âge d’airain (face) 1875-1877. Fonte Alexis Rudier,avant 1916. Bronze, fonte au sable. Paris, musĂ©e Rodin. © musĂ©e Rodin – photo Christian Baraja.