🔊 “Igor Chelkovski” Dessins dans l’air, à la galerie Alina Pinsky, du 14 février au 11 avril 2026
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“Igor Chelkovski” Dessins dans l’air
Ă la galerie Alina Pinsky, Paris
du 14 février au 11 avril 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Alina Pinsky, galeriste,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 23 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 18’40,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Igor Ckelkovski, Panneau « Mère et Enfant », 1991. Huile sur bois, perforation, 62 x 51.5 x 2 cm.

Igor Ckelkovski, Nuage, 1978. Bois, 70 Ń… 88 Ń… 57 cm.

Igor Ckelkovski, Composition abstraite, années 1990. Huile sur bois, 88 х 67 х 74 cm.

Igor Ckelkovski, Relief de la série « Jours d’été », 1985. Huile sur bois, 45.5 х 49.8 х 8.7 cm.

Igor Ckelkovski, Pluie diagonale, 2001. Acrylique sur bois, 52 x 35 x 30 cm.
« Je répète un même thème de nombreuses fois. Avec des variations. Par désir de perfection. Si j’ai l’impression que quelque chose n’a pas tout à fait abouti, je le reprends. Encore et encore… » Igor Chelkovski
Alina Pinsky Paris présente une exposition d’Igor Chelkovski (né en 1937), figure majeure de l’art russe contemporain, installé en France depuis 1976.
Chelkovski est connu pour ses sculptures, ses reliefs et ses oeuvres dans l’espace public. Il explore depuis plusieurs décennies le langage plastique, en abordant des thèmes universels et abstraits tels que la nature, la ville ou l’homme.
Cette exposition, conçue avec le concours de Bernard Blistène, directeur honoraire du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, est une rétrospective de son travail. Elle réunit les cycles majeurs depuis les oeuvres des années 1970, tout en incluant ses oeuvres les plus récentes.
Depuis 1961, Igor Chelkovski examine de manière systématique les possibilités et le potentiel de la sculpture, en alliant un langage minimal et abstrait à une imagerie romantique. Dans ses œuvres l’abstrait naît paradoxalement du réel, lequel se révèle comme un ensemble d’abstractions.
Dans les années 1960, après une formation en peinture et en dessin puis dans le domaine théâtral (Moscow State Academic Art College in Memory of 1905), Chelkovski travaille à la restauration d’icônes et de fresques.
À la même période, passionné par la sculpture, il travaille à l’élaboration de son propre langage plastique et s’intègre au cercle moscovite des artistes « non-conformistes ».
L’utilisation du bois comme matériau idéal devient le point de départ des séries qui se développent tout au long des sept décennies suivantes.
Reliefs, Nuages, Arbres, Vases de fleurs, Tours ainsi que des cycles anthropocentriques —Profils, Têtes, Personnes—volontairement épurés ou anguleux, monochromes ou peints à l’émail industriel, témoignent d’une approche singulière de la forme et de la texture, où le bois devient l’équivalent de la ligne ou du geste pictural.
La réduction du concept jusqu’à l’extrême sobriété révèle, d’une part, l’héritage revendiqué des avant-gardes et du constructivisme, et d’autre part, une pensée poétique où métaphore et oxymore structurent l’image : nuage solide, dessin dans l’air, fleurs de bois.
Après son installation en France en 1976 en tant que dissident, Chelkovski s’intègre activement à la vie socio-culturelle du pays. Durant la décennie suivante, il devient l’éditeur du légendaire magazine sur l’art soviétique non officiel — A-YA.
Huit numéros ont suffi pour révéler au monde l’espace méconnu de l’underground artistique soviétique, qui deviendra par la suite une découverte majeure pour les institutions et maisons de ventes internationales.
Grâce à A-YA, le grand public découvre pour la première fois de grandes figures telles qu’Erik Boulatov, Ilia Kabakov et bien d’autres.
Dans les années 1990, Igor Chelkovski revient à ses propres expérimentations artistiques. Il expose son travail dans des galeries en France et en Allemagne. Plus tard, la reconnaissance en Russie s’affirme —prix pour sa contribution au développement de l’art contemporain (2009) et série de grands projets muséaux.
Outre la sculpture, il continue de travailler à partir de divers médiums : peinture, graphisme, relief, céramique.
L’un des principes clés de sa pensée plastique demeure l’invariance de la forme face à l’échelle : presque chaque oeuvre peut ainsi être agrandie ou réduite sans perdre son énergie interne ni sa force expressive.
Les oeuvres de Chelkovski figurent dans les collections des plus grands musées, parmi lesquels le Musée national d’art moderne-Centre Pompidou (Paris), le Musée d’art moderne de la Fondation Ludwig (Vienne), la Galerie Tretiakov (Moscou), le Musée Russe (Saint-Pétersbourg), le Musée des Beaux-Arts Pouchkine (Moscou), le Zimmerli Art Museum (États-Unis), le Multimedia Art Museum (Moscou) ainsi que dans de nombreuses collections privées.

Igor Ckelkovski, ForĂŞt, 2011. Acrylique sur bois, 50 x 40 x 30 cm.

Igor Ckelkovski, De la série « Saisons », 1984. Huile sur bois, 23 х 28 х 31 cm.

Igor Ckelkovski, De la série « Fleurs », 2007. Huile sur contreplaqué, 90 x 75 cm.
Biographie de l’artiste
Né le 20 décembre 1937 à Orenbourg, Russie, Igor Ckelkovski est l’une des figures majeures de l’underground artistique soviétique, fondateur et rédacteur en chef de l’importante revue « A–Ya» («A-Z») (1979–1986).
Il suit les cours du département de scénographie de l’École pédagogique d’art de Moscou «Mémoire de 1905 » et souligne l’influence de l’école française de peinture ainsi que son intérêt pour l’art chinois et japonais.
En 1956, Chelkovski rencontre Vladimir Slepyan, artiste et écrivain soviétique d’expression française né à Prague le 12 septembre 1930 et mort à Paris le 7 juillet 1998. Son appartement devient un lieu d’intenses échanges artistiques. C’est là que Chelkovski se lie avec l’historien, marchand d’art et membre de la Résistance française, Daniel Cordier.
Au début des années 1960, Chelkovski est décorateur dans des maisons d’édition moscovites, puis, après l’obtention de son diplôme, comme peintre-décorateur au Théâtre pour la jeunesse de Toula.
De 1962 à 1966, il s’occupe de la restauration de fresques dans les Ateliers scientifiques centraux de restauration. Du milieu des années 1960 et jusqu’à son émigration (1976), l’artiste passe chaque été à Abramtsévo, colonie d’artistes située à 60 km de Moscou. L’obtention de son propre atelier en 1971 lui permet de se consacrer véritablement à la sculpture. Celle-ci finit par supplanter la peinture, ouvrant de nouvelles possibilités de travail avec le volume, la texture et la matière. “Artiste non conformiste”, il n’expose pas officiellement et ne participe qu’épisodiquement à des expositions clandestines.
En 1976, Chelkovski présente néanmoins ses sculptures lors d’une exposition collective dans l’atelier de Leonid Sokov (dans le cadre des « Expositions d’appartement de printemps »), l’un des événements marquants de la scène underground des années 1970. La même année, il émigre à Paris après avoir obtenu l’asile politique. Puis, un an plus tard, il participe à la Biennale de Venise organisée hors programme, consacrée au thème de la dissidence en URSS et dans les pays d’Europe de l’Est, entrée dans l’histoire sous le nom de Biennale des dissidents.
En 1978, grâce au soutien du critique Denys Chevalier, il obtient un atelier à Élancourt (Yvelines), dans l’ancienne commanderie de l’Ordre des Templiers. L’artiste cherche alors à reconstituer ce qu’il avait perdu : lors de son départ d’URSS, il n’avait été autorisé à emporter que quelques sculptures. Plus tard, il dira : « Mes goûts ont-ils changé après la France ? Non, ils n’ont pas changé. Je continuais de faire ce que j’aurais fait à Moscou, si je n’étais pas parti. »
De 1979 à 1986, Chelkovski, avec Alexandre Sidorov—qui travaillait depuis Moscou sous pseudonyme —publie la revue « A–Ya », faisant découvrir à l’Occident l’underground artistique soviétique. Huit numéros paraissent : sept dédiés à l’art et un à la littérature ; trois sont soutenus par la galeriste parisienne Dina Vierny. Parallèlement, l’artiste organise au Centre culturel de la Villedieu à Élancourt plusieurs expositions consacrées à l’art soviétique contemporain, parmi lesquelles : « Nouvelles tendances de l’art russe non officiel. 1970–1980» (1981) ainsi que «Les Russes au présent. Art russe non officiel : aspects sociaux et politiques » (1984).
Le 22 août 1985, par décret du Présidium du Soviet suprême de l’URSS, Chelkovski est déchu de sa nationalité, la publication de la revue « A–Ya » étant qualifiée « d’actions incompatibles avec l’appartenance à la citoyenneté soviétique ».
Après la fermeture de la revue, l’artiste décide de se consacrer à ses propres projets. À partir du début des années 1990, il expose activement dans des galeries de Düsseldorf, Cologne et Paris. Le 15 août 1990, durant la Perestroïka, sa citoyenneté soviétique lui est restituée. Dès 1992, il revient passer chaque année une partie de l’été à Moscou. En 2002, il obtient un atelier sur le boulevard Gogolevski, qui lui permet de partager son temps entre la France et la Russie.
En 2009, Chelkovski reçoit le prix honorifique « Innovation » pour sa contribution au développement de l’art contemporain. À la fin des années 2000 et dans les années 2010, plusieurs grandes expositions muséales lui sont consacrées à Moscou : « Rouge, Blanc, Noir » (NCCA, 2009), « La Maison imaginée » (Musée d’architecture A. V. Choussev, 2010), « La Permanence du changement » (MAMM, 2013).
En 2015, invité par le Musée du Goulag, il réalise l’exposition « Trente-sept », dédiée aux répressions staliniennes ; la même année, il participe au concours pour le mémorial aux victimes des répressions politiques sur l’avenue Sakharov. En 2017, la Galerie Tretiakov présente la rétrospective « La Ville des routes ». En 2020, Chelkovski devient lauréat de la Première récompense artistique de Moscou dans la catégorie « Arts plastiques et architecture ».
Depuis 2019, ses sculptures urbaines monumentales ont commencé à apparaître à Moscou. Trois figures —Homme debout, Homme marchant et Homme courant, réalisées d’après des modèles du début des années 2000 —ont été installées, avec le soutien d’Alina Pinsky, par la Galerie Tretiakov dans la cour intérieure du musée. La composition de sept
mètres Vase aux fleurs a été exposée dans le parc Zariadié (2021), puis installée dans le parc Gorka, dans le Grand ruelle Spassogolenichtchevski. En 2022–2023, Homme assis et Homme courant sont devenus partie intégrante de l’exposition d’art public du Parc Malevitch.
Igor Chelkovski vit et travaille actuellement à Élancourt (Yvelines, Île-de-France).




















