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“Yasmina Benabderrahmane“

La Bête, un conte moderne au Bal, Paris

du 15 janvier au 12 avril 2020

Le Bal.fr

Interview de Yasmina Benabderrahmane.

PODCAST Interview de Yasmina Benabderrahmane,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 13 janvier 2020, durée 19’04 ».  © FranceFineArt.

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©Anne-Fréderique Fer, présentation presse de l’exposition, le 13 janvier 2020.

Yasmina Benabderrahmane, Chapelet / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.
Yasmina BenabderrahmaneChapelet / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.
Yasmina Benabderrahmane, Excavare / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.
Yasmina BenabderrahmaneExcavare / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.
Yasmina Benabderrahmane, La Bête / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.
Yasmina BenabderrahmaneLa Bête / La Bête, un conte moderne. © Yasmina Benabderrahmane / ADAGP, 2020.

Extrait du communiqué de presse :

Commissaires de l’exposition : Diane Dufour et Adrien Genoudet
Exposition dans le cadre du Prix le Bal de la jeune création avec l’ ADAGP 2019




Après Clément Cogitore, Yasmina Benabderrahmane est la seconde lauréate du PRIX LE BAL DE LA JEUNE CREATION AVEC l’ADAGP. Ce prix a pour vocation d’accompagner pendant deux ans la réalisation d’un projet de création s’inscrivant dans le spectre large de l’image-document, fixe et en mouvement, questionnant notre expérience humaine. La Bête, un conte moderne de Yasmina Benabderrahmane fait l’objet du 15 janvier au 12 avril 2020 d’une installation au BAL et d’un livre co-édité par LE BAL et MACK BOOKS.


« J’ai redécouvert un pays que j’avais complètement oublié, qui avait complètement changé. Même les membres de ma famille, je ne les ai pas reconnus. Alors je me suis mise à tout filmer, à vouloir tout cristalliser. Ces images font corps avec mon histoire, celle de ma famille. En les regardant, on voit que ma grand-mère a vécu simplement, en lien avec la tradition. Ayant été élevée par ma grand-mère, ce lien a beaucoup compté pour moi, même si nous habitions en France et non dans le pays où elle est née et a grandi. »

Yasmina Benabderrahmane






« C’est une histoire entre deux rives, celle du Maroc d’hier où les matières sont à ras de la terre et des corps, et celle d’aujourd’hui, entre béton et rocailles. Depuis 2012, Yasmina Benabderrahmane traverse les dunes et les plaines de son pays d’origine qu’elle tente d’apprivoiser par l’image, après quatorze ans d’absence.

Dans la vallée du Bouregreg, un nouveau centre culturel, théâtre et musée archéologique, chantier pharaonique du roi, semble une bête couchée, figure d’une modernité en cours qui ronge le paysage et change, peu à peu, la physionomie d’un pays ancestral. La « Bête » ne dort pas, elle gonfle, ronfle et s’installe, grossit de jour en jour et impose son architecture aux allures de carapace.

Plus loin, sur les pentes désertiques, calleuses, pelées de l’Atlas sommeillent des villages pavés de temps mort, de traditions que l’on se passe de mains en mains, et où on peut encore entendre la voix adoucie du bouche à oreille et des contes qui rassemblent les familles le jour de l’Aïd.

Yasmina Benabderrahmane nous invite à suivre le chemin qui serpente entre ces deux mondes. Son travail est habité par son histoire familiale, entre métaphore et fragments bruts. Il y a l’Oncle d’abord, géologue, responsable de la « Bête » de la vallée du Bouregreg, garant des sols et de la mémoire, et il y a la grand-mère, un peu plus loin, à Chichaoua, qui boucle le temps et tresse les coutumes, entre henné et viscères.

De ces espaces et de ces corps familiers où se joue l’histoire contrariée du Maroc contemporain, Yasmina Benabderrahmane cherche à s’approcher du détail et des matières, des mains qui façonnent, qui agissent ou reproduisent, au fil des âges, les mêmes gestes. Dans les soubresauts saccadés de la pellicule, l’oeuvre de Yasmina Benabderrahmane nous invite à une histoire marocaine minérale et instinctive, où les pierres dégoulinent et le sang caille, et où le regard de l’artiste se pose sur l’intimité du temps qui gît, passe et se retourne. »

Adrien Genoudet, co-commissaire de l’exposition