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🔊 “Annette Messager” Une hirondelle ne fait pas le printemps, au musée de la Chasse et de la Nature, du 14 avril au 20 septembre 2026

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“Annette Messager”
Une hirondelle ne fait pas le printemps

au musée de la Chasse et de la Nature, Paris

du 14 avril au 20 septembre 2026

Musée de la Chasse et de la Nature


Entretien avec Colin Lemoine, directeur artistique, critique d’art, éditeur et écrivain, et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 13 avril 2026, durée 19’14, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Colin Lemoine,
directeur artistique, critique d’art, Ă©diteur et Ă©crivain,
et commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 13 avril 2026, durĂ©e 19’14,
© FranceFineArt.


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©Anne-Frédérique Fer, vernissage avec Annette Messager et Colin Lemoine, le 13 avril 2026.


Extrait du communiqué de presse :


Annette Messager, Le Bestiaire amoureux, 1990. Aquarelle sur papier, cadres, adhésif noir, cordelettes. 285 × 195 × 2 cm. Photo : ©Cathy Carver. Courtesy Annette Messager et Marian Goodman Gallery. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2026.

Annette Messager, Le Bestiaire amoureux, 1990. Aquarelle sur papier, cadres, adhésif noir, cordelettes. 285 × 195 × 2 cm. Photo : ©Cathy Carver. Courtesy Annette Messager et Marian Goodman Gallery. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2026.

Commissariat :
Colin Lemoine, directeur artistique, critique d’art, éditeur et écrivain

Fidèle à son ambitieuse programmation en art contemporain, le Musée de la Chasse et de la Nature consacre une exposition à Annette Messager, du 14 avril au 20 septembre 2026. Plébiscitée par les musées du monde entier, l’artiste française, née en 1943, explore depuis toujours la figure animale, sans que ce tropisme n’ait jamais donné lieu à une présentation spécifique.

Confiée au commissaire Colin Lemoine, cette exposition importante est donc une évidence, et une réparation. À la faveur d’installations majeures, d’oeuvres emblématiques et de pièces inédites, l’artiste alterne entre le macrocosme et le microcosme, le spectaculaire et le détail, le drame et le rire, les mots et les choses. Puisant dans ses propres collections, Annette Messager établit un dialogue affûté avec celles du musée et, chemin faisant, érige le monde animal en réservoir infini des passions et des pulsions – les nôtres. Car les bêtes nous parodient et nous singent, nous qui montons sur nos grands chevaux et hurlons avec les loups.

Humains, trop humains, les animaux trahissent nos secrets, allégorisent nos désirs et stigmatisent nos turpitudes. Les peluches, les taxidermies et les hybridations d’Annette Messager procèdent d’une esthétique du détournement et sacrent une inquiétante étrangeté.

Et, si l’hirondelle ne fait pas le printemps, elle sait nous rappeler que nous sommes de drôles d’oiseaux – fragiles et fugitifs.

Annette Messager au moineau. ©DR.

Annette Messager au moineau. ©DR.

Annette Messager, Lapin chasseur, 2020. Acrylique sur papier. II, 4 55 × 86,5 cm. Photo : ©M. Domage. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2026.

Annette Messager, Lapin chasseur, 2020. Acrylique sur papier. II, 4 55 × 86,5 cm. Photo : ©M. Domage. © Annette Messager / ADAGP, Paris, 2026.


Edito du commissaire


Une évidence, une réparation
Parce qu’Annette Messager est une figure majeure de l’art contemporain international, son oeuvre aura été assidûment scrutée, largement commentée. Mais, chose étrange, jamais n’avait été explorée l’importance de la figure animale dans son travail. Aussi, en souhaitant inviter Annette Messager au Musée de la Chasse et de la Nature, la directrice Alice Gandin m’offrait la possibilité d’élaborer une exposition qui fût une évidence, et une réparation. Ce tropisme animal, à l’oeuvre depuis le début des années 1970, et Les Pensionnaires, permettait de déployer une poésie faite de jeux de mots et de mots d’esprit, de monstres et de chimères, d’emprunts et d’empreintes, d’installations et de sculptures, de dessins et de photographies. Dit autrement, cette exposition polysémique explore la sauvagerie des pulsions et l’ambiguïté des passions, nos manières animales et, symétriquement, la grâce des animaux.

Une implication, un dialogue
Afin que cette exposition ne fût pas hors-sol, il me parut important de construire un échange nourri avec l’artiste, de sélectionner des oeuvres avec elle, d’en susciter de nouvelles, d’explorer plus avant la question du trouble chez une femme artiste, artiste quoique femme, qui s’emploie depuis toujours à déjouer les genres et les catégories, les assignations. J’ai donc imaginé une exposition qui soit moins une exploration zoologique qu’une investigation anthologique, qu’une grande fable sans morale, faite de prédations et de copulations, de cruautés et d’amours, de cruelles amours. Je veux croire qu’Annette Messager apparaît ainsi pour ce qu’elle est vraiment : une cueilleuse plus qu’une chasseuse, une immense artiste capable d’allégoriser nos vices et nos vertus, nos peurs et nos désirs par le truchement des chiens, des lapins et des oiseaux.

Un espace, des pièces
Le MusĂ©e de la Chasse et de la Nature est un lieu Ă©minemment singulier, peuplĂ© d’oeuvres et d’objets hĂ©tĂ©rogènes. Par consĂ©quent, il m’a paru important que chaque salle fĂ»t le lieu d’un chapitre de la fable – « transports amoureux », « sauvagerie domestiquĂ©e », « capture et captivitĂ© », « sang des bĂŞtes » – et que les oeuvres d’Annette Messager pussent dialoguer avec des pièces emblĂ©matiques du musĂ©e, du sanglier inaugural Ă  l’ours blanc totĂ©mique en passant par les peintures de Chardin. Ce faisant, l’exposition procède d’une logique du tissage qui, littĂ©ral et mĂ©taphorique, offre de suivre un fil rouge et de s’aventurer dans un Ă©cheveau poĂ©tique. Les taxidermies rĂ©investies par l’artiste se parent ainsi d’un pouvoir redoublĂ© au milieu de l’architecture de Mansart, qu’elles viennent exhausser : il fallait un Ă©crin souverain pour cette grande mĂ©nagerie pulsionnelle.

Une machine opératique
J’ai conçu cette exposition comme une vaste machine opératique. Proverbes dessinés, rêveries graphiques, assemblages bouffons : historiques ou inédites, les pièces attestent la permanence et l’actualité d’un geste qui toujours renonce à infuser une quelconque moralité et à donner des clefs, car « le spectateur doit aussi travailler ». Revendiquant cette indécidabilité, Annette Messager sacre la participation active du regardeur, avec ses interprétations libres et son attention flottante. J’ai veillé à préserver cette féérie sans borne, cette inquiétante étrangeté. De la sorte, cette exposition – l’une des plus grandes jamais réservées à l’artiste en France – offre de dévoiler l’ambition subliminale de toute la création d’Annette Messager : être une incessante tentative d’exorcisation.

Catalogue de l’exposition
Le catalogue accompagne et prolonge le parcours déployé dans le musée. Édité par Dilecta, l’ouvrage réunit des textes critiques et littéraires qui éclairent l’oeuvre de l’artiste. Richement illustré, il rassemble de nombreuses reproductions ainsi que des photographies d’œuvres en situation dans les espaces du musée, offrant un témoignage durable de cette exposition.