Agenda CulturelIncontournables 2Podcasts

🔊 “Yves Saint Laurent” Musée Yves Saint Laurent Paris, du 9 février au 25 août 2024

Partage


“Yves Saint Laurent”
Transparences, le pouvoir des matières

au Musée Yves Saint Laurent Paris

du 9 février au 25 août 2024

Musée Yves Saint Laurent Paris


Interview de Domitille Eblé, Curatrice, chargée des collections arts graphiques du Musée Yves Saint Laurent Paris et co-commissaire scientifique de l'exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 février 2024, durée 19’27, © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Domitille EblĂ©, Curatrice, chargĂ©e des collections arts graphiques du MusĂ©e Yves Saint Laurent Paris et co-commissaire scientifique de l’exposition,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 février 2024, durée 19’27,
© FranceFineArt.


previous arrow
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
next arrow
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matiÂŹres
previous arrow
next arrow
©Anne-FrĂ©derique Fer, visite de l’exposition en finalisation d’accrochage, le 5 fĂ©vrier 2024.

Extrait du communiqué de presse :

Zizi Jeanmaire, habillée en Yves Saint Laurent, et Marcel Marceau lors de l'émission télévisée "Show Zizi Jeanmaire", 13 octobre 1968. Photographie de Giancarlo Botti. © Giancarlo BOTTI/GAMMA RAPHO.

Zizi Jeanmaire, habillĂ©e en Yves Saint Laurent, et Marcel Marceau lors de l’Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e « Show Zizi Jeanmaire », 13 octobre 1968. Photographie de Giancarlo Botti. © Giancarlo BOTTI/GAMMA RAPHO.

Robe du soir portée par Marina Schiano, collection haute couture automne-hiver 1970. Photographie de Jeanloup Sieff. © Yves Saint Laurent. © Estate Jeanloup Sieff.

Photographie de Jeanloup Sieff, Robe du soir portée par Marina Schiano, collection haute couture automne-hiver 1970. © Yves Saint Laurent. © Estate Jeanloup Sieff.

Smoking porté par Danielle Luquet de Saint Germain, collection haute couture printemps-été 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent. © Peter Caine (Sydney).

Smoking porté par Danielle Luquet de Saint Germain, collection haute couture printemps-été 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent. © Peter Caine (Sydney).

Commissariat :

Commissaire générale
Elsa Janssen, Directrice du Musée Yves Saint Laurent Paris

Conseillère artistique invitée
Anne Dressen, commissaire d’exposition au département contemporain du Musée d’Art moderne de Paris.

Commissaires scientifiques
Serena Bucalo-Mussely, Conservatrice, responsable des collections du Musée Yves Saint Laurent Paris
Domitille Eblé, Curatrice, chargée des collections arts graphiques du Musée Yves Saint Laurent Paris



Le Musée Yves Saint Laurent Paris présente Yves Saint Laurent : Transparences, le pouvoir des matières, deuxième chapitre d’un récit entamé l’été dernier à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais. Pour ce second volet, le musée parisien a invité la curatrice Anne Dressen, en tant que conseillère artistique, à porter son regard sur la transparence chez Yves Saint Laurent. La scénographie conçue par l’architecte Pauline Marchetti interroge les dimensions sensibles de l’espace.

#expoYSLTransparences

« Les transparences, je les connais depuis longtemps. L’important, avec elles, c’est de garder le mystère… Je pense avoir fait le maximum pour l’émancipation des femmes. J’ai créé des vêtements qui entrent tout à fait à leur aise dans le XXIe siècle ».

La transparence, lorsqu’elle est portée, est rarement intégrale : elle est, en théorie, incompatible avec la fonction même du vêtement, censé revêtir le corps, le dissimuler ou le protéger. Attiré par cette contradiction, et par la puissance suggestive de la transparence, Yves Saint Laurent s’empare, dès les années 1960, des matières comme la mousseline, la dentelle, ou le tulle. Telle un leitmotiv, la transparence revient régulièrement, pendant ses quarante années de création, parfois associée à des broderies ou des tissus opaques. Avec audace, il réconcilie les antagonismes et permet aux femmes d’affirmer leur corps avec puissance, non sans fierté et insolence.

S’appuyant sur le pouvoir des matières, cette exposition, deuxième chapitre d’un récit entamé l’été dernier à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais, entend explorer le regard d’Yves Saint Laurent au plus près de ses liens au corps et à la nudité revisitée. Parmi la quarantaine de pièces textiles présentées se retrouvent des créations iconiques de l’histoire de la révélation du corps féminin chez Yves Saint Laurent, telle que la première blouse seins nus du printemps–été 1968 ou la Nude Dress de la collection suivante, ainsi que des pièces plus inédites, pour certaines issues des collections SAINT LAURENT rive gauche. En regard, des éléments inédits du processus créatif sont présentés, tels que les patrons sur calque et une série de dessins d’Yves Saint Laurent inspirés par les peintures de Goya.

Plusieurs oeuvres modernes et contemporaines – des dessins d’Anne Bourse, des photographies de Man Ray, un film des frères Lumière figurant une chorégraphie de Loïe Fuller, et une peinture de Francis Picabia – ponctuent aussi le parcours. L’exposition, articulée en 5 sections, rend visible la poésie artistique et sensible d’Yves Saint Laurent : sa rébellion créative contre les interdits mouvants de la société reste plus que jamais inspirante aujourd’hui.

Croquis original d’une robe du soir. Collection haute couture automne-hiver 1968. © Yves Saint Laurent.

Croquis original d’une robe du soir. Collection haute couture automne-hiver 1968. © Yves Saint Laurent.

Croquis d’illustration d’un smoking. Collection haute couture printemps-été 1968 réalisé par Yves Saint Laurent en 1983 pour le catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent 25 Years of Design du Metropolitan Museum of Art de New York. © Yves Saint Laurent.

Croquis d’illustration d’un smoking. Collection haute couture printemps-été 1968 réalisé par Yves Saint Laurent en 1983 pour le catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent 25 Years of Design du Metropolitan Museum of Art de New York. © Yves Saint Laurent.

Robe du soir portée par Danielle Luquet de Saint Germain, collection haute couture automne-hiver 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent © Peter Caine (Sydney).

Robe du soir portée par Danielle Luquet de Saint Germain, collection haute couture automne-hiver 1968. Photographie de Peter Caine. © Yves Saint Laurent © Peter Caine (Sydney).


Parcours de l’exposition

Entrée en matières
Yves Saint Laurent, qui n’hĂ©sita pas Ă  se dĂ©vĂŞtir lui-mĂŞme pour une campagne publicitaire en 1971, travaille au plus près du corps des femmes qu’il rĂ©vèle dans des jeux de transparence audacieux, mais respectueux. Cette entrĂ©e en matière de l’exposition dĂ©cline plusieurs tissus de prĂ©dilection du couturier, comme autant d’instruments du dĂ©voilement de la puissance et de la beautĂ© des femmes. L’organza est caractĂ©risĂ© par sa texture fine et son aspect rigidifiĂ© lĂ©gèrement brillant. Ce voile de soie est notamment employĂ© comme support des crĂ©ations brodĂ©es Ă  l’image de la robe de la collection printemps-Ă©tĂ© 1966. La Cigaline® est une Ă©toffe très fine, Ă  l’aspect crĂŞpĂ© assez raide, voire crissant, en rĂ©fĂ©rence aux ailes de cigale, utilisĂ©e par Yves Saint Laurent depuis 1968, notamment pour le smoking-bermuda. La dentelle, apprĂ©ciĂ©e pour ses effets ajourĂ©s et la dĂ©licatesse de ses dessins, mĂŞle Ă©rotisme et Ă©lĂ©gance dans la collection automne – hiver 1970. Le tulle est un tissu plus ou moins souple, Ă  la maille apparente qui peut former de vĂ©ritables volumes lorsqu’il est utilisĂ© en Ă©paisseurs cumulĂ©es. La mousseline, enfin, fascine Yves Saint Laurent pour sa finesse et son tombĂ© vaporeux. DĂ©jĂ  essentielle dans la Nude Dress de 1968, il s’en sert aussi en 2002 pour sa dernière collection, de mĂŞme que dans ses collections prĂŞt-Ă -porter, Ă  l’instar du modèle « Je suis Belle » de la collection automne – hiver 1988. Ainsi, ces Ă©toffes crĂ©ent chacune des effets de transparence spĂ©cifiques et participent de l’expression du gĂ©nie crĂ©atif d’Yves Saint Laurent. Les dessins hypnotiques et rythmĂ©s d’Anne Bourse (nĂ©e en 1982) font Ă©cho aux compositions et aux superpositions de matières et de couleurs du couturier. L’artiste a souvent tĂ©moignĂ© de son intĂ©rĂŞt pour la mode et le textile, et de son admiration pour le couturier.


Transparences ajourées
La dentelle et le tulle sont des matières ajourées, l’une dessinant des mo­tifs fleuris ou stylisés en contact étroit du corps, alors que l’autre est uni et vaporeux. La dentelle permet à Yves Saint Laurent de dévoiler, avec subtilité, le corps de la femme et, parfois, de diriger comme des découpes de projecteurs sur certains détails corporels, rendus quasiment abstraits. Une poitrine, une hanche, le haut ou le bas du dos sont tour à tour découverts donnant à la femme assurance et force, non sans une certaine provocation. Souvent noires, les dentelles peuvent être réhaussées par des fils de lurex, ou des broderies de sequins leur donnant une brillance et sublimant leurs motifs. Elles sont souvent associées à d’autres textiles : contrastant avec un crêpe fluide, un velours profond, un tulle coloré ou une mousseline imprimée. Les dentelles visibles sur les tableaux de Francisco de Goya (1746 – 1828) ont directement inspiré Yves Saint Laurent qui les reprend dans ses carnets à dessins dans les années 1960 pour des projets de spectacle, puis dans ses collections au début des années 1970 ou encore en 1981. Fasciné lui aussi par toutes les matières, y compris la dentelle, Man Ray (1890 – 1976) a réalisé des séries de mode dans les années 1930, réussissant à fractionner le mouvement par une méthode de surimpression ; comme radiographiée, une jupe en dentelle laisse ainsi apparaître le corps du mannequin. Sur l’un de ses célèbres « rayogrammes », il crée une nature morte surréalisante, associant une main en bois sur une étoffe, un geste qui n’est pas sans évoquer la touche experte d’un couturier.


Transparences floues
La fluidité, celle entre les matières et entre les genres, qualifie parfaite­ment le style de Saint Laurent. Parce qu’il sut affirmer la puissance rebelle d’une féminité en pantalon, autant qu’il a, mieux que tout autre, traduit l’aisance du mouvement à l’aide d’étoffes souples et vaporeuses. Le flou a chez Saint Laurent une tonalité positive. Loin d’être vague, ou hésitant, son art est évocateur et poétique. Dans les ateliers de couture dits « flous », en opposition à ceux dits des « tailleurs », les matières de la transparence, telle que la mousseline ou le tulle, donnent toute liberté au corps, lui permettant de se mouvoir et de s’exprimer sans contrainte. Savamment coupées, ses créations animent le corps des femmes, le couvrent et le découvrent, l’accompagnant comme un double, une brume atmosphérique et onirique. Ici, toutes les robes, issues des collections de la haute couture ou du prêt-à-porter SAINT LAURENT rive gauche, tantôt monochromes, tantôt à motifs, courtes ou longues, sobres ou excentriques, sont suspendues dans l’espace créant un bal métaphorique, où le corps, bien qu’absent, est suggéré dans une poésie infinie. La fluidité de la mousseline et son mouvement sinueux trouvent un écho dans la danse serpentine inventée par Loïe Fuller et captée par les frères Lumière : un film iconique à l’origine même du cinéma, si souvent cité comme une référence par de nombreux artistes encore aujourd’hui.


Transparences structurales
Le couturier pense le vĂŞtement comme une architecture appliquĂ©e au corps. Bâtie autour des formes de la femme, il est d’abord dessinĂ© sur papier, avant d’être reproduit en volume par des toiles. Les patrons dessinĂ©s sur papier-calque, figurent, pour chaque modèle, les diffĂ©rentes parties dĂ©construites, vues de face et de dos. Les rouleaux de papier sont alors parsemĂ©s d’annotations techniques, utiles Ă  leur assemblage en couture. Lorsque la matière choisie pour le modèle est transparente, la lecture des lignes de couture qui les structurent est Ă©vidente, comme dans le cas de la robe blanche en organdi de la collection printemps – Ă©tĂ© 2001. Yves Saint Laurent adopte ce tissu souple mais Ă  l’aspect rigide dans le but de rĂ©vĂ©ler les lignes de la construction architecturale du vĂŞtement, tout en crĂ©ant une silhouette graphique et Ă©lĂ©gante.


La mariée ne sera pas transparente
Yves Saint Laurent a su accompagner l’émancipation des femmes depuis les années 1960. Il contribue à créer, au fil de ses collections, l’image de femmes qui s’assument et s’expriment. Les femmes habillées en Yves Saint Laurent ne passent jamais inaperçues, devenant même antonymes de ce qui serait transparent. À fortiori, la figure de la mariée qui vient clôturer cette exposition, comme elle le fait dans tout défilé, s’impose magistralement, sous son voile de tulle ou de dentelle, constamment réinventé par Yves Saint Laurent. Le couturier aime en effet donner une touche finale souvent anticonformiste à ses fins de défilé. En 1981, il explique ainsi dans une note manuscrite, qu’après avoir été présentée, une robe revenait sur le podium « voilée de tulle noir et un bouquet de roses sombre, suivie de deux enfants inspirés par Goya. » Cette utilisation du voile revêt pour lui une part de mystère, suggérant une présence autant qu’une absence, permettant aux femmes d’affirmer leur liberté insondable. La superposition de tulle sur les robes de mariées, qui peuvent être blanches mais aussi violette ou rouge, et la présence de bijoux – comme l’iconique pendentif coeur – complexifient la transparence, rendue ainsi plus ambiguë, moins directe. Une peinture de la fameuse série des Transparences de Francis Picabia (1879 – 1953) dévoile également la multiplicité des personae du modèle portraituré. À l’instar de tous les artistes regroupés dans cette exposition, les jeux de Saint Laurent avec la transparence font de l’insaisissable un véritable manifeste plus que jamais inspirant et actuel aujourd’hui.


Un parcours ponctué par des artistes modernes et contemporains

Anne Bourse – Ensemble de dessins prĂ©sentĂ© dans la section « EntrĂ©e en matières »
Diplômée de l’École nationale des Beaux-Arts de Lyon, Anne Bourse (née en 1982) est une artiste aux multiples facettes. Elle crée des installations immersives en recourant souvent à des textiles aux tonalités douces, rose, bleu ou vert pâles. Elle pratique également la photographie et le dessin, où les superpositions de couleurs et de matières sont aussi essentielles. Les formes finement coloriées au crayon, à la peinture et au stylo bille créent des compositions singulières et des jeux de transparence à la beauté obsédante. À l’instar des vêtements d’Yves Saint Laurent, le mouvement, la fluidité et la fantaisie se retrouvent dans les oeuvres protéiformes d’Anne Bourse.

Man Ray – Photographies prĂ©sentĂ©es dans la section « Transparences ajourĂ©es »
Peintre, photographe et réalisateur Emmanuel Radnitsky, dit Man Ray (1890, Philadelphie – 1976, Paris) est un acteur du dadaïsme à New York, proche d’Alfred Stieglitz et de Marcel Duchamp, avant de devenir une figure marquante du surréalisme à Paris. Il révolutionne l’art photographique par le biais de la solarisation, procédé de tirage qui lui permet d’accentuer les contours par des lignes noires. L’oeuvre photographique de Man Ray, dans sa version figurative autant qu’abstraite, présente des noirs et blancs contrastés sublimant des lignes pures. La superposition des ombres et lumières donne naissance à des images à forte persistance rétinienne, captivant le spectateur par la simplicité d’une composition pourtant savamment mise en place. Proche des magazines de mode pour lequel il répond à des commandes, Man Ray photographie dans certains de ses clichés des détails de tissus autant que le corps féminin. Les jeux de surimpressions qui y apparaissent présentent des affinités avec de l’oeuvre d’Yves Saint Laurent.

LoĂŻe Fuller – Les frères Lumière – Film prĂ©sentĂ© dans la section « Transparences floues »
Loïe Fuller, nom de scène de Mary Louise Fuller, (1862, Hinsdale – 1928, Paris) est une danseuse et chorégraphe autodidacte avant-gardiste pour son époque. Elle crée à New York, la « danse serpentine », technique artistique utilisant des voiles qu’elle fait tournoyer autour d’elle. Loïe Fuller rejoint ensuite Les Folies Bergères, à Paris, où elle continue sa carrière de danseuse et de chorégraphe. Célèbre pour la danse serpentine qu’elle met au point en 1892, Loïe Fuller prend en compte les éléments scéniques – lumières et tissus – pour créer ses chorégraphies. Elle utilise ces éléments comme médium pour décupler le mouvement du corps, de façon captivante et hypnotique. Ces mises en scènes exacerbent le rapport au corps,au mouvement et au vêtement. Elle est rapidement imitée par de nombreuses danseuses ; les frères Lumière immortalisent alors les chorégraphies de ces dernières sur des films aujourd’hui recolorisés et célèbres pour leur atemporalité.

Francis Picabia – OEuvre prĂ©sentĂ©e dans la section « La mariĂ©e ne sera pas transparente »
Francis-Marie Martinez de Picabia (1879, Paris – 1953 Paris) est un artiste peintre, dont la production éclectique et foisonnante est aujourd’hui retenue pour sa proximité avec les mouvements Dada et surréaliste. Au cours de sa carrière, Francis Picabia n’a de cesse d’expérimenter de manière non-conformiste les avant-gardes du XXe siècle. Les croquis et peintures de Francis Picabia, particulièrement ceux issus de sa série intitulée Transparences, offrent plusieurs niveaux de lecture. Ces dessins entremêlés et superposés se déchiffrent patiemment pour en comprendre le mystère et le lyrisme. Ces compositions complexes et délicates présentent des analogies avec la transparence vestimentaire mise en place par Yves Saint Laurent, offrant aussi plusieurs degrés de dévoilement.