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“Moviment”
1 lieu, 10 chapitres, 100 propositions,
Entrez dans le mouvement de l’art !

au Centre Pompidou, Paris

du 3 mai au 14 juillet 2023

Centre Pompidou


Interview de Mathieu Potte-Bonneville, directeur, département culture et création, et de François Nawrocki, conservateur en chef, Bibliothèque Kandinsky, commissaires de Moviment, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 mai 2023, durée 16’41. © FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Mathieu Potte-Bonneville, directeur, dĂ©partement culture et crĂ©ation,
et de François Nawrocki, conservateur en chef, Bibliothèque Kandinsky, commissaires de Moviment,


par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 2 mai 2023, durée 16’41,
© FranceFineArt.


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Antoine Caron (1521-1599). Le thŽ‰tre de lÕhistoire
Antoine Caron (1521-1599). Le thŽ‰tre de lÕhistoire
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Antoine Caron (1521-1599). Le thŽ‰tre de lÕhistoire
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©Anne-FrĂ©derique Fer, visite du Chapitre 1 : Fil rouge – visible du mercredi 3 au dimanche 7 mai, le 2 mai 2023.
Carolyn Carlson, Dialogue avec Rothko. Photo © Laurent Paillier.
Oz & Other Scenes, Numéro spécial, n°6, 1967, Couverture par Martin Sharp et Jon Goodchild. Bibliothèque Kandinsky, Mnam-Cci, Centre Pompidou.
Judit Reigl, Homme, 1969. Huile sur toile / Oil on canvas. © Judit Reigl, Adagp, Paris, 2023. Photo. Archives Mennour. Courtesy Fonds de dotation Judit Reigl and Mennour, Paris
Carolyn Carlson, Dialogue avec Rothko. Photo © Laurent Paillier.

Extrait du communiqué de presse :

Rosa Barba, Voice Engine, 2021. Performance/Installation view at Callie’s, Berlin, 2021. Photo by Callie’s © Rosa Barba.
Rosa Barba, Voice Engine, 2021. Performance/Installation view at Callie’s, Berlin, 2021. Photo by Callie’s © Rosa Barba.
Push Pull, 2021. Produit et dirigé par Faheem Majeed. Chorégraphie par Carrie Hanson. Performance par Damon Green.
Push Pull, 2021. Produit et dirigé par Faheem Majeed. Chorégraphie par Carrie Hanson. Performance par Damon Green.
Takesada Matsutani. Bateau Lavoir, Paris, 4 avril - 31 mai, 1984, Première présentation de l’oeuvre. © Archives Takesada Matsutani.
Takesada Matsutani. Bateau Lavoir, Paris, 4 avril – 31 mai, 1984, Première prĂ©sentation de l’oeuvre. © Archives Takesada Matsutani.
© Vanessa del Campo
© Vanessa del Campo

Commissariat général :

Mathieu Potte-Bonneville, directeur, département culture et création,

François Nawrocki, conservateur en chef, Bibliothèque Kandinsky,

Assistés de Jana Curcenco, Centre Pompidou





#Moviment est un événement du Centre Pompidou programmé avec la Bibliothèque publique d’information et l’Ircam


« Moviment » invite le public Ă  vivre un concentrĂ© de l’utopie du Centre Pompidou : les arts visuels se mĂŞlent au cinĂ©ma, Ă  la performance, Ă  la musique, Ă  la parole… Dans un mĂŞme espace en constante mĂ©tamorphose, voisinent et se succèdent oeuvres de la collection, rencontres, projections, ateliers, spectacles et performances. Rassembler toutes les manières de rencontrer la crĂ©ation, de la comprendre, d’y prendre part, telle est depuis 1977 l’ambition du Centre Pompidou, rĂŞve d’un monument en mouvement : d’un « moviment ».


Au rythme de 10 semaines conçues comme autant de chapitres, « Moviment » bouscule les représentations traditionnelles de l’art. Au coeur de la Galerie 3, les oeuvres font de saisissantes apparitions, dans un accrochage éphémère ponctué d’acquisitions récentes, et d’oeuvres rarement montrées au public exposées sous un jour nouveau. À l’inverse, performances et rencontres convoquent le temps long de la mémoire et de l’histoire, et dessinent l’horizon d’un futur désirable.


L’accès à « Moviment » est libre et gratuit, à l’exception des spectacles Out of This World de Qudus Onikeku, Holding Present de l’ensemble Ictus et d’Ula Sickle, et Gay Guerrilla de Gerard & Kelly pour lesquels les tarifs du billet « Spectacle et concert » s’appliquent (18€/TR 14€/-26 ans 10€).



« Au coeur de Paris, un coeur : un muscle, une pompe aspirante et refoulante, aux battements ininterrompus, animant sans repos, régulièrement, moins régulièrement parfois, aux moments d’émotion et de fièvre, un corps en forme d’hexagone […] : voilà ce que devrait être, serait, sera, est déjà le bâtiment Beaubourg. Moins donc un monument, que, s’il faut inventer ce mot : un moviment. » Francis Ponge, L’Écrit Beaubourg, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 1977.

Agenda et chapitres
Une chambre dotĂ©e d’un lit gĂ©ant, une forĂŞt de totems, un dance-floor… La Galerie 3 se mĂ©tamorphose durant 10 semaines et autant de chapitres au grĂ© des changements de scĂ©nographies et d’accrochages Ă©phĂ©mères, tĂ©moignant des multiples possibilitĂ©s de cet espace et magnifiant son architecture ouverte sur la ville conçue par Renzo Piano et Richard Rogers. Autant de propositions audacieuses et surprenantes, laissant ponctuellement se dĂ©ployer, une installation inĂ©dite de l’artiste Rosa Barba, des courts et moyens-mĂ©trages du cinĂ©aste Todd Haynes, la prĂ©sentation d’oeuvres et d’archives choisies par les conservateurs du Centre Pompidou Ă  l’image des planches-contact de BrassaĂŻ ou des recherches textiles de Hella Jongerius.

Du mercredi 3 au dimanche 7 mai – Chapitre 1 : Fil rouge
« Moviment » s’ouvre sur une célébration des oeuvres du Centre Pompidou, trésors des réserves et acquisitions nouvelles, exposées, expliquées et réactivées par une série de projections, diffusions, interprétations, débats et lectures. Les planches contact de Brassaï, le formidable Journal intime de Vera Molnár, don de l’artiste en 2023, ou encore l’iconique Red Line (1969) de Maurizio Nannucci sont montrés en Galerie 3.

Du mercredi 10 au dimanche 14 mai – Chapitre 2 : La chambre, la maison, la citĂ©
Avec le généreux soutien du Chanel Culture Fund, le programme public multi-disciplinaire « Platform for New Assemblies » interroge les formes nouvelles de rassemblement. Ce deuxième chapitre accueille entre autres, Carolyn Carlson et Todd Haynes, ainsi qu’Emanuele Coccia, le collectif Cave Bureau, Andrés Jacque et de nombreux invités réunis en forum de la pensée, aux côtés d’oeuvres de Dorothea Tanning, Louise Bourgeois ou encore Thomas Hirschhorn.

Du mercredi 17 au dimanche 21 mai – Chapitre 3 : Sous les projecteurs
Un chapitre dédié au cinéma en deux temps : à une installation toute en son, couleurs et lumière de Rosa Barba, succède une proposition d’Amos Gitai qui convie à une relecture humaniste et mémorielle de son oeuvre, de nombreux invités parmi lesquels la cantatrice Natalie Dessay.

Du mercredi 24 au dimanche 28 mai – Chapitre 4 : Ă€ hautes voix
Sous le signe de la polyphonie, « À hautes voix » aménage un espace de correspondances entre le cinéma documentaire participatif de Charlotte Pouch, les images et les sons de l’œuvre monumentale Historical Records de Dani Gal, les paroles des invités de Valérie Mréjen et les corps des visiteurs participant à une WaveParty d’Emmanuelle Vo-Dinh.

Du mercredi 31 mai au dimanche 4 juin – Chapitre 5 : Ici et ailleurs
Questionner les espaces, le centre, la périphérie, mais aussi le ciel. Ce chapitre de « Moviment » donne carte blanche aux Ateliers Médicis, partenaires de longue date, pour trois jours de programmation exceptionnelle et une « Nuit blanche », avec de nombreux invités. « Ici et ailleurs » accueille également la 18e édition de Planétarium autour de Frédérique Aït-Touati, et d’artistes ayant résidés à Marfa dans le cadre de la Villa Albertine.

Du jeudi 8 au dimanche 11 juin – Chapitre 6 : Outre-monde
Chapitre traversé par la figure du totem, « Outre-monde » fait dialoguer un accrochage de sculptures de la collection avec l’installation et le spectacle Out of This World de Qudus Onikeku, créé spécifiquement pour l’occasion et présenté avec le festival « ManiFeste » de l’Ircam.

Du mercredi 14 au dimanche 18 juin – Chapitre 7 : Le geste et le temps
« Le geste et le temps » propose une réflexion sur la force de l’instant et la pérennité des gestes et des actions, grâce à deux oeuvres fortes de la série Stream de Takesada Matsutani, réactivées par l’artiste, et la nouvelle création chorégraphique et musicale Holding Present de l’ensemble Ictus et de la choéragraphe Ula Sickle, présentée en lien avec le festival « ManiFeste » de l’Ircam.

Du jeudi 29 juin au dimanche 2 juillet – Chapitre 8 : Au maximum
Être visible, se faire entendre. « Moviment » ouvre son espace aux artistes Gerard & Kelly et aux danseurs de l’Opéra de Paris pour leur spectacle inédit Gay Guerilla, dans une scénographie intégrant des oeuvres de ce duo d’artistes. À découvrir également, des documents témoignant de la diversité des cultures visuelles militantes, allant des luttes d’émancipation coloniale des années 1960 et 1970 (avec le soutien du Outset Contemporary Art Fund) aux fiertés LGBTQI+, en écho à l’ouverture de l’exposition « Over The Rainbow » dans la galerie voisine.

Du mercredi 5 au dimanche 9 juillet – Chapitre 9 : Par-delĂ  la matière
L’art est en constante recherche de nouvelles incarnations et désincarnations, d’une nouvelle modernité intégrant les moyens techniques et formes de communication émergeantes. Ce chapitre propose de s’intéresser à plusieurs facettes de ce sujet fondamental pour le Centre Pompidou, avec une installation rétrospective consacrée au pionnier du cinéma expérimental Paul Sharits, un retour sur la grande exposition « Les Immatériaux » (1985) remise à l’heure de 2023, et quelques invités surprises…

Du mercredi 12 au vendredi 14 juillet – Chapitre 10 : C’est le bouquet !
Un ultime chapitre aussi bref que flamboyant, au croisement des jardins et forêts, des tarots surréalistes, des intelligences artificielles et des NFTs. De nouveau, les oeuvres du musée sont mises à l’honneur, avec notamment Max Ernst, Victor Brauner ou encore Takis, artistes également emblématiques des collections de la Fondation des Treilles, invitée à ce bouquet final, tout comme Kadist dans une exploration des voies nouvelles de création.




La programmation foisonnante de « Moviment » s’articule en 5 piliers



1. Un autre regard sur les oeuvres
« Moviment » bouscule les habitudes de présentation des oeuvres la collection du Centre Pompidou, tirant parti du rythme singulier de ses chapitres hebdomadaires. Accrochages et décrochages se font et se défont en très peu de temps pour permettre de rouvrir chaque mercredi une galerie transformée, à la manière de showrooms éphémères constituant en eux-mêmes une série d’événements. Les oeuvres présentées peuvent apparaître sans lien réciproque évident, convoquées isolément ou en de petits ensembles signifiants, eux-mêmes mis à l’épreuve de voisinages inédits. De ces brefs croisements jaillissent des idées nouvelles, des correspondances suggérées entre des oeuvres modernes et d’autres très contemporaines. Ainsi, à un siècle d’écart, les Kleine Welten de Vassily Kandinsky sont présentés aux côtés de dessins réalisés en 2021 par Julie Mehretu. Le Journal intime en 24 cahiers (1976-2020) de Vera Molnár, le néon Red Line (1969) de Maurizio Nannucci, le grand livre Kaddish (1997) de Moshe Gershuni, sur un texte d’Allen Ginsberg, un dessin de Louise Bourgeois (Do not leave me alone, please, 2000), ou la sculpture Verticale IV (1960) de Jacques-Charles Zwobada, tout juste entrés en collection, fréquentent le Capricorne (1948/1964) et d’autres oeuvres emblématiques de Max Ernst (dont l’exceptionnelle collection des collages originaux de la Femme 100 Têtes, 1929), de Sophie Taueber-Arp, de Victor Brauner ou de François Stahly. Exposées également, nombre d’oeuvres peu vues depuis longtemps, de Jörg Immendorff, Roberto Matta et Etienne-Martin, sorties des réserves pour « Moviment ». Plus audacieuse encore, la confrontation d’une sélection d’oeuvres historiques ou récentes à des créations, installations, et spectacles vivants, vivifie ce regard neuf posé sur la collection du Centre Pompidou. Certains des artistes exposés seront présents : Christian Falsnaes, Hella Jongerius, Maurizio Nannucci, Rosa Barba, Dani Gal ou encore Takesada Matsutani.

2. Installations, performances, projections : l’art à l’écoute du temps
Si dans « Moviment » les oeuvres de la collection surgissent comme autant d’instantanés, les performances, projections et lectures convoquent au contraire le temps long de l’histoire et de la mémoire : mémoire du Centre Pompidou habité par les artistes depuis bientôt cinquante ans et dont la chorégraphe Carolyn Carlson ou le cinéaste Amos Gitaï font ressurgir quelques grands moments ; histoire du monde avec l’immense collection de voix enregistrées sur vinyles réunie par l’artiste israélien Dani Gal et faite oeuvre de mémoire visuelle et sonore, les paroles oraculaires rassemblées par le chorégraphe nigérian Qudus Onikeku, ou l’oeuvre tirée de l’oubli du pianiste et activiste gay afro-américain Julius Eastman, revisitée par le duo Gerard & Kelly. Le poète Francis Ponge voyait dans le Centre Pompidou un « coeur battant de l’art ». Du rythme quotidien de l’installation First de Christian Falsnaes, invitant chaque jour le premier visiteur à participer à la performance, au lent écoulement de l’encre transformant au fil des jours une toile de Takesada Matsutani : dix semaines durant, « Moviment » fera entendre ce subtil battement de perpétuelle invention.

3. Un observatoire des enjeux du présent
Depuis son ouverture, le Centre Pompidou s’est installé au carrefour de l’actualité de la création et des questions sociales, politiques, culturelles. Comment les transformations du monde trouvent-elles une résonance dans la démarche des artistes ? Quelle peut être, en retour, leur contribution à la réflexion collective ? « Moviment » est ainsi traversé par les enjeux du temps présent. Le philosophe Emanuele Coccia, les membres du collectif Cave Bureau basé à Nairobi et l’architecte Andrés Jacque explorent les transformations du vivre-ensemble en interrogeant le devenir de l’intimité. Puis, à l’heure d’une nouvelle conscience de la fragilité planétaire, les invités du cycle « Planétarium » revisitent l’imaginaire spatial tandis que l’ouverture de l’exposition « Over the Rainbow », dans la galerie attenante à la Galerie 3, offre l’opportunité d’étudier la mémoire de l’activisme gay et lesbien, et plus largement, des cultures visuelles de revendications et de contestation. Enfin, les enjeux de la créations numériques, de l’obsolescence qui menace les oeuvres nativement numériques (Chris Marker sur CD-Rom et internet), aux nouvelles voies de la création participative ou assistée par les intelligences artificielles, appellent à repenser l’avenir de l’art.

4. Un espace dédié aux expériences collectives
Véritable invitation à entrer dans le mouvement de l’art, « Moviment » décline les manières de rencontrer les oeuvres : avec les conservateurs et les spécialistes invités pour passer de l’émotion à la compréhension, mais aussi à travers de multiples ateliers et expériences. Les visiteurs sont conviés à participer à la Waveparty d’Emmanuelle Vo-Dinh, proposition chorégraphique conçue comme une transe collective, à explorer dans la durée les gestes fondateurs des mobilisations politiques avec la chorégraphe Ula Sickle et le collectif Ictus, à passer une nuit de cinéma avec Todd Haynes où à construire collectivement une œuvre documentaire aux côtés de la vidéaste Charlotte Pouch. Le public devient acteur de la pensée et de la création.

5. Une programmation fruit de multiples alliances
Le confinement a fait émerger une attention nouvelle aux alliances nouées entre les lieux d’art et de culture, remparts contre l’isolement et témoignages d’une dynamique commune. « Moviment » prolonge cette démarche en alliant les énergies du Centre Pompidou, de l’Ircam et de la Bpi, mais aussi en se faisant la chambre d’échos de multiples initiatives partagées, conviant dans l’espace de la Galerie 3 de nombreux partenaires : invitation lancée aux Ateliers Médicis pour quatre jours en compagnie d’artistes de toutes disciplines, et une « Nuit Blanche » spéciale sur la Piazza ; présence des danseurs de l’Opéra de Paris dans la création Gay Guerilla de Gerard & Kelly ; ouverture d’une ambitieuse « Platform for New Assemblies » imaginée avec le généreux soutien du Chanel Culture Fund ; séquences partagées avec la Fondation des Treilles, pour rappeler les engagements du Centre Pompidou dans le soutien aux artistes ; exploration de nouveaux horizons numériques avec la participation de la Fondation Kadist et des cultures visuelles des contestations avec l’Outset Contemporary Art Fund.