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“L’image et son double“

au Centre Pompidou, galerie de photographies, Paris

du 15 septembre au 13 décembre 2021

Centre Pompidou


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©Anne-Fréderique Fer, visite de l’exposition avec Julie Jones, le 14 septembre 2021.

Interview de Julie Jones, conservatrice au cabinet de la photographie - Centre Pompidou et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 14 septembre 2021, durée 17’36.© FranceFineArt.

PODCAST –  Interview de Julie Jones, conservatrice au cabinet de la photographie – Centre Pompidou et commissaire de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 14 septembre 2021, durée 17’36.
© FranceFineArt.

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Extrait du communiqué de presse :


Constantin Brancusi,
Le Supplice, plâtre (1906), vers 1907
Négatif gélatino-argentique sur verre 18 x 13 cm.
Legs de Constantin Brancusi en 1957.
Collection Centre Pompidou, Paris
Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © Succession Brancusi - All rights reserved (Adagp) 2021
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP.
Constantin Brancusi,Le Supplice, plâtre (1906), vers 1907. Négatif gélatino-argentique sur verre 18 x 13 cm. Legs de Constantin Brancusi en 1957. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. © Succession Brancusi – All rights reserved (Adagp) 2021. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMN-GP.
Man Ray (Emmanuel Radnitzky, dit), Edward James, 1937. Epreuve gélatino-argentique 8,8 x 6,5 cm. Acquisition en 1993. Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © Man Ray Trust / Adagp, Paris, 2021. Photo. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Service de la documentation photographique du MNAM/Dist. RMN-GP.
Man Ray (Emmanuel Radnitzky, dit), Edward James, 1937. Epreuve gélatino-argentique 8,8 x 6,5 cm. Acquisition en 1993. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. © Man Ray Trust / Adagp, Paris, 2021. Photo. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Service de la documentation photographique du MNAM/Dist. RMN-GP.
Pierre Boucher, Main et son ombre sur le sable, 1942. Epreuve gélatino-argentique 18 x 23,9 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret, Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Fonds Pierre Boucher. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI Philippe Migeat/Dist. RMN-GP.
Pierre Boucher, Main et son ombre sur le sable, 1942. Epreuve gélatino-argentique 18 x 23,9 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret, Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle © Fonds Pierre Boucher. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI Philippe Migeat/Dist. RMN-GP.
Bruno Munari, Xerografia originale, 1991, Xérographie 29,2 x 42,2 cm. Don de Mme Nicoletta Gradella et M. Luca Zaffarano en 2018. Collection Centre Pompidou, Paris Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © droits réservés
Photo. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.
Bruno Munari, Xerografia originale, 1991, Xérographie 29,2 x 42,2 cm. Don de Mme Nicoletta Gradella et M. Luca Zaffarano en 2018. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. © droits réservésPhoto. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.
Eric Rondepierre, Loupe / Dormeur Livre 8, 1999 - 2003. Tirage numérique couleur contrecollé sur aluminium 41 x 56,5 cm. Donation de la Caisse des dépôts et consignations en 2006. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © Adagp, Paris, 2021 Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP.
Eric Rondepierre, Loupe / Dormeur Livre 8, 1999 – 2003. Tirage numérique couleur contrecollé sur aluminium 41 x 56,5 cm. Donation de la Caisse des dépôts et consignations en 2006. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. © Adagp, Paris, 2021 Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP.
Pierre Boucher, Portraits d’enfant, vers 1935. Epreuve gélatino-argentique 12,3 x 11,4 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © Fonds Pierre Boucher. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.
Pierre Boucher, Portraits d’enfant, vers 1935. Epreuve gélatino-argentique 12,3 x 11,4 cm. Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret. Collection Centre Pompidou, Paris, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle. © Fonds Pierre Boucher. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Audrey Laurans/Dist. RMN-GP.

Commissaire : Julie Jones, conservatrice au cabinet de la photographie, Centre Pompidou





L’exposition collective « L’image et son double » au Centre Pompidou rassemble des oeuvres nées  d’une réflexion sur une des propriétés principales – sinon la première – de la photographie : la reproduction. Faisant dialoguer des oeuvres photographiques historiques et contemporaines, cette exposition offre un éclairage sur la nature même de la photographie, ses spécificités, et ses liens fondamentaux avec les autres disciplines artistiques.

« L’image et son double » présente une soixantaine d’oeuvres issues de la collection du Centre Pompidou, et regroupe une vingtaine d’artistes internationaux, parmi eux : Pierre Boucher, Man Ray, Raoul Ubac, Constantin Brancusi, Berenice Abbott, Hirofumi Isoya, Miklos Erdely, Timm Ulrichs, Paolo Gioli, Sara Cwynar, Kanji Wakae, Wallace Berman, Bruno Munari, Pati Hill, Eric Rondepierre, Susan Meiselas, Claudia Angelmeier ou encore Philipp Goldbach. Plusieurs des oeuvres présentées ont été acquises récemment, notamment grâce au Groupe d’Acquisition pour la Photographie (GAP) du Centre Pompidou.

Empreinte du réel, la photographie reproduit, mécaniquement et chimiquement, ce qu’elle a devant elle. Grâce au négatif et aux techniques numériques, elle peut être démultipliée à l’infini. Fascinés par le principe, les mécanismes, et les conséquences de la reproduction photographique, certains artistes ont placé cette notion au coeur même de leurs oeuvres. La reproduction devient alors le sujet de l’oeuvre. Au moyen de dispositifs divers, ces artistes contestent, chacun à leur manière, l’apparente simplicité de cette action de reproduction. Conscients des enjeux liés à la multiplication des représentations visuelles – renforcée depuis l’avènement du numérique – , ils dévoilent les utopies comme les dysfonctionnements des processus de répétition et de copie. Interroger la reproduction, c’est aussi, dès lors, repenser l’identité de l’auteur et son autorité.

Cette fascination pour l’idée comme pour l’esthétique formelle de la reproduction révèle aussi, parfois, un rapport obsessionnel au réel, et à sa possession, fantasmée, par l’image. Accumulations, collections, mais aussi morcellements photographiques des objets et des corps permettent de satisfaire, un temps, cette frénésie.

L’exposition

Introduction

Le photographe reproduit, mécaniquement et chimiquement, ce qui lui fait face. Grâce au négatif et aux techniques numériques, la photographie peut être démultipliée à l’infini. Captivés par le principe et les mécanismes de la reproduction, certains artistes ont placé cette notion au coeur même de leurs oeuvres. Au moyen de dispositifs divers, ils contestent, chacun à leur manière, l’apparente simplicité de cette action de reproduction. Conscients des enjeux liés à la multiplication des représentations visuelles, – renforcée depuis l’avènement du numérique – ces artistes dévoilent les utopies comme les dysfonctionnements des processus de répétition et de copie. Cette fascination pour la reproduction révèle aussi un rapport obsessionnel au réel et à sa possession, fantasmée, par l’image. Accumulations et collections permettent de satisfaire cette frénésie. Cette exposition fait dialoguer des photographies historiques avec des oeuvres plus contemporaines issues des collections du Musée, offrant ainsi un éclairage sur la nature même de la photographie.



Section 1 – La grammaire du double

L’idée du double hante les pratiques photographiques depuis les origines du médium. Ombres, reflets, mises en abymes ou répétitions de motifs, composent la grammaire de cette obsession. Par de subtils jeux de cadrages, l’artiste met ici en valeur le rapport poétique entre le sujet photographié et son ombre. Ainsi, Pierre Boucher fait-il naître un dialogue entre une main et son image projetée sur le sable ; sous l’oeil de Man Ray, l’ombre de son modèle semble prête à la dévorer. Parfois, seul le double du réel existe, lorsque le photographe n’en retient que son reflet. D’autres, comme les artistes conceptuels des années 1960 et 1970, fascinés par les formes et les conséquences de la reproduction photographique, mettent en lumière la richesse sémantique du double au moyen de collages, de photomontages ou encore de mises en scènes.



Section 2 –
La copie imparfaite

Paru initialement en 1936, le texte du philosophe allemand Walter Benjamin, L’OEuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique démontre que l’avènement de la photographie, puis celui du cinéma, représentent bien davantage que l’apparition de nouvelles techniques. Ces médiums reproductifs modifient en effet radicalement le statut de l’oeuvre d’art, en la privant de son « aura » et bouleversent, au-delà de la sphère artistique, l’ensemble des champs social et politique. De nombreux artistes ont placé le sujet de la reproduction au centre même de leur oeuvre. Ils en révèlent les utopies, les erreurs et les dysfonctionnements techniques. Ces oeuvres dialoguent, pour la grande majorité d’entre elles, avec l’histoire de la photographie, non sans humour. La réappropriation et le détournement de sujets, de motifs ou de techniques sont convoqués et questionnent l’originalité de l’oeuvre d’art comme l’autorité de l’auteur.



Section 3 –
Posséder le réel

Certains artistes s’intéressent plus particulièrement aux usages de l’image reproduite, soit à sa diffusion dans les espaces multiples du quotidien. La valeur de l’image ne réside plus ici dans son statut d’original mais dans sa capacité de déplacement. Si cet intérêt se remarque chez certains de ces artistes avant même l’avènement des supports numériques, le bouleversement induit par leur arrivée accélère cette pensée du « musée imaginaire ». Dès lors, chacun peut conquérir le réel par son image. L’artiste devient un collectionneur d’images : en les accumulant et les reconfigurant, il offre une réponse plastique et un commentaire sur la place de l’image dans notre monde contemporain. Leurs oeuvres, chacune à leur manière, rendent hommage aux trajectoires des images, rendues possibles par leur qualité reproductible.