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“Damien Hirst“
Cerisiers en Fleurs

à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris

du 6 juillet 2021 au 2 janvier 2022

Fondation Cartier


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©Sylvain Silleran, visite de l’exposition, le 13 juillet 2021.

Damien Hirst dans son atelier, 2020. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst dans son atelier, 2020. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Fantasia Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 274 x 183 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Fantasia Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 274 x 183 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Renewal Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 274 x 183 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Renewal Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 274 x 183 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Spiritual Day Blossom, 2018. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain. Huile sur toile, 305 x 244 cm. © Damien Hirst and Science Ltd.. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, Spiritual Day Blossom, 2018. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain. Huile sur toile, 305 x 244 cm. © Damien Hirst and Science Ltd.. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, The Triumph of Death Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 549 x 732 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.
Damien Hirst, The Triumph of Death Blossom, 2018. Collection privée. Huile sur toile, 549 x 732 cm. © Damien Hirst and Science Ltd. Tous droits réservés, ADAGP, Paris, 2021. Photo Prudence Cuming Associates.

Texte de Sylvain Silleran :






« Wow! » s’exclame une petite fille devant un tableau démesuré. Dehors il pleut, tout est gris, ici des points de toutes les couleurs recouvrent le fond bleu de la toile, des taches qui s’envolent comme des spores jusqu’au plafond. A défaut de pouvoir voyager, nous pouvons nous promener dans un Japon de cerisiers en fleurs, un parc qui sent bon le printemps. Ces toiles immenses s’assemblent parfois en triptyques, un tronc se poursuivant en branches, reconstituant un arbre entier, rappelant par là les gigantesques forêts de David Hockney.

Damien Hirst tamponne la toile d’un pinceau trempé dans une matière épaisse. La peinture est sculpture déposée sur la surface bleu ciel, des formes un peu dégoûtantes, dix mille chewing-gums collés sous une table d’école. Les fleurs blanches et roses comme des malabars recouvrent tout, les rouges oranges, le vert kaki de quelques feuilles. L’impressionnisme des Nymphéas de Monet s’est propulsé dans un XXIème siècle de manga, de graphisme minimaliste pour écran de poche, un monde de plastique, de supérettes 24/7 et des déchets qui s’accumulent. Comment alors créer le beau et célébrer la nature ?

Cette peinture simple, naturelle, qui parle de renaissance, de vie et de mort est aux antipodes des injonctions idéologiques du moment, et elle s’en fout. « C’est joli » dit un visiteur pendant que sa copine se penche avec son téléphone pour prendre une poignée de sakuras en gros plan. Oui c’est joli, c’est sympathiquement populaire et commercial comme un film à pop corn, un film romantique pour les filles, un film de superhéros pour les garçons. Et c’est très bien comme ça. Après la séance on oubliera vite, sauf si on a acheté un poster à la librairie. Il restera le goût du pop corn comme un nuage qui flotte encore un peu, la sensation de bien-être que donne le sucre, cette douce anesthésie que procurent les bonbons fluos.

Un geste simplissime se répète, un geste visqueux dont on entend presque le son : plop, plop, plop, il appartient au domaine des enfants. A chaque plop une tache de couleur, une fleur qui éclot sur la branche. Sa répétition à une échelle industrielle sur des toiles de dimensions extravagantes fait l’œuvre. Il faut que ces cerisiers en fleurs occupent tout l’espace, prennent d’assaut notre champ de vision. D’ailleurs dés les premières toiles nous capitulons, nous fermons nos parapluies pour nous doucher dans cette pluie de fleurs sans pistils ni pétales. Nous remontons le temps pour retourner dans une galerie pop des années 80 dans un New York plein de couleurs, de people aux sourires étincelants, de champagne. La répétition et le monumental, et le rose, darling ? Tu as vu ce rose ?

Le temps aujourd’hui est à la contemplation. Fi de la modernité, de l’enthousiasme qui fut le nôtre à foncer vers le futur à toute vitesse, arrêtons-nous, asseyons-nous le temps d’une floraison. Cela passera bien assez vite. Un gardien demande à une femme de prendre son petit enfant par la main, sans doute par peur de le voir endommager ces tableaux si chers. Pourtant les cerisiers de Damien Hirst offrent une réelle expérience familiale, accessible et ludique. Enfants et adultes y trouvent de quoi s’amuser et s’inspirer. Vivement le printemps prochain.



Sylvain Silleran

Extrait du communiqué de presse :

 

Sur une invitation d’Hervé Chandès, directeur général de la Fondation Cartier pour l’Art contemporain

« Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort. Elles sont excessives, presque vulgaires. […] Elles sont ornementales mais peintes d’après nature. […] Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à l’oeil, désordonnées et fragiles, et grâces à elles, je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural. » Damien Hirst

Une célébration de la couleur au milieu du chaos

La série Cerisiers en Fleurs (Cherry Blossoms) réinterprète avec une ironie joyeuse le sujet traditionnel et populaire de la représentation florale. Sur la toile, Damien Hirst mêle touches épaisses et projections de peinture faisant référence tant à l’impressionnisme et au pointillisme qu’à l’action painting.

Les toiles monumentales, entièrement recouvertes par les couleurs vives et saturées, enveloppent le spectateur dans un vaste paysage végétal oscillant entre figuration et abstraction.

Les Cerisiers en Fleurs sont à la fois un détournement et un hommage aux grands mouvements artistiques de la fin du XIXe et du XXe siècle. Ils s’inscrivent dans les réflexions picturales que Damien Hirst mène depuis toujours. Dans son atelier londonien, l’artiste dit « se plonger dans les toiles et les bombarder de peinture de bout en bout », travaillant plusieurs tableaux en même temps et revenant sans cesse sur certains qu’il garde auprès de lui de longs mois après leur achèvement.

Après y avoir consacré trois années entières, c’est en novembre 2020 que Damien Hirst achève la série des Cerisiers en Fleurs : « La pandémie m’a permis de vivre avec mes peintures et de prendre le temps de les contempler, jusqu’à ce que je sois certain qu’elles étaient toutes terminées ». La série complète comprend 107 toiles (toutes reproduites dans le catalogue de l’exposition) réparties en panneaux simples, diptyques, triptyques, quadriptyques et même un hexaptyque, toutes de très grand format.

L’exposition, qui répond à une invitation d’Hervé Chandès à Damien Hirst lors d’une rencontre à Londres en 2019, présente 30 tableaux qu’ils ont choisis ensemble. Envahissant l’espace de Jean Nouvel, les toiles vibrantes immergent le spectateur dans la peinture.