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“Utopie“

Dessins et gravures de Frank Denon

du 13 janvier au 25 février 2015

PODCAST Interview de l’artiste Frank Denon

par Anne-Frédérique Fer, le 2 décembre 2014, durée 8’45. © FranceFineArt.

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©Pierre Normann Granier, « work in progress ».

Frank Denon, L’île de Loisirland, dessin collage, 60x80 cm, 2014.
Frank DenonL’île de Loisirland, dessin collage, 60×80 cm, 2014.
Frank Denon, Ile Citadelle 3, Gravure eau-forte sur cuivre, 25x25 cm, 2014.
Frank DenonIle Citadelle 3, Gravure eau-forte sur cuivre, 25×25 cm, 2014.
Frank Denon, Callipolis 4, dessin, 45x60 cm, 2012.
Frank DenonCallipolis 4, dessin, 45×60 cm, 2012.

L’île, ou le cabinet d’un lecteur immobile…

« Rêver de l’île, avec angoisse ou avec joie, peu importe, c’est rêver qu’on se sépare, qu’on est déjà séparé, loin des continents, qu’on recrée, qu’on recommence » Deleuze

Le statut multiple de l’île a permis de projeter des visions du monde au temps des grandes utopies et c’est sans doute une des marques culturelles les plus importantes imposée à ce lieu.

Du fait de sa spécificité géographique, son isolement, son éloignement, la représentation de l’île a été naturellement investie d’un discours de la contestation à la fois mythique et réelle de l’espace où nous vivons. Sa projection dans l’imaginaire propose une variété de statuts entre l’utopie et l’hétérotopie : rêvée et aliénante, possible, voire probable, mais n’existant pas selon le même régime que les autres emplacements géographiques.

L’île d’Ogygie où Calypso retient Ulysse, Homère a découvert l’un des archétypes de l’imaginaire occidental : l’île ce lieu clos, hors de l’espace et du temps, où l’homme s’enferme ou est enfermé. Il n’est pas facile de comprendre où se dresse Ogygie, mais certainement située aux confins extrêmes de l’Occident dans les solitudes désolées de la mer, où il n’y a ni dieu, ni hommes, ni au-delà.

Elle est le centre d’un monde, d’un autre monde que notre quotidien, mais qui pour nous contemporains n’existe plus dans notre imaginaire. L’île d’Ogygie, Calypso en fera la prison du héros de l’Odyssée, qui sept années durant vit enfermé, caché par la fille d’Atlas le Titan rebelle vaincu par Zeus. Ce « centre » inaccessible préfigure aussi le monde merveilleux et tragique de l’île Platonicienne, l’Atlantide.

L’insularité devient tour à tour une citadelle protectrice, un enclos magique, mais s’opposant toujours aux agressions extérieures, aux changements déraisonnés. Elle est par essence conservatrice. L’Utopie de Thomas Moore lui offre un nouveau statut en projetant nos désirs d’hommes modernes pour un monde meilleur, un monde idéalisé, que chaque génération s’évertue à codifier au nom du « grand bonheur ».

Mais les Iles n’ont pas toujours été des Iles de Jouvence ou d’Utopie, elles peuvent s’apparenter aussi à des lieux d’épouvante, d’inquiétude.

(…)

(lire la suite sur le catalogue de l’exposition)


©Pierre Normann Granier