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🔊 “Prune Nourry” Défense de rien toucher, au Palais idéal du facteur Cheval, Hauterives, du 31 mai au 6 septembre 2027

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“Prune Nourry” Défense de rien toucher

au Palais idéal du facteur Cheval, Hauterives

du 31 mai au 6 septembre 2027

Palais idéal du facteur Cheval


Entretien avec Frédéric Legros, Directeur du Palais idéal, et commissaire de l’exposition, par Anne-Frédérique Fer, à Hauterives, le 6 juillet 2026, durée 15’04, © FranceFineArt. voyage presse au Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives, le 6 juillet 2026.

PODCAST –  Entretien avec
Frédéric Legros
,
Directeur du palais idéal, 
et 
commissaire de l’exposition,



par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Hauterives, le 6 juillet 2026, durĂ©e 15’05,
© FranceFineArt.


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©Anne-Frédérique Fer, voyage presse au Palais idéal du facteur Cheval, à Hauterives, le 6 juillet 2026.


Extrait du communiqué de presse :


https://francefineart.com/  Prune Nourry / Fondation Bullukian / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

Prune Nourry / Fondation Bullukian / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

https://francefineart.com/  Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

https://francefineart.com/  Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

https://francefineart.com/  Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

Prune Nourry / Photographe : Éléa-Jeanne Schmitter.

Commissaire :
Frédéric Legros, Directeur du Palais idéal




Au fronton de son oeuvre, dès 1905, Ferdinand Cheval inscrit cette formule aussi Ă©nigmatique que poĂ©tique : « dĂ©fense de rien toucher ». Une invitation paradoxale, oscillant entre interdiction et permission, Ă  laquelle Prune Nourry rĂ©pond aujourd’hui par une proposition rĂ©solument gĂ©nĂ©reuse : une exposition entièrement pensĂ©e pour ĂŞtre touchĂ©e.

Avec Défense de rien toucher, l’artiste transforme le Palais idéal en un vaste terrain d’expérience sensorielle. Ici, le regard ne suffit plus ; il s’efface au profit du contact, du ressenti, de la mémoire des formes saisies par la paume. Accessible à toutes et tous, enfants, adultes, publics voyants ou déficients visuels, l’exposition s’affranchit des conventions muséales pour réactiver une relation directe et physique à l’oeuvre.

Ce parti pris trouve une rĂ©sonance profonde avec le geste fondateur de Ferdinand Cheval. Facteur rural devenu bâtisseur autodidacte, formĂ© initialement comme boulanger, il a littĂ©ralement « pĂ©tri Â» son Palais. Partout, la trace de la main affleure : dans les reliefs, les aspĂ©ritĂ©s, les accumulations patientes de matière. En invitant Ă  toucher ses propres oeuvres, Prune Nourry rend hommage Ă  cette dimension tactile et organique du Palais idĂ©al.

Révélée à la Fondation Bullukian à Lyon sous l’intitulé Empreintes, et avant de rejoindre le Musée Camille Claudel en 2027, cette nouvelle proposition de Prune Nourry trouve ici une étape singulière. Déployée dans ce lieu hors norme, elle en épouse l’esprit et en prolonge les intuitions : un dialogue entre cultures, entre temporalités, entre imaginaires.

Le parcours s’ouvre sur un univers postal, clin d’oeil à Ferdinand Cheval. Un timbre en relief, conçu par Prune Nourry en partenariat avec La Poste en 2024 (le premier de ce type) inaugure l’exposition. Réalisé en collaboration avec des personnes aveugles et malvoyantes, il est né d’ateliers d’expérimentation tactile où formes, textures et volumes ont été ajustés pour être perçus par les doigts. Plus qu’un objet à voir, ce timbre se lit au toucher : il incarne une création pensée avec celles et ceux qui en font l’expérience sensible. Ce timbre devient également le vecteur d’une lettre adressée à Philomène, épouse du Facteur, figure discrète mais essentielle sans laquelle le Palais idéal n’aurait sans doute jamais vu le jour.

À l’image du Palais, l’exposition se déploie comme un monde en miniature, un carrefour de récits et de cultures. Les Terracotta Daughters ou les Holy Daughters y côtoient d’autres figures féminines, dessinant une cartographie sensible du corps et de l’identité à travers le temps et les géographies. Sans constituer une rétrospective, Défense de rien toucher traverse ainsi plusieurs projets majeurs de l’artiste et offre un panorama de son regard sur la condition féminine.

Cette oeuvre s’inscrit également dans une expérience intime. En 2016, à l’annonce de son cancer du sein, la sculpteure prend conscience de l’importance vitale, pour elle, du toucher, menacé par les effets secondaires de la chimiothérapie. De cette épreuve naît une recherche artistique profondément incarnée, explorant le corps, la réparation et le rituel. C’est Agnès Varda, amie intime de l’artiste, qui lui évoque la figure des Amazones, héroïnes de la mythologie grecque qui se coupaient le sein pour mieux tirer à l’arc. Prune Nourry choisit d’intégrer cette puissance symbolique à son travail. La figure de la femme combattante, résiliente, traverse ainsi l’exposition.

À l’extérieur des espaces d’exposition, six Vénus en bronze avec peau de terre sont installées en dialogue avec le Palais. Posées sur des socles rappelant la technique locale du pisé, elles sont inspirées des Vénus paléolithiques de la période gravettienne (entre 30 000 et 20 000 ans avant notre ère) et se tiennent droites comme les gardiens du Palais.

Issues du projet collaboratif avec la Maison des Femmes, ces sculptures sont des portraits de femmes de ce lieu de refuge Ă  Saint-Denis pour les victimes de violences. ModelĂ©s, marquĂ©s, parfois altĂ©rĂ©s, ces corps portent les traces du temps et racontent une histoire inscrite dans la matière mĂŞme : celle des cicatrices, des transformations et de la vie nichĂ©e dans les plis de la peau. Ă€ l’automne 2026, une version taille humaine de 108 VĂ©nus sera installĂ©e de manière pĂ©renne dans la gare Saint-Denis Pleyel, dans le cadre du Grand Paris Express, en collaboration avec l’architecte Kengo Kuma. Au coeur de chaque sculpture, une poignĂ©e de terre sera dĂ©posĂ©e ; cette terre est issue du projet participatif « La Terre qui m’est Chair », qui invitait en 2025 des femmes de Saint-Denis Ă  confier une poignĂ©e de terre qui les reprĂ©sente et symbolise leur histoire.

À travers Défense de rien toucher, Prune Nourry propose une expérience totale, à la fois sensorielle et existentielle. Comme le Palais idéal lui-même, l’exposition se présente comme un espace où se croisent mémoire personnelle et imaginaire collectif, fragilité et puissance, perte et renaissance.

Ainsi, dans ce dialogue inédit, le Palais idéal, oeuvre intime et universelle née des mains de Ferdinand Cheval, se redécouvre à travers celles de Prune Nourry. Reliées par la paume, leurs oeuvres affirment une même conviction : créer, c’est résister, réparer, et faire naître à nouveau.

Présentée du 31 mai au 6 septembre 2026, l’exposition Défense de rien toucher a été réalisée avec le soutien de la galerie Daniel Templon.