🔊 “Diseuses de silence” à l’Espace Monte-Cristo, Fondation Villa Datris, du 18 avril au 13 décembre 2026
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“Diseuses de silence”Â
à l’Espace Monte-Cristo, Fondation Villa Datris, Paris
du 18 avril au 13 décembre 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Pauline Ruiz,
commissaire de l’exposition,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 17 avril 2026, durĂ©e 29’41,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Yosra Mojtahedi, Volcanahita, 2024. Installation sculpturale, mouvante, sonore, acier, sculpture en verre, liquide noir, tuyaux, pompes. 360 x 400 x 400 cm. Collection Fondation Villa Datris. © Yosra Mojtahedi, Adagp, Paris, 2026. Photo © Bertrand Michau.

Raymonde Arcier, Ar(t)mur(e) pour art(r)iste, 1981. Laiton crocheté à la main, rayonne molletonnée cousue main, boutons, plumeau clous, attaches-parisiennes, serrures, blason, 240 x 120 x 30 cm, Collection Fondation Villa Datris. Photo © Bertrand Michau.

Niki de Saint-Phalle, Bain, Last Night I Had a Dream, 1968. Polyester peint, 100 x 140 x 12 cm. Collection Danièle Marcovici. © 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris. Photo © Bertrand Michau.
Commissariat d’exposition et scénographie :
Pauline Ruiz et Jules Fourtine
Du 18 avril au 13 décembre 2026, l’Espace Monte-Cristo présente Diseuses de silence, une exposition qui propose une vision actuelle de notre histoire contemporaine et collective à travers les voix de 21 sculptrices françaises et internationales. Telles des Shéhérazade modernes, ces artistes donnent vie à nos récits communs et, à travers leurs œuvres choisies au sein de la Collection Fondation Villa Datris, nous transmettent un héritage, le nôtre.
Ensemble, elles explorent les recoins les plus oubliés de nos mythologies et comblent les lacunes des narrations contemporaines avec leurs féroces icônes de la création, telles les Vénus de Prune Nourry et la gardienne de Jeanne Vicerial. Grâce à leurs voix, comme celles de Niki de Saint Phalle et Suzanne Husky, elles préviennent des luttes encore à mener et des acquis toujours à préserver, pour ne pas reproduire les errances du passé. Lorsque, telles Andrea Bowers et Miss.Tic, elles démantèlent, brique après brique, le mur du silence auquel nous sommes confronté·es, c’est pour mieux faire entendre l’histoire que nous devons réécrire aujourd’hui.
Avec la Carte blanche qui lui est dédiée, Isthme noir , Yosra Mojtahedi nous ouvre les portes d’un monde où chaque symbole nous renvoie à la Terre Mère et à une redécouverte des corps, comme une fusion entre humain et nature, créant un paysage immersif en quête d’une harmonie totale. Tel un cosmos, ce lieu de mémoire et de transformation déploie le mystère de nos origines. Ce futur hérité témoigne de ce qu’il reste encore à écrire.
Ce parcours, construit autour de conversations entre les oeuvres, est ponctué d’installations contemplatives et de mises en scène joyeuses, afin d’accompagner le public dans la découverte de récits poignants et inspirants. Expérience sensible et fédératrice, l’exposition souhaite donner de la force à celles et ceux qui désirent changer le cours des choses.
Edito – Pauline Ruiz et Jules Fourtine, commissaires de l’exposition
Lorsque nous prĂ©parions l’exposition Diseuses de silence, nous ne nous attendions pas Ă l’ouvrir dans cet Ă©tat du monde. Chaque oeuvre sĂ©lectionnĂ©e rĂ©sonne Ă la fois Ă©trangement avec l’actualitĂ© et s’inscrit pour autant dans cette nouvelle lecture de l’histoire que s’autorise enfin la sociĂ©tĂ©. De l’archĂ©ologie Ă la mĂ©decine, du cinĂ©ma Ă la politique, notre ère commence Ă reconnaĂ®tre l’importance de la diversitĂ© de regard. MalgrĂ© tout, injustices et obscuritĂ© demeurent. Il nous semble important de faire entendre ces voix contre celles qui blessent et divisent.
Le terme « diseuses » qui Ă©voque les diseuses de bonne aventure – qui contre quelque monnaie permettent aux curieux de connaĂ®tre leur destin pour mieux le rĂ©aliser ou en changer le cours – fait partie du grand lexique liĂ© Ă l’histoire des femmes qui se redĂ©couvre Ă l’ère contemporaine telles les sorcières et autres vĂ©nus et madones. En ce qui concerne le silence, nous avions envie de le mettre au singulier car il est partout : de la Russie Ă l’Afghanistan, de la France Ă l’Iran. Il peut toucher n’importe oĂą et depuis toujours de manière brutale et implacable. En rĂ©unissant ces deux notions, le titre Ă©voque l’idĂ©e suivante : c’est en libĂ©rant la parole que nous pouvons changer les choses pour enfin rendre au silence son calme et sa sĂ©rĂ©nitĂ©.
À travers leurs sentinelles et gardiennes, les artistes marquent la fin de ces figures muettes et décoratives pour les laisser prendre pleinement possession du rôle qui leur était ironiquement interdit de vigilance, d’alerte et de protection. Qu’elles racontent notre mythologie, entonnent nos luttes ou capturent nos silences, ces artistes font résonner les souffles et les maux de notre société. Nous mettons donc en lumière cette année ces Shéhérazade contemporaines, celles qui par leurs histoires nous tiennent encore éveillé·es et vivant·es.

Prune Nourry, Venus (Gloria), 2024. Bronze, patine effet peau de terre, 60 x 24 x 20 cm. Edition 1/5 + 2 AP. Collection Fondation Villa Datris. © Prune Nourry, Adagp, Paris, 2026. Photo © Laurent Edeline.

Suzanne Husky, Euro War Rug, 2015. Tapis, laine, 266 x 196 cm. Collection Fondation Villa Datris. Photo © Bertrand Michau.

Cathryn Boch, Sans titre, 2023. Voile de bateau, toile enduite, image impression vinyle, couture machine, couture main, 115 x 140 cm. Collection Fondation Villa Datris. © Cathryn Boch, Adagp, Paris 2026. Photo © Jean-Christophe Lett.




























