đ âVisages dâartistesâ De Gustave Courbet Ă Annette Messager, au Petit Palais, du 18 mars au 19 juillet 2026
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âVisages dâartistesâÂ
De Gustave Courbet Ă Annette Messager
au Petit Palais, Paris
du 18 mars au 19 juillet 2026

PODCAST –Â Entretien avec
Anne-Charlotte Cathelineau,
conservatrice en chef du patrimoine chargĂ©e des sculptures au Petit Palais, et co-commissaire de l’exposition,
par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă Paris, le 17 mars 2026, durĂ©e 19’19,
© FranceFineArt.
Extrait du communiqué de presse :

Jean-François Gigoux, Un coin de salon chez le peintre, 1852. Huile sur toile, 63,5 x 52 cm.. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCà Paris Musées / Petit Palais.

Paul Gauguin, Le sculpteur Aubé et son fils, Emile, 1882. Pastel, papier, carton, 53,8 x 72,8 cm. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCà Paris Musées / Petit Palais.

Jules Bastien-Lepage, Portrait du peintre émailleur Alfred Garnier, juin 1870. Huile sur toile, 55,5 x 47 cm. Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCà Paris Musées / Petit Palais.

Edouard Vuillard, Portrait de Pierre Bonnard, 1930-1935. Peinture Ă la colle sur toile, 114,5 x 146,5 cm. Paris, MusĂ©e dâArt moderne de Paris. CCĂ Paris MusĂ©es / MusĂ©e dâArt moderne de Paris.
Commissariat général :
Annick Lemoine, conservatrice générale, directrice du Petit Palais
Commissariat scientifique :
Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine chargée des sculptures au Petit Palais
Stéphanie Cantarutti, conservatrice en chef du patrimoine chargée des peintures modernes (1800-1890) au Petit Palais
Sixtine de Saint-LĂ©ger, responsable des arts dĂ©coratifs avant 1800 et de lâart contemporain au Petit Palais
Le Petit Palais prĂ©sente une exposition inĂ©dite consacrĂ©e Ă lâautoportrait et au portrait dâartiste, un thĂšme central de ses collections et un axe majeur de sa politique dâacquisition depuis sa crĂ©ation au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le parcours rĂ©unit environ cent oeuvres â peintures, sculptures, arts graphiques, arts dĂ©coratifs et photographies â mĂȘlant des oeuvres phares des collections comme lâAutoportrait au chien noir de Gustave Courbet et dâautres mĂ©connues, sorties des rĂ©serves spĂ©cialement pour lâoccasion, comme la galerie de bustes des peintres impressionnistes sculptĂ©s par Paul Paulin.
Au sein de lâexposition et jusque dans les collections permanentes du musĂ©e, les oeuvres de Giulia Andreani, Sophie Calle, Nina Childress, HĂ©lĂšne Delprat, Nan Goldin, Camille Henrot, NathanaĂ«lle Herbelin, Annette Messager, Françoise PĂ©trovitch, Anne et Patrick Poirier, Cindy Sherman, Apolonia Sokol et Claire Tabouret sont prĂ©sentĂ©es en regard des collections historiques. Leurs oeuvres convoquent un regard contemporain, celui du portrait dâartiste au fĂ©minin. Elles interrogent lâhĂ©ritage du portrait dâartiste, ses codes et ses usages, tout en proposant une rĂ©interprĂ©tation de ses enjeux. Par ce face Ă face, un passĂ© rĂ©solument masculin dialogue avec le monde dâaujourdâhui oĂč lâartiste femme a dĂ©sormais pleinement sa place.
Cette exposition inaugure par ailleurs une annĂ©e dĂ©diĂ©e aux femmes artistes qui se poursuivra Ă lâautomne avec la premiĂšre monographie consacrĂ©e Ă la peintre Eva GonzalĂšs et une carte blanche confiĂ©e Ă Prune Nourry.
Lâexposition adopte une perspective narrative qui part de lâindividu pour tendre vers le collectif, en proposant un parcours thĂ©matique en 4 temps suivant le fil de lâautoportrait jusquâaux fraternitĂ©s et aux hommages des pairs. Elle explore Ă©galement les inventions, singularitĂ©s et mĂ©tamorphoses du portrait Ă travers des regroupements thĂ©matiques, ponctuĂ©s de mises en contexte historiques et dâĂ©clairages sur lâhistoire des collections du Petit Palais.
Le parcours sâouvre sur une premiĂšre section dĂ©diĂ©e Ă lâautoportrait, quintessence du portrait dâartiste, particuliĂšrement bien reprĂ©sentĂ© dans les collections du Petit Palais. Une galerie de visages, spectaculaire, accueille le visiteur dans la rotonde dâintroduction. Lâabsence de commanditaire et lâintrospection du modĂšle offrent aux crĂ©ateurs un espace de libertĂ© et dâexpĂ©rimentation. En lien direct avec le spectateur, lâartiste affirme son style et expose sa personnalitĂ©, y compris au travers de portraits mĂ©taphoriques ou mĂ©tonymiques. On y dĂ©couvre les autoportraits de Gustave Courbet, Pierre Puvis de Chavannes, LĂ©on Bonnat, Jacques-Ămile Blanche, entre autres ou encore les Ă©tonnants masques en grĂšs de Jean-Joseph CarriĂšs. Lâoeuvre Autoportrait clown / fleur de Nina Childress et la sculpture hyperrĂ©aliste dâHĂ©lĂšne Delprat introduisent un effet de surprise tout en rĂ©interrogeant la tradition du genre aujourdâhui.
La seconde section explore les portraits collectifs, les liens professionnels et amicaux et lâĂ©mergence dâassociations dâartistes comme en tĂ©moigne le monumental (Le) Panorama du siĂšcle dâHenri Gervex (1889), ou la galerie de bustes de Paul Paulin regroupant Edgar Degas, Auguste Renoir, Claude Monet et Camille Pissarro. Les portraits entre artistes et les portraits familiaux illustrent lâintimitĂ© et les liens personnels. En regard, les oeuvres dâAnnette Messager et de NathanaĂ«lle Herbelin renouvellent lâimaginaire du portrait dâartiste en sâappuyant sur leurs expĂ©riences intimes.
Le visiteur dĂ©couvre ensuite lâespace de lâatelier qui oscille entre lieu de crĂ©ation, de rĂ©ception et de sociabilitĂ©. Lâartiste y est photographiĂ© ou peint au milieu de ses oeuvres et de son dĂ©cor personnel. Un mur de photographies illustre la fascination pour ce lieu. Les oeuvres de Giulia Andreani et de Sophie Calle offrent en contrepoint une lecture contemporaine du sujet entre histoire familiale et atelier nomade.
La fin du parcours explore le dialogue entre artistes et maĂźtres historiques comme Rembrandt, LĂ©onard de Vinci, Van Dyck, hommages ou parodies. Elle interroge Ă©galement les caricatures et lâhumour dans le portrait. Cindy Sherman, Nan Goldin et Claire Tabouret dialoguent avec ces figures tutĂ©laires.
La fin du parcours explore le dialogue entre artistes et maĂźtres historiques comme Rembrandt, LĂ©onard de Vinci, Van Dyck, hommages ou parodies. Elle interroge Ă©galement les caricatures et lâhumour dans le portrait. Cindy Sherman, Nan Goldin et Claire Tabouret dialoguent avec ces figures tutĂ©laires.
Le visiteur est invitĂ© Ă prolonger sa visite dans les collections permanentes du musĂ©e. Lâimpressionnant Janus dâAnne et Patrick Poirier lâaccueille Ă lâentrĂ©e de la galerie des sculptures, les Ćuvres dâApolonia Sokol et Françoise PĂ©trovitch, spĂ©cifiquement créées pour lâexposition, dialoguent avec les oeuvres historiques du musĂ©e. Le parcours sâachĂšve par la (re)dĂ©couverte de la coupole de Maurice Denis (1925), offrant un panorama saisissant de lâhistoire de lâart français du Moyen Ăge jusquâau dĂ©but du XXe siĂšcle ponctuĂ© de nombreux portraits dâartistes, de Nicolas Poussin Ă Maurice Denis lui-mĂȘme.
Un programme de confĂ©rences et de rencontres avec les artistes femmes exposĂ©es permettra dâapprofondir la thĂ©matique.
Catalogue de lâexposition – Visages d’artistes. De Gustave Courbet Ă Annette Messager. Aux Ă©ditions Paris MusĂ©es, sous la direction de Annick Lemoine, StĂ©phanie Cantarutti, Anne-Charlotte Cathelineau, Sixtine de Saint-LĂ©ger.

Etienne Carjat, Gustave Courbet peignant «LâHallali du Cerf», 1867. Tirage sur papier albuminĂ©, 7,8 Ă 10,5 cm. Paris, Petit Palais, musĂ©e des Beaux-Arts de la Ville de Paris. CCĂ Paris MusĂ©es / Petit Palais.

Giulia Andreani, Le cours de dessin, 2015. Acrylique sur toile, 150 x 200 cm. Collection particuliĂšre. © Giulia Andreani, ADAGP, Paris 2015. Courtoisie de lâartiste et Galerie Max Hetzler Berlin | Paris | London | Marfa. Photo: Rebecca Fanuele.
Parcours de l’exposition
Parcours
Le Petit Palais met Ă lâhonneur le portrait dâartiste, un thĂšme majeur de ses collections et lâun des axes forts de sa politique dâacquisition. Ă travers une centaine dâoeuvres du XIXe siĂšcle â peintures, sculptures, arts dĂ©coratifs, arts graphiques, photographies â, lâexposition suit un rĂ©cit qui va de lâautoportrait aux fraternitĂ©s artistiques. Le parcours Ă©claire les inventions par lesquelles les crĂ©ateurs façonnent leur image : singularitĂ©s, mĂ©tamorphoses du genre, de lâautoportrait Ă la mise en scĂšne de lâatelier, en passant par les hommages et filiations avec les maĂźtres du passĂ©. En contrepoint, le Petit Palais invite des artistes femmes qui interrogent aujourdâhui le portrait. DâAnnette Messager Ă NathanaĂ«lle Herbelin, leurs oeuvres renouvellent lâimaginaire du portrait dâartiste en sâappuyant sur lâaltĂ©ritĂ© de leurs expĂ©riences. QuĂȘte de soi et manifeste esthĂ©tique se rejoignent en une nouvelle affirmation : « Je suis mon oeuvre. » En mettant en avant ces portraits contemporains, le Petit Palais souligne le dynamisme de la scĂšne parisienne actuelle et montre comment, dâhier Ă aujourdâhui, le portrait dâartiste devient un espace oĂč se conjuguent identitĂ©, mĂ©moire et expression esthĂ©tique.
Section 1 – Lâautoportrait : Ă©loge du moi
Quintessence du portrait dâartiste, lâautoportrait occupe une place privilĂ©giĂ©e dans les collections du Petit Palais. LibĂ©rĂ©s de tout commanditaire, les crĂ©ateurs y trouvent un terrain dâexpĂ©rimentation oĂč sâexercent introspection et mise Ă lâĂ©preuve de leur visage. En lien direct avec le spectateur, les peintres et sculpteurs façonnent leur image, affirment leur style et dĂ©voilent, parfois avec audace, leur personnalitĂ©. Certains optent pour une apparence authentique, dâautres cultivent la fiction ou la rĂ©fĂ©rence aux maĂźtres. Lâautoportrait peut ainsi devenir mĂ©taphorique, rĂ©duit Ă un attribut, un outil, une trace, jusquâĂ la disparition mĂȘme de lâartiste au profit de son geste ou de son univers. Au-delĂ des enjeux intellectuels, cette section interroge les dimensions matĂ©rielles et iconographiques du genre : choix du format, variations de cadrage, de pose et de lumiĂšre, jeux sur la ressemblance, sans oublier la question essentielle de la signature, manifeste dâauto-affirmation.
Section 2 – FraternitĂ©s dâartistes : du portrait collectif au rĂ©cit de lâamitiĂ©
En Ă©cho au dĂ©veloppement des associations, sociĂ©tĂ©s dâauteurs et tribunes qui, au XIXe siĂšcle, dĂ©fendent les intĂ©rĂȘts des crĂ©ateurs, les artistes se fĂ©dĂšrent sous forme de collectifs. Portraits de groupes, rĂ©unions amicales ou « galeries » dâartistes illustres deviennent autant dâoccasions dâaffirmer des liens professionnels ou personnels. Les relations dâestime â de maĂźtre Ă Ă©lĂšve â ou les hommages mĂ©moriels structurent ces ensembles. Plus intimes, les portraits croisĂ©s entre artistes et les portraits privĂ©s tĂ©moignent des affinitĂ©s Ă©lectives et des liens dâamitiĂ© qui Ă©clairent la sphĂšre familiale et amicale des crĂ©ateurs. Ă lâĂ©poque contemporaine, la sororitĂ© se substitue Ă la fraternitĂ© : les artistes femmes revendiquent des affinitĂ©s nĂ©es dâexpĂ©riences partagĂ©es et affirment, dans leurs portraits, une nouvelle intimitĂ© affranchie des hiĂ©rarchies de genre.
Section 3 – Dans lâatelier
Lâatelier est indissociable de lâartiste, dont il reflĂšte la personnalitĂ©. Il en prolonge la prĂ©sence, comme un autoportrait. Ce lieu peut se concevoir comme le creuset de la crĂ©ation, Ă lâimage des portraits de Jean CarriĂšs par Louise Breslau, de Jean Dampt par Aman-Jean ou de Paul AubĂ© par Ădouard Dantan. Dâautres ateliers sâouvrent comme des salons, théùtre mondain et miroir de la rĂ©ussite sociale des artistes. Les peintures de Jules ChĂ©ret ou de Charles Albert Waltner, tout comme la sĂ©rie photographique dâEdmond BĂ©nard, « Nos artistes chez eux », dĂ©voilent ces lieux dâapparat soigneusement orchestrĂ©s, oĂč les crĂ©ateurs posent au coeur dâun dĂ©cor façonnĂ© pour le regard. Lâatelier se mue en espace de sociabilitĂ© et de reprĂ©sentation. Ă lâheure de la mondialisation, lâatelier devient nomade : les artistes voyagent, mais Paris demeure un pĂŽle dâattraction oĂč lâon vient se former et puiser lâinspiration. Devenu aujourdâhui le cadre dâune intimitĂ© nouvelle, lâatelier trouve souvent place dans la maison, oĂč se croisent vie personnelle et travail artistique.
Section 4 – Filiations, hommages et irrĂ©vĂ©rences
DĂšs leur formation, les artistes se placent sous lâautoritĂ© dâun maĂźtre et sous lâinspiration de figures emblĂ©matiques du passĂ© dont ils souhaitent suivre les traces. Rembrandt, Diego VĂ©lasquez ou Frans Hals font au XIXe siĂšcle lâobjet de nouvelles Ă©tudes qui nourrissent lâimaginaire de leurs successeurs. Hommages ou caricatures, soulignant un trait ou un style, tĂ©moignent de la vigueur de ces filiations. Certains artistes revendiquent et sâinscrivent dans la continuitĂ© des artisans du Moyen Ăge, tel Maurice Denis, qui proclame dans son Histoire de lâart français â dĂ©cor pour une des coupoles du Petit Palais â sa foi dans un art français autonome et continu, du gothique au symbolisme. Sous forme dâhommage dĂ©guisĂ© ou de parodie masquĂ©e, les artistes femmes contemporaines se mesurent aux maĂźtres comme Ă leurs pairs, Ă lâimage de Cindy Sherman qui se grime en Fornarina, muse et modĂšle du cĂ©lĂšbre peintre de la Renaissance, RaphaĂ«l.


























