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“Auguste Bartholdi” La liberté éclairant le monde, au Musée d’Orsay, du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027

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“Auguste Bartholdi” 
La liberté éclairant le monde

au Musée d’Orsay, Paris

du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027

Musée d’Orsay


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©Sylvain Silleran, visite presse, le 14 septembre 2026.

Texte Sylvain Silleran

https://francefineart.com/ Paul-Joseph-Victor Dargaud (1847-1914). La Liberté éclairant le monde, vue du boulevard de Courcelles, 1884. Huile sur toile, H. 46,4 ; L. 32,3 cm. Paris, musée Carnavalet – Histoire de Paris, P1964.. Ancienne collection Gaget ; CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris.

Paul-Joseph-Victor Dargaud (1847-1914). La Liberté éclairant le monde, vue du boulevard de Courcelles, 1884. Huile sur toile, H. 46,4 ; L. 32,3 cm. Paris, musée Carnavalet – Histoire de Paris, P1964.. Ancienne collection Gaget ; CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris.

https://francefineart.com/ Auguste Bartholdi (1834-1904), Vue anticipée de la Statue de la Liberté, vers 1882-1883. Huile sur toile, H. 33 ; L. 56 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2002.0.110. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Auguste Bartholdi (1834-1904), Vue anticipée de la Statue de la Liberté, vers 1882-1883. Huile sur toile, H. 33 ; L. 56 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2002.0.110. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

https://francefineart.com/ Albert Fernique (1841-1898), La Statue de la Liberté montée dans les ateliers Gaget, Gauthier & Cie, 1884. Épreuve sur papier albuminé collée sur carton, H. 46,8 ; L. 35 cm. Colmar, musée Bartholdi 2P14/117. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Albert Fernique (1841-1898), La Statue de la Liberté montée dans les ateliers Gaget, Gauthier & Cie, 1884. Épreuve sur papier albuminé collée sur carton, H. 46,8 ; L. 35 cm. Colmar, musée Bartholdi 2P14/117. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Bartholdi
Musée d’Orsay

C’est une histoire très moderne que celle de la Liberté éclairant le monde, ou plutôt la Statue de la liberté, nom sous lequel elle nous croyons tous la connaître. Voici l’histoire d’un défi artistique, technique, logistique, commercial, d’un artiste dépassant les limites de son époque, l’histoire d’un créature qui échappe à son créateur et rejoint le cercle privilégié des sculptures les plus célèbres du monde. Déjà avec son monument aux aéronautes érigé place des Ternes en hommage à la défense de Paris lors du siège de 1870, Auguste Bartholdi montra une audace folle. Son ballon s’envole, abolissant d’un élan la lourdeur du métal statutaire. Mieux, pour achever son tour de prestidigitation, le sculpteur lui ajoute une colombe en plein vol, qui frôle le ballon de son aile.

Des études pour la statue-phare de Suez, figure grave brandissant une torche, aux premières esquisses de la Liberté éclairant le monde, Bartholdi se défait petit à petit de la lourdeur du monument, de sa masse imposante dictée par la monumentalité statutaire et ses symboles. Il s’agit de liberté, après tout.
“Ce n’est pas cette liberté avec un bonnet rouge sur la tête et une pique à la main qui marche sur des cadavres. La nôtre d’une main tient une torche, non la torche qui incendie mais le flambeau qui éclaire, de l’autre les tables de la loi.” Déclarera son ami juriste Edouard Laboulaye dans son discours de 1876 pour l’Union franco-américaine.

Une série d’allégories de la liberté et de la république par David d’Angers, Luc Breton, Joseph Chinard ou Charles Janson sont toutes figées dans la gravité net l’importance. Le contraste avec la Liberté de Bartholdi est saisissant: un personnage à la fois marchant mais enraciné, un geste tendu vers le ciel, emmenant le drapé souple, léger dans son élan vers le ciel. Des petits moulages se succèdent, jusqu’au modèle présenté au comité de l’Union franco-américaine. La figure prend forme, le flambeau du progrès s’élève bien haut, le bonnet phrygien de la république se voit remplacé par un diadème rayonnant tandis que le pied foule une chaîne brisée.

Cette statue doit être la plus grande jamais réalisée. Pour réaliser cette ambition démesurée se met en place une stratégie commerciale, médiatique d’avant-garde. Afin de collecter les souscriptions pour le projet, il faut en faire la publicité. Bartholdi exécute toiles et dessins présentant son œuvre, développe des produits dérivés, des réductions en terre cuites vendues pour récolter des fonds. Les étapes de la construction sont publiées dans les journaux sous forme de gravures: des vues de l’atelier, les étapes de la construction de la main tenant le flambeau. Cette main colossale qui préfigure l’échelle fabuleuse de la statue est exposée à Philadelphie l’été 1876. On y vend photographies et médailles commémoratives, une série de produits servant à financer le projet. Puis c’est la tête grandeur nature en plâtre qui sera présentée à l’exposition universelle de Paris de 1878. A cette occasion, affiches, gravures, photographies stéréoscopiques, bustes-souvenirs, moulages de zinc, tous les moyens de publicité modernes sont mis à profit pour récolter des fonds.

Le gigantisme du projet pousse les ateliers Gaget, Gauthier et Cie. à s’agrandir. L’atelier de Gustave Eiffel est engagé pour construire la structure interne. Des formidables photographies de Pierre Petit montrent l’élaboration du modèle de plâtre puis des formes en bois dans lesquelles les plaques de cuivre sont martelées. Bartholdi pose devant l’immense pied de sa sculpture, l’orteil gigantesque plié dans une élégance gracieuse.
Victor Dargaud peint en 1884 l’œuvre de 46 mètres dépassant des toits environnants, les badauds qui se pressent, car on se déplace pour venir l’admirer. Voilà la Liberté de Monsieur Bartholdi déjà célèbre dans tout Paris. Elle est si célèbre que son démontage est annoncé par un carton, pressant les derniers admirateurs de se hâter pour jeter un dernier regard à l’héroïne.

Après la remise solennelle de la Liberté au peuple américain, son transport à bord de l’Isère dans 210 caisses, son installation sur son piédestal dans la baie de New York, son inauguration en grande pompe a lieu en 1886. L’ambition folle de Bartholdi, son talent, sa ténacité ont été couronnés d’un succès qu’il ne pouvait imaginer: une célébrité qui dépasse son temps, une œuvre qui devient une icône mondialement reconnue, rejoignant d’autres légendes immortelles comme la Joconde ou la Vénus de Milo.

Sylvain Silleran

https://francefineart.com/  Smeeton (graveur) (d’après un dessin de Claverie et Kauffmann), L’Atelier du sculpteur de la Statue de la Liberté pour le port de New York,1876. Estampe publiée dans Illustrated Christian Weekly, 8 juillet 1876, H. 42 ; L. 29,9 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2002.0.16.. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Smeeton (graveur) (d’après un dessin de Claverie et Kauffmann), L’Atelier du sculpteur de la Statue de la Liberté pour le port de New York,1876. Estampe publiée dans Illustrated Christian Weekly, 8 juillet 1876, H. 42 ; L. 29,9 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2002.0.16.. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

https://francefineart.com/  Pierre Petit (1832-1909), Vue des ateliers Gaget, Gauthier & Cie, fabrication du modèle en plâtre de la main gauche, entre 1881 et 1884, épreuve sur papier albuminé, H. 19,5 ; L. 25,7 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2P14/034.. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Pierre Petit (1832-1909), Vue des ateliers Gaget, Gauthier & Cie, fabrication du modèle en plâtre de la main gauche, entre 1881 et 1884, épreuve sur papier albuminé, H. 19,5 ; L. 25,7 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2P14/034.. Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

https://francefineart.com/  Pierre Petit (1832-1909) d’après Charles Marville. Fabrication du modèle en plâtre de la Statue de la Liberté, vers 1878, épreuve sur papier albuminé, H. 19,6 ; L. 13,3 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2P14/043. Don de Jeanne Émilie Bartholdi à la Ville de Colmar, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.

Pierre Petit (1832-1909) d’après Charles Marville. Fabrication du modèle en plâtre de la Statue de la Liberté, vers 1878, épreuve sur papier albuminé, H. 19,6 ; L. 13,3 cm. Colmar, musée Bartholdi, 2P14/043. Don de Jeanne Émilie Bartholdi à la Ville de Colmar, 1907. Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf.


Extrait du communiqué de presse :

Commissariat :
François Blanchetière, conservateur en chef Sculpture, musée d’Orsay
Juliette Chevée, directrice et conservatrice, musée Bartholdi, Colmar

Du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027, le musée d’Orsay consacre une exposition et une expérience immersive en réalité virtuelle à Auguste Bartholdi et à son chef-d’oeuvre, La Liberté éclairant le monde.

Organisée en partenariat avec le musée Bartholdi de la Ville de Colmar, l’exposition retrace le parcours d’Auguste Bartholdi, figure majeure de la sculpture française du XIXe siècle, jusqu’à la réalisation de La Liberté éclairant le monde. De la genèse du projet à son inauguration à New York en 1886, elle met en lumière une aventure artistique et humaine hors norme.

L’expérience en réalité virtuelle Une Statue pour la Liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York, déployée sur près de 700 m2 dans la Galerie Amont du musée, transporte les visiteurs au coeur de l’un des chantiers artistiques et techniques les plus ambitieux du XIXe siècle. Au fil du récit, ils deviennent les témoins actifs de la naissance d’un rêve franco-américain devenu l’un des symboles universels de la liberté.


AUGUSTE BARTHOLDI – LA LIBERTÉ ÉCLAIRANT LE MONDE

Le musée d’Orsay s’associe au musée Bartholdi de la Ville de Colmar afin de proposer une exposition consacrée à cette oeuvre phare du XIXe siècle.

Conçue comme un cadeau du peuple français au peuple américain et destinée initialement à commémorer le centenaire de l’Indépendance américaine en 1876, la statue est finalement inaugurée dix ans plus tard, en 1886. Entre-temps, Bartholdi et ses soutiens ont dû faire preuve d’imagination, d’audace et de ténacité pour concevoir, promouvoir et construire ce qui était alors la plus grande statue du monde (46 m de haut, 93 m avec son piédestal).

L’exposition retrace le parcours d’Auguste Bartholdi, sculpteur alsacien au tempérament visionnaire, dont l’ambition monumentale s’affirme dès ses premiers projets et se nourrit profondément des bouleversements politiques de son époque. Elle explore la création de la Statue de la Liberté, née d’une idée suggérée par le juriste Edouard Laboulaye pour célébrer l’amitié entre la France et les Etats-Unis. Les deux hommes fondent l’Union franco-américaine, qui déploie une véritable stratégie médiatique pour réunir les fonds nécessaires des deux côtés de l’Atlantique. L’image de la Statue se diffuse largement avant même son achèvement, grâce à de nombreux articles publiés dans la presse illustrée et à la présentation d’éléments à grandeur réelle durant les expositions universelles de 1876 à Philadelphie et de 1878 à Paris.

Les étapes de construction illustrent l’union de l’art et de l’ingénierie, depuis les choix techniques imaginés d’abord par Viollet-le-Duc puis par Gustave Eiffel, jusqu’au martelage des feuilles de cuivre et au montage complet de la Statue dans les ateliers parisiens de la société Gaget, Gauthier & Cie. Le parcours se conclut avec le transport vers New York, l’achèvement du piédestal et l’inauguration le 28 octobre 1886, qui impose immédiatement La Liberté éclairant le monde comme un symbole majeur et universel.

Emblématique des idéaux de son époque, la Statue de la Liberté témoigne d’une indéfectible foi dans le progrès, aussi bien humain que technique, et dans des valeurs universelles auxquelles l’art peut donner une forme intelligible. L’exposition se donne comme objectif de faire comprendre aux visiteurs les choix artistiques, idéologiques, économiques et technologiques qui ont permis la réalisation de ce projet hors du commun.

L’esthétique de l’expérience s’inspire de la peinture pour construire ses images, les décors sont dessinés directement dans l’espace virtuel grâce au logiciel de peinture Quill, créant un univers expressif et graphiquement engageant, volontairement éloigné du photoréalisme.