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🔊 “L’argument du rĂȘve” Exposition en duo d’Amie Barouh et de ChloĂ© Quenum, Ă  la Fondation Pernod Ricard, du 17 fĂ©vrier au 18 avril 2026

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“L’argument du rĂȘve”
Exposition en duo d’Amie Barouh et de ChloĂ© Quenum

Ă  la Fondation Pernod Ricard, Paris

du 17 février au 18 avril 2026

Fondation Pernod Ricard


Entretien avec Elodie Royer, commissaire d’exposition indĂ©pendante, et commissaire de l’exposition, par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 16 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 14’00, © FranceFineArt.

PODCAST –  Entretien avec
Elodie Royer,
commissaire d’exposition indĂ©pendante,  et commissaire de l’exposition,


par Anne-FrĂ©dĂ©rique Fer, Ă  Paris, le 16 fĂ©vrier 2026, durĂ©e 14’01,
© FranceFineArt.


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©Anne-Frédérique Fer, vernissage presse, le 16 février 2026.


Extrait du communiqué de presse :


ChloĂ© Quenum, Booker, 2024. Collage numĂ©rique, impression jet d’encre sur papier mat, 120 x 80 cm. © ADAGP, Paris, 2026.

ChloĂ© Quenum, Booker, 2024. Collage numĂ©rique, impression jet d’encre sur papier mat, 120 x 80 cm. © ADAGP, Paris, 2026.

Amie Barouh, O Suno, Installation vidéo, 2026. © ADAGP, Paris, 2026.

Amie Barouh, O Suno, Installation vidéo, 2026. © ADAGP, Paris, 2026.

Amie Barouh, Sami, 2022. Photographie numérique. © ADAGP, Paris, 2026.

Amie Barouh, Sami, 2022. Photographie numérique. © ADAGP, Paris, 2026.

Chloé Quenum, Martina, 2025. Résine, techniques mixtes, 15 x 15 x 7 cm. © ADAGP, Paris, 2026.

Chloé Quenum, Martina, 2025. Résine, techniques mixtes, 15 x 15 x 7 cm. © ADAGP, Paris, 2026.

Commissariat :
Elodie Royer, commissaire d’exposition indĂ©pendante
Exposition en duo d’Amie Barouh et de ChloĂ© Quenum avec la participation de Mohamed Amer Meziane


Edito par Antonia Scintilla, Directrice de la Fondation Pernod Ricard

Nous concevons chaque saison comme un ensemble cohĂ©rent, articulant les expositions entre elles afin de composer un paysage complexe : un mini-panorama de la diversitĂ© et de la vitalitĂ© de la scĂšne de l’art contemporain en France.

Cette approche s’inscrit dans la continuitĂ© de notre ligne Ă  la fois Ă©clectique et prospective, laissant toujours la primeur Ă  des pratiques exigeantes, singuliĂšres, attentives Ă  rendre compte des enjeux Ă©mancipateurs de l’art et Ă  faire valoir la complexitĂ© du moment commun. Chaque projet est ainsi l’occasion de se plonger dans un univers artistique unique, Ă  l’image de « L’argument du rĂȘve ».

Cette exposition en duo, imaginĂ©e par la curatrice Élodie Royer et nourrie par la recherche du philosophe Mohamed Amer Meziane, rĂ©unit la vidĂ©aste Amie Barouh et la plasticienne ChloĂ© QuĂ©num autour de la thĂ©matique du rĂȘve et des formes de relation au monde qu’il engage. Amie Barouh, dont il s’agit de la premiĂšre prĂ©sentation institutionnelle de cette ampleur en France, dĂ©ploie une installation vidĂ©o mĂȘlant images d’archives et prises de vues documentaires. ChloĂ© Quenum, qui reprĂ©sentait le BĂ©nin lors de la derniĂšre Biennale de Venise, propose quant Ă  elle une installation immersive autour de la question du sommeil mĂȘlant sculpture, image et vidĂ©o.

À travers une mise en espace inĂ©dite et sensorielle, chacun·e convoque, selon des modalitĂ©s propres, l’expĂ©rience du rĂȘve, au moyen d’oeuvres et d’installations produites spĂ©cifiquement pour l’exposition.

Introduction par Elodie Royer, Commissaire de l’exposition

TrĂšs tĂŽt l’humanitĂ© s’est pensĂ©e dans ses rĂȘves.
Il s’agit du lien vital, du rĂ©cit dans la constitution
d’une conscience collective, d’une communautĂ©.
Que raconter pour accepter d’ĂȘtre ensemble ?
Des songes, précisément.
Anne Dufourmantelle, Intelligence du rĂȘve, 2012, Editions Payot.

Cette exposition prend comme point de dĂ©part une hypothĂšse, celle de re-convoquer aujourd’hui le rĂȘve pour ce qu’il peut raconter de nos modes d’existence, de relation et de reprĂ©sentation.

Si nos rythmes de vie contemporains, souvent dĂ©-corrĂ©lĂ©s de l’imaginaire, nous Ă©loignent de nos rĂȘves et de ce qu’ils dĂ©posent en nous (des prĂ©sences et des prĂ©sages, des ĂȘtres vivants et des fantĂŽmes, des lumiĂšres et des sensations), on pourrait tout autant affirmer qu’ils ne nous quittent jamais : ils nous veillent, faisant dialoguer le rĂ©el, avec d’autres lieux ou temporalitĂ©s.

Mais davantage qu’un lieu-refuge, poĂ©tique et doux, qui serait Ă  l’abri du rĂ©el, le rĂȘve – dans un ensemble d’oeuvres spĂ©cialement produites pour cette exposition – surgit tel un espace traversĂ© de tensions, de violences et de dĂ©sirs, oĂč peuvent Ă©galement se jouer certains enjeux contemporains, politiques et collectifs. Quelle place accordons-nous Ă  nos nuits, avec ou sans sommeil, lĂ  oĂč nos sens s’ouvrent Ă  d’autres formes de connaissance ? À ce temps du repos, en marge de l’accĂ©lĂ©ration continue d’une sociĂ©tĂ©, toujours plus connectĂ©e et fragmentĂ©e ? À cet espace du rĂȘve, comme lieu oĂč s’élaborent autrement nos vies Ă©veillĂ©es, et leur magie ?

L’argument du rĂȘve s’inscrit ainsi dans un double mouvement, Ă  la fois physique et rĂ©flexif, en rassemblant Ă  la fois deux artistes, Amie Barouh et ChloĂ© Quenum, et un philosophe, Mohamed Amer Meziane, avec pour trait commun de mobiliser de façon critique cet espace onirique dans leurs pratiques. Dans une mise en dialogue et en espace inĂ©dite et immersive, chacun·e Ă  sa maniĂšre semble ainsi y convoquer le rĂȘve, tel un argument, non pour dĂ©celer ce qu’il comporte de rĂ©el ou d’illusion, mais bel et bien pour sa capacitĂ© Ă  dĂ©passer de telles sĂ©parations, en partie hĂ©ritĂ©es de la pensĂ©e occidentale, et Ă  crĂ©er d’autres formes d’interactions.

À travers une installation vidĂ©o immersive entremĂȘlant ses propres images Ă  celles d’une archive vidĂ©o initiĂ©e et rĂ©unie par un activiste rom albanais, Gim Furtuna, Amie Barouh recompose un rĂȘve. À partir de ces images d’auteurs inconnus et de sa propre histoire, celui-ci se dĂ©ploie physiquement dans un montage fait de collages et de surimpressions, oĂč les temporalitĂ©s se chevauchent, les lieux se multiplient, les sons s’enchevĂȘtrent, l’ensemble guidĂ© par une voix interprĂ©tant ce songe, Ă  la fois personnel et collectif.

Faisant Ă©galement appel Ă  nos sens par une intervention lumineuse et sonore qui vient Ă©tirer le temps, ChloĂ© Quenum dĂ©ploie un nouvel ensemble de sculptures et d’images animĂ©es autour de l’architecture du sommeil et de la matĂ©rialitĂ© du rĂȘve – l’appui-tĂȘte, parfois nommĂ© « support de rĂȘve », y est ici par exemple convoquĂ© sous diffĂ©rentes formes, en tant qu’objet ou signe d’un certain rapport Ă  l’invisible.

À la croisĂ©e de ces installations, des fragments de texte de Mohamed Amer Meziane viennent Ă©galement irriguer l’exposition, tirĂ©s en partie de son dernier ouvrage, Au bord des mondes (2023) dans lequel il convoque le concept de rĂȘve, au sens de celui de barzakh – frontiĂšre ou isthme en arabe – dans une perspective de dĂ©colonisation des savoirs.